ME À : ” # L
Et de la Bête qui la porte, . 2
Qui a les sept têtes
À Et les dix cornes, $ À * La Bête que tu as vue | : : +
À été, etelle n’est plus ; ”
Elle doit remonter de l'abîme,
Le
secret de la femme et de la Bète qui la porte, qui a les sept têtes et les dix cornes ». — L’accentuation de ce dernier trait ‘ laisse entendre que c’est celui qui a dû intriguer le plus le voyant, et c’est en effet celui sur lequel va porter principale- \ ment l'explication. Du reste, il n'y a qu’un secret, un mystère (uusziptoy, comme dans xvur, 5, où 7 se réfère) pour la Prostituée et pour la Bête, le mystère du nom qui est écrit sur le front de la grande Proslituée. Pour expliquer ce qu'est la femme, l'ange commence par expliquer ce qu'est la Bète,.et il ne dira qu’un mot, à la fin (xvir, 18), touchant le caractère de la.
SUN FUN LS Ces
TER EME AS vs ds TI UN
femme.
. «La Bête que tu as vue était », — elle a vécu, — « et ellen'est < 4 pas », — actuellement elle ést morte ; — «elle doit remonte
de l’abime », — où elle est descendue par la mort. L'abîime nest pas précisément la mer d'où est sortie la Bète (xx, 1) ; c’est le compartiment démoniaque des enfers, l'endroit d'où sont sorties les terribles sauterelles (1x, 1-4), où le Dragon sera enfermé pendant le règne de mille ans(xx,1-3). L'ange se réfère à la vision de la Bête et il dit ce que signifie la tête blessée à mort, qui ressuscite, identifiée à la Bête, et qui, adorée par les. nations, joue, durant lrois ans et demi, le rôle d’Antichrist blasphémateur de Dieu et persécuteur des saints (xx, 1-10). La structure de la phrase : «La Bête que tu as vue était, etc. », serait des
QE A ge à
Le.
nt ra
RE
plus étranges en elle-même et des plus obscures en égard au con- 4 texte, si l’on ne se rappelait la description de la Bête impériale, £ commissionnée par le Dragon, et elle suggère comme cette des- : cription même l'hypothèse d’une source ou la Bête était l'empire e et l'empereur,mais ne s’identifiait pas à Néron revenant après sa mort en Antichrist (sur le mythe de Néron, voir CHARLES, IT, 80). * Maintenant la Bête est unempereurquia régné déjà, quiestmort
de mort violente et qui doit revenir sur la terre (Xu1,3) ; c'est 3
Et à perdition elie va ; . ais Et seront étonnés les habitants de la terre, Dont le nom n'est pas écrit au livre de la vie Depuis la fondation du monde, En voyant que la Bête fut, Qu'elle n’était plus, . Et que la voilà ! :
Néron, qui n’est pas censé réfugié chez les Parthes, mais gardé
dans Fabîme pour en remonter Antichrist. La formule qui le désigne présente une analogie singulière, et non accidentelle, avec la dénomination solennelle que l’auteur applique indifféremment à Dieu et au Christ : « celui qui était, qui est et qui vient»: On dirait une parodie dont l'impiété ne devrait être
imputée qu’à la Bête et non à l'auteur. La Bète a été, elle n’est
plus, elle viendra,mais pas pour demeurer, car elle doit — «s’en aller à perdition », — La Bête connaîtra de nouveau la mort,
et une mort définitive, « la seconde mort », comme dit notre.
auteur. — « Et seront étonnés les habitants de la terre», — ceux
du moins — « dont le nom n’est pas écrit au livre de. vie depuis
la création du monde », — la masse des hommes, spécialement les adorateurs de la Bète, qui sont réprouvés, à la différence des élus dont les noms sont inserits au livre de vie depuis l’origine des temps, — «en voyant la Bête», — et en s'apercevant — «que» -—— cette Bête qui — « a existé », — qui maintenant — «n’estpas », —alors — « sera ».— L'auteur copie ce qu’il aditplus haut du livre de vie, sans s’astreindre à une répétition textuelle, et même en l'évilant. Il avait dit auparavant (xux,8) : « le livre de vie de l'Agneau immolé », pour signifier que les inscrits au livre de vie sontles croyants de Jésus ; il s'abstient ici de mentionner l’Agnean parce qu’il ne voit pas opportunité à la répétition. Ce faisant, il a mieux gardé la téneur de la source par lui exploitée dans les deux endroits. Il semble que la source expliquât, &’ailleurs très naturellement, l'admiration des peuples et l'apothéose de Rome impériale par la communication de puis sance que le Dragon lui avait faite.
