‹ L'Apocalypse de JeanChapitre 28 sur 65 · VIII. — Le sceau DE DIEU SUR LES ÉLUS · texte numérisé non relu

VIII. — Le sceau DE DIEU SUR LES ÉLUS

Entre le sixième et le septième sceau se place un grandiose intermède, assez inattendu et qui paraît, au moins de prime abord, un hors-d'œuvre jeté par l’auteur entre la vision des sceaux et celle des trompettes. Mais c’est plutôt la conclusion ou le couronnement de la vision des sept sceaux, rattaché plus intimement qu’il ne paraît à la vision, qui, dans la réalité, s'achève avec le sixième sceau, IL va être aussi bien question d’un autre sceau, d’un sceau divin, appliqué aux élus de Dieu (vi, 1-8) : la fin est retardée pendant celte opération, entendons pendant que l'Evangile recrute ses fidèles et Le Christ ses martyrs; et sur cette première vision s’en greffe une autre où est révélée par anticipation la gloire finale de ces prédestinés (VIr, 9-17).

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vn Après cela, je vis quatre anges Placés aux quatre coins de la terre, Qui retenaient les quatre vents de la terre -

« Et après cela ». — Après les six tableaux de la vision précédente : la formule marque le commencement d’une section importante (cf. 1v, 1). — « Je vis quatre anges ». — L'auteur, on s’en aperçoit, aime certains chiffres, les trois, les quatre, les sept, les douze, tous consacrés, de quelque façon, par la cosmo- > logie babylonienne, Cette. fois il opère avec les quatre : ses quatre anges, on pouvait presque s y attendre, sont en rapport avec les quatre points cardinaux. La question ne se pose pas de savoir si ces anges sont bons ou mauvais : autant aurait valu la poser à propos des quatre cavaliers qui ont servi à l'illustration des quatre premiers sceaux. Nos quatre anges sont les anges des vents, préposés à cet office par Dieu lui-même, et rien n'invite à penser qu'ils ne s’acquittent pas convenablement de leur fonction. Mais ces anges, comme ceux du feu (x1v, 18) et de l'eau (XVI, 5), sont d’une catégorie inférieure (cf. CHARLES, 1, 203). — « Quatre anges qui se tenaient aux quatre angles de la terre », — aux quatre extrémités que.nous appelons points cardinaux et : qu'il faut supposer localisés à la base des cieux, la terre étant à censée carrée (cf. Is. x1, 12 ; Ez. vu, 2; et la forme de la Jérusalem nouvelle, xx, 8 ; xx1, 16). Les anges étaient là debout, — « retenant les quatre vents de la terre ». — Comme les quatre chevaux de la première vision sont parleur origine en rapport avec les quatre vents, leurs cavaliers devaient être, au moins originairement, apparentés de fort près aux anges qui sont chargés de conduire les vents, si toutefois ils ne s’identifient plus ou moins à ces anges, et la présente vision pourrait ne pas faire double emploi (comme l'indique Bou, 145) avec celle des quatre premiers sceaux, imais signifier très opportunément que la vision des sceaux n'est pas à considérer comme accomplie ni même comme devant s’accomplir tout de suite, et que les événements que doivent amener les quatre chevaux et leurs cavaliers, les quatre vents et les anges qui les montent, ne vont pas encore se réaliser, les anges qui ont la garde des vents les retenant à leur point de départ et muselant les fléaux

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Pour que ne soufflât point vent sur la terre, Ni sur la mer, Ni sur aucun arbre.

