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89 APocALYPSE DE JFAN, 1, 17
Son visage était comme le soleil brillant en sa force, ‘7 Et quand je l'eus vu,
Je tombai à ses pieds comme mort ;
Et il mit sa droite sur moi,
Disant : «Ne crains pas.
Je suis, moi, le premier et le dernier,
serviteur de Iahvé disant de Dieu : « IL a rendu ma bouche semblable à une épée tranchante » ; les deux tranchants viennent de Ps. cxzix, 6 ; cf. Sac. xvunr, 15, 16; II Tuness. 11, 8 ; Hégr. 1V, 12). — € Et son visage », — l'aspect de sa figure (à übis avrou, cf. Jx. x1, 44 ; vu, 24 ; dans AP.’x, …, le visage, ro reéswroy, d'un ange es de même comparé au soleil), — « était comme le soleil brille en sa force », — c'est-à-dire comme le soleil dans le plein de son ardeur (cf. Juc. v, 31). C'est le trait dominant, la caractéristique générale de cette description. Le Christ est soleil dans cette vision initiale : tel on le retrouvera dans la description finale de son triomphe (xIx, 11-16).
- « Et quand je l’eus vu » — en ce magnifique et terrifiant appareil, — « je tombai à ses pieds comme mort ». — Trait pris de Daniel (vu, 18 ; x, 8-9 : cf. Is. vx, 5 ; Ez. 1, 28 ; HEÉNOCH, XIV, 14, 24-25). — « Et il porta sa droite sur moi, disant : « Ne crains pas. » — Geste emprunté à la même source (DAN. x, 10-12 ; cf, Mr. xvu, 9). Jean ne doit pas considérer comme un inconnu celui qui lui parle. — «Je suis le premier et le dernier. » —. Ainsi parlait naguère Dieu disant (1, 8) : « Je suis l’alpha et l'oméga. » Les paroles mises dans la bouche du Christ (et qui reviendront ir, 8 ; xx11, 13) sont prises d'Isaïe (XLIV, 6 ; XLVIN, 12), où Dieu les dit de lui-même. Bien qu'il ne soit pas tout à fait sans commencement, le Christ participe à l'éternité de Dieu. — « Je suis le vivant, » — encore comme Dieu, dont la caractéristique est d’être le Dieu vivant (cf. 1v, 9-10). L'assertion (6 Coy) n’est point à supprimer (WELLHAUSEN, 5), sous prétexte qu'elle ne tient pas au contexte ; elle vient en parallèle à l’assertion précédente;et elle supporte ce qui suit; sans compter qu'elle est par elle-même éminemment significative. On dirait que; pour ce qui est de la vie, la seule différence entre Dieu, le vivant par excellence, et le Christ, c'est que celui-ci a pu mourir ; mais il
" Celui qui vit, Moi qui fus mort :
Et me voici vivant pour les siècles des siècles, Et j'ai les clets de la mort et de l'enfer.
” Ecris donc ce que tu as vu, Et ce qui est, Et ce qui doit arriver après cela.
n'est mort que pour revivre à jamais. — « Et j'ai été mort ». — Entendons : « Je suis celui qui vit» toujours, « et qui Pourtant est mort », sauf à revivre. — « Mais me voici vivant Pour les siècles des siècles, » — Ce qu'on est aussi accoutumé à entendre comme un attribut de l'Eternel (cÉ.rv, 9-10,x.,6). Et à raison de cette vie reconquise pour l'éternité, — « j'ai les clefs de la mort et de l'enfer, » — non pas, semble-t-il, les clefs qui ferment et qui peuvent ouvrir l'enfer, royaume de la mort, mais plutôt, la mort et l'enfer étant personnifiés, les clefs qui permettaient à la mort et à l'enfer de déchaïîner à volonté les puissances de destruction ; les clefs sont maintenant aux mains du Christ, qui tient par là même en son pouvoir et l'Enfer et la Mort. Par sa mort suivie de résurrection, le Christ, vainqueur de la mort pour lui-même, est censé l'avoir vaincue tout à fait et Pour toujours. Le vieux mythe du dieu qui meurt et qui ressuscite prend ici une ampleur et une précision qu'il n'avait, autant qu'il est permis d’en juger, acquises dans aucune des religions antiques. Notre passage implique la descente du Christ aux enfers et sa victoire sur les puissances infernales (cf. Mr. XXVII, 51-53); il peut être plus risqué d'y retrouver (avec CHA R- LES, 1, 32) la prédication aux morts (I Prgr. nr, 18-20 EVE 6): Puisque c’est le Christ en personne qui lûi parle et qui veut l'instruire, le voyant peut avoir confiance dans ce qu'il voit ct dans ce qu'il lui sera donné d'apprendre, — « J:cris done ce que
-{u as vu », — la vision même dont il vient d’être favorisé, — « ce qui est » — liltéralement : « les choses qui sont », non pas: « ce
que cela », la vision précédente, «signifie ». Les choses présentes sont l’élat des communautés,c’est-à-dire de l'Eglise, sur lequel le Christ lui-même va porter un jugement qui n’est encore qu'ure critique et un avertis sement. La formule : « ce qui est », annonce donc les sept letties. — « Et ce qui doit arriver après cela », —