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Iliade, chant 1), et, au milieude la confusion des sources, ramassé par le dernier rédacteur de l’Apocalypse pour être mis aux mains du Premier Cavalier. On peut donc bien admettre que l’image des cavaliers parthes, de leurs incursions soudaines et souvent irrésistibles, ait flotté dans l'esprit du voyant assez thabituellement pour que la révélation divine ait utilisé ce trait, quand elle lui a montré un Pouvoir d'ordre spirituel, invincible par sa force, sa rapidité et la
sûreté de son coup d'œil, qui devait détruire la Bête, image de l'empire romain
et de ceux qui lui succéderont en marchant sur ses traces. Îl n’y a pas non plus de répugnance absolue à admettre une influence de la figure classique d’ Apo'lon identifié au Soleil. Les représentations païennes de son entourage pouvaient se fixer dans l'imagination de Jean, et, quand elles étaient honnêtes ou indifférentes, influer sur le côté plastique et esthétique de ses visions (Ixr. ch. v, τι, 2 IV) maïs il n’y a pas plus lieu de voir ici les Parthes qu'il ne l’y auraït de trouver une influence des Zdeées du culte apollinien, ou une copie consciente du fils de Léto. L’arc signifie sans doute ce qu'y a vu André de Césarée (v. supra). Il n’est pas incompatible avec l'épée, image plus usuelle dans les descriptions du Messie et de la Parole (75. xr, 4, cfr. χισχ, 2; Sap. Sal. xvm, 15; Eph. va,
17; Heb.1v, 12; etc.).
L'arc, dans Ja mythologie patenne de l'époque, n'appartient d’ailleurs qu'à des divinités bienfaisantes, en somme : à Apollon, le Purificateur, le plus beau des dieux, qui, avec son arme, détourne νὰ fléaux plus souvent qu'il ne les envoie: à Artémis, la déesse aux « douces flèches »; à Héraklès οἱ à Eros; à Mithra, (dans le bas-relief de Mayence, v. Cumoxr, Les Myst. de Mithra, p. 166 et Textes et Mon., p. 100), dieu qui monte aussi un cheval blanc. Par ces rapprochements, nous voulons montrer seulement que 1 « arc » n'avait pas un sens nécessairement funeste, et non expliquer, comme Gunkel (Verst. p. 53-sq. » notre Cavalier par le « Sol Tnvictus » qui n'avait pas encore dans l'Empire, ni même en Anatolie, la célébrité qu'il acquit plus tard. Nous invoquerions plutôt
le parallèle d'un document chrétien du même âge, l'Ode de Salomon xxux, 5 :
« Et sa pensée fut comme une lettre; sa volonté descendit du Très-Haut; elle fut envoyée comme une flèche d'un arc tiré avec force » Origène et André ont bien compris 1 « arc » de l’'Apocalypse.
Mais pourquoi le premier Cavalier figure-t-il dans une série dont tous les autres membres ont un aspect lugubre si différent du sien ὃ
La genèse de cette vision s’expliquerait assez bien de la manière que propose Joh. Weiss; nous ne rejetterons pas cette hypothèse avec Bousset en la traitant de « violente ». Jean connaissait le trio classique de la Guerre, de la Famine, de la Peste, auquel se joignent souvent, chez les prophètes, les Tremblements de terre; il connaissait aussi les quatre chars de Zacharie, et les apparitions de vengeurs divins sous forme de cavaliers; le nombre quatre de Zacharie restait aussi fortement imprimé dans sa mémoire. La vision a combiné ces divers éléments. Mais elle a subordonné tous ces matériaux à une figure absolument nouvelle destinée à faire contraste avec les autres, et à montrer que toutes les calamités que Dieu permet n’ont d'autre but que de hâter le salut du monde. C'est pour cela que les Cavaliers-Fléaux sont subordonnés, en quelque sorte, à la figure nouvelle qui représente le Verbe en personne, ou bien son œuvre salutaire. 11 convenait qu'elle apparüût en tête, pour représenter le dessein essen-
tiel de Dieu dans le gouvernement providentiel du monde, et pour rassurer à l'avance les fidèles que les autres figures auraient pu plonger dans l’effroi. Il convenait qu’elle apparût avec une majesté qui ne fût pas moindre que celle des autres, et sous une forme qui montrât le lien des événements providentiels les plus fâcheux en apparence avec le plan du salut. C'est pourquoi la Parole salutaire paraît en tête de la série, elle aussi comme un Cavalier, aussi puissante, aussi rapide que les exécuteurs des vengeances, et qui prend même les devants sur eux. Après qu'on l’a vue, on peut attendre les autres sans émoi, sachant que, dans les desseins d’En Haut, ils vont travailler pour elle.
