EXC. III. — LA SIGNIFICATION DES « ANGES » DES ÉGLISES
Partout atileurs où Jean introduit des Anges — une soixantaine de fois — ce sont des êtres personnels, des esprits célestes. En est-il de même en ces trois chapitres ?
Ils ne sont point, en tout cas, identiques aux « sept esprits » de r, 4 ni de 1II, À ni de v, 6 (voir Comment. ad loc.). Il existe cinq espèces d’interprétations, classées par Bousset. Ce seraient : 1° ou bien des messagers (ἄγγελοι) des Églises auprès du Prophète, soit envoyés réellement (Spitta, qui à cause de cela est gêné par le symbolisme des « étoiles » et l’attribue au « rédacteur »), Soit imaginés en vision (Æbrard); 2° ou bien des représentants des communautés respectives, comme les av 15% des synagogues, qui n'étaient toutefois que des ministres inférieurs, des lecteurs pour la prière publique (Vitringa, Schœtigen, Bengel, Eichhorn, Heinrici, voir Lightfoot, Horae hebraicae, sur Mat. 1v, 23): 3° ou bien des anges gardiens, comme les « Princes » (ab) de Daniel (x, 13; xu, 1), et
les « 70 pasteurs » de la Vision des Animaux dans Hen. éth. c. 85-suiv., et le Test. Nephthali héb. ὁ. vinr-suiv. Ainsi l'interprète Origène, qui trouvait naturel que de bons Anges pussent s’attirer des blâmes (om. in Num. XL, 45 XX 2 hom. in Luc. XATIT; De Orat. IT; De Princip. I, 8). Les PP. grecs, en général, favorisent ce sens, ainsi André, d'après 5. Grégoire le Théologien, δ. Gré oO de Nazianse. Or. χυπι, 9; — Lightfoot (Comm. sur Ep. aux Phil.), Vo/kmar, Hilgenfeld, Düsterdieck, Alford, Holtzmann, Milligan, Calmes ; 4 ou bien des membres dirigeants de la communauté, les évêques ou la collectivité du presbyté- rium, interprétation qui peut s'appuyer sur le symbole des « étoiles » pour les docteurs (Dan. xn, 3), et sur Malachie, τι, 7; Aggée, 1,13 (3x5), al. Cette expli-
cation a été surtout en vogue chez les Latins, depuis S. Augustin, Prim., Bède ; elle est soutenue par ÆEwald, Joh. Weiss et le grand nombre des exérètes ; 5° enfin l’ « Ange » pourrait être la communauté elle-même personnifiée. Aie Bousset, qui rappelle 1 « Ange » de Pierre considéré comme son double céleste, d'après Act. χιι, 15.
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Qu
Si c'étaient des Anges gardiens (opinion 3), ce seraient des êtres célestes, et les « étoiles » qui sont sur la main du Christ seraient leur représentation directe, et non un pur symbole comme les « flambeaux » pour les églises. Alors, en outre de la difficulté qu'il y aurait à les rendre responsables des fautes de leurs protégés humains, — idée moins digne de Jean que d'Hénoch, — comment se ferait-il que le Christ eût besoin de Jean pour communiquer avec des esprits célestes ? Cette difficulté n’a pas échappé à Holtzmann, mais il y répond mal. Le contexte des chapitres τὶ δὲ πὶ invite donc ouvertement à voir dans ces « Anges » quelque réalité humaine, qui, comme les églises-flambeaux, n’existe dans le monde divin que par son idée, son symbole. Mais les opinions 1 et 2 sont artificielles et insuffisantes. Ce ne peuvent être non plus les « apôtres des églises », car « ἄγγελος τῆς ἐχχλησίας » ne pourrait signifier que « envoyé par l’église » et non « à l'église ». Il nous semble donc qu'il