‹ L'Apocalypse de Saint-SavinChapitre 28 sur 73 · Ibid., pl. xLvn; xzvin, A · texte numérisé non relu

Ibid., pl. xLvn; xzvin, A

tre part, le Sacramentaire de Metz emploie une série de segments de cercle comme élément de séparation des groupes de personnages . La Bible de Saint-Paul-hors-les-murs présente également le même type de sol. Mais, sur les pages des évangélistes assis, nous voyons au bas une série de fleurettes formant une bande indépendante; ce n’est plus une partie du sol, mais un élément isolé *. À Saint-Savin, les arcs enfermant des fleurettes n’indiquent pas spécialement le sol; ils forment une bande indépendante, placée au bas de la scène.

Nous avons donc, dans les manuscrits carolingiens, plus d’une riche variante du motif de sol ondulé à fleurettes. Si nous ne trouvons pas là d'exemple exactement semblable à celui de Saint- Savin, rien ne nous interdit de supposer qu’il y ait eu, entre les manuscrits carolingiens et la peinture de Saint-Savin, une élaboration nouvelle de la formule carolingienne. La tapisserie de Bayeux montre, très reconnaissable quoique à l’état rudimentaire, le même motif. Il y a bien des chances pour que l’origine directe de cette bande d’arcs renfermant des fleurettes se trouve dans la miniature carolingienne.

D'autres thèmes ornementaux de Saint-Savin se trouvent aussi dans des monuments antérieurs du pays. Parmi les arbres peints à Saint-Savin, différents types fort décoratifs se rencontrent déjà dans les manuscrits carolingiens. Dans l’Apparition du Christ à sainte Madeleine et dans la Pendaison de Judas, nous nous rappelons ceux qui portent des masses de feuillages à fleurettes stylisées. Les arbres de ce genre, comme nous l'avons remarqué, existent dans certaines fresques cappadociennes, mais, à l’époque carolingienne, nous les voyons derrière le Christ imberbe de l'Évangéliaire de Godescalc ?!. Et, par la suite, nous les retrouvons, exactement pareils, dans la Vie de sainte Radegonde *? (PI. XIII,

Page 1