Mais ce qui vient d'être dit est comme une anticipation; pressé d'introduire Néron ressuscité, l’auteur a négligé de marquer le rapport exact de celui-ci avec la Bête entière, ses sept têtes et
° Là vaut l'intelligence qui a sagesse !
Les sept têtes sont sept montagnes Sur lesquelles la femme est assise, - Et sept rois ce sont:
ses dix cornes ; c'est pourquoi il y revient en insistant sur la signification mystique de ces sept et de ces dix. Ce qui est si bien chiffré ne peut être que très plein de sens. — « Là », — en ce point du mort ressuscité, qui est la Bête et une de ses sept têtes, a lieu de s’exercer — « l’esprit qui a sagesse ». — C'est matière pour la pénétration du sage et que n’entendent point les esprits vulgaires (cf. xxIX, 9, 12, dont notre passage est comme un doublet, les deux probablement étant rédactionnels). Le texle ne veut pas dire : voici l'explication qui contient sagesse. — « Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles la femme est assise ». — Cesont les sept collines de la Villeéternelle, On a commencé par nous dire que lafemme était assise sur les eaux (Xvix, 1; l’auteur varierait ses symboles, sans autre souci que celui de leur sens. Tout s'accorderait, puisque la femme n’est pas une femme, qu’elle n'est point assise au sens propre du mot, que les eaux ne sont pas des fleuves, que les têtes de la Bête peuvent bien être des montagnes, mais qu’elles sont aussi autre chose, et que ce sont surtout sept empereurs. Pourtant les deux symboles juxtaposés s'accordent fort mal ensemble, et celui des têtes-collines est malvenu, attendu que les sept tètes sont à la Bête et ne sauraient, en cette qualité, appartenir comme siège à la Prostituée. Rien ne serait plus facile à expliquer, nonobstant le désaccord avec le contexte, que l'intrusion d'une glose concernant la ville aux sept collines (Cæarces, II, 69). En tout cas, le symbolisme des têtes-rois, conforme à celui des cornes dans Daniel, doit être antérieur à celui des têtes-montagnes, et l’intrusion de celles-ci dans notre passage résulterait d’une combinaison rédactionnelle qui ne serait d'aucun intérêt pour la prophétie bien qu’elle ait un intérêt secondaire pour la description symbolique de la Prostituée.
« Et ce sont sept rois ». — Entendons : sept empereurs
romains». Ceci est l'idée principale et fondamentale, trouvée dans la source et adaptée par le prophète chrétien à sa propre escha-
É Le ATLOR INR ESS SU NN REA OT
” Cinq sont tombés,
Un existe,
L’autre n’est pas venu encore,
Et, quand il viendra, peu il doit demeurer.
” Et la Bête qui a été et qui n’est plus,
C’est le huitième, °
Quiest des sept,
Et qui a perdition va.
tologie. — « Cinq sont tombés ». — A l'heure présente, cinq empereurs se sont déjà succédé, et ils sont morts. — « L'un existe », — le sixième, actuellement régnant ; — « l’autre », — le septième, — «n'est pas venu encore », — son règne est à venir ; — « et quand il viendra, il doit peu demeurer », — ce règne ne sera pas long. — «Etla Bête qui était et qui n’est pas », — le mort dont on a dit qu'il reviendrait, — « est elle-même le huitième », — c’est l’empereur qui régnera après le septième, — «et elle est des sept», — puisqu'elle est un des cinq empereurs morts ; — «et elle s'en va à perdition », — comme il a été dit (xvir, 8); ce mort ne ressuscitera que pour être précipité ensuite dans la mort éternelle. | Cela dit, il semblerait que l'identification de tous les personnages dû être facile, et la date de l’Apocalypse toute trouvée. Cependant l'interprétation de ce passage a été fort disvutée. Le point dont il faut partir est l'identité de Néron et d’un des empereurs morts ; de plus la mort de Néron n'esl pas récente. Les cinq empereurs morts seront donc Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron. Mais qui sont les deux autres, celui qui règne et celui qui doit régner ensuite, mais très peu de temps avant Néron ressuscité ? Si notre auteur s’exprimait avec la précision d'un historien, le sixième empereur serait Galba, et l’Apocalypse aurait été écrite aussitôt après la mort de Néron. Ce n’est pas l'impression que donne le livre dans son ensemble, ni la vision présente en particulier : il est à présumer que l’auteur faitabstraction des compélitions impériales qui se sont produites après la mort de Néron. Galba, Othon, Vitellius seraient considérés comme des usurpaleurs ou des prétendants à l'empire, non comme des empereurs. On a pensé que la vision était, en substance, du temps de Vespasien ; le septième souverain, en pers-
