Kai ὁ ἀριθμὸς τῶν στρατευμάτων τὸ ᾿ » ἢ
ss © Ἢ “9 ὃς [AN [ANS 57 Ὁ ἱππιχοῦ δισμυριάδες μυριάδων, ἤχουσα ς ἵππους ἐν τῇ ὁράσει χαὶ τοὺς χαθημέ-
τὸν ἀριθμὸν αὐτῶν. 17. Kat οὕτως εἶδον τοὺ 2 ? CS ko r ’ὔ 2e ΄ \ AN ᾿ ε = \
vous ἐπ᾿ αὐτῶν "ἔχοντας θώραχας πυρίνους χαὶ ὑαχινθίνους χαὶ θειώδεις. Kat αἱ χεφαλαὶ
τῶν ἵππων ὡς χεφαλαὶ λεόντων, χαὶ ἐκ τῶν στομάτων αὐτῶν "ἐχπορεύεται πῦρ χαὶ ἊΝ 53. + 2 « EU s “ ͵ ᾽ « ee
α. 14. L'Euphrate indique, pour André, le pays de l'Antéchrist; pour Bède, al, la puissance mondaine dont le type est Babylone. Il était naturel, au temps de la terreur parthique, que l’Euphrate entrât dans cette vision de guerre, et dans celle de la 6e coupe (infra). Quels sont ces Anges? La différence de situation empêche de les confondre avec ceux de vu, 1; d’ailleurs ceux de notre passage sont liés, donc ils sont mauvais. L'article fait supposer qu'ils sont connus dans la tradition; Æénoch aussi (loc. cit.) parle des « Parthes » lancés par des Anges contre la terre sainte; et dans le texte syriaque de IV Æsdras, on trouve un curieux parallèle signalé par Bousset : « Que soient déliés ces quatre rois (2135 pour HN? /selin) qui sont enchaînés sur le grand fleuve de l'Euphrate, qui anéantiront un tiers des hommes ». Le chiffre de 4 suppose un cadre ancien qui a déjà servi au ch. vu, 1, pour signifier autre chose. Ces Anges du châtiment vont se mettre à la tête de la Cavalerie diabolique, comme Abaddon à la tête des sauterelles, comme Satan déchaîné excitera Gog et Magog (ch. xx). La description suivante a donc pu s'inspirer des craintes contemporaines de l'Asie; mais il faut y voir un tout autre sens que celui d’une invasion historique des Parthes; c’est le symbole de toutes les invasions, de toutes les divisions meurtrières que l'enfer excite dans l’histoire.
A. B. 15. Spitta et Bousset corrigent arbitrairement ἄγγελοι en ἀγέλαι; c’est méconnaître le symbolisme du livre. — « Un tiers des hommes » cfr. le « un tiers » des 4 premiers fléaux. — ἡτοιμασμένοι : moyen ou passif? |
C. 15. La cinquième trompette n'avait causé que des tortures, surtout morales; celle-ci amène une horrible extermination. L'action infernale s'étend des consciences sur les sociétés; car la guerre est l’œuvre des anges mauvais, et une consèquence des fautes humaines (cfr. 20-21). Un tiers des hommes en est frappé, comme un tiers des objets naturels aux plaies 1, 2 et 3. Cette mesure est donc amenée par la symétrie, et ne signifie pas autre chose qu'une grande proportion, pourtant une minorité. Au ch. vi, il n’y avait qu'un quart de la terre dévasté par l’ensemble des fléaux; mais peu importe cette inconsistance des chiffres, car ces mesures n’ont aucune valeurs précise en elles-mêmes.
B. C. 16. « J'en entendis le nombre », s’est déjà trouvé littéralement vu, &:
mais ici Jean voit déjà ce dont il parle. Ces myriades de myriades (200.000.000) sont un chiffre pareil à celui des Anges de la cour céleste (v, 11), ce qui nous porte déjà, ὴ à croire qu'il s’agit d'Anges de l’Abîme; d’ailleurs une telle énormité empêche d'y voir une cavalerie humaine. Le sens est que tout l'enfer est déchaîné pour exciter parmi les humains des guerres meurtrières ; ce qui convenait à l'époque de Jean, Ὧν surtout durant l’Interrègne, et encore mieux à la nôtre, mais d’une façon générale à presque tous les siècles de l’histoire. jt
C. 1x. 13. Et le sixième Ange sonna de la trompette ; et j’entendis une voix [sortant] des quatre cornes de l'autel d’or qui est en face de Dieu, 1%. disant au sixième ange, celui qui avait la trompette : « Délie 165 quatre Anges qui ont été enchainés sur le grand fleuve de l'Euphrate ». 15. Et furent délés les quatre Anges qui s'étaient préparés pour l'heure et le jour et le mois et l’année, afin de tuer le tiers des hommes.
