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Qui enseigne et qui égare mes serviteurs, Pour qu'ils forniquent et mangent idolothytes.
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l'est pas. Prophètes et prophétesses étaient encore des person-
nages importants dans les communautés. L'activité d’une prophétesse à Thyatire n'a rien d’invraisemblable en soi. L'auteur la traiterait de fausse prophétesse. Il n’est d’ailleurs pas douteux que la prétendue Jézabel représente une hérésie chrétienne et qu'on ne saurait l'identifier directement à la sibylle chaldéenne, qui avait, semble-t-il, un temple, et par conséquent une pré-
“tresse, à Thyatire(cf. BauEr, 434). Jézabel est une fausse prophé- ’tesse, comme les Nicolaïtes sont de faux apôtres, et elle enseigne
la mème forme de christianisme bâtard. — « Et qui enseigne et égare mes serviteurs ». — Il semble que le verbe « enseigner » wa pas de complément (cf. 11, 14, où éèi3asxey a son complément au datif) et qu'il soit fait reproche à la femme de se faire
entendre dans les assemblées (ce que condamnent aussi
I Cor. x1v, 34 ; IT, 11, 19). Il est possible toutefois que l'enseignement soit mentionné comme la conséquence du don de prophétie dont la femme se prétend douée. Les « serviteurs » dont il s’agit seraient ici les simples croyants (nonobstant 1, 1); car le contexte n’invite pas à supposer que la femme prophétesse aurait séduit d’abord les prophètes de Thyatire. Jézabel induit les
croyants — « à s'adonner à la fornication et à manger des idolothytes ».— C’est ce qui vient d'être dit des Nicolaïtes (11, 14-
15). À raison de ce penchant vers le paganisme la prophétesse
a été nommée Jézabel. Comme la prophétesse elle-même va être accusée de prostitution et d’adultères multiples, la question se pose, non seulement de savoir si la fornication ne se confondrait point avec l’idolatrie, mais si la femme prophétesse n'est pas simplement un type d'hérésie ; car on ne conçoit guêre qu’une femme de mauvaise vie ait pu être un oracle dont l'influence aurait été àredouter pourla communauté de Thyatire. On admet voluntiers que les complices de ses adultères sontles adeptes de son erreur; mais, cela élant, la prophétesse tend à se confondre avec l'erreur même. Dans ces conditions, il ne semble pas autre ment nécessaire de supposer (avec CHarces, I, 69) que, Thyatire élantune ville commerçante, les repas de corporation y étaient
“ Je lui ai donné temps pour qu'elle se repente, Et elle ne veut pas se repentir de son impudicité, * Je vais la jeter sur un lit, Et ses amants en grande tribulation, S'ils ne se repentent de ses œuvres ;
un danger spécial d'idolâtrie et d'immoralité, que la prophétesse s aurait favorisé par son enseignement. —« Et je lui ai donné temps
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k: pour qu’elle se repente » . — Qui dit « donner temps » ne dit pas + donner avertissement, comme on le suppose volontiers. L’erè reur étant supposée consciente, l'avertissement n’est point néces- Le saire, et tout le temps qui s'écoule avant le châtiment est un délai que la Providence ouvre au repentir. — « Et elle ne veut pas se repentir de son impudicité. » — Ici « l'impudiés cité » implique l'autre grief, à moius que les deux n’en fassent qu'un. La femme ne cesse pas de prêcher, l'erreur se perpé- 3 Fe tue. — « Je vais la jeter sur un lit », — en la frappant de à maladie (sur cette formule influencée par le langage de l'Ancien
va
- Testament, voir CHARLES, I, 91), ce qui fera du lit de débaucheun lit de douleur. Du reste, on ne dit pas ce qui adviendra de la” femme : ses complices seront persécutés, ses enfants mourront;
# en eux sans doute la femme est châtiée ; d’où l’on pourrait
& inférer, complices d’adultères et enfants de la prostituée étantles
adeptes de la doctrine, que la prophétesse elle-même n’est rien
à de plus que l'hérésie. Il semble d’ailleurs risqué de supposer
(avec CHARLES, I, 92) que le texte vise deux sortes d’adhérents
et deux formes de châtiment, les amants, simplement coupables
de concessions au paganisme, qui seraient tourmentés à fin de résipiscence, et les enfants, partisans décidés de la mauvaise doctrine, qui seraient détruits sans merci. La mort des «enfants». > ce est au bout de la tribulation qui menace les « amants ».— «Et» È Re je mettrai « en grande tribulation ceux qui sont adultères avec
. elle, s'ils ne se repentent de ses œuvres ». — Façon de-parler
assez singulière s’il s'agissait d'adultères réels, commis par la
| femme avec ses amants. Les adulières seraient « l'œuvre » de
à ceux-ci tout autant que la sienne. Il en va autrement si la pro-
k phétesse est une hérésie. L’étrangeté de la formule : « s'ils ne
| se repentent de ses œuvres », — invite plulôt à n’y point au AE
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# Et ses enfants je frapperai de mort.
