‹ L'Apocalypse de JeanChapitre 9 sur 65 · RES / > ' ! Û · texte numérisé non relu

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la forme correcte dans trois adresses, 11, 1, 8, 19; C dans une seule, 11, 1 ; S a partout ri au lieu de =6). La Vulgate hiéronymienne est un excellent témoin à côté de AC, qu'elle peut

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servir à contrôler. Le texte latin de Primasius se rapprocherait plutôt de $S, ainsi que les autres témoins de l'ancienne version latine. Il va sans dire que si les variantes sont extrêmement nombreuses, il en est relativement peu qui soient de conséquence pour l'intelligence du texte. Même la variante, signalée déjà par Irénée, touchant le chiffre de la Bête (Cet Ticonius lisent 616) est plus curieuse qu'importante, |

On ne se flatte pas d'apporter ici une nouvelle clef pour l’interprétation d'un livre où, plus peut-être qu’en aucune autre partie de l'Ecriture, la tradition a cherché ce qui n’y étail pas. L’on a conservé autant que possible dans la traduction la couleur et le rythme de l'original. Quant au commentaire, il se propose d'expliquer clairement le contenu réel du texte, l’affirmation de l’espérance chrétienne et sa définition par les moyens de l’apocalyptique juive, transposée dans le mystère chrétien.

‘ Révélation de Jésus-Christ, Que lui a donnée Dieu, Pour montrer à ses serviteurs Ce qui doit arriver bientôt, Et qu'il a notifiée,

TJ. — LE TITRE

Le livre de la grande révélation est pourvu d’un titre assez développé (1, 1-3), qui en fait connaître l’auteur et l’objet, et qui la recommande en même temps à la considération du lecteur. A proprement parler, le livre commence par l'adresse à sept communautés de la province d’Asie (1, 4-8), qui en sont apparemment destinataires, ensuite d'une vision inaugurale (1, 9-20) par laquelle est introduite immédiatement la première partie du livre (1-1), les sept letires adressées aux sept communautés.

« Révélation de Jésus-Christ, que lui a donnée Dieu. » — On ne rencontre pas le mot « révélation » (ärox&hudi) dans les écrits johanniques, si ce n’est dans le titre du présent livre. L'usage du nouveau Testament y attache le sens decommunication intérieure concernant les secrets divins (cf. I Cor. xiv, 26). Avec cette acception le mot se rencontre déjà dans l’Ecclésiastique (xzr, 1). Ici la révélation s’entend de secrets en rapport avec l'avenir messianique, la parousie du Seigneur et l’accomplissement du règne de Dieu. La révélation est de Jésus-Christ en tant que faite par lui (ef. Gaz. 1, 12 ; IT Cor. xni, 1), qui en a reçu de Dieu le contenu, à un prophète qui la transmet aux communautés chrétiennes. — « Pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. » — Dieu a donné au Christ la connaissance de ses desseins pour que lui-même la «montre » (ôsiëa), la révèle en vision (cf. xx1, 9-10 ; xxI1, 8) à ces serviteurs de Dieu que sont les prophètes (cf. xx1r, 6), comme le dit Amos (rx, 9).

AIR 62 és APOCALYPSE DE JEAN, I, L F4

a Envoyant (message) par son ange,

A son serviteur Jean,

Mais il s’agit naturellement ici de prophètes chrétiens (cf. x, 9 ;

x1, 18) ; la suite de la phrase indique assez que parmi ces prophètes l’auteur est compté lui-même, et sans doute comme celui

de tous qui a reçu la révélation la plus ample. Il n’en a pas moins existé beaucoup d’autres prophètes qui ont été antérieurement favorisés de révélations partielles sur le même sujet. Ces

- révélations concernent ce qui doit arriver bientôt, la parousie du Christ et l'avènement du règne de Dieu étant censés proches. Qu'un avenirillimité s'ouvre sur la terre à l'existence de l'Eglise, c’est ce que notre texte ne soupçonne même pas. Ce sera bientôt

la fin, et ce doit (èci) être bientôt, Dieu l’ayant ainsi décidé (ef. Le . DAN. 1, 98). LES

= Cette révélation, le Christ, —non pas Dieu, car le sujet change au cours de la phrase, — « l’a notifiée (ésipavey ; cf. Jn. xax, 33 ;-

Ra A XVI, 32 ; XXI, 19) en envoyant message par son ange », — pour

cet objet spécial, — « à son serviteur Jean » — (COX IR 10 ; xxii, 9). Ge Jean est dit serviteur du Christ, comme Paul (Rom. x, 1; Il Cor. 1v,5; Gaz. 1, r0: Pains. 1,71; cf: JAc. p 15 Jun. 1. 1: I Pier. 1, 1), mais en sa qualité de prophète, non d'apôtre. Le messager des révélations célestes est celui dont parlent Daniel (vrrr, 16; IX, 21-22) et Zacharie (E, 9, 49:19 5 cf. HÉNocH, xvi, 14 : xiIx, 1, ele. : IV Esp. 1v, 1 : V, 20, 31 : 3 VII, 1); mais on est quelque peu embarrassé de le reconnaître dans l’Apocalypse, où interviennent quantité d'anges, et non pas seulement un seul, qui serait l’organe de toutes les révélations faites à l’auteur. C’est seulement dans les derniers chapitres, à partir du ch. xvir, que l’on peut suivre l'intervention d'un même ange (XVIL, F, 7, 15 ; XIX,9 10 ; XX1,5, 9 ; XXIT, 1), qui, aussi bien est visé dans l'épilogue (xxr1, 6, 8-10, 16), de la même façon qu'ici, comme organe de toutes les communications qui ont été a faites au voyant. C'est pourquoi l’on a supposé que notre titre % (x. 1-3) avait été ajouté par l'auteur lui-même au livre déjà composé entièrement, et sous l'influence des derniers chapitres. On a supposé aussi, el plus vraisemblablement, que le titre était de Be : l'éditeur qui reprend la parole à la fin du livre (XX, 18-19); mais.

