‹ L'ApocalypseChapitre 156 sur 239 · LA SERIE DES TROMPETTES · texte numérisé non relu

LA SERIE DES TROMPETTES

Ixr. — Ces Trompettes sont sirement eschatologiques, mais d’une eschatologie qu'il faut prendre au sens large (Int. ὁ. v, vin). Elles commencent à retentir une demiheure après que le Livre a été déroulé, et le son de la dernière coïncide avec ἴα fin du monde (χι, 15-18); c'est dire qu'elles embrassent tout l'âge de la Rédemption, depuis l'intronisation de l'Agneau, ou l'Ascension du Christ (c. v), en d'autres termes toute la première phase ἣν Règne de Dieu, celle qui est μετὰ διωγμῶν (Mare, x, 30). Parmi les faits qui leur ἘΠ ΠΟΥ ΕΟ TE et que la « récapitulation », dont il faut savoir user modérément en cette section, fera reparaître dans la section XII-XX (sauf quelques nuances d'extension et de points de vue), il en est donc de passés, d'actuels et de futurs par rapport à l'époque de la vision johannique.

Les sept « plaies » qui vont suivre décrivent sous des traits tout à fait généraux et universels, — ce en quoi elles se distinguent des « Sept Coupes » (XV-XV1) qui ont, au moins en premier lieu, un rapport plus spécial avec le milieu historique de l'Empire romain, — la ruine du monde hostile à la domination de Dieu. Elles se répartissent, comme les Sceaux, et même les Lettres, et plus tard les Coupes, en deux séries respectivement de 4 et de 3 membres (Int. c. vu). Cette règle qui s'applique dans tous les septénaires aurait dû, comme le note fort bien Boll. p. 67, n. 2, empécher Joh. Weiss de les attribuer à une autre main que les Coupes. Pour celui-ci, Jean n'eût composé que le prélude 3-5, la vision de l'Aigle (VIII, 13) ét les trois derniers fléaux, les 3 « Vae » (IX-s.). Le reste, VIIL, 2, 6; 7- 19; 180, IX, 1; 13-14, 19 serait de l’ « Édieur » qui eût introduit le schématisme des 7 Anges, et ajouté les 4 premières plaies pour faire sept, en les assimilant aux autres séries. Celte vue est artificielle, comme toute sa théorie, mais elle vaut mieux pourtant que celle de Calmes, pour qui la série primitive eût été de 4, et les trois derniers fléaux ajoutés pour parfaire le nombre 7; car les « Vae » sont bien moins schématiques que le reste, et n'ont nullement l'air de remplissage. Charles (Studies, p. 146-152) regarde au contraire VIII, 7-12 comme une interpolation, dans leur position et leur forme actuelle, et propose d'ordonner autrement le texte de ce qui reste, avec des changements : trois Anges au lieu de sept. Tous ses arguments se heurtent au fait que “Ἢ caractère original du septénaire est suffisamment garanti par les parallèles; et ses considérations sur la langue ont peu de portée pour ce qu'il affirme; ainsi pour πολλοὶ τῶν ἀνθρώπων, VAL, 11, le: mot πολύς est fréquent dans l'Apocalypse, et rien ne pouvait empécher Jean de le prendre une fois au sens partilif, qui est très régulier. Le 5171, dans VIIT, 7-12, précède onze (ou douze) fois le verbe (sur dix- Fr tandis qu'à partir de VIIT, 13,et au ch. IX, l'ordre est presque toujours inversé; mais, sur ce point, Jean n'a pas ‘de rêgle fixe; ainsi au 6e sceau du ch. VT, le sujet vient le premier huit fois; on peut noter ὰ reste que jamais, dans cette péricope, l'objet ne précède le verbe; en somme, 1l n'y a donc aucune particularité sérieuse de construction qui indique une source.

