‹ L'AphroessaChapitre 23 sur 29 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

— Sur un plancher couvrant un amas de gondoles,

Des enfants costumés dansent des farandoles;

Petits Bohémiens, petites Espagnoles,

Petits Chinois, petits Persans, petits lutins;

La reine Turandot et le roi des Oranges ;

Le prince des Œillets; quatre couples d'archanges.

Bras dessus, bras dessous avec des diablotins.

On ne peut le nier, cette troupe est gentille;

Des chœurs de jeunes gens préparent leurs chansons.

Huit paires d'Iroquois, en taffetas jonquille,

256 LAPHROESSA.

Prennent position pour danser un quadrille; Les spectateurs pressés se pâment aux balcons.

Choeur de Sylvains.

Entre le doute et Tespérance, La gaîté se trace un chemin; Hier n'est plus, pourquoi d'avance Guetter ce qui sera demain ?

Le présent est là qui palpite :

Vite, bien vite, Prends-lui la main !

Choeur de Naïades.

Le moindre rayon de lumière Contient la joie et vient l'offrir; Accueille-la donc tout entière; Ne lui permets pas de mourir.

Ouvre ton sein, qu'elle s'abrite;

Vite, bien vite,

Fais-la fleurir !

— Chœur de Tyroliens qui traversent la place.

A nous le champ, à nous l'espace, A nous la neige, h nous la glace,

Et Torage qui gronde en haul! A nous la flèche qui s'efface Dans Tair brillant où son trait passe, Sans bruit, sa. s cri, sans fin, sans trace!

C'est ce qu'il faut !

C'est ce qu'il faut pour la pensée De vains soucis débarrassée.

Cherchant la chose et non le mol !

Rien ne l'arrête, elle est lancée :

Par qui serait-elle offensée?

Par qui serait-elle blessée?

C'est ce qu'il faut !

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