OU EXÉCUTION DES DÉCRETS DU « LIVRE SCELLÉ » SUR L'ENSEMBLE DU MONDE
À. Ouverture du Livre aux Sept sceaux.
(vi-vint, 1).
Inr. Ce n’est encore qu'une vision préparatoire. Pendant que l'Agneau rompt les sceaux du livre, avec une solennelle lenteur, Jean voit idéalement, et d'une manière encore générale et confuse, se préparer au ciel les jugements divins, avant d’avoir la vision détaillée de leur réalisation sur la terre (VIII-XT). À la rupture des quatre premiers sceaux, qui forment un groupe symétrique, apparaissent les symboles : 1°) des victoires spirituelles du Christ; 2°) des fléaux qui châtieront ses ennemis. Au cinquième, les prières des martyrs pressent les rétributions de Dieu. Au sixième, le Prophète perçoit, d'une manière anticipée, quels seront les résultats des futures opérations divines; les impies seront jetés dans la terreur (VT, 12-17), tandis que les justes, préservés et rachetés, afflueront continuellement au ciel, où ils vivent déjà par leur âme, et où, dans la vie future, leur bonheur deviendra complet et inaltérable (VIT, 1-17). Quand le dernier sceau est rompu (VIIT, 1), un silence impressionnant marque la solennité du moment où le jugement va s'exécuter visiblement. — Nous trouvons donc ici, plus nette encore que dans les Lettres, la division d’un septénaire en deux séries secondaires de quatre et de trois membres.
Le caractère préparatoire, purement idéal, de ceite vision, doit être nécessairement reconnu de ceux qui adoptent la théorie de Huschke et de Zahn sur le livre aux sept sceaux (Calmes, Joh. Weiss). Mais il faut l'établir; et voici les points qu'on doit considérer à cet effet :
1° Les apparitions de cavaliers, ainsi que les scènes qui suivent jusqu'au chapitre VIII, ne sont pas une représentation visuelle de ce qui est écrit dans diverses parties du livre correspondant respectivement aux sept sceaux qui sont rompus; car ce rouleau « opisthographe », ne peut se dérouler tant que le bord extérieur reste fixé, ne fât-ce que par un seul sceau, les cavaliers ne peuvent commencer à exécuter les décrets du livre tant que ces Gébrete n'ont pas été lus.
2° Après les cavaliers, à la rupture du cinquième sceau, les âmes des martyrs ne pourraient se plaindre ainsi du délai des vengeances s'ils en avaient déjà vu commencer l'accomplissement. C'est donc que les cavaliers sinistres sont encore au repos. D'ailleurs, cette scène des martyrs ne représente rien qui se passe sur la terre, et qui soit du domaine des réalisations eschatologiques. Or, ce livre, pour tout le monde, est formé des prescriptions relatives au déroulement d'événements terrestres.
3° Après la rupture de l’avant-dernier sceau, aux versets 1-3 du chapitre VIE l'exécution n'a pas encore commencé, puisque les « quatre vents » ne peuvent pas nuire à la nature — ni par contre-coup aux hommes — avant que les 144.000 élus n'aient été marqués au front pour étre préservés de ces Anges exterminateurs. Or, ces quatre
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vents doivent s'identifier, sinon aux quatre cavaliers, du moins aux À ΤΙΒΒΡΝ qui incarnent la Guerre, la Famine, la Peste et l'Hadès (vid. ad loc).
4 Ce n'est pas tout, Méme quand le dernier sceau lui-méme a été rompu, que le livre par conséquent est ouvert, et que son contenu peut étre communiqué en instructions précises aux-ministres divins, il faut encore qu'un Ange marque le monde coupable pour la malédiction divine (VIII, 1-6). Jusque-là, rien n'a pu commencer; l'orage qui s'accumulait au ciel attendait, pour éclater, ce signal.
5° Alors, comment comprendre ce qui se produit dès l'abord, à l'ouverture du sixième sceau, le tremblement de terre qui épouvante tous les hommes impies, ces astres qui tombent du ciel, etc.? Ce n'est qu'une prolepse, une vision qui fait connaître à Jean par avance quelle terreur frappera les ennemis de Dieu quand ils commenceront à voir l'exécution des jugements. Celle qui suit immédiatement la préservation des 144.000 et le défilé glorieux aes âmes justes qui viennent adorer Dieu dans la joie et le triomphe, est dans sa première partie (1-8) antérieure au déroulement des fléaux ; la seconde (9-17) montre les conséquences présentes et futures de la préservation des élus par le sceau divin qui leur est imprimé. La symétrie du livre exige donc que la première scène aussi soit contemplée par le Voyant avant que l'exécution ait commencé. Par conséquent, c’est une prolepse, une vision qui résume le résultat (ici futur) des autres visions qui la précèdent dans la même série, comme il arrive au même sixième moment d’autres septénaires (In. c. VIT).
60 Nous pouvons juger enfin du caractère de la série des sept sceaux, y compris les cavaliers, par le parallélisme qui existe entre la série des trompettes (chap. VITI- XI) et la série des coupes (ch. XVI), Cette dernière sera précédée de l'apparition de trois Anges qui donnent des avertissements, rien de plus, et d’une anticipation de la Parousie, ensuite d'une description sommaire de la sécurité et de l'attente joyeuse des sainis (chap. XIV et XV). Malgré leur grand développement, ces visions ne sont que préparatoires au jugement de Dieu sur Rome, les Bétes et le Dragon. Comme les grands cadres de l'Apocalypse sont d'une symétrie rigoureuse, nous trouvons là une raison nouvelle d'assigner un caractère seulement préparatoire et anticipé aux visions de la série des sept sceaux, symétrique à XIV-XV.