20 Les quatre premières trompettes (vi, 7-12).

Inr. — Ces premiers fléaux, comme ceux des quatre Premiers sceaux, forment un

tableau d'ensemble : c'est la colère de Dieu s'appesantissant sur la nature inanimée, décor de la vie humaine, avant de fondre directement sur l'humanité. Ils offrent une analogie partielle, déjà vue par Irénée, avec les plaies d'Égypte dans l'Exode (Adv. Haer. 1v, 30, 4). ls peuvent aussi répondre aux « Signes dans le ciel » de l'eschatologie synoptique (Luc, XXZ, 11 — Joh. Weiss). Zl ne faut pas chercher de progression d'une calamité à l'autre, ni les prendre à la lettre, ni les considérer comme représentant des réalités successives de l'avenir (comparer vin, 7 à 1x, &, ad loc.). C'est un schéma établi d'après le seul principe de la division du monde en quatre parties, — ou de la nature en quatre éléments, terre, eau (dédoublée en eaux marines et en eaux douces), feu et air, si l'on en rapproche le septième fléau; car Jean, tout en se servant des cadres traditionnels, se permettait pourtant de les desserrer et de les briser. Nous verrons aux « Sept Coupes » (ce. XVI), une répartition absolument parallèle. L'ordre est logique, non chronologique; et rien n'indique qu'il faille y voir l’allégorie de faits humains de l'histoire; toutes les applications de cette nature faites par les exégètes anciens sortent absolument du sens littéral; les rapprochements cherchés par Renan et l'école « zeitgeschichtlich » avec divers cataclysmes du premier siècle ne prouvent que l'ingéniosité de ces commentateurs, qui n'a pourtant pas suffi à leur faire reconnaitre le caractère traditionnel et schématique de ces grandioses lieux communs (INT. c. v).

A. Β. 7. ἐν αἵματι, instrum. — « mêlés de sang », cfr. xv, 2; « pluie de feu et de sang », dans $5b. V, vers 377. — Cfr. Ex. 1x, 24, la septième plaie d'Égypte.

G. 7. La prohibition de vu, 1, de nuire aux arbres et à la verdure, est donc retirée; c’est arbitrairement que Æoltzm. suppose la destruction de la verdure limitée aussi au tiers. Schoettgen note la même restriction au tiers dans divers écrits rabbiniques. — C'est la plaie de la terre, qui n’a pas une pleine correspondance avec celle de la mCoupe:XVr, 2.

— Α. Β. 8. Dans les 7 plaies des trompettes, l'adjectif précède invariablement le substantif (6 der. ἄγγ., etc.), ce qui est en faveur de l’unité de main. — ὡς montre que ce n'était pas à proprement parler une montagne; plutôt une étoile. Cfr. Jér. τι, 25 (dit de Babylone), et les « montagnes brûlantes » d’Æen. éth. xvin, 13; χχι, 8; cv, 4. — Cfr. la plaie du Nil, Ex. νι, 20, et, la « Deuxième Coupe » Apoc. XVI, 3.

G. 8. Voici la plaie de la mer, qui est frappée comme le Nil à la première plaie d'Égypte; le fait que dans une masse liquide continue il n’y a encore qu’un tiers de transformé montre qu'il n’y a, ici comme aïlleurs, qu'une figure conventionnelle, qui ne saurait se réaliser à la lettre. La montagne est surnaturelle, puisqu'elle tombe du ciel ; il serait trop mesquin d'y voir un bolide, et contraire à la figuration d'expliquer l'image par quelque éruption historique d’un volcan sous-marin dans les Cyclades, etc. (cfr. Renan). D'après Men. éth. xvir, et le symbolisme des Anges-étoiles, on pourrait penser que tous ces cataclysmes sont produits par des agents personnels; André dit que la montagne est le Diable. Ici, toutefois, ce n’est pas certain.

A. 9. τὰ ἔχοντα, nominatif non construit (Inr., c. x, ὃ II), ou apposition à τρίτον. — διεφθάρη, plus régulier, rec. Κ΄.

B. C. 10. Cfr. 15 χιν, 12 (?). — C'est au tour des eaux douces; la limitation à un tiers des fleuves et des sources est encore bien artificielle, à moins, si l'on veut, que l'étoile n’ait couvert de ses débris un tiers de la terre ferme. Cette étoile est-elle un Ange ? En tout cas, le paralièle de la chute de l'étoile Gohîkar (Bundehesh, xxx,

Lg

108 | το APOCALYPSE DE SAINT JEAN. Ὁ ᾿ ee:

C. vu. 7. Kat ὁ πρῶτος ἐσάλπισεν" nai ἐγένετο χάλαζα nai πῦρ μεμιγμένα "ἐν αἵματι nat ἐδλήθη εἰς τὴν γῆν᾽ χαὶ τὸ τρίτον τὴς γῆς χατεχάη, χαὶ τὸ τρίτον τῶν δένδρων χατεχάη, χαὶ πᾶς χόρτος χλωρός Ho τοῦ

εἰς τὴν θάλασσαν᾽ χαὶ ἐγένετο τὸ τρίτον τῆς θαλάσσης αἶμα, 9 χαὶ ἀπέθανεν τὸ τρίτον PQ - 4 ες , x 12 « Es

τῶν χτισμάτων τῶν ἐν τῇ θαλάσσῃ, “Ta ἔχοντα ψυχάς, nai τὸ τρίτον τῶν πλοίων

3 2 - ? ay | 7 10. Καὶ ὁ τρίτος ἄγγελος ἐσάλπισεν χαὶ ἔπεσεν ἐχ τοῦ οὐρανοῦ A: υέγας AALO= μενος ὡς λαμπάς, χαὶ ἔπεσεν ἐπὶ τὸ τρίτον τῶν ποταμῶν χαὶ ἐπὶ vas πηγὰς τῶν

ὑδάτων. 11. Kai τὸ ὄνομα τοῦ ἀστέρος λέγεται “δ᾽ “Αψινθος. Kai ἐγένετο τὸ ἘΠ

τῶν ὑδάτων εἰς ἄψινθον, χαὶ πολλοὶ τῶν ἀνθρώπων ἀπέθανον ‘Ex τῶν ὑδάτων ὅτ ἐπιχράνθησαν. :

12. Ko ὁ τέταρτος ἄγγελος ἐσάλπισεν᾽ χαὶ ἐπλήγη τὸ τρίτον τοῦ ἡλίου na τὸ τρίτον τὸ τρίτον τῶν ἀστέρων, “ἵνα σχοτισθὴ τὸ τρίτον αὐτῶν χαὶ ἡ ἡμέρα

TE = G a es «ἢ O’ < TO ἘΝ S R (ee …

18, 31), avant la fin du monde, mentionné par Bousset, est un trait qui peut bien avoir été emprunté par les Perses à l’apocalyptique juive et chrétienne, comme beaucoup d’autres. La fin du ch. vr nous ἃ montré toutes les étoiles déjà tombées du ciel; mais il n’y ἃ pas contradiction, car il ne s'agissait pas encore en ce passage d'effets réalisés (cfr. Joh. Weiss).

——— À. B. 11. ἌΛψινθος est féminin (Int. ὁ. x, ὃ IT); aussi ὃ est-il omis N, al, ou le substantif changé en ἀψίνθιος. — ἐχ (A : ἐπὶ) marque ici la cause; c’est un des nombreux emplois, dans l’Apoc., de cette préposition envahissante (Int. c. v, ὃ I). — « Absinthe », symbole de souffrances, surtout morales, chez les Prophètes, passim, par exemple Jér. 1x, 14-15; xxin, 15; cfr. iv Æsd. v, 9 : in dulcibus aquis salsae invenientur. — Cfr. la « 3° Coupe », xvi, 4-7, où les eaux douces sont changées en sang.

GC. 11. L’empoisonnement des sources et des eaux courantes éveille en premier lieu l’idée d’épidémies, suivant les préjugés de l'époque, comme le 45 Cavalier; mais le nom symbolique d’ « Absinthe », qui signifie amertumes, chagrins, semble, par exception, transporter ce fléau dans le domaine moral. Disons que Jean a combiné diverses idées. Sur un autre point le parallélisme avec les autres fléaux se trouve dérangé : il ne meurt pas un « tiers » des hommes, maïs seulement « beaucoup »; c'est

que le massacre du tiers des hommes est réservé au fléau de la Sixième Trompette, comme le plus grave de tous : signe de l’unité du morceau. Si Jean n’a employé