16. Et le nombre des armées de la cavalerie [était de] deux myriades de myriades; j’entendis leur nombre. 17. Et ainsi vis-je les chevaux dans la vision, et ceux qui étaient assis sur eux : [je vis qu’| ils avaient des cuirasses de feu et d’hyacinthe et de soufre. Et les têtes des chevaux [sont] comme des têtes de lions, et de leurs bouches il sort du feu et de la fumée et du soufre. 18. Par suite de ces trois fléaux furent tués le tiers des hommes,
A. B. 17. Remarquer la construction ἔχοντας, et le passage au présent, comme dans le tableau des sauterelles.
GC. 17. C’est la seule fois que l'auteur parle expressément des apparences de la vision (ἐν τῇ ὁράσει); il se rend donc bien compte que ce sont des images comme celles des rêves, et qu’il ne faut pas en attendre Ia réalisation littérale; cette observation peut s'appliquer à tout l'ensemble. Ici, et au v. 19 (infra), on peut remarquer une grande analogie, presque un parallélisme, avec la description des sauterelles (cuirasses, chevaux, queues malfaisantes); rien d'étonnant à cela, si les sauterelles étaient des espèces de centaures en réduction; ce peuvent être les monuments qui ont inspiré à Jean ces images.
A. B. 18. Equivalence α᾽ ἀπό et de ἐχ, tout à fait hellénistique. ὃπό pour ἀπό dans quelques mss. — Pour le feu qui sort de la bouche, οἷν. Job. χιι, 10-suiv. (Léviathan); Hen. sl. 1, 5; animaux crachant du feu, dans la mythologie; cfr. encore Hab. 1, 8-suivants, description de la cavalerie chaldéenne ; et Bahman Yasht, τι, 24suiv. ᾿
C. 18. La cavalerie démoniaque de la fin du monde, dans le Bahman Yasht, cité ici par Vôlter, peut être un emprunt à notre Apocalypse, ou provenir d’une même source traditionnelle. Toute cette description montre assez qu'il s’agit de démons poussant invisiblement les hommes à se massacrer, et non de Parthes, même très « embellis » par la légende.
À. B. 19. ἐν instrum. — αἱ γὰρ... ἀδίχουσιν, est omis ΘῈ, οἷν. les queues des sauterelles, supra.
GC. 19. Les auteurs qui veulent à toute force reconnaître ici des Parthes, ou d’autres barbares orientaux, ont donné à ce verset des interprétations assez curieuses : Volkmar pense aux ruades des chevaux ([); Grotius, à un soldat en croupe, qui tire par derrière, Spitta, très érudit, se souvient que les Parthes tressaient la queue de leurs chevaux, d’où l'apparence de serpents, etc., etc. Aolitzmann, plus raisonnablement, rappelle les membres inférieurs serpentiformes qu'ont les ennemis des dieux dans la Gigantomachie de Pergame, que Jean avait pu voir; souvent on représentait ainsi les Titans, les Géants, d’autres monstres.
A. B. 20. ἐν instrum. — οὐδέ, difficile à construire (οὔτε À, αϑ- Ρ-Ο 5 Av20-r 1-1", Av30-36-2019, al., Soden; où rec. K, à-C-04, And.; καὶ où 1073), doit signifier « pas même [alors] », comme Mc. vi, 31; I Cor. in, 3; 1v, ὃ; il n'y a pas d’anacoluthe, comme le suppose Jok. Weiss, qui parle ici de maladresse du rédacteur; ce serait en effet bien maladroit pour un « éditeur » qui rédigeait tout à son aise! — προσκυνήσωσι Orig., rec. K, etc. Soden (Int. c. x, ὃ II). — Caractéristique des idoles, lieu commun
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+ ὧν « -" -» - Ἴ ; ἀνθρώπων, ᾿ἐχ τοῦ πυρὸς χαὶ τοῦ χαπνοῦ χαὶ τοῦ θείου τοῦ ἐχπορευομιένου ἐχ τῶν , - (à \ » ΄ ed [4 -“" ς στομάτων αὐτῶν. 19. Ἢ γὰρ ἐξουσία τῶν ἵππων ἐν τῷ στόματι αὐτῶν ἐστιν χαὶ ἐν ταῖς . + » Ὁ ὦ « a \ , \ ? =, re! Y LA r ΕΣ FA οὐραῖς αὐτῶν᾽ αἱ γὰρ οὐραὶ αὐτῶν ὅμοιαι ὄφεσιν, ἔχουσαι χεφαλάς, χαὶ "ἐν αὐταῖς ἀδιχοῦσιν.