* Et je vis un autre ange qui montait d'où se lève le soleil, Ayant sceau du Dieu vivant,

(xoureiv est employé ici en un sens différent de 11, 1 et de 11, 16, 14, 15, 25, mx, 11). Îl apparaîtra par la suite que les vents sont considérés comme pernicieux : ce sont les vents des « quatre angles de la terre » qui sont ainsi nuisibles, non ceux des quatre côtés, qui sont favorables (cf. HÉNocH, xxx1v, 3 ; LxxvI; el le commentaire de CHARLES, I, 204). Ils ne sont pas précisément chargés, comme on l’a dit (Bousser, 2980 ; BAUER, 448) ; de purifier la terre, mais de nuire aux hommes en dévastant la terre, la mer et les arbres (cf. CHARLES, I, 192, n.2). Provisoirement donc leurs anges les retiennent, — « pour qu'il ne souffle point de vent sur la terre, ni sur la mer ni sur aucun arbre ». — Ces fléaux semblent compris autrement que dans la vision des quatre cavaliers, parce que l’auteur utilise d’autres données de son almanach astrologique ou qu'il s'inspire d’une autre source ; mais on aurait probablement tort d’en conclure que le rapport des quatre vents avec les quatre chevaux lui échappe et qu’il n’a pas eu l'intention de coordonner si étroitement la présente vision à celle des quatre cavaliers. On remarquera que les vents, maintenant retenus, sembleraient devoir être lâchés plus tard pour exercer leurs ravages et amener la fin ; or, il n’en sera plus question, parce qu'on aura ces fléaux

sous une forme équivalente, comme on vient de les voir annon-

cés dans la vision des chevaux.

« Etje vis un autre ange », — d’une catégorie supérieure aux précédents, et attaché à la haute administration de l'univers, — « qui montait du lieu où le soleil se lève ». — Un message de bonne nouvelle ne viendra jamais du couchant. L’oceident est la région de la mort, et c’est de l’orient que viennent la lumière et la vie (Bocr, 20). Se rappeler que le Christ a été plus ou Moins assimilé au soleil levant et que les chrétiens des premiers siècles se tournaient vers l’orient pour prier (voir DœLGEr, Sol salutis, 1920) — « Ayant un sceau du Dieu vivant ». — Cest le

me) …

Et il cria à pleine voix aux quatre anges Auxquels a été donné de faire tort à la terre et à la mer, disant :

sceau dont on va marquer les élus: Le sceau indique la propriété, il est aussi la protection. Dans certains cultes de mystères, les initiés portaient le signe du dieu. Ainsi l'entend notre auteur. Le signe en question est le signe du chrétien, et la suite nous apprendra peut-être en quoi il consiste. Mais, bien que la mention du sceau divin ait une pleine raison d’être par rapport au tableau qui suit, ilest permis de supposer que le gardien du sceau a quelque relation avec le livre de la révélation : n’estce pas la même marque qui aura été apposée, moyennant le même sceau, par le même ange, sur les cachets qui fermaient le livre mystérieux ? Ce n'est pas pour rien que l’ange du sceau apparaît ainsi au terme de la vision des sceaux. Et ce pour-. raient bien être les sceaux du livre qui ont PPoeA à l’auteur le sceau du chrétien (noter cependant il ‘n'y a point ici d’article devant sopaytôa).

« Et il cria à pleine voix », — il le fallait bien pour être entendu dans les quatre coins du monde, — « aux quatre anges à qui il a été donné de faire tort à la terre et à la mer». — Ce sont les quatre anges dont on vient de nous dire qu’ils retenaient les vents pour les empêcher de souffler, mais cette indication n’impliquait point qu'ils fussent chargés de faire tort à la terre et à la mer ; elle aurait plutôt fait supposer le contraire. L'auteur néanmoins s'exprime comme sile lecteur savait déjà que les anges des vents étaient chargés de déchaïîner des fléaux.Son langage s’explique beaucoup plus naturellement si les quatre anges des vents sont censés identiques aux cavaliers qui ont reçu mis--. sion de faire tort aux hommes. Pour l'ordinaire, ils ont charge de contenir les vents, mais ils les déchaïnent à l'occasion, et ils ont reçu ordre de les déchaîner tous, pour faire tort à la terre ‘ et à la mer: on les avertit d'attendre pour exécuter l’ordre reçu (situation analogue dans HÉNocH, LxvI, 1-2). Au fond, il s’agit encore, tout en annonçant la parousie prochaine, d'expliquer pourquoi le Christ n'arrive pas. Tout à l'heure (vx. 11) il était dit aux martyrs d'attendre que leur nombre fût au complet ; maintenant on donne à entendre que le recrutement des chré-

«Ne faites pas tort à la terre, ni à la mer, ni aux arbres Que nous n’ayons marqué les serviteurs de notre Dieu sur leurs fronts, »

tiens doit être achevé. Tout cela-se tient, et si l’auteur se répète un peu, il n’est pas aussi incohérent que l’on pourrait croire quand on n'entre pas dans le secret de ses procédés.