qu'ici πολλοί au sens partitif, au lieu d’une mesure déterminée, c’est qu'il n’a pas eu ailleurs les mêmes raisons (cfr. Charles, supra). À. B. 12. ἵνα signifie ici « en sorte que » (InT, c. x, ὃ II). — τὸ τρίτον αὐτῆς omis 1573-38-2020, al. — τὸ τρίτον αὐτῶν, αὐτῆς est d’excellent grec, et cet emploi de l’accusatif est classique; je ne saisis pas pour quelle raison Charles regarde ce passage comme incompréhensible, et veut modifier le texte, d'après le copte, et en supposant un original hébraïque, en τὸ τρίτον ἡμέρας χαὶ νυχτός ὁμοίως (Studies, p. 15.). — Cfr. la 4° Coupe, et les Ténèbres de la neuvième plaie d'Égypte, Ær, x, 21-22, οἷν. ας vu, 25; lieu commun qui se retrouve Amos vin, 9; Joël in (1v), 15; IV Esd, N,'8, etc.

C. 12. La plupart des exégètes croient qu'il s’agit d’une abréviation de la durée du jour et de la nuit, ce qui serait assez étrange; il est bien plus naturel d'y voir une diminution de l'éclat du jour, et de la lumière des astres nocturnes (φάνῃ).

C. van. 7. Et le premier sonna de la trompette; et il y eut de la grêle et - du feu mêlés de sang, et [cela] fut jeté sur la terre; et le tiers de la terre brûla, et le tiers des arbres brüla, et toute herbe verte brüla. à

: 8. Et le deuxième Ange sonna de la trompette; et comme une grande RE brûlante de feu fut jetée dans la mer; et le tiers de la mer devint du sang, 9. et 1] mourut le tiers des créatures qui sont dans la mer, [de] ce qui a des âmes, et le tiers des navires furent détruits.

10. Et le Fe Ange sonna de la trompette; et il tomba du ciei une.

grande étoile brûlant comme un flambeau, et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. 11. Et le nom de l'étoile se dit : « l'Absinthe ». Et le tiers des eaux devint absinthe, et beaucoup des hommes moururent à cause des eaux, parce qu'elles étaient devenues amères. .

12. Et le quatrième Ange sonna de la trompette; et fut frappé le tiers du soleil et Le tiers de la lune et Le tiers des étoiles, pour qu'ils fussent obscurcis d’un tiers, et que le jour ne brillât [plus] d’un tiers, et la nuit pareillement.

Ainsi la terre, la mer, les eaux douces et les astres, ont été atteints successive-

ment. Il ne reste plus du monde matériel que l'air (7° trompette), et 1 « Abîme », l'Hadès qui va jouer un rôle à la trompette suivante, nouveau signe que ce qui suit

est joint intimement aux quatre premières plaies.

30 Proclamation de l'Ange (vin, 13)

Inr. — Le trouble est dans la nature, mais jusqu'ici les hommes n'ont été frappés qu'indireciement; maintenant trois « Malédictions » spéciales, annoncées à part, vont fondre sur eux. Un Aigle les proclame. Ce mot (οὐαί) qui devrait être neutre, sera mis par l’auteur au ie (ënfra). C'est sans doute qu'elles sont personnifiées comme des espèces d'Erinnyes (Swete).

Ξ 3 DA x \ 2 = , - (. Vutr. 13. Kai εἶδον, nai ἤχουσα “ἑνὸς ἀετοῦ πετομένου ἐν μεσουρανήῳχτι λέγον-

ne ee ODA: GUIAT ΠΟΣΣ τ pee en Στ τος φωνὴ μεγάλη υαὶ οὐαὶ οὐαι τοὺς χατοιχοῦντας 7

LE - = ς γῆς Ex τῶν λοιπῶν

εὶ NES

CG. var. 18. Εἰ je bi et J'entendis un aigle qui volait au zénith, disant

d'une grande voix : « Malheur, malheur, malheur à ceux qui ἘΠῚ sur la terre, à cause des voix restantes de la trompette des trois anges qui sont près de sonner de la trompette! »

À. B. 18. ἑνός pour τινος (Int. ὁ. v, δὲ I-IT). — Pour ἀετοῦ, on lit ἀγγέλου P-a3-025,

- quelques mss. du type André, arm; dans a 107-13-42 ἀγγέλου ὡς ἀετοῦ, — Τοὺς x

…l'accusatif est irrégulier (Int. δ: x, $ Il); τοῖς κατοικοῦσιν, À, al. lat. — « Aigle » cir. xu, 14; aigle messager Bar. syr. Lxxvir, 13-suiv.; emblème du jugement Mar. XxIV, 28. — - ἐχ causal.

