‹ L'Aphonie Cérébrale: Son traitement par le « Procédé de Garel »Chapitre 15 sur 34 · LEONE · texte numérisé non relu

LEONE

« Si nous ne constatons, dit-il, aucune lésion capable d'amener l’aphonie, si nous voyons les cordes vocales fonctionner normalement chez un individu qui se prétend privé de la voix, dirons-nous que l’aphonie est simulée ?

« C’est une question délicate et méritant toute l’attention du médecin qui peut être appelé comme expert-à donner son avis en Conscience dans un Cas d’aphonie suspecte.

« En face d’un simulateur, après avoir procédé à un interrogatoire qui peut mettre sur la voie en nous apprenant les antécédents du soi-disant malade et les circonstances où s’est produit l’aphonie, nous pourrons procéder à l'examen laryngoscopique.

« En faisant respirer le prétendu malade, tout se passe comme chez l’homme sain ou honnête.

« Si nous amenons les cordes vocales au contact en faisant faire un léger effort et disons à notre malade de pousser davantage et d'essayer de crier, nous le verrons augmenter l'effort, serrer davantage les cordes vocales, mais n’allant jamais trop loin de crainte de se trahir par un cri inattendu ; puis tout à coup, quand instinctivement il sent qu’il ne pourrait pousser plus loin sans danger, détendre brusquement ses cordes, les écarter de 2 ou 3 millimètres et laisser échapper la colonne d’air par une simple expiration.

<Il n’y à qu’un simulateur qui écartera ses cordes ainsi quand on lui demandera d’émettre un son.

« De plus, quand le simulateur à la tête renversée en arrière et qu’il expire au lieu d'émettre un son, on voit ses muscles faciaux, sa bouche agités de contractions volontaires, grimaçantes, qui sont comme le témoin de . l'effort qu’il fait pour ne pas faire vibrer ses cordes vocales.

«L’expiration du simulateur durera une à deux secondes ; l'expiration d’un véritable aphone pourra durer

jusqu’à dix secondes et témoignera de l'effort que celuici fait pour parler.

«On arrivera presque toujours à tirer des sons du larynx d’un simulateur en électrisant les cordes vocales : le prétendu malade est tellement surpris de cette médication nécécessaire en pareil cas, que la voix revient presque toujours. »

Le même auteur revient sur la question dans les Annales de Gougenheim-Lermoyez (1882), page 320.

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