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COUT Le RL 4 TL
* Et le second Versa sa coupe sur la mer :
Elle devint sang comme de mort, Et tou les êtres vivants moururent, Qui étaient en la mer.
“ Et le troisième - Versa sa coupe sur les fleuves Et les sources des eaux, Et elles devinrent sang.
* Et j'entendis l’ange des eaux qui disait :
(CTues juste, Quresr, Qui Fur, Saint, © Etle second » ange « versa sa coupe sur la mer ».— Sur les eaux de la mer, celles des fleuves devant avoir leur tour avec la troisième coupe. — « Etil y eut sang comme de mort ». —
Aggravation de la première plaie d'Egypte (Ex. vix, 14-21) et du
fléau causé par la deuxième trompette (vx, 8-9), où le tiers de
Ja mer seulement avait été changé en sang et où n'avait péri en
conséquence que le tiers des poissons. Cette fois, — « tout être
vivant mourut, de ceux qui sont en la mer». — Ici onneparle
pas des bateaux. — « Et le troisième versa sa coupe sur les
fleuves et les sources des eaux », — afin de contaminer les eaux
terrestres, — « et il y eut sang ».— L'auteur ne s’arrèle pas à dire
que les poissons des fleuves moururent et queles eaux cessèrent
d'être potables. Cela va de soi ; tout en suivant la même marche et en exploitant la même matière que pour les fléaux des septtrompettes, l’auteur évite de se trop répéter ; il introduit des variantes autant qu'il peut. Au lieu d’être changées en absinthe
(comme dans vi, 11), les eaux terrestres sont changées en sang
comme celles de la mer ; et remarque est faite qu'un tel breu-
vage convient à ceux qui ont répandu-le sang des martyrs.
« Et j'entendis l'ange des eaux ». — Il y a un ange des eaux
comme.il y a un ange du feu (x1v, 18) et des arges des vents
(vix, 1). L'ange des eaux douces ne proteste pas conire le chan-
gement fàächeux qui se produit dans son élément. — « Il disait : « Tu es juste, Qui est et Qui fut ». — Iei encore on omet: « et qui vient », pour la raison déjà indiquée (xx, 17). — « Saint ».
— Même épithète sa que dans le cantique des « victorieux »
Ld
D'avoir porté ce jugement.
‘ Parce qu’ils ont versé sang de saints et de prophètes,
Tu leur as donné sang à boire
C'est ce qu’ils méritent, »
* Et j'entendis l'autel qui disait :
«Oui, Seigneur Dieu, maître de tout,
Vrais et justes sont les jugements. »
* Et le quatrième
" (xv, 4). — « D'avoir jugé ainsi ». — C’est en pleine justice que
Dieu envoie ce châtiment aux persécuteurs des chrétiens, — « parce qu'ils ont versé sang de saints et de prophètes ». — Les « saints » sont le commun des chrétiens ; les « prophètes » sont les prophètes chrétiens, mentionnés à part comme un groupe
d'élite (cf. 1, 1) — « Et tu leur as donné », — à ces hommes sanguinaires, — « du sang à boire », — en changeant en sang les eaux potables, — « Ils en sont dignes ». — C’est la bois-
son qui leur convient. Mais si les poissons meurent dans l’eau changée en sang, ilsva de soi que les hommes n'en pourront point boire sans dommage. — « Et j'entendis l’autel qui disait ». — Le grand autel du ciel parle à son tour: ce peut-être l'ange du feu, qu'on a pu voir localisé dans l'autel céleste (x1v, 18), à moins que ce ne soient les martyrs, qu'on nous a montrés sous l'autel (Vi, 9-10 ; cf. vx, 3), ou bien que l'autel n’ait une personnalité distincte de l'ange du feu (cf. supr. p. 150, ce qui a été dit de l’autel comme constellation). — « Oui » — L'ange de l’autel ratifie la déclaration de l'ange des eaux. — « Seigneur Dieu, maître de tout, vrais et justes sont tes jugements ». — Les « victorieux » l'ont déjà dit (xv, 3), et ils le rediront encore (Xix, 2), en langage de psaume (Ps. x1x, 10). Les jugements de Dieu sont vrais en ce qu’ils réalisent les prédictions qu'il en a faites, et par ailleurs ils sont toujours fondés en justice. Tout ce passage est un développement rédactionnel, pour empêcher que la description des sept fléaux ne tourne en simple énumération ; il doit
être de la même main qui a fait porter le fléau de la RAT
coupe sur « ceux qui ont le signe de la Bête » (les raisons alléguées par CHARLes, II, 120-124, pour transposer XVI, 5 b-7 pes xXIX, 4, sont plus ot que convaincantes).