Pourtant, le schéma des quatre fléaux (οἷν. les quatre vents de vir, 1) est resté tout entier; une nouvelle figure a donc dû y combler le vide qui avait été fait par le passage du Cavalier au cheval blanc à un ordre si différent de pensée. Voilà pourquoi, dit Joh. Weiss, à l'ouverture des quatre sceaux répond l’apparition, non pas de quatre, mais de cing personnages. Le troisième fléau, la Peste, appelée « Mort », évoquait naturellement l'idée de l'Enfer, à cause du couple connu « la Mort et l'Hadès ». On aurait pu s’attendre aussi bien à voir une personnification du « Tremblement de terre ». Mais cette dernière calamité était réservée pour un autre schéma symbolique, la vision correspondant au sixième sceau (vi, 12). D'ailleurs, l’'Hadès, l'habitation des démons, le réservoir des peines morales qui suivent le péché en cette vie et dans l’autre, complétait plus heureusement une série de châtiments qui devait être complète génériquement, et faire présager les tableaux des sept trompettes ; sans lui, la série eût été trop purement « naturiste », trop matérielle.
Nous n'’attachons pas à ce détail de notre théorie plus de valeur qu'il ne convient; ce n’est qu’un essai d'explication des processus très mystérieux qui peuvent se dérouler dans une imagination nourrie de la Bible, conservatrice et combinatrice à la fois comme celle de Jean nous apparaît toujours, et sous l'influx de l'inspiration divine. Il est plus facile d'établir sûrement la place organique que tient cette vision dans l’ensemble majestueux, et très un, quoi qu'on en dise, de l’Apocalypse.
Le parallèle avec xix nous renseigne. Dans ce chapitre, il s’agit bien de Jésus-Christ en personne, mais de Jésus désigné, non seulement comme Roi des Rois et Seigneur des Seigneurs, mais aussi comme Verbe, ou Parole. Le Cavalier de xix représente donc à la fois la personne de l'Homme-Dieu et son activité comme Docteur des âmes. Dans le chapitre vi, il nous semble que c’est cet aspect de l’activité de grâce qui domine, ou qui est peut-être le seul. Le Cavalier au cheval blanc représente l’évangélisation, ou même, si l’on veut, avec André et les médiévaux, les Apôtres et les prédicateurs de l'Évangile ; attendu que le parallélisme qui subsiste malgré tout avec les trois autres cavaliers, lesquels personnifient des événements amenés ou subis par des collectivités, porte à voir plutôt aussi dans le premier un événement, un événement qui se continue, comme les autres et simultanément aux autres, à diverses époques. Π ne faut pas être surpris qu’une seule et même figure représente, suivant les diverses places où elle apparaît, soit une personne, soit un événement dû à cette personne, soit la personne et l'événement à la fois. Nous verrons ailleurs, au chapitre x11, que l'Enfant de la Femme représente, successivement ou tout ensemble, le Christ personnel et le Christ mystique. Ce procédé est tout à fait
dans l'esprit du grand Contemplatif qui a écrit le quatrième Évangile, esprit qui synthétise toujours, qui ne s'occupe presque jamais de fixer les étapes d’une idée ou d’un enseignement, de distinguer les phases d’une évolution historique, mais voit dans une parole ou un fait isolé le vaste foyer de la Lumière une dont chacun de ces traits est comme une échappée, un rayon qui fait remonter le regard inspiré jusqu’à sa source immense. Dans notre Apocalypse, par une loi de symétrie parfaite, toujours une image de miséricorde précède les descriptions de la colère; le regard s’arrête sur cette « verdure d'oasis » avant de plonger dans le semoun des châtiments. Le ch. vr, 2, a montré le commencement du cours libérateur de l'Évangile ; le ch. xr, le die de la section, èn fera présager le succès définitif (vid. ad loc.); le ch. xix représentera ce triomphe dans toute sa splendeur. |
30 Rupture du cinquième sceau : prière des martyrs.
INT. — Z'ous les critiques rattachent cette scène à la précédente, sauf Joh. Weiss qui y voit l'œuvre de l' « éditeur »; mais c'est uniquement à cause des « martyrs », d'après sa théorie. Rien au contraire, mieux que l'authenticité indubitable de cette scène, ne prouve combien ladite théorie est arbitraire.