poser d'interpolation (comme fait CHarLes, Il, 253, 392, nliépun que l'indicatif ueravoñsousty, après éùy x, est contraire à l'usage du livre : rien n’empèche de préférer la variante uezayoñswsty). Il convient d'observer aussi, par rapport au châtiment, que «la grande tribulalion»,ne pouvant être infligée par les bons chrétiens aux mauvais, ne pourra venir que des païens (cf. 11, 8, ro, la tribulation de Smyrne), de sorte que les hérétiques dont il s’agit se trouvent être exposés aux vexations des non-croyants autant que les chrétiens orthodoxes. Ils pourraient donc n'être pas aussi païens de tendances que l’auteur les fait. Ce pourraient être des groupes chrétiens qui avaient conservé l'esprit de Paul et ses règles touchant les idolothytes et le mariage, peut-être en en élargissant quelque peu l'application. Ces groupes n'auraient pas encore été assimilés complètement auchristianisme commun, et l’auteur morigènerait les communautés qui prenaient à leur égart une attitude trop conciliante. — « Et je frapperai de mort ses enfants. » — Puisque les enfants se distinguent des amants, c’est, dit-on, que toul ce personnel doit être littéralement historique. Mais pourquoi les enfants seraient-ils seuls frappés de mort, et est-il si certain que la grande tribulation des amants ne fera périr aucun de ceux-ci ? Est-il donc si naturel de rencontrer une prophétesse qui soit en même temps pourvue de tant d'amants et d’une si nombreuse postérité ? Les amants ne seraient-ils pas les principaux chrétiens du groupe orthodoxe (ce qui permettrait d'attribuer au mot « serviteurs », Ir, 20, un sens plus étroit, selon l'usage du livre), indulgents pour les croyants plus larges. et les enfants ne seraient-ils pas les simples membres de ce groupe ? La persécution n'est-elle pas la même
pour tous, l’auteur s'abstenant d’insister, parce qu'il voudrait
présenter la persécution comme un châtiment et non comme l'épreuve tout honorable d’une communauté méritante ? Le Christ, s’il fait allusion au meurtre des enfants d’Achab (II Rors, x, 9), ne dit pas pour autant qu'il fera mourir lui-même les enfants de la prétendue Jézabel en envoyant la peste dans sa. maison. L'expression : « je tuerai en mort » (änoxtev® èv Mayaro) est purement emphatique.
Et sauront toutes les communautés :
Que je suis, moi, celui qui scrute reins et cœurs Et qûe je vous donnerai à chacun selon vos œuvres.