(Et le quatrième (ange) versa sa coupe sur le soleil, et il lui
Versa sa coupe sur le soleil :
Il fut donné à celui-ci de brûler les hommes au feu ; * Et les hommes furent brûlés de forte brûlure,
Ils blasphémèrent le nom de Dieu,
Qui a le pouvoir sur ces fléaux,
Et ils ne se repentiront point pour lui donner gloire.
” Et le cinquième
Versa sa coupe sur le trône de la Bûte ;
Le royaume de celle-ci fut enténébré ;
Ils se mordirent la langue de douleur
fut donné », — il fut donné au soleil, — « de brûler les hommes au feu ». — La chaleur du soleil devient ardente au point de les brûler. — « Et les hommes furent fortement brûlés ». — Mais ils ne firent que s’exaspérer de leur souffrance, — « Et ils blasphémèrent le nom de Dieu, qui a pouvoir sur ces fléaux ». — L'empire persécuteur ne se convertira pas, les adorateurs de la Bête ne viendront pas à Dieu. L’hommage des nations qui à été prévu dans le cantique des victorieux (X1v, 4) n’est pas le leur mais celui des peuples lointains, et l'appel qu'a formulé le messager de « l’'évangile éternel » (XIV, 9) ne concernait pas réellement ces ennemis de Dieu. — « Et ils ne se repentirent point pour lui donner gloire ». — Ce trait marque une différence essentielle entre les adorateurs de la Bête et les Juifs, ceux-ci ayant été représentés comme rendant gloire à Dieu (31, 12) après l'ascension des deux témoins et le tremblement de terre qui a détruit une partie de Jérusalem et de sa population. Tel est, du moins, le point de vue du rédacteur; car la source pouvait bien viser les païens en général.
« Et le cinquième (ange) versa sa coupe sur le trône de la Bètle ». — Le Dragon a donné son trône à la Bête (xr1r, 2) : mais ce trône est fixé quelque part sur la terre ; le trône de la Bête est à Rome, et c’est Rome elle-mêmé. — « Et son royaume », — probablement l'empire entier, et non seulement la capitale, — « fut enténébré », — comme jadis l'Egypte dans la neuvième plaie (Ex. x, 21-23). Ce fléau ne produit pas plus d'effet que les précédents, et les adorateurs de la Bête semblent s’endurcir à l'instar de Pharaon. — « Et ils se mordirent les lèvres de douleur », — non point seulement à cause des ténèbres, qui par
A. Loisy. — L’Apocalypse de Jean. 19
‘sr
4 Et ils blasphémèrent le Dieu du ciel
ST
A cause de leurs douleurs : = Et à cause de leurs ulcères, . SET Etils ne se repentirent point de leurs œuvres. ; AE # Et le sixième PR Versa sa coupe sur le grand fleuve Euphrate Fr Le Et son li devint sec, . : = | Ë - Pour que fût préparée la voie des rois, se SCA Ceux du soleil levant. x:
elles-mêmes ne sont point douloureuses, mais à raison de tous CE les fléaux déjà énumérés, que l'on doit supposer agir simultané- ce ment. — « Et ils blasphémèrent le Dieu du ciel à cause deleurs douleurs et de leurs ulcères », — effet de ia première coupe 3 (xur, 2), — «et ils ne se repentirent point de leurs œuvres ».— +4 Ainsi les einq premières plaies vont ensemble, et l’on va voir que les deux dernières s'en distinguent. De ce que lacinquième ; coupese trouve correspondre parson objetau premiercmalheur!» et à la cinquième trompette (rx, 1-11),0on a voulu (CHaRLes, Il, 45) expliquer l’une par l’autre, supposant ici des lacunes etramenant . les sauterelles-scorpions comme causedes douleurs et des ulcères à dont parle notre texte. Il y aura lieu de revenir sur cette cor- # respondance qui existe entre la série des coupeset celledestrompeltes. Mais on ne doit pas supprimer les différences que le : rédacteur a voulu introduire pour ne pas se répéter ; c’est aller contre son intention la plus évidente que d’introduire ici, sous prétexte de lacune, les redoutables sauterelles du pee 52