ε - ᾽ 4 , » - 20. Καὶ οἱ λοιποὶ τῶν ἀνθρώπων, οἱ οὐχ ἀπεχτάνθησαν "ἐν ταῖς πληγαῖς ταύταις, + ot Ἄν Ὁ τ Ὁ = ὦ el οὐδὲ μετενόησαν ᾿ἐχ τῶν ἔργων τῶν χειρῶν αὐτῶν, va μὴ "προσχυνήσουσιν "τὰ
ὃν 2 À ὶ Ν ÿ ν π᾿ L \ 2 Fy τ \ - Al , τ δαιμόνια χαὶ τὰ εἴδωλα τὰ χρυσὰ χαὶ τὰ ἀργυρὰ χαὶ τὰ χαλχὰ χαὶ τὰ λίθινα χαὶ τὰ.
# , a , - ’ s » ͵ “ 1 ξύλινα, ἁ οὔτε βλέπειν δύνανται οὔτε ἀχούειν οὔτε περιπατεῖν, 21. Καὶ où μετενόησαν
Ἂν ere 1 pa ΗΙ RE x Pire ERA) Le , -"
de l'A. T. Ps. cxiu, 12-suiv. (cxv, 4-7); Dan. v, 4, 23; Ps. cxxxv, 15-17; 15. xL, etc: dans les Apocryphes, Jen. éth. xaix, 7; Sib. v, 80-suiv. etc.
G. 20. D’après ce verset, c'est le monde païen qui est victime (οἷν. 5e plaie); pourtant les 2/3 sont respectés, pour avoir le temps de se convertir (Orig. sch. xxxv). Qu’advient-il des chrétiens dans cette calamité à laquelle ils ne peuvent cependant échapper aussi complètement qu'à la cinquième? Il n'en est rien dit, mais, d’après l’analogie de l’ensemble, on peut conclure qu’ils en sont purifiés, au lieu de désespérer et de se réfugier dans le blasphème. Voilà pourquoi l’auteur parle comme si le fléau ne les atteignait pas (cfr. lettre à Philadelphie, etc.).
A. 21. φαρμαχιῶν à conserver (A, Q, al.) contre φαρμάχων, de Soden; papuaxix — maléfice, sortilège. — πονηρίας pour πορνείας, A, N, al. — Remarquer, ici et au verset τ précèdent, petav. ëx, au lieu de ἐπί dat.
C. 21. S'il n'est pas question expressément des adorateurs de la Bête (x11-suiv.), c'est que la série des Trompettes est de portée absolument générale, elle concerne tous les paÿs et tous les temps, et ne présente aucune de ces attaches historiques avec l'Empire romain que nous trouverons après le chap. xt (vid ad loc); οἷν». Joh. Weiss et Bousset. Depuis le chap. vu, on a l'impression que Jean voit des aspects divers, mais continus et simultanés, de la réalité présente et future. Il les donne bien sous forme de tableaux successifs, mais ces descriptions demeurent, dans une large mesure, indépendantes les unes des autres, au point d'offrir des traits qui seraient inconciliables (p. ex. 1:8 et 5° plaies), si on voulait les réduire à l’unité symbolique d’un seul tableau. Ce sont des fléaux génériques, qui peuvent se réaliser historiquement sous mille et mille formes, successivement ou à la fois; rien ne porte à y trouver les « périodes » des écoles anciennes (Ir. €. v, $ I). |
Tous ces fléaux, peines vindicatives, affaiblissent la puissance du mal, et sont destinés ainsi à faciliter la conversion du monde (And., Orig.) ; toutefois ils ne sont pas sur ce dernier point efficaces par eux-mêmes, comme le constate le Prophète dans les deux derniers versets; ce qui décidera le retour des pécheurs à Dieu, c’est l'exal- M tation des Deux Témoins symboliques qui vont nous être présentés au chap. χι. Ce contraste est conscient et voulu chez l’auteur; il signifie, comme chez saint Paul, la supériorité de la loi de grâce sur toute loi de crainte et de colère. ν
(« Intermède »). Un Ange vient annoncer la consommation prochaine, et préciser
er...
