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Et sa voix comme voix de grandes eaux.
“ Et il avait en sa main droite sept étoiles ; De sa bouche une épée à deux tranchants, affilée, sortait ;
des grandes eaux ». — Ainsi est qualifiée la voix de Dieu dans Ezéchiel (xLnx, 2 ; même comparaison pour le bruit des ailes des chérubins dans Ez. 1, 24). — « Et il avait en sa main droite sept étoiles. » — Trait répété ailleurs (1x, x ; mr, 1). Comment le Christ tient dans sa main les sept étoiles, ilne faut pas le demander. L’image n’est pas facile à réaliser ; mais cette image estune idée. D'après la glose qui viendra plus loin (1, 20), les sept étoiles sont encore un symbole des sept communautés : elles sont leurs anges : ce doit être du moins une de leurs significations, celle que l’auteur lui-même leur attribue de son point de vue chrétien et pour l'équilibre de son symbolisme : mais il n’en faut pas conclure que là s’épuise, même pour lui, toute leur signification. Pour une plus facile intelligence de l’image on a supposé(Bor, 21) que les sept étoiles seraient une constellation, celle de la Petite-Ourse, d’où part tout le mouvement astral (ef. Diereric, Eine Mithrasliturg'ie, 14). ILest possible, quoiqu'ilne soit pas encore tellement aisé de se figurer la Petite-Ourse dans la main du Christ ; mais, quand même ce rapport serait fondé, il ne s’ensuivrait pas qu'aucune relation mystique ne soit censée exister entre les sept étoiles et les sept planètes. Le symbolisme de notre auteur ne doit pas être aussi décousu qu’on le suppose.
« De sa boucheune épée à deux tranchants, affilée, sortait. » — IL sera encore question de cette épée (1x, 12, 16 ; xix, 15). L'image est plus fâcheuse encore que celle des sept étoiles dans la main du Christ, mais elle perd aussi de son étrangetési l'on en regarde le sens. Ce doit être en tant que figure des sept communautés, c'est-à-dire de l'Eglise, et des sept esprits (ou de l'esprit septiforme) qui la conduisent, que les sept étoiles sont dans la main du Christ. De même l'épée à deux tranchants lui sort de la bouche parce que ce glaive est sa parole, divinement efficace, de juge souverain. [ei l’origine de l’image paraît biblique (le rapprochement indiqué par Bozz, 53, n’est pas concluant ; cf. Is. x1, 4, le roi messianique frappant la terre avec la « verge de sa bouche », et tuant le méchant par « le souffle de ses lèvres » ; xLix, 2, le
A. Loisy. — L’Apocalypse de Jean. | L 6