ÈS) [SA
Et au milieu du trône, auiour au trône Quatre (êtres) vivants, Couverts d'yeux par devant et par derrière :
* Le premier Vivant ressemble à lion ; Le second Vivant ressemble à taureau ; Le troisième Vivant a l'aspect d'homme ; Le quatrième Vivant ressemble à aigle volant.
célestes (GEN. 1,7 ; Ps. cxzvinr, 4 ; cf. Ps. civ, 3; Hénoch, slav. nt. 3: -Jest. Lévi,1r, 5),
« El au milieu du trône, autour du trône, quatre animaux couverts d’yeux par devant et par derrière ». — Ce sont les quatre animaux d'Ezéchiel (1, 5-14), mais notre auteur ne dépend pas uniquement du prophète. Nos quatre animaux, ou êtres vivants (Ga), représentent à part les quatre formes qui sont réunies en chacun des quatre animaux d’Ezéchiel ; ceux-çi sont sous le trône, qu'ils portent (Ez. 1, 22, 26), ce qui n’est pas le cas des nôtres. Mais d'abord il est malaisé de comprendre comment ils peuvent être à la fois au milieu et autour du trône. L’une des indications exciut l’autre, et c’est la seconde qui est primitive. Lé trône est certainement orienté. Si on suppose les quatre Vivants placés aux quatre points cardinaux, ils peuvent être ; censés au milieu de la région quils représentent et ils sont à l’'entour du trône. Seulement, le texte dit : «au milieu du trône ». L'identification des quatre Vivants fournirait-elle la solution de l'énigme ? — « Le premier Vivant ressemble à un lion » ; — et ce doit être le Lion zodiacal ; — « le second à un taureau » ; — autre signe du zodiaque; — « le troisième a l’aspect d’un homme »; — c’est l'homme-scorpion du zodiaque babylonien ; — « le quatrième ressemble à un aigle », — et l'aigle est Pégase (cf. Bozr, 36). Ainsi nos quatre Vivants ne représentent pas précisément les quatre points cardinaux, encore moins des attributs de la divinité, ou la révélation de Dieu dans la nature; ce sont quatre puissances célestes, comme les sepi esprits ou les sept astres, et les vingt-quatre vieillards ; sur le cercle zodiacal, le Taureau s'oppose au Scorpion (l'Homme), et le Lion à Pégase (l’'Aigle). Nos quatre signes commandent, ou plulôt ils ont com mandé originairement les quatre sections du cercle zodiacal et
Et les quatre Vivants, Un chacun d'eux Ayant six ailes, À l’entour et à l’intérieur Sont remplis d’yeux,
les quatre saisons de l'année ; de là vient qu’ils sont restés en considération. Notre auteur a encore quelque sentiment de leur origine, et il leur garde leur nom avec leur forme, en faisant une catégorie spéciale de puissances, un chœur d’anges nullement inférieur, et pour cause, à celui des vingt quatre Vieillards. Mais, quand mème on admettrait que le trône de Dieu est ici le ciel, il est malaisé de concevoir que l’auteur se figure les quatre
Vivants sur le cercle zodiacal et les place pour ce motif « au
milieu du trône et à l’entour ». Certainement il les place « autour du trône », en avant des vingt-quatre vieillards, qu’il ne conçoit pas davantage à leur place originelle, de part et d’autre du cercle zodiacal. Les mots : « et au milieu du trône », sont donc une explication maladroite (suggérée peut être par Ez. 1, 5; cf. CHARLES, I, 118). Mais c’est parce que les quatre Vivants sont
originairement des constellations, qu'on les dit pourvus d’yeux
par devant et par derrière (pour la documentation dansla littérature apocalyptique, voir CHARLES, 1, 118-124).
« Et les quatre Vivants, ayant chacun six ailes », — comme les séraphins d’Isaïe (vr, 2), dont on va voir qu’ils jouent le rôle auprès de Dieu, — « sont remplis d’yeux à l’entour et à l'intérieur ». — Ezéchiel (x, 12) leur donne aussi des yeux tout autour du corps et des ailes ; mais les chérubins d'Ezéchiel (1, 11) ont
quatre ailes seulement. L’on entend ici que les quatre Vivants
ont des yeux sous les ailes aussi bien que dessus. On obtiendrait plus facilement ce sens en lisant (avec quelques témoins) «ayant six ailes autour » du corps « sont remplis d'yeux à l'extérieur et à l’intérieur » des ailes. Mais celte leçon peut résulter de ce qu'on a voulu corriger l’antithèse mal venue : « autour et en dedans » (BAUER, 441). — La mention des yeux est ici un doublet inutile de celle qu’on a lue plus haut (1V, 6), et ce doit
être une addition ou une glose rédactionnelle (suggérée par Ez.