à Jean une partie de sa mission (le petit livre ouvert) c. x. /
INT. — Nous approchons maintenant d'un tournant du livre, du passage à une série prophétique de caractère différent (XII-XX). Un « Ange puissant », analogue, comme l'a bien noté Calmes, à celui de V, 2, vient annoncer la consommation prochaine
APOCALYPSE DE SAINT JEAN. ἣ 119
par le feu, et la fumée, et le soufre qui sortait de leurs bouches. 19. Car 16 pouvoir des chevaux est dans leur bouche et dans leurs queues; car leurs queues [sont] pareilles à des serpents, elles ont des têtes, et [c'est] par elles [4] elles nuisent.
20. Et le reste des hommes, qui ne furent pas tués par ces fléaux, ne se repentirent même pas des œuvres de leurs mains, pour ne [plus] adorer les démons, et les idoles d'or, et celles d’argent et celles de bronze et celles de pierre et celles de bois, qui ne peuvent ni regarder ni entendre ni marcher; 21. Et ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs maléfices, ni de leur fornication ni de leurs vols.
des jugements divins, comme l'autre en avait, d'une certaine manière, annoncé et provoqué le commencement. Ce parallélisme, quoique peu apparent, est indéniable. Le « Mystère de Dieu », dont il annonce l’accomplissement, opère déjà dans le monde, et prépare son triomphe décisif par l’action des « Deux Témoins » du ch. ΧΙ, Ainsi cet « intermède » se relie, par l'idée au moins, avec le second tableau de la 6° trompette; il n'est pas non plus sans lien avec les fléaux qui précèdent; maintenant qu'ils ont été portés ἃ leur comble, dans leurs effets matériels, par la Cavalerie infernale, il convenait d'en prévenir l'effet démoralisateur par l'annonce du prochain salut, en vue duquel Dieu les a décrétés. Ainsi, dans l« Apocalypse synoptique », Jésus disait : « Lorsque vous verrez ces choses arriver, sachez que le Règne de Dieu est proche » (Luc, ΧΧΙ, 31; Mat. XX/V, 33; Mc. XIII, 29). Puis, comme la proclamation
de l’Ange de V, 3. se rapportait au grand livre des décrets généraux sur l'humanité,
celle du Deuxième Ange a un second objet, qui est de remettre à Jean « un petit livre ouvert » contenant de nouveaux détails sur une partie de l'avenir, eeux qui ont
le plus d'intérêt direct pour les chrétiens d'Asie, et qui en méme temps, en s'amplifiant
Jusqu'à des vues générales sur les luttes de l'Église et de Satan, montreront la
manière dont le « Mystère de Dieu » doit s’accomplir. Ce sera le sujet des chapitres .
XTI-XX; nous avons ici le premier et le plus remarquable des six cas αἱ « embotïtement » (V. Int. ὁ. vu). Du reste certains traits de la vision du ch. ΧΙ supposent déjà, par anticipation littéraire, ces nouvelles conditions qui ne seront exposées que dans la section à venir (la victoire de la Bête). |
Nous croyons que tous les éléments de ce chapitre proviennent d'une vraie vision; il est bien possible que Jean, en rédigeant son livre, ait combiné des traits dispersés dans ses extases pour en faire un iout qui servit de transition entre deux sections. Mais c'est tout autre chose qu'une feinte vision destinée seulement à rendre compte de la disposition ultérieure de l'écrit, comme le voudraient certains critiques (cfr. Weiszäcker, Sabatier, Bousset) ; il ne faut pas ainsi se figurer l'auteur de l'Apocalypse comme un ajusteur littéraire inventant de toutes pièces des scènes de liaison dans la tranquillité de son cabinet. Cette vision a un caractère tout aussi réel que les autres, quoiqu'elle prépare bien de fait ce qui suivra jusqu'au ch. XVIII (Bousset, Sabatier), et au delà.
