DTA ; APOCALYPSE DE JEAN, XIV, 15-16. REC TIR CRT OUR
“ Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, w Et la terre fut moissonnée. À - \ soir du vin de la colère divine), et l’on a supposé une interpolation (x1v, 15-17) qui, sous l'influence de Joël, auraitintroduitla
du pressoir était plus suggestive. Ce n’est pas motif pour suppo-
ser que la moisson concernerait les justes. Après Joël, notre
“ Et un autre ange sorlit temple qui est au ciel, Ayant, lui aussi, faucille affilée.
# Et un autre ange sortit de V'autel,
[Celui qui a pouvoir sur Le feu, ]
prophète voit dans l'acte de fauciller la moisson, de couper et de fouler le raisin, le symbole des châtiments. Il n'entre aucunement dans sa pensée que les justes seront ainsi fauchés. Du reste, il s'en tient à des expressions générales, comme s'il avait été à court pour son commentaire de Joël. Moisson et vendange semblent être maintenant pour lui le symbole général des fléaux particuliers et des jugements qui seront décrits ensuite.
« Etun autre ange sortit du temple qui est au ciel », — le temple qui vient d’être mentionné. L'addition : « qui est au giel », doit être pour l'ampleur rythmique de la phrase, non pour différencier ce temple de celui d’où vient de sortir l'ange qui a donné l'ordre de moissonner. —« Ayant, lui aussi », — comme celui qui était assis sur la nuée blanche, — « une faucille aiguisée ». — Vu que cette fois il s’agit de vendange, on pourrait traduire : « une serpette » ; mais l’auteur a employé avec intention le même mot,etl'on oi garder la faucille, puisque la vendange se fait en un instant, non par application de la serpette à chaque grappe de raisin à vendanger.
« Et un autre ange sortit de l'autel ». — On fait sortir cet ange de l'autel pour qu'il ne sorte pas du même endroit que l'ange. vendangeur; et l’on avait mis l’ange moissonneur sur la nuée, afin de disposer du temple pour celui qui lui a donné l’ordre
de lancer sa faucille. Cependant l'autel, comme déjà nous le
savors, a sa place au ciel (cf. var, 3), et c’est même eu égard à celte localisation que la formule : « sortir de l'autel », s’explique naturellement. La spécialité de cel ange est en rapport avec là position qu ‘il oceupe dans l'autel céleste : c’est — « celui qui a pouvoir sur le feu ». — Le trait pourrait être mythique plutôt que symbolique ; car on ne voit pas qu'un sens spécial sy altache, par rapport à da vision. Des anges sont préposés aux
éléments naturels (listes dans Hénoc, Lx, 11-21 ; JUB. 1, 2).
Mais l’auteur de cette notice, probablement surajoutée, ne semble pas se rappeler que l'autel a, plus haut (vr, 9), une
Et il cria à pleine voix,
Disant à celui quiavait la faucille affilée :
« Lance ta faucille affilée,
Et vendange les raisins de la vigne de la terre,
Parce que sont mûres ses grappes. »
Et l'ange jeta sa faucille sur la terre,
Il vendangea la vigne de la terre,
Et il jeta (la vendange)'au grand pressoir de la colère de Dieu ; * Et fut foulé le pressoir en dehors de la ville,
signification importante, les âmes des martyrs étant rassem-— blées dessous. L'ordre d'en finir, donné par l'ange qui avait charge de ces âmes, serait d’un effet assez dramatique, si le rapport en question avait été indiqué ici. — « Et il eria à haute voix à celui qui avait la faucille aiguisée, disant » — à son tour : — « Lance ta faucille aiguisée et vendange les raisins de la vigne de la terre », — ce qui signifie exactement la même chose que « moissonne » dans le discours de l’autre ange, — «parce que ses grappes sont mûres ». — Il est temps de châtier les hommes selon leurs mérites. « La vigne de la terre » fait pendant à « la moisson de la terre » et ne doit pas avoir un objet plus limité, bien qu'il puisse être tentant d’'assimiler la vigne à Israël. Jérusalem n'en est pas moins censée le centre de cette grande extermination. Car il s'agit du châtiment des hommes et de la fin de l'humanité, non du jugement proprement dit, qui est réservé à Dieu (xx, 11). La description sommaire qui est faite de celte exécution ne semble pas distinguer l’extermination qui précédera le règne de mille ans et celle qui précédera le jugement dernier.
« Et l'ange jeta la faucille sur la terre, il vendangea la vigne de la terre », — frappant les hommes de toutes nations, — « el il jeta » — la vendange — « au grand pressoir de la fureur de Dieu ». — Joël (loc. cit.) parlait de fouler le pressoir ; mais l'auteur en cet endroit s'inspire aussi d'Isaïe (2x1, 2-3, 6). — « Et le pressoir fut foulé hors la ville », — c’est-à-dire hors de
Jérusalem. On faisait le vin dans le vignoble, où était le pressoir. L'auteur relève cette circonstance, parce que Joël (1v, 12) place le jugement près de Jérusalem, dans la vallée de Josaphat ; dans Zacharie (x1v, 4), Dieu descend pour le jugement sur la
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Et sortitsang du pressoir jusqu’au mors des chevaux, - À distance de seize cents stades.
montagne des Oliviers. Mais l’auteur parait conserver et la métaphore et la mise en scène de Joël. Du reste, il a pu et dû avoir en pensée le grand combat où les armées célestes, à cheval, conduites par le Christ sur son cheval blanc, confondent l’Antichrist et son armée (xix, 14). Sans doute l’extermination des ennemis de Dieu est figurée ici, mais en tant que jugement exécuté par les agents célestes, non pas dans les circonstances spéciales de son accomplissement. La rnétaphore da pressoir est développée avec d'autant plus de complaisance que le vin, sang de la vigne (Gen, xzix, 11 ; DEUT. xxxI1, 14), permettait de montrer le sang coulant en abondance du pressoir de Dieu. — « Et du sang sortit du pressoir jusqu'au mors des chevaux ». — Ceci est pour marquer la hauteur de la vague de sang, mais peut aussi être en rapport avec les chevaux blancs de l'armée céleste. Et pareillement l'étendue de la vague est pour faire ressortir l’immensité de l’extermination : la vague se répand, à partir de la ville, — « à distance de seize cents stades ». — Il est bien superflu de chercher jusqu'où cela conduit, et si le flot de sang ne va pas se perdre dans la mer ; on peut se le figurer, si l'on veul, se répandant à trois cents kilomètres environ tout autour de Jérusalem. Ce que l’auteur a voulu, c'est un gros chiffre, qu'il a obtenu en multipliant quatre par quatre et par cent, probablement pour signifier que ce sang du genre humain (cf. CHARLES, IT, 26) s’est répandu vers les quatre parties du monde (cf. Hé- NoCH, €, 1-3, le flot de sang des pécheurs qui monte jusqu’au poitrail des chevaux ; IV Espr. xv, 35). On a donc ici une description vague et générale du jugement divin, d’après Joël, avec une mise en scène conçue pour faire valoir en allégories plus massives les métaphores de ce prophète, Le détail des fléaux qui frapperont les hommes va venir avec la vision des sept coupes.