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Le vainqueur sera ainsi couvert de vêtements blancs,
- 1 Et je n’effacerai pas son nom du livre de la pie ;
Et je.confesserai son nom devant mon Père Et devant ses anges. 5 * Qui a oreille entende Ce que l'Esprit dit aux communautés. »
" Et à l'ange de la communauté qui est à Philadelphie écris : « Ainsi parle le Saint, Le Vrai, à Qui a la clef de David,
(vx, I: vu, 9, 13) les robes blanches des élus, et il est possible
que l’auteur désigne ainsi les corps spirituels, la forme sensible
“et glorieuse des bienheureux (cf. Caarzes, I, 82, 188).— « Le vain-
queur sera ainsi couvert de vêtements blancs, et je n’effacerai pas
son nom du livre dela vie ».— Cette dernière formule est biblique
(Ex. xxxnr, 32-33; Ps. LxIx. 29), ce qui explique en partie pourquoi l'auteur emploie ici un trait négalif; mais on peut supposer une menace implicite à l'égard des chrétiens négligents qui ne se seront pas relevés, et qui seront effacés du livre. Ce livre n'est pas autre chose que les vieilles tablettes du destin, maintenant transformées en registre des immortels (sur le livre de vie dans l’Ancien Testament, cf. CHARLES, Ï, 84). — « Et
je confesserai son nom » — au jour du jugement — « devant
mon Père et devant ses anges ». — C'est parole évangélique
ALCÉ Mr. x, 32, pour le Père ; Lo. xx, 8, pour les anges; d’où il
est permis d’inférer que le texte dont dépend probablement notre auteur pourrait bien n'être ni Mt. ni Le.) — Apostrophe au lecteur chrétien : — « Qui a oreille », etc.
« Et à l’ange de la communauté qui est à Philadelphie écris ».
| — Cette sixième lettre est la plus élogieuse; elle est, pour le
fond, très ressemblante à celle de Smyrne: Trait caractéristique
du Christ: la clef. — « Ainsi parle le saint ». — Titre passé de Dieu au Christ (ef. 1v, 8; vi, 10). — « Le vrai ». — Non préci-
sément au sens de véritable et authentique, ou bien de véri-
dique, mais constant en sa parole une fois dite et donnée
(ef. ox, 14; xIX, 11; Is. LxV, 16). — « Quia la clef de David ».
— Application au Christ de ce qu'on lit en Isaïe (xx11, 22) du
chambellan Eliakim. La clef du palais ou de l’appartement royal > \ d
Tax
Qui ouvre, EÉtaucun ne ferme, } Qui ferme, Et aucan n'ouvre.
* Je connais tes œuvres.
Voici que j'ai mis devant toi ” Une porte ouverte, que nul ne peut fermer.
devient la clef du royaume céleste (cf. Mr. xv1, 19)- Isaïe avait dit: « la clef de la maison de David »; mais « la maison » aurait fait ici embarras, et « la clef de David » rend un meilleur son messianique (ef. v, 5 ;xxn1, 16). Se rappeler que plus haut (r, 18) les clefs de la mort et de l’enfer ont été de même attribuées au Christ. — « Qui ouvre et nul ne fermera; qui ferme et nul n’ouvrira ». — Isaïe relevait ainsi la fonction d’Eliakim ; appliquées au Christ, ces formules font de lui le maître de l'accès à l’immortalité bienheureuse. Il usera de ce privilège pour retenir dans le temple de Dieu la communauté fidèle. — « Je connais tes œuvres ». — L'auteur n'insiste pas, voulant éviter les redites, et aussi parce qu’il va utiliser pour son développement l’image de la porte, qui vient d'être amenée dans le préambule. Si l'on y veut bien regarder, l’on trouvera que les sept lettres manquent un peu d’étoffe, et que l’auteur fait quelque effort d'imagination pour les remplir.— « Voici que j'ai mis devant toi porte ouverte, que nul ne peut fermer ». — Sans égard à ce qui précède, et faisant appel au langage de Paul, qui entend plusieurs fois par « porte ouverte » une opportunité d'évangélisation (1 Cor. xvi1, 9; II Cor. nn, 12; Cor. 1v, 3), persuadés que l’auteur a dû dire quelque chose de particulier à la communauté de Philadelphie, nombre d’interprètes estiment qu'il s'agit ici d’une occasion de convertir les Juifs dont il va être parlé. Mais l’auteur vient d'employer la métaphore dans un autre sens, et l’on peut croire qu'il la répète dans les mêmes termes parce quil fait application de la même idée; cette porte qu’on ne peut fermer s'entend moins naturellement d’une occasion de prècher que de ‘la porte du ciel. La porte ouverte aux Philadelphiens esl présentée comme la récompense de leur fidélité ‘x, 8), et il n'est fait aucun appel à leur activité apostolique; dans la suite il
Car tu as peu de force, Et tu as gardé ma parole, Tu n’as pas renié mon nom.