GC. 13. Il est très difficile de préciser si cet aigle est une figure traditionnelle. On nest du moins pas obligé d’y voir avec Boll (p. 38) la constellation de Pégase. C’est le rapprochement avec Mat, qui est le plus séduisant.

FRS es RS » ve FR IS EAU (a ἜΣ us de NAT TROT ὝΨΟΣ # ων MUN' χα, τὰν A re x ? Dents de ἡ Hu, ὡς εἷν "y ᾿ ÿ k

ἀφ᾽ APOCALYPSE DE SAINT JEAN.

4° Cinquième trompette et première malédiction : les sauterelles (1x, 1-12).

Inr. — Une invasion de démons, sortis de l'Abime sous forme de sauterelles fanvasiiques, tourmente les hommes ñron marqués du sceau divin, mais sans les faire mourir. Sur les rapports des 3 « Vae » avec les 4 premières Trompettes, vid, supra.

k δ᾿ » Fr -- -

C. 1x. 1. Kaï "ὁ πέμπτος ἄγγελος ἐσάλπισεν, nai εἶδον ἀστέρα ἐχ τοῦ οὐρανοῦ

πεπτωχότα εἰς τὴν γῆν, nat ἐδόθη αὐτῷ ἡ χλεῖς τοῦ φρέατος τῆς ἀθύσσου. 2. Kat 2 7 x = 4 \

ἤνοιξεν τὸ φρέαρ τῆς ἀθύσσου, χαὶ ἀνέδη χαπνὸς Ex τοῦ φρέατος ὡς χἀπνὸς χαμίνου

μεγάλης, χαὶ ἐσχοτίσθη ὁ ἥλιος nai ὁ ἀὴρ Ex τοῦ χαπνοῦ τοῦ φρέατος. 3. Καὶ Ex τοῦ

ὡς ΣΕ Χθ < ᾽ (ὃ ᾽ Δ Ne ὅ ÿ 2540: * ᾽ . si r C “7 ; χαπνου εξ ῺΛ CY Aro! EG εἰς τὴν γὴν; AA ECOUT ἀὐταᾶις εςζςουσία ὡς ξχουσιν ἐξουσίαν Οἱ

A. B. À. ὃ πέμ., mème construction qu'aux 4 autres trompettes. — πεπτωχότα : l’étoile était déjà tombée quand il la vit, usage exact du parfait. — ἄδυσσος (υχχ, passim), traduit nn, profondeurs de la mer, puis de la terre, puis Shéol, enfin séjour des démons, des damnés, des fléaux, des monstres (Hen. éth. ΧΥΠΙ, xix, ΧΧΙ, ΧΟ, etc., Hen. sl. xxviu, 8; ibid. xun, 2, description des monstres qui tiennent « la clé de l'abîme »; οἷν. Apoc. 1, 18, « clés de la mort et de l'enfer », et xx, 1). — Image de l'étoile tombée : cfr. 55b. v, 137-suiv., Sib. 1x, vit, 11, passim; en. éth. Lxxxv1, 1-sqq. (Azazel ou Semyaza tombé au milieu des bœufs, avec d'autres étoiles, dans la « Vision des Animaux »); Lxxxvinr, 1; xvu-sqq, les 7 étoiles, montagnes ardentes, tombées et enfermées dans un lieu de torture; IV ÆEsd. xv (VI ÆEsd., chrétien), 35. Pour le sens, nous croyons qu'on peut très bien rapprocher Luc x, 18 : « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair », οὗν". 715. χιν, 12.

