Focillon, op. cit., pl
sième type montre une tête très allongée, avec une chevelure abondante et une barbe pointue donnant un contour triangulaire au visage; il a souvent une expression comique. Il apparaît surtout dans le côté nord des zones supérieures **. On le retrouve dans certaines figures archaïques de l’un des manuscrits de saint Bertin (Bibl. de Boulogne, ms. 0, début du XI° siècle), et des Chroniques d’Adhémar (B. N., Latin, 5927, f° 280, début du XI° siècle). Ces rapprochements nous font entrevoir l’étroite relation qui existe entre les graphies de Saint-Savin et celles des figures des manuscrits romans (PI. XII, A, B, C, D, E, F; XIII, C).
Revenons à l’examen de nos peintures. Les mains et les pieds sont, comme les têtes, dessinés en lignes vigoureuses brun foncé, sans modelé par tons de lumière et d'ombre °°. Les mains sont souvent très grandes par rapport aux autres parties du corps.
Le traitement de la draperie nous montre une formule différente de celle de la tribune; le dessin est plus simple; un pli double souligne d’abord la forme du ventre en amande; puis deux ou trois plis doubles dessinent des arcs sur le buste, suggérant ainsi un modelé; enfin deux ou trois plis doubles en V, entre les cuisses, complètent le dessin de cette draperie *. Les vêtements sont parsemés, le plus souvent, de motifs à trois points, blancs ou du ton local foncé *. L'artiste de la nef emploie parfois, sur la draperie à plis doubles, des motifs en fougères semblables à ceux de la tribune **, ou bien encore il emploie, à côté de cette draperie à plis doubles, celle de la tribune, comme sur l’image d'Enoch invoquant Dieu **. Dans les peintures du second maître de la nef,
29. 1bid., pl. 11-13, 18. L'origine de ce type pourrait remonter au dessin des manuscrits de l’école de Tours, par exemple la figure du Christ de l'Évangéliaire de Lothaire (B. N., latin 266, fol. à vo).