Ces critiques reconnaissent d'ailleurs, par le fait même, qu'elle est de la méme main que l'ensemble du livre. Bousset note de nombreuses expressions communes avec les chapitres précédents et suivants (τοὺς δούλους τοὺς προφήτας, X, 7, cfr. EXT XI, 18; (XP, 5); XIX, 2, 5; XXII, 3-6. — ἐπὶ λαοῖς, κτλ, Apoc. passim; εὐαγγελίζειν transitif, comme XIV, 6). Les fautes notables, les iournures spéciales, sont les mêmes; la description de l’Ange rappelle celle du Fils d'Homme du ch. I; son rôle, celui de de l’« Ange puissant » de V, 2; le χρόνος οὐκέτι ἔσται dé X, rappelle VI, 9-suiv;
remarquer encore les expressions ἄλλον, πάλιν (1 et 11). Mal fondées apparaissent donc, du premier coup, les opinions de Vôülter, qui fait ici commencer son apocalypse de Cérinthe; — de Weyland, qui y trouve le début de sa source juive 3, sauf le ν. 7, œuvre de l'éditeur; — de Spitta, qui répartit le chapitre entre J! (source juive sous Caligula : 1a; 2b; 3; 5-7), J? (juive du temps de Pompée : 1b; 2a; 8a; 9b; 10-11), et l'éditeur chrétien sous Trajan (4; 5*; 7a*); Bousset a raison de trouver cette savante division « ungemein künstlich »; — de Bruston, qui sépare ?a et 8-11 (Apoc. sous Néron) de 1; 2b-7 (disciple de Jean) ; — de Joh. Weiss, qui fait commencer sa source Q (juive, du temps de la guerre contre les Romains) avec 1-9, et attribue 7*, 10-11 à ἔ « Editeur »; — de Schmidt, qui fait de X, 1-XI, 13 un morceau secondaire intercalé. Erbes attribue le tout à l’Apocalypse chrétienne primitive, de 62; Schœn n'y voit qu'une introduction faite par l’auteur à XI, 1-13, qui serait un fragment emprunté à une apocalypse juive (v. infra) et Holtzmann croit que les deux ch. X-XI ne concernent que le sort de Jérusalem et du Temple, nouveaux épisodes qui reculent la catastrophe finale, comme le ch. VIT entre le 6e et le 7e sceau. Nous critiquerons ces dernières opinions au commentaire du ch. XI.
G. x. 1. Καὶ εἶδον "ἄλλον ἄγγελον "ἰσχυρὸν καταθαίνοντα Ex τοῦ οὐρανοῦ, περιδεόλημένον νεφέλην, καὶ ἦ ἶρις ἐπὶ τῆς χεφαλῆς αὐτοῦ, nai τὸ πρόσωπον αὐτοὺ ὡς ὁ ἥλιος, χαὶ οἱ “πόδες αὐτοῦ ὡς στῦλοι πυρός. 2. Καὶ "ἔχων ἐν τῇ χειρὶ αὐτοῦ "βιόλαοίδιον ἠνεῳγμένον. Καὶ ἔθηχεν τὸν πόδα αὐτοῦ τὸν δεξιὸν ἐπὶ τῆς θαλάσσης, τὸν δὲ εὐώνυμον ἐπὶ τῆς γῆς. ὃ. Καὶ ἔχραξεν φωνὴ μεγάλῃ "ὥσπερ λέων μυχᾶται. Καὶ ὅτε
ke
À. Β. 1. ἄλλον omis P, Q, Αν20-Γ1-1τ, rec. K; ἰσχυρόν omis syr£w. — πόδες ne peut ici signifier que jambes, ce qui est parfois le sens de l’hébreu Da; on aurait donc ici un hébraïsme (Charles, Studies, p. 97, qui renvoie à I Sam. XVII, 6; Deut. xxvint, 57; Is. vi, 20). — ἄλλος ἄγγ. ioy. οἷν. v, 2, et xvin, 21 (v. ad loc.). — Description : cfr. celle du « Fils d’'Homme » au ch. 1, et de l’Ange [808], Apoc. Abr. χι. — ἴρις, οὗν. 1v, 3, mais ici il s’agit de l’arc-en-ciel ordinaire — νεφέλην, véhicule des êtres célestes, 1, 7; x1, ἘΣ; ὩΣ, 44-suiv.; Ps. cn (ἀν), 3; Dan. vu, 18; ‘Act. 1, 9-suiv.; 1 Thess. 1, 7, etc.
