‹ L'Apocalypse de JeanChapitre 45 sur 65 · UE F2 LE · texte numérisé non relu

UE F2 LE

xv Et je vis dans le ciel un autre signe, A RES Grand et merveilleux : :

Sept anges, , TE 57 TSAE RES LE Ayant sept fléaux, : ; | Les derniers, ES : SE

dE:

L FF divines ; puis se produit une vision qui n'y a aucun rapport et . É qui se rattacherait plutôt à la vision des deux Bêtes (xx) et au châtiment des incrédules (xrv, 6-20), car on y représente les martyrs au ciei, arrivant de la grande persécution et célébrant Le le jugement de Dieu sur les persécuteurs (xv, 2-4). Suit Ja vision =. d'introduction aux sept coupes: les sept anges sortant du à temple céleste et recevant d'un des quatre Vivants les-sept coupes de la colère divine (xv, 5-8); après quoi vient le détail. - des sept fléaux (xvr). Le châtiment de « la grande Babylone » : est comme amorcé dans le fléau de la septième coupe ; la description de ce châtiment est reprise aussitôt et développée abon- ; . damment (xvTI-X VIH). A 3 « Et je vis un autre signe dans le ciel », — où le prophète a £ déjà vu les « signes » de la Femme et du Dragon, un signe — « grand et merveilléux » — en son apparition. Les signes a 0) ciel sont des phénomènes qui,se manifestant dans le ciel, ont un " sens par rapport aux destinées des hommes. L'idée du signe au ciel est astrologique, au moins par ses origines (cf. BoLz, 17). D'après ce point de départ, le voyant serait sur la terre (comme pour x11,1, 3); mais, quand la description commencera (xv, 5), ; il sera au ciel (cf. xvir, 1). — « Sept anges ». — Nombre parfait, pendant des sept sceaux, et des sept anges aux sept s trompettes. — « Ayant les sept derniers fléaux », — les déte

nant en leurs mains pour les répandre sur les hommes, ou plu tôt ayant les sept coupes qui contiennent ou symbolisent les

. fléaux dont il s'agit. En apparence, ce seraient les fléaux qui doivent venir après ceux qui ont été précédemment décrits; dans la réalité, ils ne sont point postérieurs chronologiquement à l'objet des descriptions qu'on vient de lire (x1v), et c’est plutôt ce qui reste à dire sur les sujets déjà traités. Au surplus tous les-fléaux annoncés dansle livre sont les derniers en tant qu'ils appartiennent aux derniers événements, à l'eschatologie, et il ne

- Parce qu'y a son terme la colère de Dieu. MR |

__ ? Etje vis comm? mr de cristal mêlée de feu, LEE 7 : : e . r

faut pas demander à l’auteur une trop grande précision. Car on pourrait aussi bien le chicaner sur ce que les fléaux d’extermination ne sont point à leur terme avec la ruine de Babylone, et EE pour ce qu’il ajoute: — « Parce que la colère de Dieu ya son terme ». — Eu serrant d'un peu près les descriptions qui suivent, 2 on trouverait que la colère de Dieu n’est pas satisfaite avant - les exécutions dont s'accompagne le jugement dernier. Mais # les sept fléaux, s'ils ne contiennent, pas en tant que description, % toutes les dernières calamités, les annoncent et les figurent. La LÉ formule semble ouvrir dans l'annonce des sept fléaux la perspective de Ja fin. Son caractère adventice dans la rédaction de notre livre, et sa forme un peu trop sommaire ne sont peut-être #0 pas des raisons suffisantes pourqu'on latraite (avec Caarces, IL, 30) purementel simplement d'interpolation. | La mention des sepl anges est pour amorcer le sujet; ea | l'auteur se reprend aussitôt pour placer dans le ciel, en préam- ; bule, une scène de liturgie triomphale, après laquelle seulement il fera sortir du temple céleste les sept anges. Aïnsi a-t-il procédé, 0 en quelque mauière, avant les sept lettres, par la vision du EU: FE Christ (1, 9-20); mieux encore, avant les sept sceaux, parle grand tableau de la cour céleste (1v) ; avant les sept trompettes, par la ESS vision des élus en robes blanches et l’offrande de leurs prières 4 sur l’autel intérieur da temple céleste (vir-vrrt, 5). Il n'en semble pas moins avoir détaché de son contexte primitif cette vision, qui vient assez mal après celle des élus sur le montSion (x1v, 1-b). Car on y va renconirer les mariyrs arrivant seulement de la grande persécution, et la conversion des Gentils y estannoncée. ee. « Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu. » — Une À mer de verre a déjà été mentionnée devant le trône de Dieu {1v,6); ce pourrait bien être la même, quoique l’auteur n'y fasse pas de référence. A la fin du verset, il dira simplement : «la mer de verre ». Que cette mer rappelle la mer Rouge, et que le Re feu y vienne ici en symbole de la colère divine contre les < SES impies, il est permis d'en douter, nonobstant le rappel du can- SAS ; tique de Moïse. Les élus, en tant que rescapés, chantent le can- «

