Diehl, op. cit., t. II, p
élus disposés suivant l’ordre hiérarchique et la caverne «de l'enfer, remplie de damnés ; ensuite viennent le Paradis et l'Enfer, qui sont figurés d’une manière toute particulière. Au Paradis, la Vierge assise et accompagnée de deux anges reçoit des élus qui se pressent à la porte. À côté d'elle, ce sont les trois patriarches qui tiennent les élus sur leurs genoux. À l'Enfer, Hadès occupe le milieu serrant dans sa main le faux prophète. Les démons tourmentent des damnés. Telle est la composition byzantine du Jugement dernier; elle est riche en détails et pleine de symboles. Nous y remarquons plus d’un détail inspiré par l’Apocalypse : le trône tout préparé, la bande du ciel enroulée, la résurrection des morts de la terre et de l’eau, etc.
D'autre part, plusieurs Apocalypses illustrées possèdent la scène du Jugement dernier basée sur la description du texte de saint Jean. Nous allons examiner la composition apocalyptique de ce sujet.
Les manuscrits de Paris et de Valenciennes n'ont pas de Jugement dernier. Mais les manuscrits de Cambrai (ms. 386) et de Trèves possèdent une série de curieuses images concernant la fin du monde, inspirées directement par le texte de l’Apocalypse ** (PI. XIV, B). Voici la description de la scène du manuscrit de Cambrai (f° 39) qui nous intéresse plus particulièrement : dans le ciel bleu, parsemé de langues de feu, le Christ, avec un nimbe crucifère, est assis sur un trône circulaire. À sa droite, devant une ville à six tours, sans doute la Jérusalem céleste, s'avancent trois personnages nimbés et nu-pieds, dont le premier tient, à deux mains, un livre ouvert; à gauche du Christ s’avance de la même façon un autre groupe de trois anges, dont le premier tient aussi un livre ouvert. Plus bas, à gauche, saint Jean, debout, lève les yeux vers le ciel: devant lui, au centre de la miniature, se tiennent debout sur l’eau sept petits personnages entièrement nus. Au-dessous sont deux anges; le premier tend la main droite vers l’eau et lui enjoint de rendre les morts. Le second montre le corps mutilé d'un petit personnage assis. Enfin, un autre ange