APOCALYPSE DE us. 11
ecive, serait Titus (79 81), un souverain qui régnerait peu, Fe parce qu'on le savait déjà malade, ou simplement parce que le * prophète croyait à l’imminence de la fin. Il convient toutefois de se rappeler que le chiffre mystique de sept prime la réalité historique, et que l’auteur, quel qu’il soit, aurait mieux aimé laisser hors cadre un ou plusieurs empereurs que de l’abandonner ; il n'aurait pas hésité à traiter la liste impériale avec autant de liberté que le rédacteur du premier évangile a traité ceile des rois de Juda dans la généalogie du Christ. Néron est l'un des cinq empereurs morts ; l’auteur n’a pas dit, et peut-être a-t-1l omis avec intention de dire que ce soit le cinquième ; maintenant il veut considérer comme sixième l'empereur régnant, parce que le septième sera le dernier ; ce précurseur de la fin passera wite, comme il convient à son rôle ; sans doute l’empereur régnant paraïissait-il assez affermi par un règne durable pour qu’on ne pût le considérer comme le dernier empereur. Dans ees conditions, le sixième empereur pourrait avoir été Vespasien (69-59) ; mais il peut être aussi bien Domitien (81-96) Quelques-uns ‘(notamment J. Werss-HerrmuezLer, 303) ont pensé quele huitième roi, Néron ressuscité, serait tout simplement, dans la pensée du prophète chrétien, un Néron métapborique, Domitien, l’empereur même sous le règne duquel a été publiée l'Apocalypse. Hypothèse insoutenable: l’empereur Antichrist « à été », mais actuellement «il n’est pas », et ce ne peul être l'empereur régnant.
La question de sources est ici très RTS du moins les critiques la font-ils très complexe et embrouillée (ef. WeLLHAUSEN,
26-29 ; J. Weïss-HerrmüLcer, 302-303 ; CHARLES, II, 58-61). On
attache grande importance à ce que, pour sont oieR (vx, 3-5), la Bête est l'empire romain, et, plus loin (xvur, 11-13, 16-17), la Bête est Néron revenu ou ressuscité, pour soutenir que notre auleur disposait de deux sources, juives plutôt que judéochrétiennes, dont la première, écrite sous Vespasien, prévoyait
Veffondrement de l'empire après un règne très court de Titus,
destructeur de Jérusalem ; la seconde, écrite au temps de Titus, prévoit la ruine de Rome par Néron, revenant d'Orient et assisté des rois parthes, L'auteur chrétien, vers l'an 95, fait remonter Néron de l'abime, parce qu’il ne peut plus le supposer vivant
. - ; ni : 1e * APOCALYPSE. DE JEAN, XVIL, 12-{3
RU. - * Et les dix cornes que tu as vues, Ce sont dix rois,
Qui-n’ont pas encore pris royauté, |
Mais qui prendront pouvoir comme rois, une heure ; ve
Avec la Bête même dessein ils ont, | : AL
Et leur force et leur pouvoir à la Bête ils donnent ; £
dans le royaume parthe. Ce qu'il y a de plus clair est l'idée de l'auteur chrétien. Quant aux deux sources, le fondement prb 1e PRES pal de leur distinction paraît assez fragile, vu que, les sept têtes étant sept empereurs qui se succèdent, la Bète empire ne laisse pas d'être personnifiée en un seul empereur vivant, qui est NE à actuellement la Bête. On pourrait se contenter d’une seulesource
juive (identique à celle du ch. xnn), contemporaine de Vespasien,
De et dont l’auteur de l'Apocalypse aurait conservé Je cadre et les 2 + chiffres tout en les interprétant librement. Fu à . CÆtles dix cornes que tu as vues sont dix rois », — comme Le. k: dans Daniel (vir, 20-93), dont l’auteur s'inspire ; mais ce sont 190 des rois — « qui n’ont pas-reçu encore la POYAUEE » "TI ENT ES
-risqué de supposer que, dans la vision du ch. xurr, les dix cornes désignaient dix empereurs romains qui se seraient succédé, et
née ER VE +2
dont le dixième serait Trajan, sous lequel l’Apocalypse aurait à: Le. été écrite. Dans cette hypothèse, les variantes du symbolisme 20e > admis par l’auteur seraient décidément incompatibles. Pourquoi, se). à dès le ch. xur, n'aurait-il pas attribué à la Bète, conformément D
œ à la tradition par lui suivie, sept têtes et dix cornes, en prévision : .