Toutes ces raisons ont, croyons-nous, une force cumulative qui emporte la conviction.
Par conséquent, quand les fléaux personnifiés dans les Cavaliers apparaissent à Jean, il ne voit encore que les préparatifs qui se font au ciel pour châtier le monde plus tard, au moment voulu. Cette révélation du plan divin est encore très sommaire. La guerre, là famine, la peste, c’est le trio consacré qui représente l'ensemble des fléaux naturels. Un disciple du Christ, et les habitants des cieux, savaient bien à l'avance, avant aucune révélation détaillée, que Dieu userait contre les impies des moyens visibles et ordinaires de sa justice. Comment, dans quelles circonstances ces êtres doivent-ils agir? Il ne le saura que quand, au son des trompettes des Anges, il abaissera ses regards sur la terre, et y verra en acte les événements dont il n'a vu que la préparation au ciel.
10-20 Rupture des quatre premiers sceaux : les quatre cavaliers.
Inr. — Tous les critiques assignent à cette péricope la même origine qu'aux chapitres IV-V; c'est-à-dire qu'elle se rattache à la plus ancienne Apocalypse chrétienne pour Vôlter et Spitta, Erbes, Joh. Weiss, à la seconde pour Bruston, à l'Apocalypse Juive pour Weyland.
(45) ἃ. νι. 1. Καὶ εἶδον, "ὅτε ἤνοιξεν τὸ ἀρνίον “μίαν Ex τῶν ἑπτὰ σφραγίδων, χαὶ ” tn 2 ss F 4 ΄ € * ΡῈ Es se V°/ *k x ἤχουσα ἑνὸς ἐχ τῶν τεσσάρων ζωων λέγοντος ὡς “pwyn βροντῆς ύρχου χη Καὶ εἶδον, χαὶ ἰδοὺ ἵππος λευχός, χαὶ ὁ χαθήμενος ἐπ᾽ αὐτὸν "ἔ JE ὶ ἐδόθη αὐτῷ
ς λευχός, μενος ἐπ αὐτὸν ἔχων τόξον, χαὶ ἐδόθη αὐτῷ RS -Ὁ- ke TA στέφανος, χαὶ ἐξῆλθεν "νικῶν nat ᾿ἵνα νικήση. ;
(2°) ὦ. νι. 3. Kat ὅτε ἤνοιξεν τὴν σφραγῖδα τὴν δευτέραν, ἤχουσα τοῦ δευτέρου cou λέγοντος" pro . k. "Καὶ ἐξῆλθεν ἄλλος ἵππος THPPÈS χαὶ τῷ χαθημένῳ" ἐπ᾿ αὐτὸν ἐδόθη "αὐτῷ λαῤδεῖν τὴν εἰρήνην ἐκ τῆς γῆς χαὶ "ἵνα ἀλλήλους " "σφάξουσιν, ᾿ς χαὶ ἐδόθη αὐτῷ μάχαιρα μεγάλη.
À. 1-2. εἶδον, au sens absolu, comme aux versets suivants; faute de l'avoir compris, la rec. X. ἃ chargé ὅτε en ὅτι; — μίαν au sens naturel, et non de πρώτην (v. infra) — φωνῇ, datif instrumental, ici sans ἐν, plutôt que nominatif (ailleurs φωνήν, N, al., ρ΄. poule, arm., admis de B. Weiss, W-JH. ou φωνῆς P, And., al.). Après ἔρχου, additions et soustractions variables : |
19 Καὶ ἴδε (parfois βλέπε) χαὶ ἰδού... Q et toute la rec. K, pl. Vulg., al., Vict. (Haussleiter);
20 Καὶ ἴδε χαὶ εἶδον καὶ ἰδού... N, pl. And., pl. oulg., al.;
30 Καὶ ἰδού, simplement, Orig., et quelques minuscules.
Fuld. mêle irrégulièrement, au cours des trois versets 2, 5, 8, notre leçon et la première variante; les syr., la 25, la 89 et la nôtre. Il est clair que la variante 2 est un texte composite (Bousset). Le nôtre, celui de À, C, P, arm., Amiatinus al., est certainement primitif; mais, faute d’avoir compris le sens absolu de εἶδον, et interprétant faussement ἔρχου comme un appel adressé à Jean, des scribes ont d’abord changé εἶδον en ἴδε; d’autres ont juxtaposé les deux leçons, quelques-uns enfin ont supprimé cette répétition de mots de même racine, entre lesquels ils ne savaient choisir. — ἔχων, proposition participiale, Inr., c. v, ὃ II. — ὁ ajouté devant νικῶν, À, sans doute sous l’influence de la clausule des Lettres. — xai ἵνα νικήσῃ n'est pas une répétition oiseuse, car 1] s’agit d’un nouveau développement de la victoire; xa omis «1579-31-2016, O 30- 55-468, Irénée, g, vulg., arm., ral ἐνίκησεν, N, boh., οἷν. Joh. x, 38 : ἵνα γνῶτε χαὶ γινώσχητε, « in order that you may recognise (γνῶτε) and go on recognising... » (ABBOTT, Joh. Gram. 2511).
GC. 1. L’Agneau commence à rompre les sceaux, pour que les décrets du livre s’exécutent quand il sera déroulé. Il commence par l’un quelconque; μία ici n'équivaut pas à πρώτη (comme le μία (τῶν) σαδδάτων de Mat., xxvin, 1; Marc xvi, 2; Luc xxiv, 1); il n'y avait pas de raison de rompre d’abord un sceau plutôt que l’autre, puisque, nous l’avons vu, il n’y a pas de parties distinctes du livre correspondant à chaque sceau - respectivement; de même rien n'indique qu’un Animal plutôt qu’un autre soit visé