APOC
Etles quatre Vivants,
Etils adorèrent Dieu, qui siège au trône, Disant : 2 :
« Amen. Alleluia! »
. Ft voix sortit du trône,
Qui disait :
nèrent, ainsi que les quatre Vivants, et ils adorèrent Dieu, qui Qi est assis au trône ». — Formule redondante, où il faut remarquer la mention expresse de Dieu, alors que, dans les chapitres pré- cédents, l'on semblait affecter de dire : « celui qui est assis surle trône », afin de ne pas nommer l'Eternel. — « Disant : «Amen. Alleluia ! » — Les deux mots hébreux sont conjoints comme à . la fin du Psaume (avr, 48). Le premier est pour adhérer àla doxologie proférée par les autres esprits (cf. v, 14), et le second la répète. Ainsiles Vivanis et les Vieillards n’ont pas de couplet spécial. Faut-il (avec CHaRLes, IL, 120-124) leur en attribuer un en ramenanl ici les-propos qui s’échangent, dans la vision des ï sept coupes (x vi, 5-7), entre l’ange des eaux et l’autel ? Ilest permis d'en douter, vu que, dans ce passage, Dieu est loué de : faire, actuellement, boire du sang à ceux qui ont versé le sang des saints, et que cette louange brutale détonnerait dans la cir- ‘constance (cf. supr.; p. 288. es « Et une voix sortit du trône ». — Ce ne peut-être celle de Dieu, puisqu'elle dit : « notre Dieu »: il n’est pas probable que Se ce soit celle de l’Agneau, qui ne dirait pas : (notre Dieu » (cf.17, 12) ; et l’un des Vivantset des Vieillardsne peut guère ètresi vague-
ment désigné. Ne serait-ce pas quela voix subsiste en quelque façon
par elle-même, ou bien quele trône a une sorte de personnalité, et te une voix? Après tout, la voix qui part (vx, 6) d'entre les-quatre Vivanis pour annoncer le prix du grain n’a pas grande chance d'être la voix de Dieu ou celle de l'Agneau : ne serait-ce pas une voix comme celle qu'on dit ici venir du trône, ou bien la même, la voix du trône? Et la voix qui sort d’une des cornes de l'autel d'or, pour donner un orüre à l'ange de la sixième trompette 2 (x, 13), ne se présente-t-elle pas dans des conditions analogues ? Sans compter que l'autel et le trône ont quelque chance d’êtredes figures, c'est-à-dire des personnalités astrales. La VOIX — « disait: à
« Louez notre Dieu, | (Vous) tous, ses serviteurs, (Vous) qui le craignez, Petits et grands. »
* Et) ‘entendis comme bruit de foule nombreuse, Comme bruit de grandes eaux, Comme bruit de tonnerres puissants, Qui disaient :
« Louez notre Dieu ». — C’est une traduction libre d’Alleluia (mais aiveire avec le datif +6 Üe6 est conforme à JÉr. xx, 13): — Vous « tous, ses serviteurs ». — Formule de psaume (Ps. cxxxIv, TI; CXXXV, 1). — Vous « qui le.craignez ». — Encore expression de psaume (Ps. GXXXV, 20 ; XXII, 24). Certains témoins ont un « el » avant « vous qui le craignez ». Quoi qu’il en soit de cette variante les « serviteurs de Dieu » et « ceux qui le craignent » ne constituent pas deux catégories, Juifs et prosélytes, pas plus que « — les pelits et les grands », — autre formule de psaume (Ps. exv, 13; cf. supr. x1, 18), n’en font deux autres ou une troisième. Les serviteurs de Dieu sont les croyants élus, qui ont déjà tous quilté la terre. Peut-être les anges eux-mêmes sontils compris dans les serviteurs : c’est ce qu'inviterait à sup- -poser le petit jeu de scène qui va se produire (x1x, 9-10) entre le voyant et l’ange qui lui a révélé le secret de « la grande Babylone »; et les hommes élus seraient plus spécialement visés dans ceux qui le craignent » (ce qui pourrait donner une raison au xat, devant ot œofoümevo:). L'hommage qui va venir est, à ce qu'il semble, celui de: toutes les créalures obéissantes (cf. v, 13);
et l’on conçoit que l'ordre donné à cet effet ne vienne pas d’un : ange, ni d'un des vingt-quatre Vieillards ni des quatre Vivants,
mais du irône, personnalité supérieure et Wigne non comprise dans la hiérarchie des serviteurs.
