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C. vin. 2. Et je vis les Sept Anges qui sont debout en face de Dieu, οἱ il leur fut donné sept Trompettes.
3. Et un autre Ange vint, et il se tint debout sur l'autel, ayant un encensoir en or, et il lui fut donné des parfums abondants, afin de [les] offrir (lit. donner) pour les prières de tous les saints sur l'autel en or qui est en face du trône. 4. Et la fumée des parfums monta avec la prière des saints de la main de l’Ange en face de Dieu. 5. Et l’Ange a pris l’encensoir; et 1] le remplit du feu de l'autel, et il [le] jeta sur la terre. Et il se fit des tonnerres et des voix et des éclairs et un ébranlement.
6. Et les Sept Anges qui avaient les sept Trompettes se préparèrent à sonner de la trompette.
des Anges, en général, dans la Bible, Zach. 1,12; Tobie xn, 42; cfr. Men. éth. 1x, χν, ΧΙ, cv, etc. — cfr. les coupes de parfums des Vieiïllards, Apoc. v, 8.
€. 3. Cet Ange est-il Michel, ou | « Ange de la Paix », comme Charles se 16 demande? (Studies, pp. 158-161). Jean ne nous le dit pas, et n'a sans doute point pensé à ces précisions chères aux apocryphes. L'important, ici, c’est la doctrine de l’intercession des Anges pour les hommes , que nous avons déjà notée δὰ ch. v. Il faut, eroyons-nous, malgré les autorités de Swete, de Calmes et de Charles, qui n’admettent ici qu'un seul autel, l'autel d’or, se représenter cet Ange d’abord debout sur le large autel des holocaustes (γι, 9), sous lequel on ἃ vu groupées les âmes des mariyrs; s’il s'agissait du petit autel des parfums, l’image serait plutôt bizarre (Bousset). Il n'avait pas plus été question jusqu'ici d’un autel des parfums dans le ciel, au moins d’une manière explicite, que d’un autel des holocaustes avant le chapitre vr. C'est que les chapitres 1v et v ne fournissaient encore que l'essentiel de la description : en réalité le Prophète voit au ciel tout un décor et un mobilier de temple qu'on ne soupconnait pas, avec un « Saint » où est l'autel des parfums (que les « coupes » des Vieillards présupposaient déjà), et un « Saint des Saints » qui s'ouvrira plus tard (xt, 19; χιν, 17; xv, 5-suiv.; 8; xvr, 17 v. ad loc.). Ce temple céleste est de lApocalyptique traditionnelle, T'est. Levi, Hén. eth. 53, Od. Sal., Talm., Midrashim, ete. (Enr. c. v,1, ὃ ITE).
Peut-être, suivant une belle idée de Charles, le silence dramatique de vin, 1, s'est-il fait, en partie du moins, pour qu'on entende au ciel monter la prière des saints souffrant sur la terre, où ils implorent la justice et appellent le Règne de Dieu, qui va se préparer au son des trompettes. Ce sont les prières de « tous les saints », et non seu- : lement des martyrs déjà immolés de νι, 5, qui ont été directement reçues de Dieu; mais elles tendent au même but. Maintenant leur parfum s’exhale au contact des charbons ardents que l’Ange a apportés du grand autel. Swete, après Bède, pense ici au sacrifice du Christ, qui donne l'efficacité à nos supplications, mélangées à lPintercession continuelle de l’'Homme-Dieu; l’ « autel d'or », pour André, représentait le Christ. Le martyre a été ci-dessus considéré à part, comme un sacrifice offert sur l'autel des holocaustes. Mais la prière, dans la Bible, était déjà comparée au sacrifice non sanglant de l’encens. Ps. cxLi (ex) 2 : « Que ma prière soit devant ta face comme l’'encens — et l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir. » Δ. C. 4. ταῖς προσευχαῖς (τῆς προσευχῆς α 1576-150-2057, « de orationibus » oulg.) doit-être ici, selon Moulion, un « datif associatif », variété du datif instrumental : « avec les prières ». — C-à5-04 a ajouté après τοῦ θεοῦ les mots ἡμέρας, χιλίας διακοσίας ἑξήχοντα, ce qui est une glose, dérivée du ch. χι (v. ad loc.), etc., mais une glose juste, car ces prières montent en effet durant tout le temps de la grande tribulation.