L'ange — « disait : « Ne faites point tort à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué au front les serviteurs de notre Dieu ». — Cet ordre signifie clairement que les derniers fléaux ne doivent pas commencer avant que soit achevé le recrutement des serviteurs du vrai Dieu, c’est-à-dire le recrutement des croyants et des élus. Le signe qu’on va leur mettre sur le front est sans aucun doute un signe protecteur, mais il ne s'ensuit aucunement qu'il ne soit pas encore autre chose. La comparaison avec le sang sur les portes des Israélites dans la nuit de l'exode (Ex. xn1, 13,23) est hors de propos, puisqu'il s’agit d’une marque personnelle et permanente à laquelle se reconnaissent les serviteurs de Dieu. La comparaison aveclethav qui, dans Ezéchiel (1x, 4-6), est apposé sur le front des hommes de Jérusalem qui n’ont point pris part aux abominations de l'idolâtrie, et qui seront épargnés dans le châtiment des coupables, n’est pas non plus adéquate : ce n'est toujours qu’une simple marque, un signe de reconnaissance, inais ce n’est pas le signe ni le sceau de Dieu, un signe spécifique et permanent auquel on reconnaît ses fidèles. Le vrai point de comparaison est le signe de la Bète, que chacun devra porter sur le front ou à la main droite, et faute duquel on sera frappé d'incapacité civile dans le royaume de la Bète. Or ce signe n'est pas qu'une formule magique de protection: c'est un signe religieux par lequel on fait profession d’appartenir à la Bête et de l’adorer ; et ce signe consiste dans le nom même de la Bête ou le chiffre de son nom (xi1,16-18 ; XIV, 9 ;XX,4). Autant dire que c’est la profession du culte impérial. IL nous sera dit (x1v, 1) en propres termes que les fidèles del’Agneau portent écrit sur leur front le nom de l’Agneau et celui de son Père. On n’a donc pas ledroit de chercher uneaulre formule. La formule du sceau est le nom de Dieu et celui du Christ.à moins que ce ne soil un signe ou un chifire dontil

‘ Et j'entendis le nombre des marqués, s Ë J Cent quarante-quatre mille marqués, De toutes les tribus des fils d'Israël :

est admis qu'ilreprésente ces deux noms; el ce signe est religieux, il témoigne que l’on appartient à Dieu et au Christ, il garantit au croyant la protection de Dieu et du Christ, et limmortalité bienheureuse dans le royaume du Christ et de Dieu. Autant dire. que le signe est la profession de la foi chrétienne, la profession de foi baptismale, à moins que l'auteur n’ait déjà en vue le bap- ‘tême, avec le rite de la consignatio, l’imposition du signe de la croix par la main de l’évêque en conclusion de la cérémonie baptismale. Dans cette hypothèse le signe de la croix tracé sur le front du nouveau baptisé figurerait pour l’auteur le nomde Dieu et celui du Christ, comme le chiffre 666 figure le nom de la Bète. Quoi qu'il en soit, le caractère du signe et son objet ne font pas le moindre doute : c’est un signe religieux, une marque cultuelle, et non précisément une formule magique de talisman ou d’amulette ; c’est le signe mystique du salut chrétien,le gage de l’immortalité à travers la grande épreuve quis’annonce maintenant (cf. CHARLES, [, 194-199). Au reste, l’auteur parle en figure et iln’entend pas dire que les chrétiens porteront en tatouage sur leur front les noms de Dieu et du Christ, pas pius qu'il n'entend dire que les païens auront le nom de César effectivement tatoué sur leur front ou sur leur main. L'opération annoncée par l'ange est donc le recrutement des élus moyennant le baptème chrétien, quiles donne à Dieu et au Christ pour leur propre salut. Si cette opération n’est qu'une image, symbolique aussi est le chiffre dont le prophète recoit révélation. — « Et j'entendis le nombre des marqués ». — A peine annoncée, la chose est censée faite; elle est accomplie, en effet, dans les desseins de Dieu, et le total indiqué représente figurativement la masse des eroyants qui recevront jusqu'à la fin des temps l'assurance du salut en recevant le baptême. Mais il ne faut pas oublier que la fin des temps est pour la génération présente. Ils étaient — « cent quarante-quatre mille marqués, de toutes les tribus d'Israël », — soit douze mille par tribu ; et l’auteur se complaît à faire l’énumération des douze tribus.

