‹ L'Apocalypse de Saint-SavinChapitre 40 sur 73 · Neuss, op. cit., p. 173, fig. 135; p. 174, fig · texte numérisé non relu

Neuss, op. cit., p. 173, fig. 135; p. 174, fig

36. Le fleuve en bande continue se retrouve aussi dans les manuscrits de Saint-Sever et de Bamberg. Ê

37. Voir Neuss, p.174. Dans les manuscrits de Morgan, de Valladolid, de Urgell, il manque aujourd'hui les pages reproduisant celte scène. Mais nous la trouvons dans les Beatus de Gérone, de la Biblioteca Nacional (B. 31) de Madrid, de Londres (British Museum, Add. 11695), ainsi que le Beatus de Saint- Sever. Dans le Beatus de Gérone, les montures des cavaliers sont des chevaux à queue de serpent et n’ont pas de tête de lion.

crits tardifs*. Le plus souvent, il n’y à qu’un ange avec une trompette *’. La seconde scène est elle aussi simplifiée : deux cavaliers piétinent leurs victimes “°.

Dans les manuscrits que nous venons d’examiner, ce passage est donc interprété de deux manières : l’une simple, ne comportant que l’ange de la sixième trompette et les cavaliers souvent groupés en une scène unique. L'autre, plus complexe, représente les anges déliés et se distribue, en général, en deux scènes. C’est à ce second type qu'appartiennent les trois Apocalypses de Bamberg, de Saint-Benoît-sur-Loire et de Saint-Savin.

Dans l’Apocalypse de Bamberg, cet épisode est savamment composé : une série de volutes représentant l’Euphrate divise la surface en deux zones superposées. En haut, à gauche, l’autel avec la main de Dieu; à droite, l’ange à mi-corps sonnant de la trompette. Juste au-dessous de lui, sur le fleuve, se dressent quatre anges, à mi-corps, les mains liées. L’ange de la sixième trompette touche de sa main gauche l’un d’entre eux : c’est le signe de la délivrance. Dans la partie inférieure, trois cavaliers casqués montés sur des chevaux à queue de serpent piétinent trois cadavres. Dans l’angle de gauche, tout en bas, Jean regarde la scène avec effroi.

La composition de Bamberg semble annoncer celle de Saint- Savin. Mais d’où vient-elle ? Elle ne peut être due à l’invention de l’artiste ottonien. Il est encore impossible de préciser la source qui l’inspira. Pourtant, il paraît certain que l'artiste n’a pas emprunté aux manuscrits de Paris et de Valenciennes ou aux Beatus du groupe I de Neuss, car les quatre anges déliés de l’Euphrate n’y figurent pas.

Il aurait pu, sans doute, trouver un modèle soit dans les manuscrits de Cambrai (ms. 386) et de Trèves, soit dans les Beatus du groupe Morgan. L'illustration dans ces deux groupes présente du reste une différence : les manuscrits de Trèves et de Cambrai

38. Par exemple, le Béatus de Lisbonne, un Beatus tardif de la Bibliothèque Nationale (Ms. nouv. acq. lat., 1366).

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