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de toute aphonie complète, néglige la plupart du temps d'examiner le malade et procède immédiatement au traitement. Selon lui, diagnostic s'impose et toutes les aphonies complètes sont fonction de perturbation cérébrale.
(C) Et maintenant comment établir le diagnostic causal des différentes aphonies cérébrales ?
Tous les auteurs distinguent d’abord ici deux grandes classes : les aphonies avec lésion et les aphonies sans lésion.
(1) Les premières, aphonies avec lésion, théoriquement possible, sont du reste infiniment plus rares que les secondes. Il ne s’agit la plupart du temps que d’une coïncidence, car une lésion du centre corticale laryngé n’entraîne à elle seule que la paralysie du groupe adducteur. Or, cette paralysie ne s’accompagne point ordinairement de trouble bien appréciable du côté de la voix, étant donné l’action compensatrice de la corde saine. (Déjerine).
(tr) Quant aux aphonies dites sans lésion, il sera toujours possible de les différencier les unes des autres, si l’on ne se garde d'oublier qu’elles ne forment point des types cliniques tellement rigoureux qu’ils ne puissent s’intriquer les uns dans les autres, comme nous l'avons déjà fait remarquer plus haut.
A la faveur de cette réserve nous porterons le diagnostic.
(a) D'aphonie psychique pure, lorsqu’en Pabsence de tout stigmate hystérique, nous serons en présence d’un début brusque consécutif à une perturbation vive d’ordre moral ou intellectuel. Dans ces cas, le larynx est normal et ne présente même le plus souvent aucun trouble de motilité appréciable.
(b) D'aphonie hystérique, si elle s'accompagne de lPattaque d’hystérie prémonitoire ou consécutive. La recherche des stigmates hystériques montrera le plus souvent,
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l'anesthésie pharyngée et laryngée, le rétrécissement concentrique du champ visuel, des anesthésies ou hypoesthésies, des zônes hystérogènes.
Presque toujours le laryngoscope révélera une paralysie du groupe des adducteurs, On constatera aussi la conservation de l’excitabilité électrique.
Je me refuse à admettre l’origine hystérique de l’aphonie, toutes les fois que la recherche des stigmates étant négative, je trouve à l’origine une vive émotion, car l’émotion joue à mon sens le rôle non point de cause provocatrice mais de cause efficace « in se ».
(c) D'aphonie toxique, quand chez un sujet l’aphonie évoluera avec une maladie infectieuse ou sera consécutive à l'absorption d’un toxique.
La recherche de la syphilis sera l’objet de la plus vive attention, selon les conseils de Diday.
Est-il besoin de faire ici le diagnostic différentiel avec les aphonies pouvant relever des névrites du larynx soit toxiques, soit infectieuses. C’est une question très délicate et encore toute pleine d’obscurité. La plupart des névrites s’accompagnent du reste de dysphonie et non d’aphonie.
En cas de diphthérie antérieure, par exemple, la co-existence d’autres paralysies tout à fait caractéristiques dans l’espèce (voile du palais) levront le doute. si l’on a négligé de rechercher la diminution de réaction à l’égard de la faradisation.
Nous ne pouvons terminer ce chapitre sans dire quelques mots de l’aphonie simulée. L’aphonie est en effet un motif d'exemption du service militaire actif ou armé, les fraudes sont donc possibles. On voit toute l’importance sociale de la question.
M. Martel (1), médecin aide-major, s’est occupé à plusieurs reprises de cette question. Voici son opinion en la matière : |
(1) Annales Gougenheim-Lermoyez. (Juillet 1880).