À de l'explication qu'il devait donner des têtes et des cornes dans 2 4 le chapitre xvir ? Actuellement les dix rois n’exercent pas A d'autorité sur l'empire romain toujours dans sa force: — « Mais ee : ils reçoivent pouvoir comme rois », —non pascommedesrois, Dec # à linstar de la puissance royale, mais en qualité de rois ils & # deviennent rois dans l’empire, sur le territoire romain, — «une ; SX VE heure durant », — pour un peu de temps, — «avec la Bète», — È c'est-à-dire avec Néron revenu ou ressuscité, lorsque le septième
. empereur aura succombé. À n'en pas douter, ces rois sont les
L rois d'Orient que l’on a représentés sur le point de franchir
| l'Euphrate après la sixième coupe et qui ont été recrutés par les 2€
% “mauvais esprits du Dragon, de la Bête et du Pseudoprophète. Ge
“ Avec l'Agneau ils combattront,
Et l’Agneau les vaihcra,
Parce que Seigneur de seigneurs il est,
Et roi de rois;
Ces rois peuvent être plus ou moins de dix ; ils sont dix à cause des dix cornes, qui sont donnée traditionnelle, comme les empereurs sont sept à cause des sept têtes. Les dix ne peuvent pas être des proconsuls et des légats impériaux qui se rendraient indépendants et qui aspireraient eux-mêmes à l'empire; une telle hypothèse est contredite absolument par le rôle qui leur est prêté. Ce rôle apparaît mieux et la notice qui les concerne est peut-être plus régulièrement construite, si l’on rattache les mots : « avec la Bête », à ce qui suit: « Ils n’ont pas reçu encore la royauté (oùrw £Aafoy), mais pouvoir comme rois, pour une heure, ils reçoivent (\zuBavousty) ; avec la Bète une seule pensée ils ont (uiav yvouny éyoustw); et leur force et leur pouvoir à la Bête ils donnent » (5:56451y). Pour un peu la prophétie prendrait leton de l’épopée. Les princes exotiques. régneront sur l'empire avec la Bête, dont ils sont les alliés, durant un temps très court, au. fond, durant les trois ans et demi de la cerise finale ; ils n’ont qu'un même dessein, qui est celui de la Bête, et ils mettent au service de celle-ci tout le pouvoir dont ils disposent ; c’est-à-dire que par eux Néron sera rétabli sur le trône impérial. Cette unanimité sera expliquée plus loin (xvir, 19), l’auteur chrétien intercalant ici des indications sur l'appui que ces étrangers donneront à l'empereur Antichrist, et sur le sort que leur fera l’Agneau.
Les dix rois seront avec la Bête pour la lutte finale contre le Christ. — «Ils combattront contre l'Agneau ». —C’estleur armée, probablement, que l’on nous a fait voir rassemblée au lieu dit Har-
magédon (xvi, 16). — «Et l’Agneaules vaincra » — dans le grand jour de Dieu (cf. xnr, 7 ; xvI, 14), — « parce qu'il est Seigneur de seigneurs et roi de rois ». — Son droit et sa puissance
l’emportent sur ceux de tous les maitres et de tous les rois. Cette supériorité de domination est le titre propre du Christ dans l’'Apocalypse (cf. x1x, 16). Le titre est analogue à celui de Dieu: « Dieu des dieux et seigneur des seigneurs », dans le Deutéro-
Et ceux qui sont avec lui sont appelés, Elus et fidèles. »
Et il me dit:
« Les eaux que tu as vues, Où est assise la Prostituée, Peuples et foules ce sont, Et nations et langues.