° Je vais en amener de la synagoque de Satan, Qui se disent être Juifs Et qui ne le sont pas, Mais qui mentent.
n’est pas question précisément de la conversion des Juifs, mais d'un hommage rendu par eux aux Philadelphiens; ils seront contraints de s’humilier devant ceux-ci,les reconnaissant comme les bien-aimés du Christ. Cette conversion-là ressemble assez à celle des Gentils menés au bâton par les fidèles de Thyatire (x, 26-27). La porte ouverte est donc plutôt le salut, qui est assuré à la communauté. — « Parce que tu as peu de force et que tu as gardé ma parole »; — bien que faible, sinon par le nombre, du moins par les ressources et l'influence temporelle, tu n’as pas douté de la promesse — « et tu n'as pas renié mOn. nom », — ta foia été sans défaillance. Il est sous-entendu que le nicolaïsme n’a pas eu de prisesur ce groupe de croyants, etnon seulement que ceux-eise sont montrés inébranlables dans la per sécution. Il semblerait que ce qui a été dit de la porte ouverte (xx, 8} forme une sorte de parenthèse et qu'on doive entendre : « Je connais tes œuvres. (à savoir) que tu as peu de force, mais que tu as gardé ma parole », etc. (Cuarzss, I, 85). À moins que ce qui est dit iei de la porte ouverte ne soit une addition rédactionnelle (WELLHAUSEN, 9).
« Voici que j'amène ». — Littéralement: « que je donne »; mais le mot sera expliqué ultérieurement par: « je ferai qu'ils viennent ». Ce second « voici », dans le texte actuel, paraît coordonné au précédent: « Voici que j'ai mis (littéralement : « donné ») devant toi une porte ouverte »; mais le rapproche-
ment constitue plutôt une incohérence de la rédaction. — « De ceux qui sont de la synagogue de Satan ». — On les a déjà rencontrés dans la lettre à Smyrne (11,9). — « Qui se disent Juifs et qui ne le sont pas, mais mentent ». — Beaucoup pensent
que ce sont de vrais Juifs, traités de faux Juifs par l’auteur judéochrétien, et l’on imagine que l’auteur prédit leur conver- A. Losy. — L’Apocalypse de Jean. 8
Je vais faire qu’ils viennent Et qu'ils se prosternent devant tes pieds, Et qu’ils reconnaissent que je t'ai aimé.
‘ Parce que tu as gardé ma parole de patience, Moi aussi je te garderai de l'heure de l'épreuve Qui doit venir sur le monde entier Pour éprouver ceux qui habitent sur la terre.
sion. Peut-être n'y a-t-il pas ici plus de Juifs que de conversion proprement dite. Les faux Juifs sont plutôt les mêmes que ceux de Smyrne, c’est-à-dire des Nicolaïtes, disciples attardés, sinon exagérés, de Paul, que l’auteur se félicite de voir confondus au dernier jour. En tous cas, l’auteur, comme Paul, et à la différence du quatrième évangile, lient pour honorable le nom de Juif. — « Je vais faire qu’ils viennent se prosterner devant tes pieds ». — Ceci est autre chose que l'abjuration du judaïsme traditionnel.