C. 1. Cette étoile tombée, qui reçoit une clé, est certainement ici un esprit; l'Apocalyptique nous a habitués à cette représentation des Anges (v. supra, et bien d’autres passages, dans l’Asc. Is., le Livre d'Élie hébreu, etc. Ixr.). On peut, je crois, l'identifier, à l « Abaddon » du v. 11, infra, et je me demande même s’il ne faut pas y reconnaître le même être qu’au ch. xx (v. ad loc.), Satan, dont la chute fut contemplée par le Seigneur (Zuc, supra). Cette chute, supposée déjà réalisée par le temps de πεπτωχότα, serait décrite plus tard au ch. x (v. ad loc.); alors la plaie qui suit aurait quelque rapport avec le déchaîinement de crimes et de malheurs que produira la colère du Diable parcourant la terre. Nous aurions ainsi un parallélisme

avec la scène d'ouverture de la 2esection prophétique. Si ia plaie des sauterelles

n'arrive qu'en cinquième lieu, cela n'importe guère; l'ordre est indifférent, parce qu il ne s’agit pas de succession chronologique; des raisons traditionnelles ou littéraires ont pu l’amener à cette place, le fléau actuel, ainsi que nous l’allons voir, étant purement typique comme les précédents. Ou bien, mieux encore, c'est qu'il y a dans la vision progression de l'ordre physique à l'ordre moral et humain, du plan individuel au plan social et religieux (v. infra)

A. B. C. 2. xai... 4OUsoov, τὰν par homœæoteleuton, δὶ, rec. K, al, Aréthas,

Syrew, arm., etc.; — ἐκ... χαπνός, omis Av20-r1-1", Av46-35-2018, «1572-41-2021, a404- 87-472 — καιομένης pour μεγάλης, Orig., rec. K. — ἐκ τοῦ καπνοῦ, instrumental, Inr., ce. x, $ II. — Cet obscurcissement du soleil rappelle la 4eplaie; Jean ne craint pas

de se redire, parce que tout cela est liguré, et les images prennent des valeurs

nouvelles avec les nouveaux contextes. L'air, le quatrième élément, est frappé à son tour, et l’ « Abîme », la dernière partie du re entre aussi en scène. |

breuses fluctuations entre αὐταῖς, féminin comme l'exige ἀχρίδες (Orig. et And. partout), «

‘à se HE

À. B. 3. Dans ce verset et les suivants, les manuscrits présentent de nom-

C. 1x. 1. Et le cinquième Ange sonna de la trompette, et je vis une étoile . qui du ciel était tombée sur la terre, et lui fut donnée la clé du puits de J’Abime. 2. Et elle ouvrit le puits de l’Abime, et il sortit une fumée du puits comme une fumée de grande fournaise, et obseurcis furent le soleil et l’air par la famée du puits. 3. Et de la fumée sortirent des sauterelles sur la terre, et il leur fut donné un pouvoir comme ont pouvoir les écor-

et αὐτοῖς, qui peut être une de ces fautes de distraction assez communes dans l’Apocalypse, ou bien un accord ad sensum, car ces sauterelles sont des êtres intelligents, des « δαίμονες », genre masculin. 7sch. met partout αὐτοῖς, Soden ne l'accepte qu’au Y. 0, avec δ, ἐς Av20-r1-1*, x103-7-104, α10141-12-181: nous avons suivi son texte, qui est aussi celui de Sete. -- Santerelles : Cfr. la aie d’ Égypte d'Ex. x, 12-45, et Joël τ, &-suivants. — Scorpion : οἷν. Luc. x, 19 : δέδωχα Ouiv τὴν ἐξουσίαν τοῦ πατεῖν ἐπάνω ὄφεων καὶ σχορπίων, ai ἐπὶ πᾶσαν τὴν δύναμιν τοῦ ἐχθροῦ.

G. 3. Le lieu d'où sortent ces insectes, et qui est l'enfer des damnés, le genre de leur malfaisance, leur structure fantastique, et la royauté de l’Ange de l’Abîme, montrent assez que ces sauterelles ne sont pas des animaux, mais des démons ou des entités démoniaques.

Ce tableau est, avec le suivant, un des plus originaux du livre. L'idée d’une invasion de sauterelles était bien fournie par l’'Exode et Joël, maïs, ici, la calamité n’est plus de l’ordre matériel (v. infra). D'abord ce sont des santerelles- “Scorpions ; le scorpion (A. T., passim), est, avec le serpent, un des animaux nuisibles à l’homme qui symbolisent les forces du mal spirituel en action dans le monde (Sweze), comme le font bien ressortir les derniers mots de notre citation de saint Luc. Il n’y a du reste de commun avec Joël, dans le détail, que la comparaison des chevaux, des dents de lion, et l’image d'une armée, et ce ne sont là chez le prophète que des hyperbales poétiques ; ici il en va tout autrement.