« malheur ! ». | > <A « Et le sixième (ange) versa sa coupe sur le grand re =
Euphrate », — déjà mentionné à propos de la sixième trompette : :
(1, 14). — «Et son eau se dessécha. » — On nous a dit, à l’oceasion de la sixième trompette, que les quatre vents étaient reteaus au bord de l’Euphrate : c'élait sans doute pour dessécher le fleuve en temps opportun, comme jadis furent desséchés la mer Rouge et le Jourdain devant les Israélites (Ex. xv, 21; Jos. m, 13-17 ; Cf. Is. xX1, 15 ; XL, 29 ; LI, 10). — « Afin que la voiefàût préparée aux rois du soleil levant », — la barrière du fleuveétant ainsi rompue devant eux. Les rois d'Orient sont lesprinces des Parthes, que le prophète imagine devoir venir en alliés de Néron
+ “Et; je vis (sortir) de la bouche du Dragon, 3 ue FE De la bouche de la Bête, S RE N Et de la bouche du Pseudoprophète, | PE "28 Trois esprits impurs,
Comme grenouilles.
… “ Car ce sont esprits de démons, qui font signes; Ils vont aux rois de tout Phiners
__ ressuscité, pourla destruction de Rome, et pour le combat fimal contre Dieuet son Christ (xvir, 11-14). C’est pourquoi on les - veprésenteici comme séduits par les esprits impurs qui sortent de ta-bouche-du Dragon, de celle de la Bète et de celle deson auxiliaire, le faux prophète.
« Etije vis » sortir « de Ja bouche. du Dragon, de la bouche dela __. Bêteet de Ja bouche du Pseudoprophète », — la seconde Bête, . dontila. été parlé plus haut (xx, 14-19) et dont notre auteur DE trahit ici, sans autre explication, ‘identité, — « trois esprits 4 QE x impurs », —un esprit pour chaque producteur ; et l'esprit sort “2 A7 2 dela de de:celui-ci comme un souffle : ; mais ces trois esprits , sont, quant à l'apparence, — « comme grenouilles ». — L'au- É “eur n'entend pas dire que ces esprits sont impurs comme des : FAT ( grenouilles, ce qui n'aurait pas grande signification, mais qu'ils ER __ -ont la forme de grenouilles : aspect peu glorieux et qui sans 3 doute convient à leur qualité. On peut même admettre que ce + : £ sont des crapauds. Il est possible que le souvenir des gree ER nouilles d'Egypte (Ex. vi, 2-) ait hanté l’esprit du prophète. : Après avoir dit comment les trois esprits impurs ont été pro- -duits, l’auteur dit pourquoi ils l’ont été. — « Car ce sont esprits LS de démons, qui font des signes ». — C'est chose curieuse que l'auteur attribue au Dragon (Satan), à la Bète (Néron) et au RTE __ Pseudoprophète (Simon le Magicien ?) la faculté de créer ainsi 3528 “un esprit mauvais qui est comme leur double et qui s’en va FT faireles mêmes signes, les mêmes prodiges, d'où peuventse déduire, à l’occasion, des présages, quelle Dragon lui-même, ou SAN la Bête, ou le Pseudoprophète, La remarque pourrait s'entendre <a en parenthèse générale: « (Car il.est des esprits de démons qui : font des signes »; mais la réflexion serait assez plate, l’accom- PPS __ plissement de signes par les démons n'ayant rien d'extraordi- #
maire, et le rattachement de : « quis’en vont vers les rois»,.ete.,
El
Afin de les rassembler pour le combat
Du grand jour de Dieu, maître de tout.