A. B. 9. τὴν πέμπτην σφρ., voir supra, À. 7-8. — μαρτυρίαν, sans détermination excepté rec. K, And., a syr., Cypr., Prim., arm., éth. (τοῦ ἀρνίου, Ἰησοῦ, Ἴησ., yp.); διὰ τὸν λόγον χτλ., Cfr. 1, 9; ΧΙ, 11, 17; χιχ, 10; xx, 4; expression stéréotypée : c’est le témoignage reçu τ Jésus, et possédé par eux, comme Joh. xiv, 21 (Bousset, al.).
α. 9. L'Église, que le 1 Cavalier ἃ fait voir implicitement dans l’état de progrès conquérant, apparait maintenant comme persécutée. Mais cette vision du cinquième sceau ne répond à aucun événement terrestre; elle montre une des causes secondes, dans le monde invisible, au ciel, des événements qui ont été présagés par l'apparition des Cavaliers, et dont le résultat va être résumé par avance au 6° sceau. Elle ne rentre donc point dans le contenu du Livre scellé, ce qui confirme tout à fait notre interprétation générale (Supra, int. à A). La prière des martyrs augmente simplement au ciel la tension de la justice vengeresse.
Il apparaît un « autel », dont il n'avait pas été question jusqu'ici, mais qui est supposé exister au ciel, comme si la chose allait de soi pour la célébration de cette grande Liturgie. Boll (pp. 33-34) pense au βωμός, θυτήριον, que voyaient les astronomes grecs dans la partie 5. de la Voie Lactée. C’est l'antitype d’un autel terrestre, qui ne
* peut être que celui des holocaustes (contre Charles, Studies, p. 161-179; οἷν. Æeb. viu,
5, Swete). Beaucoup d’apocryphes ont ainsi placé un temple au ciel, modèle de celui d'ici-bas (Par. d'Hénoch, 53?, Test. Lévi, Od. Sal., Talmud, Midrashim, etc. v. Szekely, p. 30-suiv.). Les martyrs, « égorgés » comme l’Agneau, sont considérés comme des holocaustes offerts à Dieu; le martyre est également comparé à un sacrifice, Phil. u, 17; II Tèm. 1v, 6. Il ne s’agit pas de martyrs de l'A.T., comme le veulent les auteurs qui cherchent ici une source juive, mais des victimes de la persécution passée de Néron; au cours des siècles, d’autres se joindront à eux, pour implorer comme eux. C’est une idée assez bizarre de trouver ici avec Spütta le véritable autel terrestre de Jérusalem, et de croire avec plusieurs, entre autres Calmes, que ce morceau se fût d'abord appliqué aux zélotes qui se défendirent jusqu'à la mort dans le Temple contre les soldats de Titus (voir Exc. xxi).
AS OR don D ΤῊΝ ΣΑΣ ον ΤΑ AS te mu
ἊΝ és re CEA ᾿ = Ps AE 4 ” ba δ ῷ
7 ; * 5 (. νι. 9. Kat ὅτε ἤναιξεν "τὴν πέμπτην σφραγῖδα, εἶδον ὑποχάτω τοὺ oo 0
{ Y Ἔξ. LA τὰς ψυχᾶς τῶν ἐσφαγμένων διὰ τὸν λόγον τοῦ θεοῦ χαὶ διὰ τὴν μαρτ υρίαν" ἣν; εἶχον. 10. Καὶ ἔκραξαν φωνῇ μεγάλῃ λέγοντες" “ως πότε, "ὃ δεσπότης, ὃ ἅγιος καὴ ἀληθινός;
οὗ χρίνεις χαὶ ἐχδικεῖς τὸ aux ἡμῶν ἔχ TOY χατοιχούντων ἐπὶ τ ἧς γῆς: 1. Ko ἐδόθη
LU - LA δι pe 51 ἢ αὐτοῖς ἑχάστῳ στολὴ λευχή; HA Here αὐτοῖς ἵνα" ἀναπαύσονται ἔτι χρόνον μιχρόν, ἕως Fe
ee = * Y e ! he e πληρωθῶσιν "χαὶ οἱ σύνδουλοι αὐτῶν "χαὶ οἱ
ὡς AL AUTO.
