‹ L'Apocalypse de Saint-SavinChapitre 17 sur 73 · Focillon, op. cit., p · texte numérisé non relu

Focillon, op. cit., p

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Rien n’est plus difficile que l’examen des caractéristiques des fresques qui décorent la voûte de la nef; elles sont inégales de valeur, elles sont dissemblables de style. Certaines têtes sont traitées avec une gaucherie manifeste ; celles d'Adam et d’Eve dans la seconde travée en entrant, celle de Joseph accusé ont été reprises par un artiste médiocre de la fin du moyen âge. D’ailleurs, les retouches postérieures semblent assez nombreuses dans les trois premières travées. D’autre part, pour une série aussi développée que la décoration de la nef, l’artiste a pu évoluer et transformer son style au fur et à mesure qu'il avançait dans son travail !?.

Cependant il n’est pas impossible de distinguer des traces de mains différentes, comme M. Focillon l’a mis en lumière dans son récent ouvrage . Comme lui, nous y voyons l'œuvre de trois artistes principaux, que nous appellerons le premier, le second et le troisième maîtres de la nef, à côté du maître de la tribune et du maître du porche.

Ainsi que nous l’avons remarqué à propos de la draperie dans les peintures du porche, les peintures de la nef présentent certains rapports avec celles-ci. Mais elles en ont plus encore avec celles de la tribune ‘*, dans la formule du dessin, les proportions, les gestes conventionnels, les éléments accessoires et certains motifs d'ornement.

Le type et les proportions du corps humain restent les mêmes :

12. Les tapisseries de la cathédrale d'Angers, exécutées par Nicolas Bataille, lapissier parisien, vers 1380, d’après les cartons de Jean ou Hennequin de Bruges, offrent un exemple de cette transformation du style chez un nfême artiste. Si les scènes du début reflètent la composition des miniatures d’un manuscrit analogue à celui de la Bibliothèque de Cambrai (ms. 482), par eqntre les scènes postérieures de ces tapisseries gagnent en pittoresque et en effet. La différence de style entre le second et le troisième maîtres de la nef de Saint-Savin pourrait s'expliquer d'une manière analogue, par la nature même d’un ample travail.

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