Et qu'ils reconnaissent que je t'ai aimé », — c’est-à-dire que la véritable communauté du Christ n’était pas la leur. Mais
cette reconnaissance appartient à la perspective eschatoiogique ; ce n’est pas un fait qui doive se produire dans la communauté philadelphienne avant la parousie. Les faux Juifs ne sont pas voués à la damnation, mais ils ont toute chance d être les derniers (cf. Mr. v, 19), quelque chose comme des esclaves, dans le royaume de Dieu. Que les croyants de Philadelphie soient donc sans crainte parmi les épreuves de la fin. — « Parce que
tu as gardé ma parole de patience », — ou « la parole de ma
patience » — (r0y \dyoy ts ürouovñs uou). Maisle Christ ne recommande pas de l’atiendre avec patience, ni de pratiquer la palience à son exemple ; il s’agit de la parole, qui est une recommandation de patience, et c’est reprise explicative de: «tu as gardé ma parole » (rr, 8). — « Moi aussi je te garderai », — c'est-à-dire « je te préserverai » (cf. JN. xvur, 6, 11, 12); mais l’auteur n'est point ennemi des jeux de mots, — « de l’heure de l'épreuve », — la grande tentation de la fin (xt), — «qui doit venir », — et sans larder, — « pour éprouver ceux qui habitent
sur la terre ». — Le sens ne parait pas être que la communauté
sera assistée dans l'épreuve pour la traverser courageusement, ce qui serait le cas de toutes les communautés fidèles, mais que
= ns
APOCALYPSE DE JEAN, Int, 14-12 > 115 2
“ Je viens bientôt : ‘ Retiens ce que tu as, E Pour que nul ne prenne ta couronne.
# Le vainqueur, Je le ferai colonne AE Dans le temple de mon Dieu ; +538 Il ne sortira plus dehors ;
Et j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, Et le nom de la ville de mon Dieu,
l'épreuve lui sera épargnée. L'auteur se flatterait ici que les vrais croyants pourront n'être pas inquiétés dans la grande ae tubulation de la fin: ils ont déjà fait leurs preuves. Mais il ne ee faut pas déchoir. — « Je viens bientôt. Retiens ce que tu as »,— RES | ta ferveur et tes mérites, — « pour que nul ne prenne ta cou- s ronne », — « la couronne de la vie éternelle » (1x, 10).
Promesse eschatologique : — « Le vainqueur, je le ferai colonne dans le temple de mon Dieu », — c’est-à-dire qu'il sera à fixé à jamais dans le séjour divin, comme le signifiait déjà « la : > porte qu'on ne pourra fermer » (1x, 8) ;, — « et ne sortira plus LR dehors », — hors du temple, où ilsera stèle. La stèle étant méta- >. 208 phorique, le temple n'a pas besoin d’être un édifice, el notre “a passage n’est pas en contradiction réelle avec ce qui sera dit SE (xxx, 22) de l’absence de temple dans la nouvelle Jérusalem. — Re « Et j'écrirai sur lui ». — A la lettre,ce serait plutôt : «sur elle », FEES sur la colonne ; éêar la métaphore paraît se continuer, et l’auteur ne semble pas vouloir parler d’un tatouage réellement pratiqué RE sur le front de l'élu ou sur quelque autre partie de son corps ; à moins que la pensée ne flotte entre le symbole et la réalité. Le grand nombre des noms écrits donne à supposer plutôt que la stèle est directement visée ; et l’image peut être en rapport avec les coutumes religieuses du temps et du pays (cf. CHARLES, LEE I, 91). — « Le nom de mon Dieu ». — Ce nom vient naturellement en tête. — « Le nom de la ville de mon Dieu », — la cité :
mystique et éternelle. H ne s’agit point iei de noms secrets dont 24
on exalterait la valeur magique, et l’on va dire le nom de la S ville. La sièle est censée votive, commémorative, écrite à la & gloire de Dieu, dans le temple duquel tout le monde peut LE