‘Et ils les rassemblèrent
Au lieu dit en hébreu Harmagédon.
à : « Je vis sortir. trois esprits impurs », etc., manquerait de naturel. Il semble que l’auteur se complaise à décrire la mission des trois esprits qui s’en vont faisant des signes, pour gagner à la cause de la Bête les rois du monde non romain. «Qu’entend-il au juste par ces trois esprits, on ne saurait le dire : pratiquement ce seraient des agents et des manœuvres tendant à rétablir et fortifier dans les mains de Néron ressuscité l'empire antichrétien ; ces influences sont personnifiées en trois esprits-grenouilles en rapport avec les principaux acteurs
de la guerre contre le Christ. Ces monstrueuses grenouilles se
trouvent correspondre en quelque facon à la cavalerie démoniaque du deuxième « malheur ! », sixième trompette (1x, 13- 21) ; mais la perspective est ici d’une mythologie moins extravagante en ce qui regarde la coalition ennemie. Car, pour ce qui est des grenouilles, le merveilleux en est plutôt plat, et l’on est bien tenté de considérer comme un développement rédac— tionnel, non seulement (avec CHARLES, Il, 47) : « comme grenouilles, car ce sont esprits de démons qui font signes », mais (avec J. Weiss-HEITMüLLER, 800) tout ce qui regarde la production et l'emploi de ces trois monstres (xvr, 13-14 ab), le desséchement de l'Euphrate livrant passage à l'invasion ennemie.
Ils « vont vers les rois de tout l'univers », — de la terre « habitée », les rois non soumis à l'empire de Rome et qu'il s’agit de gagner à la cause de la Bête. En fait, il ne saurait être question que de princes orientaux, et-c'est pourquoi l’auteur les a nommés d’abord (xvi, 12). — « Afin de les rassembler pour le combat du grand jour de Dieu maître de tout ». — Les esprits travaillent à rassembler les rois du monde pour le combat contre Dieu, mais le jour de ce combat sera le grand jour de Dieu, parce que ce sera celui de son triomphe sur ses ennemis. Ne: voulant pas dire, quant à présent, l’issue du combat (on la trouvera XVII, 14; xIX, 11-21), le prophète va dire le nom hébreu du lieu où se fera le rassemblement, celui, par conséquent, où
[" « Voici que je viens comme un voleur :
Heureux qui veille Et garde ses vêtements, Pour ne point marcher nu, Et qu'on ne voie pas sa honte ! »]
les ennemis de Dieu seront vaincus. Mais auparavant se glisse une véritable parenthèse, un avertissement moral aux lecteurs Chrétiens, qui est dans le style des sept lettres, et qui, au point de vue littéraire, coupe fàächeusement la description apocalyptique.
« Voici que je viens comme un voleur ». — C’est le Christ qui parle, ainsi que dans les lettres, et l’on dirait qu'il n’a pas cessé de dicter la prophétie. Il répète ce qu'il a dit dans la lettre à Sardes (nr, 3) ; il le redira par trois fois dans la con- clusion du livre (xxir, 7, 12, 20). C'est que le livre entier n’est qu’une longue admonition, coordonnée à la perspective de la fin prochaine. La vision des sept coupes a été, comme tout le reste, si artificiellement construite, qu’il ne faut pas trop insister sur les vraisemblances logiques dans l'économie de la composition. Le rédacteur est un écrivain qui mâche etremâche des matériaux traditionnels en les distribuant et préseutant selon son gré. En interrompant maladroitement sa description pour apostropher ses lecteurs, c’est lui-même qu'il interpole autant que le document par lui copié. L'apostrophe au lecteur, il convient d’en tenir compte, est prise dans la situation réelle et dans l'objet même, dans l'intention du livre, non dans la perspective de la vision. Cetle perspective artificielle est rompue pour que le lecteur ne considère pas que la ruine de Rome, mais la parousie du Seigneur, qui viendra en même temps, et en vue de laquelle il convient de se préparer. — « Heureux qui veille ». — C’est mot d’évangile (déjà employé mx, 5, 3 ; ef. Le, x11, 39). — « Et garde ses vêtements pour ne point marcher nu et qu'on ne voie point sa honte », — ses ‘parties honteuses, sa nudité., Métaphore employée dans la lettre à Laodicée (xx, 18).