“ N e Ju 3 λφοὶ αὐτῶν οἵ μέλλοντες ἀποχτείνεσθαι
Mais pourquoi les âmes sont-elles « sous l'autel »? On l’a expliqué par l’idée biblique que l'âme est dans le sang, (Zév. xvr, 14), et parce que le sang coulaït au pied de l'autel des holocaustes (Léo. 1v, 7); ainsi Holtz., Bousser, Calmes, Swete. Il est encore une autre donnée juive qui a pu influer sur cette représentation. Le Talmud (tr. Schabbath 152), montre les âmes des justes gardées sous le « trône de la magnificence », et, dans le Debarim rabba x1, Dieu promet cette place à l’âme de Moïse (Weber). Car, au lieu de laisser les âmes dans le shéol, une autre tradition juive les met aussi près que possible de Dieu, jouissant déjà avant la résurrection des arrhes de la béatitude. Dans notre livre, la représentation à pu être influencée par cette idée; on pourrait ajouter d'après Boll que les martyrs, comme « témoins », se trouvent près de l'autel sur lequel ils ont prêté serment. Mais ici, les âmes jouissent déjà du bonheur essentiel, symbolisé par la « robe blanche » du verset suivant. Il n’est donc pas question de 1 « état intermédiaire » qu'y voyait André, et qu'y voit encore Joh. Weiss. Ce serait inconciliable avec χιν, 18. (v. ad loc.). D'ailleurs, en ces églises pauliniennes, il seraït étrange de trouver une conception si peu d'accord avec celle de l’Apôtre qui disait : « desiderium habens dissolvi et esse cum Christo » Phil. 1, 29.
--.-- A. BB. 10. ἔχραξον, pour ἔχραξαν a3-P-025, al. g, oule., syr.; pas de ἐν avant φωνῇ, — ὁ δεσπότης, pour le vocatif (Inrron., €. x, ὃ LI), répond à l'héb. « Adonaï ». — ἐκ (And. ἀπό) après χρίνειν et ἐχδιχεῖν, se trouve aussi dans les. LXX ; Rousset y voit Le ie) hébraïque. — τῶν xatowobyrwy ἐπὶ τῆς γῆς, expression caractéristique du livre (Ivrrop., c. x, ὃ III). — Pour ce cri passionné, cfr. xvm, 201; χιχ, 2; Lue xvin, 1-suiv. (Bousset), et le ton des Apocryphes, en. éth. 1x, 4, 3, 9-11; xxI1, 5-8; XEVIL, 2; XCVH, 9; IV EÆEsd. 1v, 35-37; Bar. syr, mm, 4; reproduction libre, d’après Calmes, de Peaux, 10 cir. Ps. χη, 2; Lxxx, ὃ; Habacwc νι, X . ©. 19. Si les martyrs n'ont pas encore le sentiment que Dieu commence. à les venger, c'est donc que les Cavaliers ne sont pas encore à l'ouvrage. Il faut comprendre leur appel, qui paraît à certains plus juif que chrétien, d’après Fensemble du livre, et l'esprit général du Nouveau Testament : « Non haec odio inimicorum, pro quibus in hoc saeculo rogaverunt, orant, sed amore aequitatis » (Bède), et pour le triomphe du Christ.
A. B. 11. ἐδόθη (Æipp., lat. et autres versions ἐδόθησαν). — ἀναπαύσωνται régulier, au lieu du futur (x, C, al. And., Soden, Nesile); mais notre leçon est celle de A, P, Q (W-H, Swete, Bousset, Holtzmann.) — πληρωθώσιν, avec À, C, a506- 29-385, syr.8v, 9, Cyp. Prim. al., on lit ailleurs πληρώσωσιν ou πληρώσονται: — ai. αἱ, dans le sens de τε... χαί; si Bousset veut traduire le premier par « auch », ïl semble que ce soit seulement pour une raison d’exégèse. Le preraier χαί manque dans Q, vulg., bol, Cyp., arm. ; mais Q rétablit le sens en ajoutant χαί devant of μέλλοντες. — στολή λευχὴ, v. Exc. ΧΙ, οἵν. surtout 456. 15. 1v, 6 et 1x, 9. --- Martyrs futurs, cfr. 1 10; πὶ, 19; — πληρωθῶσιν xtk, cfr. Hen. éth. xivir, 2: IV Esd. 1v, 35-37; Bar. syr. ΧΧΧ, 2 οἱ passim. — χρόνον μιχρόν, cfr. xx, 3 et Exc. χα, EPXOMAI TAXY.