faut conclure par un compromis entre les opinions 3, 4 et δ. On peut prendre l’ « Ange », dit /Jort, dans son sens le plus obvie, mais en le regardant comme un simple symbole : ce n'est pas l’'Ange gardien, esprit indépendant et irresponsable de nos fautes, mais « l'esprit des églises personnifié, l’image de leur vivante unité » (Idem Gebhardt, Swete, et déjà Beatus). Cette vue peut se préciser en la combinant avec celle des Latins, d'Ewald, etc. Cet esprit est comme incarné dans les chefs, les évêques, qui sont interpellés aux chap. 171 et 111, non pour leurs fautes ou leurs mérites personnels, mais comme représentants de leurs églises respectives. C'est parce que les « Anges » sont ainsi, en fin de compte, quelque chose d’humain, qu'ils ont seulement leurs symboles près du Christ glorifié, au lieu d’y siéger en personne. Ces symboles, ces « doubles » célestes des choses terrestres, étaient familiers à l'esprit anatolien (voir Ramsay, Letters, p. 62-63, à propos d’un bas-relief de Koloé en Lydie, de l’an 100 de notre ère). Si Jean a choisi le mot « d'Anges », c’est à cause de l'habitude apocalyptique (οἷν. Daniel et Hénoch), mais il n'aurait plus pensé qu'aux réalités figurées sans s'occuper des figures, qui n'étaient que des figures, ni chercher à rendre le contexte cohérent avec la figure choisie. C’est un bel exemple de symbolisme à plusieurs étages, en cascade, pour ainsi dire : ÉroiLe — Axce — (Prélat) — communauté caractérisée par l'esprit qui y prévaul, le troisième membre étant seulement impliqué et sous-entendu dans le passage du double symbole, Etoile et Ange, à la réalité symbolisée (Inrrop., ch. vr). Ainsi que le dit André, « à travers l'Ange le Christ s'adresse à l'Église, comme διὰ
παιδαγωγοῦ τῷ παιδαγωγουμένῳ », et c'est le correctif sous-entendu qu'il faut apporter
à l'opinion 3, chez la plupart des Grecs.
ἱ ; II. LES LETTRES AUX SEPT ÉGLISES
(c. 11-11). ire
Inrrop. — Ces deux chapitres contiennent l'accomplissement de la mission de Jean, en sa première partie qui est de révéler aux églises « ἃ εἰσίν » (1, 19), c'est-à-dire surtout leurs mérites ou démérites actuels, leurs dangers présents, et les secours, les ch&timents, les récompenses que leur prépare le Fils de l'Homme. Avant de prédire les périls extérieurs (IV-XX), il fallait purifier et fortifier les âmes. Les perspectives eschatologiques n'y sont pas saillantes, elles sont fondues avec les promesses ou les menaces faites pour la vie d'ici-bas (contre la plupart des libéraux, et Fabre, « l’Ange et le Chandelier de l'Eglise d'Ephèse », R. B, avril 1910). Ces chapitres méritent d'être égalés aux plus belles pages du N, T.: la conscience de l'inspiration divine chez celu qui qui les a écrites s'y révèle, dit Joh. Weïss, « à tout homme capable de sentir ».
Plan des 7 Lettres. Toutes sont construites sur le méme plan, et la symétrie est à peu près parfaite. Chacune commence par « Τάδε λέγει», ayant pour sujet le Christ, désigné par un de ses sept attributs, par celui qui, semble-t-il, est le mieux en rapport avec la condition spéciale de chaque église. Toutes se terminent par une promesse finale, qui répond aussi, d'une manière plus ou moins directe, à l'atiribut proclamé.