Les vêtements sont les vertus chrétiennes, dontil convient d’être
revêtu pour que le Christ arrivant ne trouve pas en ses prétendus serviteurs l’ignominie du vice.
L'hypothèse d’une transposition fais par CHARLES, Ti, 49), qu’il sérait tout aussi difficile de concevoir scoientelles que volontaire, n’est pas suffisamment démontrée par des considérations lirées du présent contexte ou de la possibilité d’une
meilleure adaptation à un contexte différent. La place qu'on trouve pour cel avertissement dans la lettre à Sardes (rx, 3,
avant : « Si tu ne veilles pas », etc.) n’en fait guère qu'un dou-
blet et une surcharge (il en est de même si on les met entre rx, 17, et 18). Rien ne sert de dire que l'invasion desrois d'Orient ne sera pas une surprise, car ce n'est pas à leur sujet que l'avis est donné; ni que l'avis ne s'adresse à personne, les élus étant déjä au ciel, vu que le rédacteur se met en dehors de la perspective prophétique el s'adresse à ses lecteurs au nom du Christ. Enfin
il est malaisé de voir que la place logiquede cette béatitude soit
oùon veut la mettre. Car il ne semble pas y avoir grande logique dans la distribution des béatitudes (cf. supr. Pp. 22) : si l’auteur en a voulu sept, on doit reconnaître qu'il les à distribuées tout à fait au hasard. D'autre part, une interpolation par un copiste ne serait pas plus vraisemblable que par le rédacteur lui-même, qui parait soucieux d’allonger vaille que vaille sa description des sept coupes de fléaux, ou bien par l'éditeur. Mais celui quia fait cette addition, peut-être en marge du texte déjà écrit, voulait probablement qu’on la lùt après la mention d'Harmagédon. Le Christ
prendra la parole par trois fois, d’une façon aussi inattendue, ”
dans le dernier chapitre (xxr, 7, 12, 20).
«Et » — les trois esprits ci-dessus mentionnés — « les rassem-
blèrent », — les rois de la terre, les princes d'Orient pour le passage déstnets l'Euphrate a été desséché, — «au lieu qui est
appelé en hébreu Harmagédon ».— On ne peut pas s'empêcher
de penser à Mageddo, endroit de batailles, où eut lieu le combat
de Barak contre Sisara (Juc. v, 19), l’auteur étant fort capable
d'interpréter la victoire de Barak sur les rois cananéens en symhole de la victoire du Christ sur la Bête et ses alliés ; et ne lisaiton pas dans le cantique de Débora (Juc. v, 20) que Je ciel etles. éloiles avaient combattu pour Israël ? Il est vrai que la transcription du mot hébreu suggère d'entendre : « la montagne de Mageddo », et que, Mageddo étant en plaine, l'explication peut sembler suspecte. Mais il est admissible que la transcription
Ca mt HS T4 PT
LA pr
eCrpte ettÈme Versa sa coupe sur l'atmosphère :
* Sortit du temple grande voix, venant du trône, ENCRES
corresponde à « ville » et non à « montagne de Mageddo » ; et de plus, l’auteur a bien pu, sans s'inquiéter autrement de la précision géographique, combiner avec le nom de Mageddo les « montagnes d’{sraël » où, d'après Ezéchiel (XxxIX, 2, 4, 19), doit
être exterminée l’armée de Gog et de Magog : hypothèse d’'autant plus vraisemblable qu'il s’inspirera dece passage d'Ezéchiel (xxx, 17, 20) pourdéerire (x1x, r7-18, 2r)lagrandeextermination des rois et de leur armée. D'autres étymologies fondées sur
