‹ L'Apocalypse de Saint-SavinChapitre 23 sur 73 · Ibid., pl. 26, 29; Me Maillard, op. cit., p · texte numérisé non relu

Ibid., pl. 26, 29; Me Maillard, op. cit., p

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En face de l’histoire de Joseph, dans la zone inférieure du côté nord, se succèdent les scènes de l’histoire de Moïse qui ferment le grand cycle des peintures de la nef. Nous y retrouvons le même sens aigu du chromatisme, le maniérisme d’un dessin à la fois sensible et décoratif, l’habileté de la mise en scène “#.

Ces qualités si notables dans les scènes des zones inférieures nous autorisent à supposer une main différente de celle qui exécuta les scènes des zones supérieures, celle d’un troisième maître. Son art est cependant très proche de celui du second. Le trait de son dessin est également vigoureux; les graphies des personnages et de la draperie sont, dans les grandes lignes, les mêmes que celles du second maître; ses personnages sont d’aspect monumental et ont une lenteur de mouvement où l’on discerne toutefois un certain rythme. Le troisième maître a employé certaines graphies du maître de la tribune : les visages, dessinés avec une force simple et pleine d’accent, portent des taches de lumière disposées comme dans la tribune; la graphie de la « draperie de Saint-Savin » est habilement combinée à la facture de la draperie à plis doubles ** (PI. XI, C). Ainsi s’adoucit l’expression sévère et même parfois sauvage, qui donne une âpreté pleine de grandeur au second maître ; ainsi l'effet décoratif est nuancé et enrichi.

Tels sont donc, si nous ne nous trompons pas, les trois artistes qui ont décoré la nef de Saint-Savin. Au premier, nous devons les scènes de la Création et de l’histoire d'Adam et d’Eve dans les trois premières travées; au second, les scènes des zones supérieures à partir de la quatrième travée jusqu’à la neuvième et la suite de l’histoire d'Abraham dans les trois premières travées (côté méridional); au troisième, les scènes des zones inférieures à partir de la quatrième travée jusqu’à la fin. Cependant, comme le remarque M. Focillon, il se dégage de l’ensemble de la décoration de la nef une impression de grande unité *°. Depuis le début jusqu'à la fin, nous trouvons les mêmes principes appliqués à la

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