nome (x,17; Cf. DAN. 11, 47-2), et plus ou moins imité des anciens potentats orientaux (cf. CHARLES, 11, 55). — « Et ceux qui sont avec lui »(Ps. cxxxvI, 3), — son armée, ou plutôt ses croyants, car c'est une armée qui n'aura pas besoin de croiser le fer avec ses adversaires, — « sont appelés et élus », — appelés et élus de Dieu, — « et fidèles », — fidèles au Christ, dont ils ont reçu le signe, On peut entendre aussi bien : « Et » vaincront en même temps « ceux qui sont avec lui appelés, élus et fidèles ». La victoire des « élus » avec le Christ sera la revanche de la défaite infligée aux « saints » par la Bête (xnx, 9). Les « saints » seront vaincus par la Bête en son règne ; mais, au boul des trois ans et demi, ils seront vainqueurs avec le Christ en son avènement. L'armée de la Bête sera bien rassemblée comme pour un combat, mais nulle part l’auteur n’insinue qu’elle doive être vaincue par le Christ en bataille rangée (cf. x1x, 15); ce sera une extermination rapide, par le glaive qui sort de la bouche de l'Agneau. La victoire du Christ est une anticipation, puisque la Bète et ses alliés doivent détruire Rome (Cxarces, Il, 94, n'hésite pas à transporter xvIT, 14 après XVII, 16). Comme il s’agit d'une addition faite par l’auteur chrétien, et qui est plutôt parallèle que complémentaire relativement aux indications de la source touchant la destruction de Rome, l'hypothèse d’une transposition accidentelle ne paraît pas indispensable.
En marquant une reprise dans le discours de l’ange, l’auteur se reprend lui-mème pour expliquer comment la grande ville sera d’abord dévastée par la Bèle et ses alliés, qui l'aurontpriseenhaine et qui la brüleront ; Néron revenu achèvera l'œuvre qu’on lui avait imputée de son vivant, en l'accusant d’avoir lui-même fait allumer l’incendie de Rome. — « Et {l’ange) me dit : Les eaux que tu as vues, où est assise la Prostiluée (xvix, 1), sont peuples et foules, nations et langues ». — Quatre termes pour signifier l’en-
“ Et les dix cornes que tu as vues, et ta Bête, Ils prendront en laine la Prostituée, Déserte ils la feront, et nue, Ses chaïrs ils mangeront, Et ils la brûleront au feu.
‘ Car Dieu a mis en leurs cœurs D'exécuter son dessein, | D'’exécuter un seul dessein,
semble des nations qui sont soumises au pouvoir de Rome, l'empire qui va être saccagé par la Bête et les dix rois ses alliés. Dans le langage prophétique (Is. vu, 7; JéR. xcvir, 2,), la méta-
… phore des eaux montantes avait déjà servi à désigner les peuples. Mais les termes de l’énumération ne sont pas ceux que l’auteur emploie d'ordinaire (cf. v, 9 ; vix, 9 ; xI, 9 ; x, 4 XIV, 0): On pourrait être tenté (avec Crarces, II, 72) d'y voir une glose mal placée. Mais cette glose parait avoir été conçue en manière de transition, pour rejoindre les indications que donnait la source touchant la destruction de Rome par la Bête et ses alliés. À même fin sont introduits gauchement les mots : — « Et les dix cornes : que tu as vues », — c’est-à-dire les dix rois, — «et la Bète», — devant : — « Eux prendront en haine la Prostituée ». — Bête et rois traiteront Rome et l'empire en ennemis, ce qui s “explique par le caractère de Néron et par celui de ses alliés étrangers. —
« Et ils la feront dévastée et nue », — ils transforment ville et empire en désert, «et ils mangeront ses chairs », — les chairs de la Pannes c'est-à-dire les richesses de Rome et de Er ses ue ; — « el ils la brüleront au feu », — dans un incendie qui n'épargnera rien de la grande capiile, | Comme si un fait si extraordinaire avait besoin d’une es tion, l’auteur ajoute que Dieu a inspiré le dessein des rois étrangers. Ainsi ce sont les esprits envoyés par le Dragon, la Bête et. Je Pseudo-prophète qui ont rallié ces rois à la cause de la Bête (VI, 13-14) ; mais c'est Dieu qui a dessein de détruire Rome et qui inspire le mème dessein aux rois en leur faisant soutenir les ambitions de la Bête. — « Car Dieu a mis en leur cœur d’exécuter son dessein », — sans qu'ils en aient conscience, — « d’exécu- : ter un seul dessein », — la ruine de Rome et de son empire, que Dieu a décidée, mais qui est aussi l'intention dé la Bète, inten- <
de
‘el AIT APOGALYPSE DE JEAN, XVII, 18 LS
Et de donner leur royauté à la Bête k :
Jusqu'à ce que soient accomplies les paroles de Dieu.
" Et la femme que tu as vue, À DS r C'est Ja grande ville
Qui a royauté sur les rois de la terre. »