‹ L'Apocalypse de JeanChapitre 47 sur 65 · ANNE · texte numérisé non relu

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- APOCALYPSE DE JEAN, xv, b- 6 : nr 208

| Parce que tes jugements ont été manifestés. » * Et après cela je vis :

S'ouvrit le temple du tabernacle de r alliance au ciel, * Et sortirent les sept anges, Qui avaient les sept fléaux, du temple,

annonce a un sens par rapport au règne de mille ans, et elle n’en aurait guère autrement dans notre livre, — « Pirce que tes jugements ont été manifestés ». — On peut rapprocher une formule de Psaume (xcvrx, 2). Le troisième « parce que » est subordonné aux assertions précédentes. C'est parce que les jugements de Dieu sur le Dragon, la Bête et Babylone ont éclaté ou vont éclater, que le commun des mortels va être dans la crainte, que Dieu sera reconnu parfait en justice, et que les nations viendront l’adorer. La perspective du triomphe étant ainsi ouverte, les sept anges peuvent venir avec leurs fléaux. S « EL après cela je vis ». — Autre vision, et très importante, ainsi qu'il apparaît dans la formule : « et après cela », qui marque le vrai commencement de la section des fiéaux, et par la mise en scène : — « Et s’ouvrit le temple du tabernacle du témoignage au ciel ». — Il faut entendre que s'ouvre le temple qui est au ciel, le tabernacle typique d’après lequel a été faite par Moïse la tente du témoignage. Ce temple s’est ouvert déjà {x, 19), et l’auleur y a pu voir l'arche de l'alliance, avant la vision de la Femme et du Dragon. Assez d’autres visions se sont produites dans l'intervalle pour que, voulant user encore de cet élément descriptif, il mentionne à nouveau l'ouverture du temple, d'autant que cette fois le temple ne s’ouvre pas pour que le pro- phète y voie quelque chose, mais tout simplement pour que les sept anges en sortent. Mais la formule : « temple de la tente du témoignage », est fort singulière. Gomme il serait risqué d'y voir (avec CHarLes II, 38) une fausse lecture de l'original hébreu (où il y aurait eu : «le temple de Dieu, qui est au ciel », comme dans xt, 19 : l’auteur aurait lu : hékal 6hel môed, au lieu de hékal elohim), on peut supposer que cette formule obscure vient du rédacteur qui a combiné ci-dessus (xv, 3), non moins maladroitement, le cantique de l’Agneau et le cantique de Moïse. — « Et les sept anges qui avaient les sept fléaux sortirent du

Vétus de lin pur et brillant, Et ceints, à la poitrine, de ceintures d'or.

* Et l’un des quatre Vivants donna aux sept anges Sept coupes d’or,

temple ». — La phrase est surchargée pour le raccord avec le préambule rédactionnel (xv, 1). Les sept anges n'avaient pas en main les sept fléaux avant qu'on leur eüt remis les sept coupes de la colère (cf. CHarzes, IT, 32). Dans la vision des sept trompettes, les sept anges qui se tiennent devant Dieu ont reçu les trompettes(vrr1,2), et chacun a ensuite sonné de sa place, à son tour, pour faire tomber le fléau : cette fois, sept anges sont venus, dont on ne dit pas l'emploi, car leur rapport avec les fléaux paraît présenté comme transitoire et ne constitue pas la spécialité de chacun; on va leur donner les coupes de colère, c'est-à-dire qu'on leur remet en main les fléaux dont le rédacteur a parlé par anticipation et qu’ils sont chargés de réaliser. Les différences de mise en scène ne correspondent probablement pas à des conceptions distinctes ni à des relations astrologiques, mais elles sont un moyen de varier le thème des fléaux, maintenant traité pour la troisième fois. Les sept anges sont — « vêtus de lin pur, éclatant», — commeil convient à leur condition céleste. Au lieu de « lin » (Aivov), plusieurs témoins ont « pierre » (Alfoy), fausse lecture certainement, mais difficile à expliquer par une simple distraction de copiste ou par l'influence d’un passage d’Ezéchiel(xxvi1x, 13); on pourrait supposer (CHaRLes, II, 38)une fausse traduction de l'hébreu (shesh, qui peut signifier « toile fine », ou «marbre ». Même faute de traduction a été signalée dans JéR. Er. 71). — «Et ceints à la poitrine de ceintures d'or »,— ce quiles fait d’un éclat encore plus ardent que les robes. On nous a déjà ( 13) montré le Christ avec cette ceinture d'or: c’est pièce d’équipement qui sied à des divinités astrales et à des êtres célestes.

«Et l'un des quatre Vivants ». — On serait curieux de savoir lequel, et pourquoi c'est lui qui remplit ce rôle. Les chérubins sont visiblement le premier ordre des êtres célestes ; c’est pour quoi l’un d'eux sert d’interméliaire entre Dieu et les sept anges du châtiment (Caarces, Il, 39). Le chérubin — « donna aux sept anges sept coupes d'or ». — Peut-être n’en est-il pas d'autre

Remplies de la colère de Dieu qui vit aux siècles des siècles. * Et le temple fut rempli de fumée

Par l’eflet de la gloire de Dieu

Et par l'effet de sa puissance ;

Et nul ne pouvait entrer dans le temple,

Que ne fussent accomplis les sept fléaux des sept anges.

