AL OR OU
: De toute nation, et tribus, peuples et langues, Qui se tenaient devant le trône Et devant l’Agneau, :
Vêtus de robes blanches, EL palmes en leurs mains.
Asdiné à
quelconque ; elle correspond à un nombre déterminé, mais trop LES considérable pour être fixé à première vue; on ne pourrait connaître ce nombre qu’en consultant « le livre de vie », dont il n'est pas question pour le moment; quand même les élus "+ ne seraient que cent quarante-quatre mille, le visionnaire À pourrait toujours parler de foule innombrable, puisque la foule lui apparaitrait ainsi et qu'il n’en pourrait faire le compte ; mais il ne songe aucunement à uliliser ce chiffre, parce qu'il L est symbolique et non réel ; les cent quarante-quatre mille dans Æ la vision du recensement figurent la foule innombrable qui apparaît dans la vision du triomphe. Les élus d'Israël y sont compris - avec ceux de toutes les autres familles humaines, car cette masse kE des serviteurs de Dieu sera venue — « de toutes nations, tribus, | peuples et langues ». — Et les membres de cette immense assemblée — « se tenaient devant le trône », — c'est-à-dire devant Dieu — « et devant l’Agneau », — qui est assis sur le trône, — « vêtus de robes blanches », — comme les martyrs du passé, dont il a été question à propos du cinquième sceau (vtr,
11), etcomme il convient à leur condition de bienheureux, —
Cet des palmes dans leurs mains », — en signe de triomphe et
de joie (cf. 1 Macm. xx, Dr ; II Macx. x, 75 NX IL TN
Qne ces élus soient seulement les martyrs qui périront avant
le grand jugement et seront seuls admis au règne de mille ans (CHARLES, 1, 210 et passim), ayant reçu leurs robes blanches
au sortir de ce monde, c’est ce que rien n'indique suffisamment | dans le présent texte ni ailleurs. Il convient d'y regarder à + . deux fois avant d'admettre que notre livre distingue deux caté- : ss gories d'élus. parmi les fidèles du Christ, parce qu'il semble SA: d'ordinaire ne penser qu'aux martyrs. Les deux tableaux anti-
É cipés où est célébré le tr.omphe des élus (ici et x1v, 1-5) ne semblent pas tenir compte de la distinction qui sera plus loin établie entre le règne de mille ans et le triomphe final.
LL TE ne z
Me dents APOCALYPSE DE JEAN, 10-12 165 Poe ÊS “Etils criaient à pleine voix, disant : . he e 1 « Le salut est à notre Dieu, à RTE ï Qui siège au trône, % E E Et à l'Agneau. » ; RES & Et tous les anges se tenaient autour du trône, RCE re f
< Et des Vieillards et des quatre Vivants, | : RÉRSE TO s Etils tombèrent devant le trône, sur leurs faces, FE 4 € Et ils adorèrent Dieu, “ en disant : | | 20 4 A | s: £ « Amen, » | 7 EE à Fe Le prophète entend le cri des élus, qui n’est et ne peut être D 28 qu’une solennelle acclamation. — « Et ils criaient à pleine : A : : 3 voix », — ils adressaient d’une seule voix leur louange et leur ne à remerciement à Dieu, — « disant : « Le salut à notre Dieu, qui est assis sur le trône, et à l’Agneau. » — Dans cette salutation Ras 5 liturgique l’on nomme « Dieu», et l’on dit « notre Dieu », tout 6 e.