* Qui s’est porté témoin de la parole de Dieu Et du témoignage de Jésus-Christ, De tout ce qu'il a vu.

* Heureux celui qui lit Et ceux qui entendent les RERO de la prophétie,

ble rapport est aussi bien avec l’ensemble de l’épilogue (cf. xx, 6,8-10). L'emploi de la troisième personne n’obligerait pas d'at- “tribuerle titre à un autre que l’auteur lui-même, si l’on ne mon-

ds trait si grand souci de relever son « témoignage » et l'importance de son livre.

Jean est le nom de l’auteur, qui va entrer directement en scène dans l'adresse aux sept communautés. C’est lui — « qui à attesté la parole de Dieu et le témoignage du Christ », —

c’est-à-dire la vérité révélée par le Christ, et qui concerne le Christ lui-même, témoignage qui, dans le cas de Jean, se définit 2 en — « tout ce qu'il a vu ». — Jean a « vu » la parole de Dieu et .

Le témoignage du Christ, parole et témoignage qui seraient le __ contenu du livre ainsi annoncé au lecteur. Dieu, le Christ, le | prophète sont les trois agents de la révélation qui ont été indi- … qués au commencement de la phrase, à quoi cette fin correspond. Gomme la formule rappelle ce qui se lit dans le quatrième évangile et dans la première épître johannique touchant l'apôtre qui rend témoignage au Christ (JN. x1x, 35 ; xxx, 21; cf. JN, x, 14 : : LJN. 1, 1-3), on a souvent pensé que ce préambule Did ou ea l'identité de l’auteur avec celui de l’évangile. Tel KL pourrait être le sens du titre, si l'éditeur est à distinguer de l’au- teur principal, quoique l’on puisse, en rigueur, rapporter ces indications à l'objet du présent livre, «tout ce que Jean a vu »

dans les visions qui vont être décrites, « la parole de Dieu » et «le témoignage de Jésus-Christ » se confondant avec la « pro- * phétie » dont l’épilogue s'efforcera de garantir la conservation .

intégrale (xx1r, 18-19). L'insistance qu’on met à relever « l’attesë tation » ne laisse pas d’êlre significative (éuaprbensey... Thy uap- F ruptlay ‘Insoù Xptoroû. Cf. WELLHAUSEN, /).

De cette prophétie l'on fait valoir maintenant l'excellence et x l'utilité, pour la recommander à la lecture publique dans les communauiés chrétiennes. — «Heureux celui qui litet ceux qui.

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Et qui retiennent ce qui y est écrit, Car le temps est proche!

entendent les paroles de la prophétie ». — Le lecteur est distingué des auditeurs, précisément parce que, dans les réunions de la communauté, il ya un seul lecteur (0 ävæytywsxwy, dont le titre officiel sera plus tard dvayvosrns) pour un grand nombre d'auditeurs. Il ne s'agit donc pas de lecture privée. Ce trait suppose les communautés bien organisées, avec un service régulier de lectures publiques (comme dans les synagogues, cf. CHARLES I, 7), où les écrits de prophètes chrétiens pouvaient trouver place à côté des Ecritures anciennes et probablement aussi dela littérature évangélique. On n’a pas trop lieu de s’en étonner, puisque les prophètes chrétiens avaient commencé par parler dans les réunions sous l’impression immédiate de leur inspiration. La communication d’écrits pourrait attester déjà une certaine décroissance de l’inspiration prophétique et de son crédit. D'ailleurs le cas de Jean n’est point isolé : le Pasteur d'Hermas

est divulgué dans des conditions analogues, puisqu'il doit être

lu par l’auteur en personne à la communauté romaine, et que Clément sera chargé d’en faire partaux communautés du dehors (HEerMAS, Vis. 1r, 4); mais, dans le cas d'Hermas, on entrevoit le contrôle ecclésiastique par lequel l’action directe de la prophétie sera effectivement supprimée dans la vie des communautés. — « Et qui retiennent ce qui y est écrit. » — Leeteure et auditeurs-de la prophétie écrite par Jean doivent s'estimer heureux d'en avoir obtenu connaissance, parce qu'ils n'y trouveront pas seulement l'annonce des événements qui vont se produire, mais un puissant encouragement à persévérer dans la foi à travers les terribles épreuves qu'ils auront à subir, la persévérance étant la condition pour être admis au triomphe qui lui aussi suivra bientôt la tribulation. La révélation ayant aussi bien un caractère moral et pratique, il ne suflit pas dela connaître, mais d’en retenir, d'en observer les instructions (cf. La. xx, 28 ; Jn. x1x, 439), et avec d'autant plus d'empressément que — « le temps est proche », — que la fin est imminente (cf. Rom. xux, 11 ; I Cor. vir, 99). On a remarqué (CnarLes, I, 3) que l’Apocalypse contient sept béatiludes (cf. supr. p.22).

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