‹ L'AphroessaChapitre 11 sur 29 · VINGT-NEUVIÈME ABBÉ · texte numérisé non relu

VINGT-NEUVIÈME ABBÉ

Chansons des paysans du bourg de Saint -Avit.

Le père abbé, quand il s'amuse.

Est un seigneur très-gracieux.

Sait-on un plaisir qu'il refuse ?

Tout ce qui luit plaît à ses yeux.

Grand appétit et rouge oreille, Il est plus heureux que le Roi; Oh! Thibaut, réveille, réveille, Ohé ! Thibaut, réveille-toi !

L'autre jour qu'il faisait sa ronde Dans les détours du pré fleuri, Vint la commère rouge et blonde Qui ne songeait k son mari.

— Que portes-tu dans ta corbeille?

Tu veux me frauder, je le voi !...

Oh ! Thibaut, réveille, réveille, Ohé ! Thibaut, réveille-toi !

— Je n'ai jamais fraudé personne, Et, peut-être, le savez-vous !

— C'est beaucoup dire, ma Simonne, Quoi ! non pas même ton époux ?

— Retournez à votre bouteille, C'est votre dieu, c'est votre foi !

— Oh ! Thibaut, réveille, réveille, Ohé ! Thibaut, réveille-toi !

Le bon abbé se mit à rire, Tenant son ventre à pleines mains.

Il ne trouva rien à redire ; Laissant la belle en ses chemins,

Il vint s'accouder sous la treille, Avec son pichet devant soi.

Oh ! Thibaut, réveille, réveille.

Ohé! Thibaut, réveille-toi!

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