Et tous ceux qui avaient échappé victorieux à la Bête, . A son image -

Et au chiffre de son nom,

Se tenant sur la mer de cristal,

Avec les cithares de Dieu.

tique de Moïse, mais ils n'ont pas traversé la mer, ils sont sur cette mer céleste, devant Dieu ; la mer ne signifie pas les périls d’où ils sont sortis, le feu ne doit pas signifier davantage le châtiment de leurs ennemis. Rien d'étonnant à ce que le feu voisine avec l'eau dans cette mer du ciel, qui est plus ou moins le firmament : en tout cas, c’est l'océan céleste, qui confine à la région ignée des étoiles; c’est de ce feu astral, plutôt que de la foudre, qu'il s’agit maintenant. — « Et tous ceux qui avaient échappé victorieux à la Bête. » — Le texte (roÿs xwvTas èx 700 Ünpiou) ne dit pas précisément : « ceux qui avaient vaincu la Bête », parce que ce ne sont pas les hommes croyanis qui triompheront d'elle, et que, dans la présente perspective, la Bête n’est pas encore vaincue ; mais « les victorieux », au sens que le mot a dans les sept lettres, ceux qui ont bravement combaitu le bon combat de la patience et de la foi. Leur victoire spirituelle les a soustraits aux prises de la Bête, qui avait pensé les contraindre par la persécution et les détruire par la mort. Or peut dire aussi, à raison de la suite, qu’ils ont mérité le ciel en refusant leur hommage à la Bête, — « à son image et au chiffre de son nom », — la victoire ayant été gagnée par ce refus du culte impérial (ef. XIII, 1, 14-19; XIV, Q, 11; XIX, 20 ; XX, 4). — (Se tenant sur la mer de cristal. » — Mettons, si l'on veut : «au bord » (ef. 117, 20 ; pour « se tenir sur », cf. x, D, 8; XII, 18 ; XIV, 1) ; mais cette mer-là serait bien capable de les porter. — « Ayant les cithares de Dieu », — les instruments célestes avec lesquels on le célèbre (cf. I Tuuss. 1v, 16, « la trompette de Dieu »), comme les vingt. quatre Vieillards (v. 8) et les cent quarante-quatre mille élus qu’on à vus naguère autour de l’Agneau sur le mont Sion (x1v, 2). Nos vainqueurs se confondent plus ou moins avec ces cent quarante-quatre mille. Dans la perspective un peu vague de la présente vision, ce sont les martyrs de la dernière crise, pendant le règne du Dragon, les trois ans et demi; mais les trois ans et

* Etils chantaient le cantique de Moïse, Le serviteur de Dieu, Et le cantique de l’Agneau, Disant :

demi ne sont pas clos, la Bête règne encore, et les martyrs sont tous les chrétiens fidèles qui seront en paix auprès de Dieu quand tombera la Bêteet que commencera le règne de mille ans. « Etils chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu» Le — Le cantique visé peut être celui qui a été chanté par Moïse et les Israélites après le passage ‘de la mer Rouge (Ex. xv), ou bien celui du Deutéronome (xxx); mais il s’agit plutôt du premier, avant lequel, justement, Moïse est qualifié « serviteur » de Tahvé (Ex. xiv, 31 : cf. Nomer. RTE MOS ER IN DE R b} «Et le cantique de l’Agneau ». — La mention de l’Agneau fait embarras après celle de Moïse, puisqu'il n’y a qu'un cantique ; . mais l'embarras s’accroit si l’on considère que le éantique n'est point celui de Moïse, son objet étant de signifier que Dieu, par le châtiment de Rome-Babylone, meurtrière des martyrs, invite les nations à se convertir au vrai Dieu, roi des nations. Ce sont les martyrs, vainqueurs de la mort, qui sauvés de la grande tribulation, ressemblent aux Israélites sauvés des Egyptiens à travers la mer Rouge, le cantique des martyrs présentant seulement avec le cantique de Moïse une certaine analogie, sinon de contenu, au moins de situation. Le principe de la figuration prophétique suffirait à expliquer comment l'auleur aurait pu rappeler le cantique de Moïse à propos du Cantique des martyrs, qui serait celui de l’Agneau, et dont le cantique de Moïse serait l'antitype. Mais ce n'est point ce que dit le texte ; on nous parle de deux cantiques, et il n'y en a qu'un, qui n’est pas le cantique de Moïse, el que rien n’empèche de considérer comme étant le cantique de l'Agneau. Il n’est pas facile de comprendre . comment l’auteur aurait pu parler de deux cantiques en ne songeant qu'à un seul, et le texte ne signifie pas que les martyrs chantent deux cantiques, celui de Moïse, non répété parce qu'il est connu, et celui de l’Agneau, dont suit le texte. D’autre part, il est facile de supposer l'interpolation soit de l’Agneau CWELLHAUSEN, 95, et d’autres), soit de Moïse (CHanLes, II, 34)

Page 1