#% Mais à vous je dis, les autres qui êtes à Thyatire, Qui n'avez pas cette doctrine, ; Qui ne connaissez pas les profondeurs de Satan, Comme ils disent :
« Et toutes les communautés sauront. »— Cette façon de parler ne prouve pas que la situation à Thyatire ait été un scandale pour tout l’univers chrétien, mais que la forme particulière des lettres est artificielle, l’auteur s'adressant en réalité à l’ensemble
des communautés chrétiennes. Toutes sauront, par les châti-
ments qui seront infligés là où il conviendra, — « que je suis», — moi le Christ, — « celui qui scrute les reins et les cœurs », — ce que l’Ecriture dit de Dieu (JÉR. xt, 20 ; xvIt, 10 ; Ps. vIx, 10), — « et que je vous donnerai à chacun selon vos œuvres », — ce qui es! encore le proprede Dieu, d’après l'Ecriture (JÉR. XVIT, 10 ; Ps. zxrr, 13). Les tenants de Jézabel ne sont pas loin d’appartenir à la communauté de Thyatire, s’ils n’y appartiennent tout à fait, puisque l'auteur continue : — « Mais je dis à vous, les autres qui êtes à Thyatire ». — Sans doute le gros de la communauté, le groupe de fidèles qui est apparemment destinataire de la lettre, étant sous la protection de l’ange que désigne la suscription; mais ce groupe n’est pas tellement distinct du groupe hétérodoxe que l’auteur ne puisse appeler les orthodoxes «les autres», c’est-à-dire les autres chrétiens de Thyatire. __ « Qui n’avez point celte doctrine », — la doctrine de Jézabel et des Nicolaïles, — «qui ne connaissez pas les profondeurs de Satan, comme ils disent ». — L'auteur citerait donc ici une formule caractéristique de la secte qu'il condamne. Les sectaires se seraient flattés de pouvoir manger impunément des idolothytes parce qu’ils savaient à quoi s’en tenir sur les secrets de Satan etne pouvaient, comme «spirituels », être souillés parles pratiques extérieures du paganisme. Il n'est pas autrement cerlain que l'auteur se soit complu à signaler cette prétention, — l'on pourrait presque dire cette platitude, — en la prenant au sérieux. On dirait plutôt qu'il l'entend en plaisanterie et qu'il s'amuse
Je ne jette pas sur vous autre fardeau ; *# Seulement, ce que vous avez, retenez-le Jusqu'à ce que je vienne. | * Et le vainqueur, > art tt :
Celui qui garde jusqu’à la fin mes œuvres, - E'IHCES
= lui-même de sa citation, qui pourrait être intentionnellement inexacte, si le lecteur était en mesure de saisir le sens comique de l'altération. Ce sont bien plutôt « les profondeurs de Dieu » que les hérétiques, en tant que « spirituels », se flattaient de connaitre, comme Paul,et d'après lui ([ Cor. 11, 10). L'auteur, ) se dont le mysticisme n’a pas la même note théosophique, les ridi- = culiserait en insinuant qu'il sont bien plutôt versés dans les profondeurs du diable que dans celle de Dieu (cf. Bauer. 435). = Aux vrais fidèles le Christ dit : — « Je ne mets pas sur vous d’autre fardeau. » — A la rigueur, cela pourrait s'entendre des tribulations {le mot B&\iw est employé 11,20 et 24, mais pas dansles mêmes conditions); il paraît néanmoins plus naturel d'entendre par fardeau les obligations et observances : et la formule se trouve avoir quelque affinité avec celle du décret apostolique > dans les Actes (xv, 28-29). Mais le rapport n’est pas suffisamment étroit pour qu’on admette la dépendance d’un texte à l'égard de l'autre, ou celle des deux à l'égard d'une source commune, Le Christ interdit done ce que permet Jézabel, à savoir les idolo- thytes et la fornication ; en fait d'observance, il n'imposerien de plus. Un tel langage suppose néanmoins le lecteur bien. au courant des questions dont il s’agit, des solutions préconi- | sées, du sens limité dans lequel il faut entendre le mot « for- nication », qui caractérise plutôt une discipline, censée trop: 4 large, des relations sexuelles, que l’impudicité proprement dite. Qu'on. se tienne à la discipline reçue. — « Mais, ce que vous avez », — la fôrme de doctrine et de conduite qui vous a été inculquée, — « retenez-le jusqu'à ce que je vienne ». — Il faut garder cette discipline en-allendant la parousie du Seigneur. Promesse en rapport avec les espérances eschatologiques : — CE le vainqueur », — ce sera — «celui qui observe mes œuvres », — conformément au programme qui vient d'être rappelé, et qui n'est pas celui de Jézabel, — « je lui donnerai pouvoir sur les
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Je lui donnerai pouvoir sur les Gentils
* — Et il les conduira avec bâton de fer, Comme les vases de terre ils seront brisés, — Ainsi que je l’ai moi-même reçu de mon Père.