; en maintenant la désignation coutumière dans le style du livre: * J z « celui quiest assis sur le trône ». Le sens de l’acclamation est “ee € que la délivrance des élus, leur accès à l’immortalité, à travers la tribulation et la mort, est l’œuvre de Dieu et du Christ; se “ d'eux vient le bienfait, à eux en revient l'honneur. Cette accla- LE a ” mation est l’hosanna des bienheureux. Comme on est au ciel, er toute la cour céleste s’y associe par une doxologie spéciale. | b- : « Et tous les anges», — dans cette vision des élus au ciel, — re Re «se Lenaientautour du trône, des » — vingt-quatre — « Vieillards É et des quatre Vivants ». — Les vingt-quatre et les quatre, avec Free de : Dieu et le Christ. sont ainsi présentés, encore une fois (cf. v, 11), “a Le à comme un état-major divin, supérieur à la foule des anges. 3 g __ L'énumération est comme une vue prise du dehors, les anges Te: %Æ = entourant les vingt-quatre et ceux-ci les quatre. La place des | LE ; élus est assez malaisée à déterminer : on nous les a représentés, Ru innombrables, devant le trône et devant l’Agneau », et ils ne Re “4 peuvent guère être censés former un cercle extérieur aux anges, "re % . ni entourés par ceux-ci. — « Etils tombèrent », — sans doute z à les anges seulement, et non pas les quatre ni les vingt-quatre | | FAT NE LI-12), — « devant le trône, sur leurs faces, et ils ado- : vs 3» rèrent Dieu, disant : « Amen ». — Le mot est comme la réponse SA Fe des anges et leur adhésion à la prière des élus. Les anges > « LME
Louange, gloire et sagesse,
Action de grâce et honneur,
Puissance et force
Soient à notre Dieu pour les siècles des siècles.
Amen.
8 Et l’un des Vieillards prit la parole, me disant : « Ceux-ci, qui sont vêtus de robes blanches, Qui sont-ils, Et d’où vieunent-ils ? »
“Et je lui dis :
«Mon Seigneur, tu le sais. »
Etil me dit :
« Ce sont ceux qui arrivent de la grande tribulation ;
ajoutent pour leur propre compte : — « Louange, gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance, force ». — Sept mots comme dans la louange des anges à l’Agneau (v, 12), et cinq mots identiques à ceux de cette prière. — « Soient à notre Dieu pour les siècles des siècles. Amen ».— Pour finir, les anges diraient amen à leur propre prière. Quelques témoins omettent ce second amen, qui pourrait bien avoir été ajouté mal à propos, par influence du PÉCHÉS
Afin que le lecteur sache à quoi s'en tenir sur l'innombrable foule humaine qui se tient devant le trône, l’auteur fait inter- - venir un des vingt-quatre Vieillards. — « Et l'un des Vieillards, prit la parole, me disant ». — Arlifice de mise en scène qui Heu signifier que le voyant n’osait pas poser de question, et qu’un des Vieillards, devinant sa curiosité, l'interroge lui-même afin de l'instruire, mais qui peut aussi bien n’exprimer pas autre chose que cette intention, devant l’occasion donnée (CHARLES, [, 212). — « Ceux-ci qui sont vêtus de robes blanches », — ces nouveaux ciloyens du ciel, — « qui sont-ils et d’où viennent-ils? » -- C’est justement ce que le voyant voudrait bien savoir. — « Et je lui dis : « Mon Seigneur, tu le sais ». — C’est le Vieillard qui serait à même de le dire. — « Etil me dit: « Ce sont ceux qui arrivent de la grande tribulation », — la grande épreuve des derniers temps (cf. Mc. xux, 19). Cette épreuve, dans la perspective de la présente vision, appartient au passé, et il n'y a pas lieu d’opposer cette vision à la précé-
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:. ARS RE RAR PR CA ie Me à DS RS Le Ml rer tien | EE Pet Fer | APOCALYPSE DE JEAN, VI, 14 167 Ils ont lavé leurs robes
Et ils les ant blanchies dans le sang de l’Agneau.
