Voir Focillon : Peintures, p
26. Ibid, pp. 26-30, pl. 9-25. Voir aussi Mlle Maillard, op. cit., pp. 61-79, fig. 16-30.
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facture est simple et nette. Les têtes sont définies par des traits simples en brun-rouge foncé; il y est peu question de modelé soigné en ton de lumière et en ton d'ombre. Les têtes, de forme sensiblement rectangulaire, sont cernées; leurs sourcils sont épais et longs, souvent composés de deux ou trois traits; les yeux sont grands avec un ferme contour, ils ont un regard intense et assez farouche; la ligne de la paupière supérieure dépasse souvent celle de la paupière inférieure; le nez est long, également dessiné avec beaucoup de précision linéaire, les narines souvent cernées, l’ensemble donnant un trèfle régulier. La bouche, large et arquée, est fermement écrite et, aux commissures, barrée d’un trait; audessous de la bouche, une ligne en arc accuse la saillie du menton. Le dessin des têtes est solide, précis, les visages ont une expression intense. Ces caractères, nous allons le voir, se rencontrent dans de nombreux manuscrits du XI° siècle.
Dans cette partie de la nef, malgré l’unité du parti et la constance physionomique générale, on peut distiguer trois types fortement accusés. Le premier, le plus fréquent, a des traits fermes et réguliers, une expression concentrée comme le type que nous venons de décrire *’. Il se retrouve, par exemple, dans les Chroniques d’Adhémar (B. N., Latin, 5927, f° 157), la Vie de sainte Radegonde (Bibl. de Poitiers, ms. 250), le Recueil de scènes de la Vie de saint Martin (Bibl. de Tours, ms. 1018), la seconde Bible de Saint-Martial de Limoges (B. N., Latin, 8, f°° 4r, 91) et un Lectionnaire de Saint-Martial de Limoges (B. N., Latin, 5301, f° 236*°). Le second type peut être considéré comme une variante du premier; l’expression n’est plus celle de la concentration, mais de la bonhomie, comme chez les membres de la famille de Noé à la sortie de l’arche ?*. Ce type de visages figure dans certains manuscrits du XI° siècle, par exemple, quelques têtes masculines dans la Vie de sainte Radegonde et dans la Vie de saint Aubin d’Angers (B. N., Nouv. Acq. Lat., 1390). Le troi-
27. Par exemple dans les scènes suivantes : l’ivresse de Noé, la tour de Babel, l’apparition de Dieu à Abraham, la séparation d'Abraham et Lot, la délivrance de Lot. Voir Focillon, op. cit. pl. 19, 21, 22, 23, 24.