* Et je lui donnerai l'étoile du matin,
: Gentils », — en participation de ce que le Psaume (11,8) dit du Be. Christ lui-même, — « et il les conduira avec un bâton de fer », * régime exempt de douceur, que n’atténue point le trait suivant, — «comme les vases de terreils seront brisés ».— Tout cela vientdu Psaume (11, 9) librement cité, et l’auteur ne l'aurait pas écrit de lui- même. Mais l'Ecriture l’a dit du Christ, et le Christ le dit de ses élus.—« Ainsi que moi-même j'ai reçu de mon Père»—ce pouvoir: Il s’agit du pouvoir que le Christ et ses élus exerceront sur les Gentils pendant le règne de mille ans (xx, 4 ; cf. x17, 5; xIX, 15), et peut-être après la eonsommation des choses (cf. xx, 2), après avoir brisé la puissance du monde païen. Ce membre de phrase se rapporte à ce qui a été dit d’abord : « Je lui donnerai pouvoir sur les Gentils », et l'emprunt au Psaume 11 a presque l'air d'une surcharge; toutefois la phrase est intelligible, et c'est œ plutôt tout ce passage (11, 26c-27) qui pourrait être une addition É __ rédactionnelle, parce que le « don » de pouvoir double le « don » delétoileetque celui-ci correspond mieux aux dons symboliques mentionnés à la fin des autres lettres (cf. cependant 111, 21).
« Etje lui donnerai l'étoile du matin ». — Second trait eschatologique, moins facile à comprendre. A la fin du livre (xxx, 16), le Christ lui-même est appelé « étoile du matin ». Mais notre passage ne peut pas signifier que l’élu brillera de la même gloire | # que le Christ, si toutefois c’est à raison de sa gloire que le Christ est qualifié étoile du matin. La situation du fidèle bienheureux est comparable à celle du Christ ayant dans sa main les sept astres(r, 16) el disposant de leur vertu; l'élu en aurait un, mais des plus puissants, et cela par communication du Christ, qui, lui, dispose des sept. Quelque part que l’on puisse et que l’on doive ? faire ici au symbole, le langage de l'auteur s’imprègne de magie, e et son esprit n’est point exempt de conceptions magiques (cf.
, Bozz, 48-50). Force est d'admettre qu'il était assez instruit de la magie astrologique et que ses lecteurs n’en sont point sup- TS
TES A € AT à
# Qui a oreille entende Ce que l'Esprit dit aux communautés. »
m Et à l’ange de la communauté qui est à Sardes écris : « Ainsi parle celui qui a les sept esprits de Dieu Et les sept étoiles :
Je connais tes œuvres, Que tu as renom de vivre, Et que tu es mort.
posés ignorants. Aussibien est-ce en tenant compte de ce eourant magique de la pensée qu’il est possible d’entendre ce qui vient d’être dit (11, 26-27) du pouvoir exercé sur les Gentils par le peuple élu. Et même le mot de « vainqueur »-(v:x6y) n'a pas le sens purement moral qu'on est accoutumé de lui attribuer; il caractérise l’initié qui a traversé les épreuves mystiques et qui reçoit la couronne (11, 10; mx, 11; cf. Bozz, 49). — Appel au lecteur chrétien : — « Qui a oreille », etc.
« Et à l'ange de la communauté qui est à Sardes écris ». — Sardes était l’ancienne capitale de la Lydie, mais tout à fait déchue de son antique splendeur ; son principal culte était celui de Cybèle ; d’après les anciens auteurs grecs, les mœurs y étaient peu sévères. En tout cas, la communauté chrétienne de Sardes et celle de Laodicée sontles plus maltraitées par l’auteur, bien que, ni dans l’une ni dans l’autre, il ne soit question de Nicolaïtes, Comme si l'étoile du matin lui avait rappelé les sept. astres, l’auteur donne en trait caractéristique du Christ: — « Ainsi parle celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles » — dans sa main droite (1, 16). Pour Ephèse (1x, 1), il n'avait été question que des sept étoiles: mais les sept esprits y ont certainement rapport. Celui qui a les sept esprits et les sept astres, les lient, les manœuvre, en exploite et gouverne la force. Le maître des communautés menace ici une communauté presque tombée. — (Je connais tes œuvres ». — Et ces œuvres ne sont pas bonnes ; la communauté de Sardes est le type d'une chrétienté . déchue. On ne dit pas pourquoi ni comment Sardes a ainsi faibli, en sorte que, sous une apparence de spécialité, le trait est plutôt général et vague. — «Je sais que tu as renom de vivre et que tu es mort », — spirituellement s'entend. Le jugement porte sur l’ensemble de la communauté, qui doit être supposée
* Deviens vigilant Et affermis le reste Qui s'en va périr ; Car je n’ai pas trouvé tes œuvres Pleines devant mon Dieu.