G. 1. Cet « Ange puissant » n'est qu’un Ange, comme au ch. v, et non le Christ, en dépit d’une certaine analogie de description avec le « Fils d' Homme », malgré Vict., Prim, Haymon, Albert et quelques autres. Nous avons parlé de son rôle dans l'introduction à la péricope. Quoique son aspect inspire la crainte, l’ « arc-en-ciel » est pourtant le signe de la miséricorde; car le jugement général qu’il va annoncer, et même les jugements particuliers qu'il va donner à promulguer au Prophète, satisferont les aspirations des fidèles.
Jean voit cet Ange descendre du ciel; c’est donc qu'il est lui-même retourné sur la terre (cfr. verset 4), sans doute à Patmos, puisqu'il a la mer devant lui (οἷν. xu, 11, ad loc.) ; cependant il assistera encore plus loin à des scènes célestes. C’est l'ordinaire des visions hellénistiques (Boll, p. 6). L'âme du Voyant, libérée par l’extase, parcourt l'univers entier, suivant que l'Esprit la transporte; il n'y a même pas là un changement de scène qu’il faille notifier, tout le champ du monde étant sous ses yeux; aussi cela n'indique pas un changement de source. ;
—— À. 5. 2. καὶ ἔχων, proposition participiale elliptique, ou solécisme (Ir. C. x, ὃ IT). — βιδλαρίδιον, hap. leg. absolu (Int. c. x, ὃ I), sauf Æermas, vis. 1, 4, 3;
ιν, 3, changé dans plusieurs témoins, ici et aux versets suivants, en βιδλίον, Brééprov, |
βιόολίδιον, βιόλιδάριον ; c'est un diminutif du diminutif βιόλάριον, formé lui-même comme
d’autres mots du Ν. Τ'., παιδάριόν, ὠτάριον. — Cfr. la scène d’Æzéoh. 11, 9 (Inr. ©. v, 11, ὃ 11).
C. 2. La petitesse de ce livre, contrastant avec le grand livre scellé du ch. x montre qu'il contient des révélations moins étendues dans leur objet, quoiqu’elles doivent être plus développées dans le détail; de fait, nous verrons qu'il précise un fragment de la révélation générale du Grand Livre, un fragment déjà mûr pour une communication détaillée (S$wete) : ce sont les destinées de l’Empire romain, considéré dans ses relations avec l’Église, et pris comme type des puissances qui doivent être vaincues par le Christ; nous allons donc bientôt nous trouver d’accord en substance avec l’exégèse de l’école Alcazar-Grotius-Bossuet (Int. ὁ. χιν, ὃ VI). Vict. y voyait le registre de toutes les actions des hommes, And. celui des actes des plus insignes scélérats, notamment, à cause de la position des jambes de l’Ange, des bandits de terre et de mer. Mais la signification est à la fois moins étendue et plus précise.
Ajoutons que ce livre est déjà confié à un des ministres oo de la révélation prophétique, à un Ange. Contrairement au premier livre, il est « ouvert », et cela
C. x.1. Et je vis un autre ange puissant qui descendait du ciel, enveloppé d’une nuée; et l’arc-en-ciel [était] sur sa tête, et son visage comme Le soleil, et ses jambes (té. ses pieds) comme des colonnes de feu. 2. Et il avait dans sa main un petit livre ouvert. Et il posa son pied droit sur la mer, et le gauche sur la terre. 3. Et il cria d’une grande voix, comme un lion rugit. Et quand il eut crié, les Sept Tonnerres parlèrent [avec] leurs propres voix. 4. Et quand eurent parlé Les sept tonnerres, j'étais près d'écrire.
