‹ L'ApocalypseChapitre 101 sur 239 · IX. — NOTE MÉTHODE D'INTERPRÉTATION. É · texte numérisé non relu

IX. — NOTE MÉTHODE D'INTERPRÉTATION. É

Dans ce chaos d'opinions, souvent fantaisistes et caduques, il nous semble malgré tout qu’on peut démêler les fils souvent rompus ou emmêlés d’une tradition exégétique, de deux traditions plutôt, l'une qui serait purement juive, et qu’on peut mettre de côté comme une intruse, l’autre qui est la vraie, la Johannique, et plonge ses plus profondes racines dans la Bible, Ancien et Nouveau Testament. Il n’est pas d'école d'interprétation si ee td qui n’en ait encore reflété quelques traits.

Tous les systèmes orthodoxes, d’abord, sont d'accord en ceci, que AS Ta représente les dernières phases de la lutte du Bien contre le Mal, après l’Incarnation, aboutissant au triomphe éternel du Christ et de l'Église. Tyconius, abstraction faite de son donatisme, saint Augustin, avec son opposition perpétuelle des Deux Cités, et les interprètes latins ou médiévaux qui les ont suivis, sont ceux qui en ont le mieux donné la formule. En même temps l’Apocalypse est un livre d'enseignement spirituel, comme les premiers Pères (Irénée, etc.), puis André de Césarée, et la plupart des interprètes catholiques ont su le faire ressortir, avec plus ou moins de bonheur, dans nombre de leurs explications.

Elle est essentiellement eschatologique. Les plus anciens auteurs, Irénée, Hippolyte, l'avaient fort bien saisi, et compris que les derniers temps étaient en continuité avec leur époque, c’est-à-dire avec l’âge de l'Empire romain. Ils se trompaient sans doute en croyant la fin rapprochée, et en rejetant le Millenium, compris trop littéralement, après la défaite totale de l’Antéchrist; mais leur conception, à part le chiliasme, était plus juste en substance que celle des mo-

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dernes qui veulent que saint Jean ait négligé tout le long intervalle devant

séparer sa propre époque des dernières années du monde, Pour nous, toute l'histoire de l’Église est comprise par saint Jean, suivant l’analogie du style

prophétique et néotestamentaire, comme constituant les « derniers temps »,

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c’est-à-dire la dernière période du pèlerinage de l'humanité sur la terre. Si elle semble dominée par la puissance des Bêtes (téte blessée et guérie, les cornes après Babylone), en réalité c'est le Christ qui y règne (Millenium). Les Bêtes et les cornes sont les agents perpétuels du Dragon déjà virtuellement vaincu et lié, comme l’a exposé saint Augustin, et comme la généralité des exégètes croyants est de plus en plus disposée à le reconnaître. | Ce n’est pas à dire que la Révélation ne contienne aucune prophétie précise, et que tout s'y réduise à des types. Il n’y faut sans doute pas voir, avec Nicolas de Lyre, Cocceius, Holzhauser, etc., une histoire imagée des péripéties que traverse l'Église aux diverses époques, car le livre est avant tout une « philosophie de l’histoire religieuse » pour tous les temps; mais Jean a prédit clairement le caractère et les phases de la lutte commencée de son temps, et la chute de l’Empire païen, la ruine de Rome persécutrice, type de tout pouvoir qui, après elle, s’opposera au Christ. C’est ce qui fait, après que les anciens l'avaient déjà pressenti, la valeur spéciale des commentaires d’Alcazar et de Bossuet, diminuéeseulement du fait qu’ils ont trop voulu préciser, et y ont mêlé arbitrairement des

prédictions sur la nation juive, dont Jean, voyant Jérusalem détruite, s’est fort

peu occupé, les Juifs étant désormais confondus à ses yeux dans la masse des infidèles, dont ils partageraient les châtiments et la conversion. Le pire des empereurs romains, Néron, a été pour lui le type même de l’Antéchrist; il y ἃ tout lieu de croire que Victorin suivait sur ce point une tradition (qu'il a comprise d’une manière trop littérale), et que Mariana et les modernes ont retrouvé là une vraie clé d'interprétation. — Mais voilà à peu près tout ce que l’on peut concéder à l’école « zeitgeschichtlich ».

Enfin, pour comprendre la suite des scènes Fe in il est bon de ne pas trop dédaigner la « théorie de la récapitulation » de Victorin et Tycomus, admise de saint Augustin. Elle peut être aussi transmise par tradition authentique, quoique les deux premiers, et surtout les Joachimites, l’aient faussée en la systématisant trop et voulant l'appliquer partout. Depuis que Henten a bien déterminé la séparation de deux sections prophétiques entre les chapitres ΧΙ et x11, 1] paraît certain que Jean reprend dans la deuxième, à un autre point de vue, — ce qui fait que cette récapitulation n'est pas oiseuse, — et toutefois avec un parallélisme très marqué dans la forme (visions préparatoires : sceaux ; anges annonciateurs; — Sept trompettes, sept coupes), les événements déjà prophétisés d'une manière plus générale et plus schématique dans la première. En étendant et purifiant une conception d’abord pressentie par Brightman et par Mede, on peut tenir pour certain que, dans la première section prophétique, saint Jean envisage les événements de l'avenir par rapport à lensemble du monde, dans la seconde, par rapport à l'Église plus spécialement; ce n’en sont pas moins les mêmes événements.

Il faut en dernier lieu faire aussi leur part aux exégètes qui, avec et après Gunkel, se sont attachés aux systèmes de « l'histoire des traditions » et de « l'histoire des religions », même aux « astronomistes ». Malgré le subjecti-

ombre ARS ον Ë l'intelligenc de plus d'un symbol ; à 5 et historiques. | +

oilà les principes qui nous Morel dans ob Spntaite, Nous avons Ἢ cette (ii Rnnee qu'ils se montreront justifiés partout par la critique interne. |

, *Isson T. BeckwirH, The Apocalypse of John, studies in introduction with a com- , New-York, Macmillan, 1919. Ouvrage érudit et consciencieux d’un protestant croyant, ont les opinions sur l'unité, l’auteur, la date sont conformes à la tradition ; malheureusement Nil n'a pas, dédaignant tout emploi de la « récapitulation », saisi le parallélisme des sections; Roc attribue à Jean le Millénarisme au sens littéral, et lie ses interprétations à l'eschatolo-

Hé

Fons extrême.

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