« Et j entendis comme une voix de foule CAR D», — Mais quelque chose de bien plus fort que le chœur précédent (x1x, 1); c'élait— « comme voix de grandes eaux,comme voix de tonnerres puissants ». — Les mêmes comparaisons ont déjà servi à propos du cantique des élus (xiv, 2), sauf que, ci-dessus, il était parlé seule-
mentd’ungrahdtonnerre.Leschantres decechœurinnombrable— «disaient », — eux aussi: — « Alleluia. » — Mais commeles chré-
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« Alleluia! | — Car est devenu roi Seigneur Dieu, maître de tout. - 1 Réjouissons-nous et exulions, Et donnons-lui gloire, Parce que sont arrivées les noces de l Agneau
liens élus y sont compris, si toutefois ils ne forment ce chœur tout entier, la suite du chant d’allégresse ne concerne pas seulement Dieu, mais aussi l’Agneau, les noces de l’Agneau, à propos desquelles il est question de sa femme, c’est-à-dire de l'Eglise. Tous les serviteurs de Dieu chantent Alleluia — « parce qu'est devenu roi le Seigneur Dieu maître de tout ». — Plusieurs témoins lisent, à tort probablement : « notre Dieu » (la présence du pronom u&y entre 6 0e6: et 6 rayraxodrwp étant contre l'usage de notre auteur. Cf. supr., p. 74). C’est le règne de Dieu, son règne incontesté sur l'univers et sur l'humanité, qui commence. On a remarqué que lamême idée domine les Psaumes de Salomon (1, 34, 36; v, 21-22; xvir, 1, 4, 38, 51). Mais, quant à la forme, l’auteur s’inspire directement des Psaumes davidiques (xeux, 1; XCVII, 13 XCIX, 1). Dieu est devenu maître du ciel quand le Dragon en a été précipité (vit, 9-12); le voici maintenant qui règne sur la terre, parce que l'empire satanique de Rome est
détruit. — « Réjouissons-nous et exultons ». — Echo du Pausme - (axviux, 24). — « Et donnons-lui gloire, parce que sont arrivées les noces de l’Agneau ». — Sauf l'Agneau, dont le nom
s’accorderait mal avec les noces, s’il n’était dans l'Apocalypse comme un nom propre du Christ, un nom mystique dont la signification vulgaire n’entre plus en considération, c’est l’idée qui domine, dans le premier évangile, la parabole des Vierges (Mr. xxv, 1-13) et, jusqu’à un certain point, celle du Festin (Mr. xxux, 1-14). Le mariage du Christ et de l'Eglise fait suite à w. celui de Dies et d'Israël dans l'Ancien Testament. On conçoit 5 que l'avènement du règne messianique ait été considéré comme le festin de noces de Dieu avec le nouvel Israël et que, dans le christianisme, sinon auparavant, le Messie ait été substitué à Dieu comme époux (cf. II Cor. x1, 2). Etant donnée l'atmosphère mythologique où a évolué la tradition apocalyptique et où l’on peut dire que baigne notre Apocalypse, l'influence des
Ve 4 AVC
w pti
PP
Et que sa femme s’est apprêétée, * Et qu'il lui a été donné De se vêtir de linon brillant et pur. »
Car le linon, Ge sont les bonnes œuvres des saints.
* Et il me dit :
mythes de mariage divin, noces du soleil vainqueur, après son triomphe sur ses ennemis, n’est pas une hypothèse à écarter. Mais on peut trouver que la perspective des noces est ouverte prématurément; éar ce qui va venir d'abord est le règne de mille ans, en suite duquel seulement apparaîtra la fiancée de l’'Agneau, la Jérusalem nouvelle (xxx, 9-10). — « Que sa femine, s'est apprêtée », — qu'elle est toute purifiée et parée comme le sont pour les noces les fiancées ordinaires. « Femme » (yuva) se dit ici pour « tiancée ». L'Eglise s’est purifiée dans le sang de l’Agneau, et on va nous dire de quoi est faite sa robe nuptiale, — « Et qu'il lui a été donné de se revêtir de linon brillant, pur ». — Elle a une robe de fin lin, éclatant de blancheur. Chastelivrée, qui contrasteavec les atours de la Prostituée. — « Car le linon » — remarque-t-on, laissant par cette exégèse la prière comme en suspens, — « ce sont les bonnes œuvres des saints », — c'est-à-diredes fidèles. Cesœuvres, on nousl’a dit, suiventles morts qui meurent dans le Seigneur (x1v, 13) :de là vientque l'épouse de l’Agneau a une si belle robe. La robe est faite avec des œuvres de justice (dtxaouara; cf. xv, 4, les Gtxurwuara de Dieu). Mais la remarque a forme de glose et doit être surajoutée; car, pour l’auteur, ce ne sont pas leurs bonnes œuvres qui forment la robe blanche des bienheureux (cf. vr ; x1v, 13) ; il n’est pas probable qu'il en fasse la tunique de l'Eglise. La manifestation des élus après une scène de terreur concernant le châtiment “es incroyants est parrallèle à celles qu’on a déjà vues (vin, 9-17; xr, 14-18 ; xiv, 1-: XV,1-5) ; mais le dessein de Dieu s’éclaircitde plus en plus, et l’on entrevoit maintenant l'Eglise triomphante.
Avant qu’'apparaisse le Christ, un intermède se place, pour recommander la prophétie qui ouvre de si consolantes perspectives. — « Et il me dit ». — Bien qu'on l'ait un peu perdu de vue, celui qui parle ne peut être que l’ange porteur de coupe,