* De tribu de Juda, douze mille marqués ; De tribu de Ruben, douze mille ; : De tribu de Gad, douze mille ; De tribu d’Aser, douze mille ; De tribu de Nephtali, douze mille ; . De tribu de Manassé, douze mille ; * De tribu de Siméon, douze mille ; De tribu de Lévi, douze mille ; De tribu d’Issachar, douze mille ; :

* De tribu de Zabulon, douze mille ; De tribu de Joseph, douze mille ; De tribu de Benjamin, douze mille marqués.

Juda vient le premier, ce qui n’est pas dans l'usage ordinaire de l'Ancien Testament : mais il n’est pas étonnant que la tribu du Messie vienne en premier lieu (d'après CHARLES, I, 194 ce serait en vertu d’un remaniement jndéo-cbrétien, ou par le fait de l’auteur; mais une apocalypse juive n’aurait-elle pu mettre en tête la tribu messianique, en s'autorisant de NomBr. 11; I Caron. n°?). Les noms semblent venir ensuile sans aucun ordre, et l’on a proposé (CHARLES, Ï, 207, après B. Gray) de renvoyer Gad, Aser, Nephtali, Manassé, à la fin de la liste. La série devient ainsi régulière ; mais Manassé y occupe, et ce ne doit pas être un effet du hasard, la place qui reviendrait à Dan, Ephraïm seul se trouvant ainsi compris sous Joseph. Dans

telle recension de l'Ancien Testament, le chiffre de douze est

obtenu, et treize évité, en comptant Ephraïm et Manassé, et en omettant Lévi (NomBr. 1), ou bien Siméon (DEUT. XXXI) ; mais Dan n’est pas recensé dans la Chronique (1 CHRON. 1V-Vn), bien que mentionné parmi les fils de Jacob (£ CHRON. 11, 2). Sauf la substitution, qui paraît sans portée, du nom de Joseph à celui d'Ephraïm, parce que l'on aura voulu avoir sur la liste le nom de Joseph, notre auteur suivrait le recensement de la Chronique, et l’'omission de Dan pourrait p’avoir pas de signification spéciale. Toutefois Irénée (Haer. V, 30, 2) dit que l’Antichrist doit sortir de la tribu de Dan, et que, pour cette raison, l'Apocalypse ne la mentionne pas dans la liste des sauvés; beaucoup d'écrivains. ecclésiastiques l'ont répété après Irénée, et plusieurs critiques modernes l'ont admis. Comme notre livre