Grâce à Boll (pp. 68-suiv.), on peut cependant retrouver l’origine probable de ces traits descriptifs. L'esprit de Jean ἃ été influencé non seulement par la Bible, mais par des représentations figurées de la région et de l’époque (Ixr, €. v, π, ὃ III). Après les hommes-scorpions qui gardent le soleil et la porte de l'enfer (Gilgamesch, tablette ix, 00]. τι, 3-9), des figures composites voisines avaient trouvé place dans la mythologie et l'astrologie de Babylone; tels les « centaures » gravés sur les bornes ou les cylindres (Gunkel, Verst., p. 52, 4; King, Babylonian Boundary Stones, 1912; Ward, ἂν Seal Cylinders of Western Asia, 190, pp. 210 et 382; Weidner, Babyloniaca,

&, pl. vu, 1912); parfois ils ont plusieurs queues, mais toujours une de scorpion. Ἢ même monstre, représentant la constellation du Sagittaire, a passé dans la décoration des temples et des momies d'Égypte, à l'époque hellénistico-romaine (Bol, p. 69). Des fantasmagories du même goût, dans l” « Histoire véridique » de Lucien, 1, {1-suiv., chevaux-fourmis, etc., montrent, déclare Boll avec grande apparence de raison, qu ὡς n° siècle et au temps de l'Apocalypse, des représentations comme celles de nos sauterelles étaient choses qui ne surprenaient pas le public (Zd. p.146). IL est donc vraisemblable que Jean avait eu occasion de voir de ces figures monstrueuses qui nous déroutent de nos jours et nous paraissené à tort le produit d'une imagination échevelée ; elles se seront combinées dans sa mémoire avec les sauterelles de l'Exode et de Joël pour lui montrer dans sa vision le présent tableau — tout comme Ézéchiel a utilisé les « Kirubi » de Babylone (Ixr, c. v). Seulement ces êtres ne sont plus des centaures; ils se sont réduits, comme l'idée l’exigeait (v. ënfra) à la proportion d'insectes malfaisants.

——— A. B. 4. Au lieu de adwnoovsu (Int. ὁ. x, ὃ II), on ἃ ἀδιχήσωσιν, correction, δαὶ,

A Νὴ À τὰ | APOCALYPSE DE SAINT BA x.

avec la dre trompette. — εἰ μή, au sens de « maïs seulement », qu'il ne faudrait pas P be ᾽ Ρ

Ἕ μ᾽ ᾿ + * δα ἔν ; "a “ ὃ à " Σ 3 LS σχόρπιοι τῆς γῆς. 4. Koi ἐρρέθη Se (vx μὴ ᾿αδιχήσουσιν τὸν χόρτον τῆς γὴς οὐδέ -- « NC: δ \ - La — \ 2 f € ” ἔ ς “7 ᾿ ν᾿ πᾶν χλωρὸν "οὐδὲ πᾶν δένδρον, et μὴ τοὺς ἀνθρώπους οἵτίνες οὐχ ἔχουσιν τὴν σφῥα- -Ἔ = = ER # 5 K \ 152 Ce RAT - er x" 9 δ γ Ἶ vida τοῦ θεοῦ ἐπὶ τῶν μετώπων. D. Kai ἐδόθη ᾿αὐτοῖς ἵνα μιὴ ἀποχτείνωσιν αὐτούς, ἡ ἀλλ᾽ ἵνα "βασανισθήσονται μῆνας πέντε᾽ nat ὁ βασανισμὸς αὐτῶν ὡς βασανισμὸς σχορπίου, ὅταν παίσῃ ἄνθρωπον. 6. Ἰζαὶ ἐν ταῖς ἡμέραις ἐχείναις ζητήσουσιν οἱ