ὃ | APOCALYPSE DE SAINT JEAN. Re 87
Ὁ. νι. 9. Et quand 1] ouvrit le cinquième sceau, je vis en dessous de l'autel les âmes des égorgés à cause de la parole de Dieu, et à cause du témoignage qu'ils possédaient (/itf. avaient). 10. Et ils crièrent d’une grande voix, disant : « Jusqu'à quand, [toi] le Maitre, le Saint et Véritable, ne juges-tu pas, et ne venges-tu pas notre sang sur ceux qui habitent la terre »? 11. Et 1} leur fut donné à chacun une robe blanche, et il leur fut dit de se tenir en repos encore un peu de temps, jusqu'à ce que fussent au complet et leurs compagnons de service, et leurs frères qui doivent être mis à mort aussi bien qu'eux.
GC. 11. Cette scène rappelle de fort près IV Esd. iv 35-37 : « Ta question, les âmes des justes l'ont déjà posée dans leurs réceptacles : Combien de temps, disaient-elles, devons-nous encore demeurer ïici? Quand apparaîtront enfin les fruits sur l’aire de notre récompense? Mais l’Archange Jérémiel leur a répondu et dit : Lorsque le nombre de vos pareils sera complet. » Il ne saurait y avoir, d'aucun côté, emprunt littéraire; mais, comme des traces nombreuses de la même idée 58 trouvent dans les apocryphes, Paraboïles d’'Hénoch, Baruch, nous pensons, avec Bousset, que FApocalypse et Esdras dépendent parallèlement d’une source ancienne, attestée déjà par Le plus ancien écrit de ce genre, Æen. éth, xLvu, 2-4, où il s’agit! aussi d’une prière des âmes pour la vengeance du sang des martyrs.
Dans Æsd. et ailleurs, il était question de tous les justes, et pas seulement des martyrs. Iei également, dans le nombre des justes qui doit être complété, il faut distinguer deux catégories, distinguées par χαί..... καί... et la répétition de οἱ... αὐτῶν : les martyrs doivent attendre et ceux qui rendront le même témoignage sanglant, et aussi tous leurs σύνδουλοι, tous ceux qui servent Dieu et seront sauvés (Sswete}, Ils n'auront à attendre qu’ « un peu de temps », non que la consommation soit prochaine d’après les computs humains, mais parce que, au ciel, les années comptent peu (Enrro»., ch. 1x, et Exe. xr1). La robe blanche qui leur est remise ne signifie pas leur corps ressuscité (cfr. Clemen, p. 135, avec ses références au parsisme); mais c’est aussi plus qu'un « gage » de félicité future (cfr. Spitta, Holtzmann, Joh. Weiss); ce sont les honneurs de la victoire (v. Exc. x) et le bonheur essentiel, qui leur sont dûment conférés, quoique la rétribution totale et générale doïve attendre la fin des temps. C’est un effet, non pas de la rupture d’un sceau du livre, mais plutôt de l’arrivée de l’Agneau au ciel, — ou, dans un langage sans voiles, de la résurrection et de Fascension du Christ, Nous saïsissons ici sur le vif un des procédés d’exposition de Jean dans ses visions : il voit dans un seul fait symbolique, au passé (ἐδόθη), ce qui est une loi continue de la justice divine, la glorification céleste des martyrs avant même qu'ils aient retrouvé leurs corps.
La satisfaction promise aux martyrs (laquelle sera en partie le résultat des punitions que vont commencer à infliger les Cavaliers-fléaux, maïs surtout des victoires du Cavalier au cheval blanc), va être maintenant symbolisée, sous son double aspect, par la vision du 6° sceau. Les prières des saints ont accéléré l'action divine.
À titre de curiosité, mentionnons la trouvaille de Jérémias (B.N.T. p. 26), qui a reconnu dans cette scène une relation à la planète Vénus — à cause de la descente d'Ishtar aux enfers!
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