X, 12). — « Et ils n’ont repos ni jour ni nuit », — parce qu’ils
Et ils n’ont pas de repos, Jour et nuit disant :
CSaint, Suint, Saint - Est Seigneur Dieu, maître de tout, Quresr, Qui Fur, À QUI VIENT. »
* Et lorsque les Vivants rendent gloire, honneur et action de À celui qui siège au trône, grâces Qui vit aux siècles des siècles,
” Les vingt-quatre Vieillards tombent £ Devant celui qui siège au trône, Ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles,
louent constamment le Seigneur Dieu (cf. HÉNOCH, xxxXIX, 12 ; LXXI,7,— « disant : « Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, maître de tout ». — C'est la doxologie des séraphins dans Isaïe (vi, 3), sauf que l’hébreu d'Isaïe a « Iahvé Sabaoth », et les Septante : « Le Seigneur Sabaoth » (mais ailleurs les Septante traduisent Sabaoth par ruyroxpérwe, que donne ici notre auteur). A la formule d'Isaïé s'ajoute celle qui s’est déjà rencontrée (1, 4, 8) :
— « Celui quiétait, qui est et qui vient ». — Mais ici « quiétait»
(6 y) vient avant « qui est » (0 &v). L'indication touchant l'hommage perpétuel des quatre Vivants appartient à à la source que l’auteur a utilisée ; elle va être contredite par ce qui suit. A J’hommage des quatre Vivants se coordonne celui des vingt qualre Vieillards, comme il convient à l’analogie de leur
: signification. — « Et lorsque les quatre Vivants rendent gloire,
honneur et action de grâces à celui qui est assis sur le trône ». — L'auteur évile toujours de dire Dieu,et il allonge sa périphrase (ef. Ps. xx1x, 1 ; XCVI, 7 ; HÉNOCH, LxI, 10 11) comme s il répétaït en quelque façon la prière eucharistique des esprits célestes.
— « Qui vit aux siècles des siècles ». — La formule est de Daniel
Gv, 37; vi, 26 ; xu, 8) ; elle a été plus haut (1, 18) appliquée au Christ. — « Les vingt-quatre Vieillards tombent devant celui qui est assis sur le trône ». — Toujours la même périphrase. — « Ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles, et ils dé-
Et ils déposent leurs couronnes devant le trône, Disant : È
«Tu es digne,
Notre Seigneur et Dieu,
De recevoir la gloire, l'honneur et la force,
Parce que tu as créé tout
Et que par ta volonté (les êtres) existèrent
Ei furent créés. »
posent leurs couronnes ». — Sans doute pour signifier que la souveraine puissance n'appartient qu'à Dieu et que ce qu'ils en possèdent vient de lui (cf. le geste de Tiridate déposant sa couronne devant l’image de Néron; TAcITE, Ann xv, 28 ; autres exemples dans CHaRLes, I, 133). — « Devant le trône ». — Toujours pour ne pas dire « devant Dieu ». — « Disant : « Tu es digne, notre Seigneur et Dieu, de recevoir gloire, honneur et force ». — Exactement : « Tu as le droit de prendre (@Æuos si... AaBeiy xck), comme l’appartenant, gloire, etc. (cf. v, 9, 12), — « Parce que tu as créé tous » -- les êtres. Y compris ceux qui rendent l'hommage: et c'est avec intention qu’on ie leur fait proclamer. — « Et que c’est par ta volonté qu'ils ont existé et qu'ils ont été créés ». — Logiquement il fallait dire : «ils ont été créés et ils ont existé ». Mais l’inversion peut être pour l'harmonie de la finale, l’auteur, qui se moque de la syntaxe, ayant souci du rythme. Il n'en est pas moins évident que l'hommage des vingtquatre Vieillards a été ajouté rédactionnellement à celui des quatre Vivanis, présenté d’abord comme perpétuel, et qui,dans ce supplément et dans la suite du livre, est regardé comme inter. mittent ct occasionnel : autrement les vingt-quatre ne seraient jamais assis, ils seraient incessamment prosternés, etils n’auraient qu'à laisser leurs couronnes par terre (cf. CHARLES, Ï, 127). Par l'effet du supplément rédactionnel, il se trouve que si les quatre célèbrent les attributs essentiels de Dieu, les vingt-quatre proclament la gloire de Dieu dans ses œuvres (CHARLES, |, 13/4).