l'hébreu, qui ont été proposées (har-migdo, « sa montagne ferlile » : ar-hémda, « la ville désirable »; voir Crarces, IE, 50), ne sont pas à diceuter, l’auteur paraissant viser un nom géographique par ailleurs connu. L'hypothèse d'un arrière-fonds mythologique, avec combats de dieux sur une montagne, ne s'impose pas, et elle ne se recommande pas même d’une simple probabilié. Notons surtout que le rassemblement des rois et le combat présentent ici réunis deux coalitions et deux combats qui plus loin seront décrits séparément : le soulèvement des rois qui accompagneront la Bête pour détruire Romeetse faire écraser par le Christ (vit, 12-14, 16-19 ; xIX, 19-21), l'invasion de Gog et de Magog, conduits par le Dragon, après le règne de mille ans, et leur extermination (xIx, 7- 10). Enfin cette notice sur le lieu da combat, ilest à peine besoin de le dire, devait suivre dans la: source celle qui concerne le rassemblement des rois (XVI,
1406), tout comme celle-ci se rattachait à la notice. initiale sur le
desséchement de l'Euphrate (xvr, 12).
« Et le seplième (ange) versa sa coupe sur l'atmosphère ». — Comme c’est la septième coupe, et que par les sept coupes
- s'achève l’effusion de la colère divine, le versement de la
coupe signifiant la réalisation de son effet, dès avant que l'on dise en quoi cet effet à consisté, — « il sorlit du temple » — céleste (sur le rapport du trône au temple, cf. supr., p. 122) — « une grande voix venant du trône », — la voix de Dieu, qui s’est fait entendre au commencement 7 celle énumération pour prescrire aux anges de répandre les sept coupes de la colère
296 APOCALYPSE DE JEAN, Xvi, 18-19
Qui disait : « C’est fait. » L “ Etil y eut éclairs et bruit de tonnerre; = Etadvint tremblement grand, Tel qu'il n'y avait pas eu depuis que l'homme était sur la terre Tremblement aussi grand ; # Et la grande ville fut en trois morceaux, Et les villes des nations tombèrent. =
divine, — « qui disait : « C'est fait ». — C’est arrivé (yéyovey). Dieu lui-même proclame que toutes ses volontés de châtiment se trouvent maintenant accomplies par l’eflet des sept fléaux. Et voici ce qu'avait été le septième. — « Et il y eut éclairs, voix, lonnerre ». — Ce n'est pas la première fois (cf. vr, 5; vu, 5 ; xt, 19). — CEtil y eut un grand tremblement de terre ». — C’est le cinquième (cf. vi, 12; virx, D ; xt, 13 ; xt, 19); mais celui-ci est le plus grand de tous. — « Tel qu'il n'y avait eu, depuis que l homme était sur la terre, tremblement aussi grand que celui-là. » — La formule : « depuis que l’homme! etc. » vient de Daniel (x11, 1). Il va de soi que les résultats de ce tremblement aient été extraordinaires. — « Et la grande ville se trouva en trois parts ». — La grande ville est Rome, et ne peut être que Rome, dont il va être question sous le noi de « grande Babylone », en attendant que son châtiment soit décrit avec plus de détails dans les deux chapitres suivants. Mais la correspondance est à noter avec Jérusalem, dont la dixième partie est tombée sous le second « malheur ! », dans le tremblement de terre qui a suivi l'ascension des deux témoins de Dieu (XI, 13). L'auteur ne veut pas signifier que la grande ville subsiste partagée en trois régions, mais que la violence da tremblement de terre a été telle que son emplacement se trouve divisé par de profondes fissures en trois Morceaux ; il va de soi qu'aucune maison de la ville n’est restée debout. Si l’on n'insiste pas autrement, c’est que le châtiment de Babylone sera repris en détail. Il paraît assez clair que la source faisait détruire par ce tremblement de terre toutes les villes du monde, à commencer par celle qui est appelée « la grande ville » (par conséquent CHaRLes, II, 52, a probablement Lor! de regarder comme interpolé le membre de phrase : « Et la grande ville fut en trois morceaux »). — « Et les villes des nations
Et Bab glone la grande fut en souvenir devant Dicu Pour lui donner la coupe du vin . De la fureur de sa colère.