A. Lotsy. — L'Apocalypse de Jean. II

ne semble par ailleurs aucunement préoccupé d'une semblable origine pour l’Antichrist, et que mème il paraîtrait plutôt l'exelure, l'hypothèse n’est guère soutenable que par rapport à une tradition juive qui se refléterait dans la liste et dans la tradition chrétienne. Cette tradition est attestée dans le Testament des douze patriarches (Dan, v, 6 7; cf. CnarLes, I, 209). Pris à la lettre, le recensement des élus ne semblerait comporter que des Juifs. Mais, étant donné le symbolisme de l’auteur et la valeur mystique attachée par lui aux chiffres, la parfaite indifférence qu'il professe à l'égard des judéochrétiens et ‘son parti pris de considérer les communautés chrétiennes comme le véritable Israël, force est d'admettre que le recensement des élus d’après les douze tribus n’est qu'une façon de figurer la restauration spirituelle d'Israël, l'institution du véritable Israël dans le royaume de Dieu. Les douze tribus n’y sont que pour le symbole, tout comme les chiffres et le total douze fois douze mille. Il est parfaitement abusif de considérer ce chiffre de cent quarante-quatre mille comme étant celui des judéochrétiens ou des Juifs qui se convertiront avant la fin du monde et à l'égard desquels les convertis du paganisme ne seraient qu’une catégorie subsidiaire d'élus, un supplément de. moindre importance, quant à la qualité sinon quant au nombre. Rien ne serait plus contraire à l'esprit de l’auteur et à son interprétation du présent texte (cf. CHARLES, 1, 199-2017) : il nous donne le chiffre symbolique des « serviteurs de Dieu », le total mystique des élus, quelle que soit leur provenance. Il n’en est pas moins vraisemblable que le catalogue et les chiffres lui auront été fournis par la tradition apocalyptique juive el qu’il s'est borné à en faire l’adaptation au christianisme, moyennant quelques retouches qui ne dissimulent pas l'origine de ceite description. L'espèce d’incohérence que l’on a pensé voir entre ce tableau et le suivant, où des ‘élus qu'on croit être ceux de l'hellénochristianisme ne sont nidénombrés ni marqués, — ce ne seraient donc pas de vrais chrétiens ni des serviteurs de Dieu ! — provient de ce qu’on méconnaît le caractère symbolique du premier tableau et de ses chiffres. Plus loin (xrv, à), les cent quarante-quatre mille représentent le total des croyants élus, recrutés parmi tous les hommes, et opposés aux sectateurs

* Après cela, je vis :

Et c'était grande foule, Que nul ne pouvait compter,

de la Bête. Avant de mettre l’auteur en contradiction avec luimême, il faudrait être assuré de l’avoir bien compris. « Après cela, je vis ». — Après la vision du recensement, Le

conséquence de la première et qu'il ne faut pas prendre pour une partie de la vision du recensement, l'addition d’une foule, non recensée, au nombre fixe des élus d'Israël quiseuls auraient mérité d'être comptés. Il est trop évident que le chiffre, en toute hypothèse, est symbolique; il l’est encore plus, si l'on peut dire, dans la pensée de notre autéur que dans la source juive. — « Et c'était une grande foule. » — C'est la foule des recensés. Le prophète ne voit pas le recensement, et pour cause, puisque, dans la réalité, ce recensement, l'entrée des nouveaux croyants dans la communauté chrétienne, est successif: il voit le résultat du recensement au dernier jour, la foule des croyants élus qui entourera le Christ au jour du triomphe. Cette vision est l’anticipation du triomphe final, non un événement à loger dans la série des faits qui se produiront avant la parousie. — « Que nul ne pouvait compter. » — Donc, concluent un peu hâtivement certains critiques, ce ne sont pas les cent quarante-quatre mille, qui peuvent être comptés, puisqu'on en sait le nombre; ce sont lés croyants de la gentilité qui viennent s'ajouter aux croyants du judaïsme. Mais cette façon de raisonner méconnait absolument le sens de la seconde vision, qui n’est pas, qui ne peut être, si l'on a égard au texte, la continuation de la première. Comme c'est une autre vision, si l’on admet que cette foule n’est composée que de païens convertis, il s'ensuivra que les cent quarante mille élus, les prétendus élus du judaïsme seront négligés dans la seconde vision et ne figureront pas devant le trône et devant l'Agneau dans le triomphe final Le renouvellement total de là vision explique sans difliculté aucune que les cent quarante-quaire mille deviennent une foule innombrable; la foule est qualifiée ainsi parce qu’elle défie tout dénombrement actuel par le visionnaire où un témoin

prophète en a une autre qui est le complément, on peut dire la -

een APOCALYPSE DE JEAN, VIH, 9 , Fa

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