* Rappelle-toi donc Ce que tu as reçu et entendu; Garde-le
sans ferveur: toutefois son état n’est pas désespéré ; qu’elle fasse effort pour se relever. Si l'ange était l'évêque, et que celui-ci fût moralement perdu, on ne voit pas comment le Christ pourrait lui conseiller de veiller. Mais l'ange étant à la fois le protecteur et la personnification de la communauté, on peut lui dire, eu égard à cette dernière qualité, qu'il est mort, et, eu égard à la première, qu'il doit veiller et ranimer ce qui va mourir, à savoir La communauté qui tombe. — « Deviens vigilant », — parce que le temps est proche (cf. xvI, 15; Mc. xx, 33), — « et affermis le reste qui s’en va périr ». —« Le reste » (rx Xouxd) ne doit pas désigner une partie de la communauté, en train de se perdre, qui serait recommandée aux bons soins d’une autre partie demeurée © fervente ; « Le reste » est la communauté réelle, le débris de communauté, en tant que distincte de son ange, de son génie protecteur et de sa personnification idéale. — « Car je n'ai pas trouvé tes œuvres pleines devant mon Dieu ». — La somme des mérites n'est pas celle que Dieu attendait et voulait; ce qui s’est fait et ce qui subsiste de bien ne saurait être jugé suffisant. Pour le dehors, la communauté ne laisse guère à désirer, mais la réalité du mérite n’y est pas. — « Rappelle-toi done ce que tu as reçu », — l'institution chrétienne, — « et entendu.» —, la doctrine évangélique. Le texte (pYnuoveue oÙv ne elAngas xtA.) ne signifie pas que la communauté avait d'abord compris et pratiqué l'Evangile comme il fallait, puisqu'elle à prétendu l'interpréter de façon plus élastique. Quand même l’auteur penserait encore à ses Nicolaïtes et n’en dirait rien pour ne pas toujours se répéter, il ne voudrait pas signifier que la doctrine nicolaïte est dérivée de l'Evangile authentique ; et les Nicolaïtes eux-mêmes, s'ils suivaient la ligne de Paul, ne présentaient point ainsi leur enseignement. — « Garde » — la bonne doctrine
bi
“Mais, si tu ne veilles pas,
Je viendrai comme un voleur
Et tu ne sauras pas
A quelle heure je viendrai sur toi.
‘ Mais tu en as quelques-uns à Sardes Qui n'ont pas souillé leurs vêtements :
"+ Ils marcheront avec moi en blanc,
#- Parce qu'ils en sont dignes.
Et repens-toi. à a à
que tu as reçue d’abord, — « et repens-toi » — de ne l’avoir è point pratiquée ; reviens à ton ancienne ferveur. — « Si lu ne: ES à veilles pas » — àte relever ainsi en prévision de la parousiectdu Re jugement, -— « je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure j'arriverai sur toi» — pour te punir. C'est la comparaison évangélique du voleur de nuit (Mr. xx1v, 43-44; Lo. xi1, 39-40 ; cf. I. Thess. v, 2), et sans doute l’avertissement concerne-t-il, cette fois, la parousie, non une intervention spéciale du Christ pour châtier la communauté indifférente à LED rance chrétienne.
Part d’éloges et promesse en rapport avec PT Re —. € Maïs tu as quelques personnes à Sardes », — un petit nombre seulement (0Àty4 évéuata), — « qui n’ont point souillé leurs vêle- -
ments », — per une cenduite indigne dè leur profession. On
peut croire que l'auteur pense encore à la fornication des Nico- | laïtes, mais il faudrait savoir ce qu'il entend par cette forni- ei cation. Il parle de vêtement gardé propre et pur, parce qu'il va 7 caractériser la gloire des élus par l'éclat de leur vêtement. Du à reste, on ne doit point paraître devant la divinité avec des vête- x ments souillés, — « Et ils marcheront avec moi en blanc ». — 3 Ici la promesse est introduite avant que soit mentionné le La (Vainqueur ». — « Parce qu'ils sont dignes » — de revêtir cet 53
uniforme céleste. Les vêtements blancs étaient d'usage dans les
mystères égyptiens et sans doute ailleurs (BoLz, 49, n..r1) ; on
sait que l'Eglise les adopta de bonne heure pour les nouveanx baptisés. Le blanc n'est pas seulement symbole de la victoire mais de l’immortalité ; les anges sont en blane, et le costume de Jésus devient d’une Ana éclatante dans la scène de la 25 transfiguration (Mr. xvn, 9, et par.) ; on retrouvera plus loin Fax
ne
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