* Toute ile s'enfuit ; De montagnes on ne trouva plus.
re
tombèrent ». — « La grande ville » paraît s'opposer aux villes des nations, mais elle peut être aussi bien mentionnée à part comme la principale d’entre elles, sauf à reparaitre ensuite sous le nom de grande Babylone. Comme il est certain, décidément, qu'un même fonds traditionnel a été exploité pour les sept coupes et pour les sept trompettes, on peut supposer que. la source entendait, en effet, par « la grande ville » Jérusalem et lui associait «les villes des païens », mais que le sort de Jérusalem ayant été réglé avant le septième coup de trompette, l’auteur n’a pas vu d'inconvénient à retenir les formules de la source : « la grande ville », «les villes des nations », tout en entendant par la « grande ville » la « grande Babylone ». On s'étonne qie la même ville puisse être désignée ainsi sous deux noms différents : «la grande ville» et «la grande Babylone » ; mais il serait tout aussi surprenant, les deux désignations se suivant de si près, que « la grande ville » ne füt pas « la grande Babylone », car la Babylone dont il s'agit est aussi une grande ville.‘et plus grande que Jérusalem. Il faut seulement reconnaître que la description sommaire du septième fléau est fort banale et négligemment écrite. |
« Et la grande Babylone fut en souvenir devant Dieu, pour lui donner la coupe de la fureur de sa colère », — c’est-à-dire pour amener le fléau qui doit ruiner cette ville coupable. Mais cette Babylone, étant « la grande ville » et, en tous cas, ville de païens, est déjà par terre ; le rappel emphatique dont elle est ici l'objet, et qui se présente comme une surcharge dans le présent tableau, est simplement pour amorcer la description plus ample qui va venir aussitôt (xvur-xvrir). -— « Et toute île s'enfuit, et de montagnes on ne trouva plus ».— Ce trait, qui rejoint la destruction générale des villes, convient à la fin du monde; on l’arencontré sous le sixième sceau (vi, 14), où il se trouve en même place. L'on serait presque tenté de supposer que l’auteur veut un
# Une grêle grosse comme talents Descendit du ciel Sur les hommes ; | Et les hommes blasphémèrent Dieu | Are
Pour le fléau de la grêle, à | ET 2 Parce que le fléau en était très grand.
aplanissement général de la terre et. de la mer avant lerègne de mille ans ; après ce règne, le ciel et la terre actuels disparaîtront tout à fait, ainsi que la mer (xv, 11; xxx, 1). Mais c’est qu'icion ne songe pas au règne de mille ans. La disparition des îles et .des montagnes est en rapport avec le grand tremblement de terre
et le houleversement général ; iln’y apaslieu de comparer la disparition des montagnes, œuvre d'Ahriman, à la fin des temps, pour faciliter les communications de l'humanité nouvelle,selon la croyance de la religion avestique (cf. CHanLes, IE, 53).
__ « Et une grêle, grosse comme des talents, tomba du ciel sur les hommes. » — Cette grêle arrive peut-être un peu tard ; ne dirait-on pas que les hommes n’ont pas souffert du tremblement de terre qui a détruit toutes les habitations humaines et résorbé les îles dans la mer, les montagnes dans les continents ? Il y a déjà eu de la PE à la première trompelte (var, 7), et une « grande grêle » à la septième, quand le ciel s'est ouvert (xx, 19), avant l'apparition de la Femme; mais cette fois-ci les grèlons sont particulièrement lourds ; on dirait des masses de métal. Nouvelle utilisation de la quatrième plaie d'Egypte (Ex. 1x, 18-25). — « Et les hommes blasphémèrent Dieu », — comme après la
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