dente, dont la perspective est autre, afin de soutenir que maintenant les cent quarante mille ont encore à subir l'épreuve et la subiront victorieusement par la vertu du sceau dont ils sont marqués, ou bien que ceux dont il s’agit, — la foule innombrable! — seraient. seulement les martyrs des derniers jours. Ce ne sont ni les martyrs de la persécution de Néron, ni ceux de la persécution finale, mais tous les élus du Christ, considérés comme des martyrs pour l'unité de la perspective, et parce que le plus grand-nombre de ceux qui vivent actuellement, sinon tous, sont censés devoir périr dans la persécution qui vient. — «is ont lavé leurs robes et ils les ont blanchies dans le sang de l'Agneau ». — L'on ferait violence au texie en entendant que ces chrétiens ont supporté courageusement le martyre par la force que leur a communiquée le sang du Crucifié (xx, 11 n'est point à alléguer comme parallèle). L'auteur parle assez clairement de nettoyer et de blanchir pour que l'idée de la purification baptismale s'impose au commentateur; mais le baptème n’a son efficacité purifiante que par le sang du Christ; 2 c'est pourquoi l’on peut dire que les chrétiens élus ont lavé et blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau. Ainsi la robe blanche n’est point (cf. GEN. XLIX, 11) ici que la livrée des élus (comme vi, 11); le blanchissement de la robe est la purification, la régénération. la rénovation du chrétien par le sang rédempteur et l’eau régénératrice. Ceux qui portent des robes blanches sont identiques à ceux qui, dans la vision précédente, ont êlé marqués du sceau baptismal, sauf que la robe blanche marque directement la splendeur de leur être immortel. Et il ne suffit pas de dire que les élus sont sauvés par la foi au sacrifice du Christ ou qu'ils ont puisé dans celte foi la force du martyre; ils sont sauvés par la vertu de ce sacrifice, par d'action purifiante et sanclifiante de ce sang. La conception mystique du salut s'exprime en toute rigueur; el le Christ n'étant pas une victime ordinaire, l'efficacité de son sacrifice étant tout autre chose que celle des sacrifices légaux, lon n’ést point ici sur le terrain
168 APOCALYPSE DE JEAN, Vil, 15-17
# C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu ; Ils le servent jour'et nuit en son temple ; Et celui qui siège au trône habitera sur eux. # Jls n'auront plus faim, Ils n'auront plus soif ; Le soleil ne les accablera rs Ni aucune chaleur, ‘ Parce que l’Agneau qui est au milieu du trône les païtra Et les conduira aux sources d’eau dela vie; Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »
de la tradition juive, mais en plein mystère de salut, nonobstant la couleur juive des termes employés.
« C’est pourquoi », — assimilés maintenant au Christ glorieux comme ils l’ont été au Christ souffrant, dans leur baptême et par leur martyre, ils sont devant le trône de Dieu », — comme l'auteur le constate en sa vision, — «et ils le servent jour et nuit en son temple », — son temple céleste, où le servent aussi les anges selon une liturgie qui ne comporte aucune interruption. Nous savons déjà que les élus sont «prêtres » (1, 6). — «Et celui qui est assis sur le trône habitera sur eux ». — Ce qui fera d’eux
le trône et le temple de Dieu. Et le Vieillard emprunte lelangage
d’Isaïe (xLIx, 10) pour dire au voyant : — «Ils n’auront plus faim,
ils n'auront plus soif ». — Ils ne connaîtront pas la torture d’une faim et d’une soif non satisfaites. — « Le soleil ne les accablera pas,ni aucune chaleur ». — Ils ignoreront les intempéries. Mais
puisque l’auteur ne parle que de la chaleur, on peut supposer qu’il ne vivait pas dans un pays froid. Ils seront exempts de
tous maux, — « parce que l’Agneau qui est au milieu du trône »,
— le Christ jadis crucifié mais maintenant glorieux, — les païitra », — se chargera lui-même de les conduire comme un pasteur conduit son troupeau, ainsi qu’il est dit dans le Psaume (GC, 1), — «et il les conduira aux sources d'eaux de la vie ». — Trait imité du même Psaume(r-2)etsurtoutd'Isaïe(xuix, 10); mais le mot « vie » est de notre auteur, qui l'affectionne (cf. xxx, 6 :
XXIL, 1, 19), se rapprochant en cela du quatrième évangile (cf.
JN. 1V, 14; VII, 38). — « Et Dieu essuiera toute larme de leurs Yeux », — Emprunt à Isaïe (xxv, 8; mais d'après l'hébreu ou
une autre version que Sept.). L'ensemble est une description de la félicité dernière qui appartiendra aux élus, à tous les croyants élus, quand ils seront rassemblés autour du Christ devant Dieu dans la Jérusalem nouvelle. Il est vrai qu’on nous parle ici de temple et qu'il n'y aura pas de temple dans la Jérusalem éternelle (xx1, 22) ; mais ce n'était pas le moment d'expliquer que Dieu et l’Agneau seront le temple de la nouvelle Jérusalem ; et c'est abuser de ce trait que d’en déduire le rapport de la présente description avec la gloire des martyrs au ciel avant le règne de mille ans, en supposant (CHARLES, 1, 215) une rédaction première où auraient manqué les mots « dans son temple », et qui visait tous les élus.