‹ L'Aphonie Cérébrale: Son traitement par le « Procédé de Garel »Chapitre 12 sur 34 · MARCHE ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

MARCHE ET PRONOSTIC

La marche de l’aphonie nerveuse est extrèmement variable. Elle relève de l'agent causal.

Les aphonies purement psychiques par exemple, apportent souvent dans leur disparition la même brusquerié que dans leur debut, cessant tantôt sans cause appréciable, tantôt sous l'influence d'une nouvelle secousse morale.

Rien de précis ne peut être posé quant à leur durée, puisque certaines d’entre elles ne durent à peine que quelques heures, tandis que d’autres, au contraire, présentent pendant un mois et même des années une tenacité désespérante.

Les aphonies hystériques sont aussi capricieuses. Leur rapport avec la grande attaque d’hystérie est un fait fréquent. Tantôt l’aphonie précède l'attaque, tantôt, au contraire, l'attaque précède l’aphonie.

Telle cette malade, publiée par MM. Liouville et Debove (1), dont l’aphonie cessait après chaque crise hystérique. (Voir partie documentaire. n° vi).

Quant aux aphonies reflexes, leur suppression dépend de la suppression de la cause. C’est ainsi que les malades de Brebion ét Crouzillac ont recouvré la voix après le traitement de l'affection nasale provocatrice.

Les aphonies toxiques sont habituellement de courte durée et retrocèdent avec l'élimination de la toxine ou du toxique.

Diday à remarquablement mis en relief la rapidité de la disparition des aphonies syphilitiques par le traitement spécifique.

Mais, de plus, le point suivant à été particulièrement bien mis eu relief par M. le docteur Garel :

« Toule aphonie complète et à début brusque guérira

(1) Progrès Médical, 1876.

ani

=. PPS

rapidement, tandis que toute aphonie incomplète sera d'une guérison incomplète et récidivera facilement. »

Le pronostic est benin quant à la fonction laryngée. C’est une manifestation ennuyeuse dont la gravité est bien atténuée, puisque, grâce à la voix chuchottée, les rapports avec le monde extérieur sont encore possibles.

Cependant de sérieuses réserves doivent être faites au sujet de l’état général.

En effet, ou bien ces malades sont prédisposés à toutes les manifestations cliniques de l’hystérie quand ils en sont tarés, ou bien ils sont continuellement en puissance de psychose et de neurasthénie, étant donné la désagrégation profonde de leur état psychique et leur aboulie plus ou moins complète.

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