‹ L'Apocalypse de Saint-SavinChapitre 52 sur 73 · Ibid., fig. 123-124, p · texte numérisé non relu

Ibid., fig. 123-124, p

ler tout à l'heure, comporte quelques particularités, qui ne se rencontrent pas dans la scène-type du cycle des Beatus. Le manuscrit de Trèves, comme nous l’avons vu, comporte une scène assez proche de celle des Beatus. Cependant au-dessous de l’Agneau, les quatre symboles et les anges figure sur la zone médiane un groupe de vieillards. La représentation de la cour céleste prend ainsi une singulière ampleur. Or, c’est précisément sur ce point que le texte de Fleury retient notre attention : il suggère une image d’un caractère monumental, représentant le Seigneur entouré d’une multitude de personnages célestes et terrestres qui, tous ensemble, lui rendent hommage. Dans une pareille composition, on peut aisément supposer le développement considérable de la cour céleste. Par ailleurs, à Fleury, la figure dominante et centrale est, non pas celle de l’Agneau comme dans ces différents manuscrits, mais sans aucun doute celle du Seigneur siégeant sur le trône ; l’Agneau n’y occupait certainement qu'une place réduite comme dans les Apocalypses gothiques que nous allons examiner ou dans la seconde scène du Beatus de Saint-Sever. Ainsi composée, la cour céleste de Saint-Benoît-sur- Loire se rapprocherait sensiblement de la Vision apocalyptique monumentale que les carolingiens aimaient à reproduire sur les parois de leurs églises et sur les pages de leurs manuscrits. Les sculpteurs romans, suivant la tradition carolingienne, développeront ce thème sur le tympan de leurs églises. Est-ce d’après cette même tradition carolingienne que l'artiste de Fleury a illustré la cour céleste du chapitre vu, 4-17 ?

Sur ce point, le Beatus de Saint-Sever offre une particularité qui mérite de fixer notre attention. Immédiatement après la scène des élus portant des palmes, conforme au type de Gérone (f° 190"°-191), l'artiste de Saint-Sever a inséré une miniature (9 191-199) 26 qui doit être liée à la précédente. C’est la fameuse représentation de la Vision apocalyptique du Seigneur entouré de vingt-quatre vieillards et d’un groupe d’anges. Non seulement les autres Beatus n'insèrent pas cette scène à cet endroit, mais une

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