‹ L'Apocalypse de Saint-SavinChapitre 2 sur 73 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le clocher-porche de l’église de Saint-Savin-sur-Gartempe, construit dans la première moitié du XI° siècle, comportait dès cette époque, les deux étages inférieurs, le porche du rez-dechaussée et la tribune du premier étage. Leurs voûtes furent ajoutées dans la seconde moitié du XI° siècle, au moment où la nef fut prolongée jusqu’au clocher *.

Bâti sur plan rectangulaire et mesurant 5 m. go sur 7 m. 20, le porche est couvert d’une voûte en berceau et divisé en deux travées par un doubleau reposant sur des pilastres. Du côté ouest, il s'ouvre par une porte surmontée d’une arcade ; du côté est, il donne accès à la nef par une porte surmontée d’un tympan, encadré par un doubleau. Celui-ci épaule avec le doubleau de la tribune le mur du clocher qui supporte une partie de la poussée exercée par la voûte de la nef.

Le porche n’est orné d'aucune décoration sculptée; mais à l’intérieur, la voûte et les parois étaient jadis entièrement recouvertes de peintures ayant trait à l’Apocalypse. Plus de la moitié en a disparu : il ne reste que cinq scènes de la seconde travée, la grande composition du tympan et quelques fragments de fresques qui sont conservés dans la première travée (PI. I).

En entrant, on descend neuf marches et on arrive au milieu du narthex, sous l’arc doubleau qui divise en deux le berceau qui couvre le porche.

1. Mile Maillard : L'Église de Saint-Savin-sur-Gartempe, Paris, 1926, pp. 16, 24, 29 et suiv. Nous adopterons désormais, pour nos renvois à cet ouvrage, la mention : Maillard, Monographie.

Ce doubleau est orné d’une série de douze médaillons figurant les signes du zodiaque; il nous en reste dix, plus ou moins endommagés. Chaque médaillon représente un signe du zodiaque peint sur fond blanc à l’intérieur d’un cercle formé d’une bande rouge et orné de quatre petits anneaux en perles blanches. Les médaillons sont reliés par des rosaces blanches à huit pétales et se détachent sur un fond jaune. Celui-ci est formé d’une série de demi-rosaces imbriquées les unes dans les autres (PI. IV).

Dans le premier médaillon, en commençant par le côté nord, l'artiste a représenté un animal à deux cornes, peint en vert sur fond blanc; c’est le Bélier, le premier signe du printemps. En Aquitaine, l’année commençait le 25 mars, c’est pourquoi le Bélier ouvre ici la série des signes du zodiaque. Dans le septième, figure un homme à vêtements jaunes, tenant une Balance et, dans le huitième, le corps courbé en C du Scorpion.

Dans la première travée du porche, on arrive à peine à distinguer quelques traces de peintures ?. De Longuemar y reconnaissait, comme dans la travée suivante, une disposition en compartiments, où il croyait voir se répéter un groupe de quelques personnages. Il en concluait qu'il s'agissait d’une représentation des vingt-quatre vieillards répartis quatre par quatre en six compartiments *.

Nous trouvons là, en effet, une division en six scènes comme dans la travée suivante. Il ne nous reste que des fragments, fort endommagés, de trois d’entre elles : la seconde, la cinquième et la sixième à partir du côté sud.

Le second compartiment laisse voir une partie du corps du Dragon à sept têtes. Nous y distinguons, à gauche, trois petites têtes, peintes en brun, pareilles à celles que nous voyons dans la scène de la Femme attaquée par le Dragon de la seconde travée. La position de ces petites têtes nous fait supposer que le corps du Dragon occupait autrefois le centre et que sa grande tête, légèrement baissée, était dirigée vers la gauche. En face des petites

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