XXVIII INTRODUCTION
dras, le ZV® Sibyllin et le V° en partie, sans doute l'Apocalypse d'Abraham, et bien plus douteusement, le Baruch syriaque et le fond de l'Apocalypse de Moïse (1). Mais, tandis que l’Apocalypse johannique aurait pu emprunter des images aux écrits de la première catégorie, ceux de la seconde ne sont guère bons qu'à nous munir de parallèles provenant du fond apocalyptique commun. Ils n'en sont pas moins très précieux, puisqu'ils nous aident à élucider le sens des métaphores couramment employées au 1° siècle dans cette littérature. Bien audessous d'eux pour la valeur d'information, apparaît la troisième classe d’Apocryphes, juifs ou chrétiens, postérieurs au τοῦ siècle, tels que les parties récentes de l’Ascension d'’Isaïe, le Baruch grec, les Odes de Salomon, V' Apocalypse de Pierre, Esdras V'et VI,les Sibyllins 1, 11, VI, VII, VIII, XI-XIV, et surtout les nombreuses Apocalypses chrétiennes tardives, Apocalypse de Paul, etc. Pourtant il faut les consulter, et tenir aussi un certain compte d'Aermas, des haggadas rabbiniques, des produits de la Gnose ou de l'Hermétisme, et même de l’eschatologie païenne des Mandaïtes, des Perses, sinon des Germains. Quoique les uns aient déjà emprunté beaucoup à notre Apocalypse, plus ou moins détournée de son vrai sens, que d’autres aient puisé à des traditions tout-à-fait étrangères aux Juifs et aux chrétiens du 1°’ siècle, quelques-uns enfin donné un corps à des rèveries tout-à-fait postérieures ou profanes, on a quand même des chances d'y découvrir certains éléments dérivés de traditions fort antiques ou créés au cours du r** siècle, et qui ne se présenteraient pas dans les écrits antérieurs avec le même sens ou la même netteté d'interprétation. En cette matière confuse, étudiée scientifiquement depuis si peu d'années, il est bon de ne rien admettre ni
‘ rejeter à priori, mais de soumettre à la discussion tout rapprochement de textes
ou d'idées qui a quelque air de vraisemblance. Il est certain, en effet, qu'il existait une très vaste {radilion apocalyptique que les apocryphes déjà connus avant le n° siècle, et parvenus jusqu'à nous, sont bien loin d'épuiser.
La preuve de cette assertion est faite depuis longtemps. SzekeLy la développe
bien dans sa Bibliotheca apocrypha, 1, pp. 83 et suivantes, et il nous suffit d'y. renvoyer notre lecteur. L’argument principal à nos yeux est celui-ci : dans les apocryphes chrétiens et les anciens Pères, tels qu'Hippolyte, Commodien, Lactance, et autres, la consommation du monde est décrite avec un luxe de détails,
supposés connus et admis comme certains, qui sont étrangers non seulement à
la Bible, mais aux Apocryphes juifs qui nous restent. Cependant leur couleur et
leur origine juives ne sont pas douteuses, et des chrétiens n'auraient certainement pu les imaginer. 11 faut donc admettre qu’ils remontent au stock des traditions reçues des Juifs avant que l'Église ne se fût séparée de la Synagogue.
[. La rrapirIon ApocaALyPTiQuE. — De cette tradition, nous possédons certainement mieux que des disjecta membra. La littérature apocryphe à nous connue nous en ἃ transmis la substance. En toute sûreté — à condition de s’en tenir aux grandes lignes — on peut pénétrer le mystère des séries de symboles qui reparaissent à peu près partout, et établir les principes généraux de leur interprétation.
(1) L'Apocalypse d'Élie et le livre d'Eldad et de Modad rentrent sans doute aussi dans la première ou la deuxième classe. Les livres d'Élie, hébreu et copte, sont seulement du rrr° siècle.
Commençons par ce deuxième point, qui peut s’élucider par les considérations intrinsèques les plus générales,
$ I. — Principes généraux d'interprétation des symboles apocalyptiques. ἡ
L'imagerie ordinaire des Apocalypses apocryphes est d’une emphase continue, qui devient vite ennuyeuse. Le P. LAGRANGE (Messianisme, p. 39, 42) caractérise cette tension comme « un gigantesque effort dans le vide... avec quelques éclairs de bon sens dans le cauchemar d’un malade... Comme il s'agissait de tout un enchaînement de faits, le symbolisme succombait à la tâche. La même comparaison est obligée de se plier à des circonstances diverses, de se transformer pour exprimer des sens nouveaux; cela ne se peut sans violence et sans bizarrerie. D'autres fois les images se succèdent toujours plus étranges pour exprimer l’inexprimable; et, pour graduer l'horreur croissante des catastrophes, on aboutit à des exagérations qui ne font plus aucune impression, tant elles sortent de la vérité ».
Toutefois, on se tromperait sûrement si l’on croyait que ces auteurs aient été absolument dupes de leur fantaisie pauvre, maintenue en état d’ébullition. Ils ne prétendaient pas faire accepter leurs peintures trop à la lettre; c'est pourquoi ces descriptions imagées du monde inaccessible sont souvent introduites par le petit mot « comme »; il implique l’aveu que leurs essais d'expression n’atteignent qu’à une vérité approximative. Leurs hyperholes plus audacieuses qu'artistiques restent bien, dans leur esprit, de simples hyperboles. « Ils menacent péremptoirement de fléaux qui, pris à la lettre, détruiraient la terre de fond en comble; malgré cela, ces fléaux se réitèrent, et ce qui est dit avoir péri se trouve là de nouveau ; (ex. gr. Hénoch, xc, 18-seq-30). Les calamités cosmiques, en particulier, ne sont pas toujours à prendre à la lettre, ni au sens physique. Car souvent, au témoignage du contexte et des passages parallèles, elles ne représentent que des perturbations courantes de la nature, comme des éclipses de soleil ou de lune, l'apparition de comètes », etc., ou bien des révolutions historiques. Ainsi le « renouvellement des luminaires » des Jubilés, τ, 29, n’est, d’après Charles, qu'une amélioration du monde amenée par « les victoires asmonéennes. Et souvent les hommes survivent à des fléaux qui auraient dû renverser le monde sens
dessus dessous, lesquels vont être suivis d’autres beaucoup moins graves
(ἐδ 4) (1) ». C'était un style reçu, et qui ne trompait personne de ce temps-là. Citons encore le P. Lagrange (2) à propos de cette « emphase, qui associe la nature inanimée aux événements de l’histoire. Et quand nous disons la nature inanimée nous nous plaçons encore à notre propre point de vue, car l’origine de ces métaphores remonte à des temps où on la croyait au contraire animée et susceptible des mêmes émotions que les hommes. C’est surtout le monde céleste, le ciel, le soleil, la lune et les étoiles, qui sont mis en branle dans des circonstances qui ne sont pas toujours le craquement du monde et son renouvellement... Ces manières de parler se trouvaient déjà dans la Bible... Ce serait
évidemment un très lourd contresens que de prendre à la lettre ces fortes
(1) SZEKELY, op. laud., p. 26.
(2) LAGRANGE, Messianisme, pp. 47 suiv.
“- * FRA v" Le δ ἦν À NE «EX SE ΝΣ, Δ CSS PET EN TR PE Le, | | EE TA UT μν στὴ DER OI είς " .-- 1 , + ζ Or κὸν