«1 Et j’entendis grande voix qui, du temple, Disait aux sept anges:

qualité dans le mobilier céleste. — « Remplies de la colère du Dieu qui vit aux siècles des siècles ». — Par conséquent, les sept coupes contiennent ou figurent les sept fléaux que les anges sont chargés de réaliser. C’est de la part de Dieu qu’un des quatre Vivants les remet aux anges (cf. xi1v, 8, 10).— « Et le temple fut rempli de fumée », — comme le Sinaï quand Jahvé y descendit (Ex. xIx, 18), ou bien comme le temple, dans la vision d’Isaïe (vi, 4), — « par l'effet de la gloire de Dieu et de sa puissance ». — Dans Ezéchiel (x, 4), c'est le temple qui se remplit de la nuée, équivalent de la fumée, et le parvis, de « l'éclat de la gloire de Jahvé ». — « Et nul ne pouvait entrer dans le temple que ne fussent accomplis les sept fléaux des sept anges », — C'est la.

manifestation suprème de la colère de Dieu, et nul ne saurait pénétrer dans le nuage de fumée où cette colère est maintenant en ébullition. L’on est en droit de supposer que les sept fléaux vont se succéder très rapidement et que le temple céleste ne sera pas longtemps inaccessible à ceux qui d'habitude y fréquentent pour le service de Dieu. Moïse ne pouvait entrer dans le tabernacle lorsque la nuée était dessus et que la gloire de Jahvé le remplis-

sait (Ex. xL, 35 ; même cas I Roïs, vx, 10-11). Le sanctuaire

, du ciel est censé pareillement inabordable en certaines occasions

As

comme la présente, sans doute pour figurer l’inutilité d’une intercession. Peut-être y a-t-il quelque abus de logique à s’auto-

riser (avec J. Weiss-HEITMUELLER, 300) de ce que Dieu, toujours

présent au ciel, n’y saurait manifester occasionnellement sa gloire dans la fumée, pour soutenir que, dans la source, la vision des sept coupes était localisée dans le temple äe Jérusalem.

Les fléaux commencent aussitôt à s’exécuter. — « Et j'entendis une grande voix », — certainement la voix de Dieu, resté seul dans le temple céleste, — « qui du temple disait aux sept anges :

« Allez, - Et versez les sept coupes de la colère de Dieu sur la terre. »

£ : * Et le premier s’en alla, êe Le Et il versa sa coupe sur la terre:

a Il y eut ulcère mauvais et pernicieux sur les hommes, dE ; Ceux qui avaient la marque dela Bête ET TES Et qui adoraient son image. Ë RE Us

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«Allez verser les sept coupes de la colère de Dieu », — cesont les sept fléaux, — « sur la terre ». — Les coupes ne seront pas ; toutes versées directement sur la terre, mais les fléaux qu’elles = Ù amènent ne laissent pas d'atteindre la terre etleshommes. C’est ë F0 pour la solennité de la circonstance que l’ordre est donné direc- ù = tement par Dieu; si un ange, par exemple l’ange de l’autel (que : propose hypothéliquement Crares, Il, 42), était chargé de le 3 transmeltre, il sortirait pour le notifier aux sept (cf. xIv, 18). 24 Et le premier s'en alla verser sa coupe sur la terre ». — Ici le mot «terre » s’entend au sens étroit, en tant qu'il s'agit du = sol, élément distinct des eaux (Bozz, 61, n. 3). Il n’a pas éé mr : attribué aux coupes d'autre contenu que « la colère de Dien » (&v: 9), et rien n'invite à penser que le contenu de chacune des coupes aurait un rapport spécial avec Le fléau qu’elle provoque ; il eñ va des coupes comme des trompettes dans la série précédente, où les coups de trompette ne sont pas censés s’exécuter - , sur des tons différents. — « Et il y eut ulcère mauvais et perni- RÉ cieux », — comme dans la sixième plaie d'Egypte (Ex.1x, 8-11; | Cf Devr. xxvu, 35; Jos, n, 9), — « sur les hommes quiavaient FERA la marque de la Bête et qui adoraient son image », — c'est-àdire sur les sectaleurs du culte impérial. Dans la perspective de la présente vision, il ne subsiste plus de chrétiens fidèles dans ee le territoire de l'empire. Les martyrs « victorieux » chantent pe leur cantique « sur la mer de cristal et de feu » pendant que De s’'accomplissent les jugements divins (xV, 2-4). I est probable 2 se que la source ne marquait pas de restriction, et que le fléau était : - censé atteindre tous les païens. Dans notre rédaction, s’il ya des | hommes épargnés, une ‘sorte de miracle en résulterail auquel notre prophète n'a probablement pas pensé, son intention étant d'accentuer le châtiment des persécuteurs. |

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