—— À. Β. δ. καὶ σεισμός omis chez Aréthas; nous avons traduit « ébranlement »
πα ΠΕΣ | APOCALYPSE DE SAINT JEAN. |
parce qu'il n'est pas sûr que ce soit un « tremblement de terre », les voix, les tonnerres, etc. retentissant sûrement au ciel, autour du trône. Ainsi, dans l'épopée, tremble l'Olympe quand Zeus engage sa volonté. — βρονταί... φωναί.. χτλ., cfr. en tout ou. en partie, 1v, 5; vi, 1; x, 3-4 (les 7 tonnerres); ΧΙ, 19; ΧΙΥ, 2; xvi, 18; χιχ, 6, c'est-àdire des passages de toute la section prophétique. — Le parfait Mac peut viser un
effet dramatique.
G. 5. Les versets 3-5 sont un prélude à la sonnerie des trompettes, comparable à xv, 5-8, prélude de l’effusion des coupes (v. ad loc.). L'ange jette, non pas l’encensoir, mais son contenu (Æolt:m.) c’est-à-dire ce qui reste de charbons ardents non déposés sur l'autel d'or; il le verse sur la terre, qui reçoit ainsi la dernière marque pour la malédiction. ie les tonnerres, signe de la vengeance imminente de Dieu, rompent subitement le silence d’une demi-heure. La justice symbolisée εν ce feu va fondre sur le monde coupable (Joh. Weiss; οἷν. Mat. πι, 10-11; I Cor. in, 13; II T'hess. 1, 8: IT Pet. im, 12). C'est une réminiscence d'Ezech. x, 2, où un a prend des charbons du temple de Jérusalem pour les disperser sur la ville vouée aux calamités.
Remarquons la double action du même ange intercesseur : le même feu sert à dégager le parfum des prières des saints, et à vouer la terre au châtiment. Ce sont,
observe Joh. Weiss, les deux grands thèmes des exposés qui vont suivre : l’action
symbolique préliminaire doit à la fois rassurer les communautés fidèles et terrifier les
eunemis de Dieu et des chrétiens. Il y a un lien, signifié par l'usage du même instrument, entre les deux actes de l’Ange, et les prières des martyrs vi, 10, des hommes
marqués du sceau vu, 9-17. Des exégètes anciens et modernes, d'André à Holtzmann, voient en effet dans le châtiment l'effet des prières des saints. Le premier note bien du reste que leur but dernier est la conversion des pécheurs; et les saints eux-mêmes, ajoutent-ils, désirent la souffrance pour expier leurs fautes en cette vie. S. Augustin disait, à propos de vi, 10 : « Ipsa est sincera et plena justitiae et misericordiae vindicta martyrum, ut evertatur regnum peccati.... Non enim contra ipsos homines, sed contra regnum peccati… petierunt, quo regnante tanta perpessi sunt » (De serm. Domini in monte, lib. 1, 77).
Ce rapport du feu avec la prière fait déjà prévoir que les fidèles du ch. v seront épargnés (v. vu, 4). Mais dans quel sens et dans quelle mesure? Il y a deux manières
d'interpréter les fléaux des trompettes; ou bien on les prendra au sens métaphorique,
ce seront avant tout des punitions morales, au moins directement : ainsi l’absinthe, les sauterelles, l’inhumanité des Cavaliers, Dieu abandonnant les pécheurs au déchainement des vices et des remords; et l’on pourrait invoquer en faveur de cette interprétation l’Ep. aux Romains. chap. 1-1, qui représente apocalyptiquement les châtiments
moraux, les vices privés et publics, comme une descente de la colère de Dieu; ou
encore, et cela est plus probable, il s’agit bien, en général, de calamités directement matérielles ; les justes auront comme tous les hommes leur part de la θλῖψις, mais ils n’en seront pas accablés, ils y achèveront leur purification, et en sortiront « vainqueurs ». C'est une vue plus complète,
A-C. 6. σαλπίζω, mot de basse grécité pour σαλπίγγω. — Tout est prêt maintenant pour l'exécution des jugements divins; l'écrivain, par toutes ces scènes prélimipaires, a porté à une haute tension l'attente inquiète du lecteur. ἡ