‹ L'Apocalypse de Saint-SavinChapitre 22 sur 73 · Ibid., fig · texte numérisé non relu

Ibid., fig

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32. Celle draperie à plis doubles avec molifs à trois points est très répandue dans les manuscrits du XIe siècle; nous la retrouvons dans le Recueil des scènes de la vie de saint Martin, le Cartulaire de Vierzon (B. N., latin 9865), da vie de sainte Radegonde, le Beatus de Saint-Sever (B. N., latin 8878).

33. Focillon, op. cit., pl. 16, 22. Dans les manuscrils, nous avons également des exemples de la draperie à plis doubles avec des molifs en fougère : la Bible d’Angers (Bibl. d'Angers, ms. 3-4), la Vie de sainte Radegonde, la Vie de saint Aubin d'Angers, le Sacramentaire de Limoges (Planche xmx, e).

34. Focillon, op. cil., pl. 12; voir également pl. 10, 17, 18.

les grandes lignes de la draperie sont dessinées par des lignes très accusées et elle paraît lourde à côté de celle de la tribune PRET: BC, KE ESxXTIL;-C).

Cependant, malgré certaines différences dans les détails du dessin des personnages et de la draperie, l’ensemble des peintures du second maître suit les principes posés par le premier, ainsi que ceux du maître de la tribune, dans la structure des personnages : proportions élancées, aspect monumental, types conventionnels se retrouvent dans les peintures du second maître. Mais la facture sauvage de cet artiste confère aux personnages une expression toute différente. L’attitude et la proportion harmonieuse du corps sont parfois déformées, au profit de gestes familiers, au profit du mouvement. Tous ces traits révèlent à la fois la fraîcheur de l'inspiration et la vigueur du sentiment.

En suivant l’ordre des histoires de la Bible, nous nous apercevons d’un changement de style quand nous arrivons aux scènes de l’histoire de Joseph, qui figurent sur la zone inférieure du côté sud, de la quatrième à la neuvième travée *. Le maître des zones supérieures (le second maître) cherchait surtout la qualité narrative, à la manière des conteurs du moyen âge; il s’attachait à produire un effet dramatique, par une expression franche et naïve, sur l'imagination populaire, et il y parvenait surtout par la mise en page des personnages et par leurs gestes. L'artiste de l’histoire de Joseph et de l’histoire de Moïse, sans rien perdre de la qualité narrative et dramatique du maître des zones supérieures, apporte un raffinement particulier dans la couleur et dans la composition; au lieu de personnages à l’expression intense et parfois violente, il dessine des figures dont la mimique et le sentiment sont adoucis. Le souci décoratif contrôle désormais la véhémence des attitudes; il impose même au dessin un certain maniérisme. Pour bien saisir cet accent particulier, on n’a qu’à comparer la figure du Seigneur devant la famille de Noé sortant de l’arche à celle de l’ange devant la colonne de feu, juste sous l'arche de Noé, ou

35. Ibid., pp. 30-32, pl. 26-37. Voir aussi Mlle Maillard, op. cit., pp. 79-90, fig. 31-34.

bien le groupe de la famille d'Abraham au groupe du peuple hébreu sortant du Nil. Ce maniérisme du dessin dénote une sensibilité profonde. La composition des scènes de l’histoire de Joseph et de celle de Moïse est inspirée et soutenue par le souci du décor et le souci d’un ordre intérieur; en insérant des éléments architecturaux, l'artiste a évité de laisser trop de vides autour des personnages et a su faire jouer harmonieusement le fond avec les images peintes. Comme Mlle Maillard le remarque avec justesse, l'architecture du fond de la scène où Jacob envoie Joseph rejoindre ses frères laisse voir la campagne à travers la porte ouverte ; la même préoccupation subtile apparaît dans la scène de Joseph en prison. L'effet de cette perspective décorative est remarquable *?.

Le maître des zones supérieures employait principalement le jaune, le brun-rouge et le vert; sa manière de distribuer les couleurs était simple, les personnages se détachent brusquement sur le fond, sans que les rapports chromatiques soient échelonnés et nuancés. Il était avant tout un puissant dessinateur. Le maître de l’histoire de Joseph, au contraire, est un coloriste savant et délicat, qui fait jouer les tons avec beaucoup d’art et qui exprime une personnalité bien définie dans leur choix et dans leurs correspondances. Dans la scène où Jacob, assis dans sa demeure, envoie Joseph vers ses frères, le vert n’est plus la note colorée d’un panneau de fond. Éclairci, noté de blanc, il intervient dans la composition même, dans les figures, sur le vêtement du berger, sur une bête de son troupeau; dans la scène suivante, Joseph vendu aux marchands ismaëlites est vêtu d’une tunique du même ton, tandis que l’un des chevaux des marchands est brun-rouge clair. La présence de ces demi-tons, qui produit un effet de gradation subtile à côté des tons foncés, enrichit et nuance la qualité expressive de ces scènes; quelque chose de plus qu'un souci narratif où dramatique apparaît : la couleur exprime une sensibilité toute personnelle. <

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