\ , FORA PRE , μ r ῳ \ ἄνθρωποι τὸν θάνατον χαὶ οὐ μὴ "εὑρήσουσιν αὐτόν, rat ἐπιθυμήσουσιν ἀποθανεῖν, wa! * L4 € 7 ? ? ᾽ Ὁ A \ Mer: 4 CU 2 ’ ke “ φεύγει ὁ θάνατος ἀπ᾿ αὐτῶν. 7. Kai τὰ “ὁμοιώματα τῶν ἀκρίδων "ὅμοιοι ἵπποις

ε " τ τ ᾽ - ES ἡτοιμασμιένοις εἰς πόλεμον, χαὶ ᾿ἐπὶ τὰς χεφαλᾶς αὐτῶν ὡς στέφανοι ὅμιιοι χρυσῷ,

P, Q, la plupart des minuse., And., Aréthas, — B. Weiss. — Noter l’ « hébraïsme » οὐδὲ πᾶν; — οὐδὲ πᾶν γλωρόν omis N, Prim., sans doute pour faire de l’harmonisation

SE λέ ρο σο Gal. 1, 19; sur six passages de l’Apocalypse, il ne se retrouve que , 27. — εἰ μὴ χτλ. οὖν. Bar. syr. ©. xxvin, la protection des habitants de la Terre Sainte: se reporter à Apoc. VII, 3-Suiv.

€. 4. Ce premier « Vae », annoncé si solennellement, paraît pourtant à première vue moins grave que les précédents; de plus, il semblerait en contradiction avec la première plaie, qui n’a pas laissé de verdure à protéger; mais en réalité, ce sont là des tableaux séparés et indépendants dans leur symbolisme respectif, quoique rangés dans un même décor général; il n’y faut pas voir des touches successives apportées à un même tableau, encore bien moins une succession rigoureuse dans les temps à venir qui se dévoilent à Jean; la succession n'est que logique (Int. ce. v). Il y a bien quand même en fait aggravation des fléaux, parce qu'ils sont transportés dans* un autre ordre, et atteignent plus directement les hommes, non seulement dans leur corps, mais dans leur âme. En effet, cette plaie-ci est réservée à ceux qui n’ont pas été marqués du sceau, c'est-à-dire aux méchants; et il résulte bien de ce verset que tous les fidèles ont été marqués, et non pas seulement les 144.000 Israëélites (Supra c. vu). Il en résulte encore, et la suite le confirme, qu'il s’agit à peu près sûrement et exclusivement de maux spirituels, péchés, terreurs, remords, chagrins, ete. André interprétait déjà au sens spirituel ces sauterelles et leur malfaisance; mais il différait ce déchaïînement des esprits de l'Abîme jusqu’au temps de l’Antéchrist, tandis qu'il. faut plutôt y voir les douleurs d'enfer qui tourmentent dans tous les temps les consciences coupables.

A. 5. Pour βασανισθήσονται (InT. ©. x, ὃ II), Q et toute la rec. K, Orig., And., Aréthas ont βασανισθῶσιν ; al. βασανίσωσιν, tournure plus régulière.

GC. 5. Cette mesure de cinq mois est inconnue par ailleurs dans l’Apocalyptique. Faut-il y voir seulement un nombre rond, sans signification symbolique précise, comme nous disons « quatre ou cinq »? (οἷν. Luc xu, 6, 52, al.) Ou bien est-ce la longueur de la période durant laquelle les invasions des vraies sauterelles sont à craindre? Ici l'invasion durerait toute la période (Bousset). Mais Poll, p. 68, fait une observation digne d'intérêt : les sauterelles, dans les calendriers hellénistiques, apparaissent dans les mois et les années qui sont sous les signes du Cancer et du Scorpion; et, depuis le mois du Scorpion jusqu’à la fin de l’année, il y a cinq mois. Cela voudrait donc dire, que le fléau durera jusqu’à la fin de l’année; et nous pou- « vons croire qu'il s'agit de l’année symbolique du monde, c’est-à-dire qu'il ne cessera « pas avant la consommation, le jugement. Voilà qui porterait encore à supposer que Jean s’est inspiré, consciemment ou non, d’un système populaire hellénistique, dont … il ἃ spiritualisé les données. | À. B. C. 6. Le futur après où μὴ ne se trouve ailleurs dans l’Apoc. que xvin, 14; Cr. pour cette tournure, que Moulion dit archaïque et en train de dispa-m

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