. Dans le corps de chaque lettre, l'ordre est encore le méme. Les paroles du divin Auteur
commencent toujours par οἶδα; puis il énumère les mérites ou les fautes, avec l'éloge ou le blâäme qui convient; ensuite vient un avis pour le présent ou l'avenir immédiat. Dans la formule finale, c'est l’« Esprit »-qui parle, τὸ πνεῦμα au singulier, c’est-àdire le Saint-Esprit que possède Jésus (V, 6); et cette réduction au singulier confirme l'interprétation que nous avons donnée des ἐπτὰ πνεύματα (1, 4), lesquels ne sont que l'Esprit un en soi et multiple dans ses opérations. Cet Esprit apparaît ici comme une personne. Ses promesses s'adressent chaque fois à toutes les églises indistincitement, ταῖς ἐχχλησίαις, ce qui montre bien que chacune des lettres était destinée à toute l'Asie, même à l'Église en général, donc qu’elles n'ont jamais été RARES Ces promesses sont toutes soulignées par un appel de tournure évangélique ὃ ἔχων οὖς...
lequel les suit dans les trois premières lettres, et les précède dans les quatre autres
(3 + 4, Inrron. ch. VII). Elles s'adressent toutes au « Vainqueur » 6 νικῶν, τῷ νικῶντι, autrement dit à tout chrétien fidèle, et non seulement aux martyrs, dont il est peu question dans cette partie (contre Joh. Weïss).
Doctrine. Elles présentent beaucoup de ressemblances de fond et d'expression avec le reste du N. T. : avec la tradition synoptique, avec Col. et Thess, sans parler de parallèles remarquables avec Jac. et [a Pet. La christologie suppose celle de
| saint Paul; Jean dépasse même celui-ci dans l'affirmation claire de la divinité de Jésus, et Bousset a pu dire qu'il offre la christologie la plus avancée du N. T.; cela est vrai pour l'expression, en exceptant, bien entendu, le Quatrième Évangile. Ainsi qu'en ce dernier écrit, l'objet prineipal des promesses est la vie de la grâce, la « vie éternelle » de l'Évangile, commencée dès ici-bas, et qui ne fera que s'épanouir dans sa plénitude après la consommation. L' « arbre de vie », la « manne », le « repas » font penser à l'Eucharisiie. Jésus se donne lui-méme au croyant ( « “μὴ; du matin », IT, 28, v. ad loc.) et tous les autres dons ne sont qu'une forme, un aspect du don de sa personne. — Tout indique du reste que l’auteur est un chrétien d'origine sémitique; en plus de son style, il y a ses innombrables réminiscences de l'A. T., | qui ne sont pas des citations à proprement parler, mais montrent un homme tellement
PURE Ou ASE SARA ΠΈΔΟΝ
ἃ 4 No
Pr
x Lettre à Éphèse (ur, 1-9).
- , KES ? , , Ἂ , Cu. 11. 1. Τῷ ἀγγέλῳ᾽ τῆς ἐν Εἰφέσῳ ἐχχλησίας γράψον" ψ' € Ἂν ς Y > 3 = - € | Τάδε λέγει ὁ χρατῶν τοὺς ἑπτὰ ἀστέρας ἐν τῇ δεξίᾳ αὐτοῦ, ὁ περιπατὼν ἐν μέσῳ ms τ - - pad . 5 LA Ἀ 3 τῶν ἑπτὰ λυχνιῶν τῶν χρυσῶν" 2. Οἶδα τὰ ἔργα σου χαὶ τὸν χόπον χαὶ τὴν ὑπομονήν
; ι εκ 0 ΄ , Ἄν € œou, χαὶ ὅτι οὐ δύνῃ βαστάσαι χαχούς, καὶ ἐπείρασας τοὺς λέγοντας ἑαυτοῦς ἀποστόλους LU “2
x τ , 3 { \ e ᾽ \ ᾿ ΕΝ 3 K Nine ᾿ ΠΩ \ 4 χαὶ οὐχ εἰσίν, χαὶ εὗρες αὐτοὺς ψευδεῖς. 3. Kai ὑπομονὴν ἔχεις, nat ἐθάστασας διὰ EE 4 τ LE à , = , Lé ἐ