pour deux raisons, croyons-nous : 1°) parce que tous les sceaux de l'avenir ayant déjà été brisés par l'Agneau, le contenu du βιδλαρίδιον doit déjà avoir été révélé sous quelque forme dans la vision des Sept Trompettes ; 2°) parce qu'il exposera l'avenir d’une façon plus immédiatement intelligible pour les lecteurs d'Asie (v. au v. 11). —
La taille et la puissance colossales de l’Ange répondent à la grandeur de sa mission. A. B. 3. αἱ, omis devant βρονταί N, Av20-r 1-17, O1i-4-91, «103-7-104, Av24- 18-94, arm., al., doit cependant être conservé, et cet article montre qu'il s’agit d’une entité connue, traditionnelle; on peut y comparer les tonnerres des scènes célestes, Apoc. passim, la septuple mention du tonnerre comme « voix de Yahweh » dans le Ps. xxix (Züllig, Holtzm., Swete, etc.), ou la voix céleste qui se fait entendre dans le Temple, Joh. x, 28, et que le peuple prend pour un tonnerre (Swete). Mais ces lointains parallèles ne rendent pas compte de leur détermination, ni du chiffre 7. L'origine première du symbole est peut-être à chercher dans la mythologie babylonienne : la voix d’Adad, dieu de l'orage, retentissant dans les sept sphères planétaires (Boll, p. 18). — ὡς λέων χτὰ. construction semblable à 1, 16 : ὡς ὃ ἥλιος φαίνει.
G. 3. Ces tonnerres sont distincts du cri de l’Ange (cfr. And.) et, puisqu'ils révèlent
quelque chose, ne sont pas simplement, contre Holtzm. οἱ Spitta, un écho de ce cri. Vict. y voyait l'Esprit septiforme, parlant par les Prophètes; Orig. (Sch. xxxvi), des entités morales : σοφία, σύνεσις, etc. Nous croyons qu'ils représentent tout l’ensemble de la révélation prophétique accordée par Diéu à Jean, dont celui-ci doit tenir secrète une partie (ν. ënfra). :
A. B. 4. ὅσα pour ὅτε, N, al. g, Prim., arm. — μετὰ ταῦτα γράφεις (γράψον), pour μὴ αὐτὰ γράψῃς, erreur de dela σὰν ue du ue André. — Cfr. l’ordre de sceller la révélation, Zs. vu, 16; Dan. vin, 26; χη, 4, 9; IV ÆEsd. xiv, 18-48, les 70 livres tenus secrets.
Δ DURS νι νυ ER ATEN δ δ RATES D COM ADN RE SE IAE ET ὦ τὰν NI ÉTAT AE PA ΡΥ, Δ ἀντι A Ἢ . ἔτ τ HEAR UN ES NT CCR
Ὁ A Ω ΄ sr λλ) ᾿ [4 K τ 22 τ , = | , ἀν r ᾿ LA ἑπτὰ βρονταί, ἔμελλον γράφειν. Καὶ ἤχουσα φωνὴν Ex τοῦ οὐρανοῦ λέγουσαν᾽ Σφράγι- \ € Y 7 \ » ; » è e
σον ἃ ἐλάλησαν αἱ ἑπτὰ βρονταί, nat μὴ αὐτὰ Ὑράφῃς. 5. Καὶ ὁ ἄγγελος, ὃν εἶδον € - LEE - é = “ Ἔν = - x ἑστῶτα ἐπὶ τῆς θαλάσσης χαὶ ἐπὶ τῆς γῆς, ἦρεν τὴν χεῖρα αὐτοῦ τὴν δεξιὰν. εἰς τὸν ᾽ r AA 4 LE] - = d - - € εἶ Ἢ οὐρανόν, 6. Καὶ ὥμοσεν "ἐν τῷ ζῶντι εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων, ὃς ἔχτισεν τὸν » « ι \ » 3 ru \ ΡῈ \ ἊΣ 5» οὐρανὸν χα! τὰ ἐν αὐτῷ χαὶ τὴν ἡ ἣν χαὶ τὰ ἐν αὐτῇ χαὶ τὴν θάλασσαν χαὶ τὰ ἐν αὐτῇ, ε' + r , » dl 1 - e 7 - ,* ὅτι χρόνος οὐχέτι ἔσται, T. ἀλλ᾽ ἐν ταῖς ἡμέραις τῆς φωνῆς τοῦ ἑδδόμου ἀγγέλου, εἴ Ὁ 2) ) ) 7 PAS λέ θ᾽ \ ἐξ - Ὁ € x (ἂν , \ ὅταν μέλλῃ σαλπίζειν, ᾿χαὶ ᾿ἐτελέσθη τὸ μυστήριον τοῦ θεοῦ, ὡς ᾿εὐηγγέλισεν τοὺς € Ὁ y" , δ x > » - - Ἃ ἑαυτοῦ δούλους τοὺς προφήτας. -8. Καὶ à φωνὴ, ἣν "ἤχουσα. Ex τοῦ οὐρανοῦ, πάλιν
G. 4. Jean ἃ compris ce que disaient les tonnerres, puisqu'il voulaït en confier le secret à l'écriture. Que signifie donc cette interdiction de les écrire, portée par Dieu, ou par le Christ, ou par un des Anges demeurés au ciel? Une explication qui a fait fortune, et qu’on retrouve chez Weiszäcker, Schæn, Pfleiderer, Bousset, Calmes, Joh. Weiss, etc., consiste à dire que l’auteur utilise ici une source écrite (Q pour Joh. Weiss, une Apocalypse juive où les 7 Tonnerres auraient joué le rôle des 7 trompettes), mais qu'il l’abrège volontairement, et exprime son procédé en disant qu'il « scelle », — c’est-à-dire qu'il garde pour lui — le contenu de cette révélation, dont il ne donnera que certains traits choisis, sans doute parce que Dieu lui a révélé quelque chose de mieux encore (Bousset). Interprétation assez plate, et bien artificielle; Jean n'était pas homme à combiner ainsi à tête reposée de ces ruses d'écrivain professionnel. Swete, ici encore, a vu beaucoup plus clair, et son interprétation est à la fois beaucoup plus digne de l’auteur inspiré, plus simple et plus naturelle. Jean reçoit d'en haut l’ordre de garder pour lui seul, enfouies dans sa mémoire, des connaissances surnaturelles qu’il ἃ reçues, maïs telles qu’il ne peut ni se les remémorer ni les exprimer d’une manière satisfaisante; tout de suite on pense à ces ἄρρητα ῥήματα qu'entendit aussi Paul dans son rapt (II Cor. xu, 4). Cette impuissance à elle seule peut être pour le Prophète comme un ordre de Dieu. — Cet épisode sert de plus, croyons-nous, à faire ressortir le caractère partiel, particulier, des révélations contenues dans le βιόλαρίδιον ; dans ce qu’elles auront de précis, elles ne constituent qu'un fragment d’un vaste ensemble que Jean a entrevu, d’une connaissance surnaturelle fulgurante comme des tonnerres, mais intraduisible peut-être en un langage humain qu’eussent compris ses lecteurs. Le « petit livre » se bornera, de fait, à décrire, en ses grandes lignes, l'avenir de l’Empire romain ainsi que de l’Église dans cet empire, et ce qui, dans la suite des temps, offrira de l’analogie avec l'état des premiers siècles. Car la mission de Jean était de fortifier les chrétientés d'Asie contre la persécution. Tout autre est le passage parallèle de Daniel : là la révélation ne doit rester obscure que jusqu’à l'événement, tandis qu'ici nous ne pouvons et ne pourrons jamais savoir ce que la voix articulée des Tonnerres a dit au Prophète. — Un tel mystère nous invite déjà à croire que cette scène sert d'introduction à des révélations plus vastes que celle du sort futur de Jérusalem, — contre ceux qui voient dans le ch. x une introduction à un fragment d'Apocalypse juive sur la Cité Sainte. A. B. 5. Spitia supprime, sans raison valable, de ὃν εἶδόν à ἐπὶ τῆς γῆς. — Serment de l’Ange, οἷν. Dan. xu, 7.
= À. JB. 6. ἐν après ὀμνύναι, déjà signalé par Aréthas comme une tournure très inusitée en grec, a été supprimé N, rec. K, al., Orig., boh; mais il se trouve aussi Dan. xu, 7, dans Théodotion. — οὐχ ἔστιν pour οὐχέτι ἔσται, dans N,, 8408-40-141, boh. — ὃ ζῶν εἰς τοὺς αἰῶνας χτλ, οἷν. 1, 18; 1v, 9-suiv.; xv, 7; Dan. vit, 12. — ὃς ἔχτισεν #t); formule biblique fréquente, Gen. χιν, 22; Ex. xx, 11; Ps. cxLvi, 6. — Pour χρόνος
οὐχέτι ἔσται, Cfr. la συντελεία χαιροῦ de Dan. χιι, 7 (Holtzmann).
G. 5-6. Il faut prendre ici χρόνος au sens de « délai », qui est classique (Æoltzmann,
Et j'entendis une voix du ciel qui disait : « Scelle Les choses dont ont parlé les Sept Tonnerres, et ne les écris pas. » 5. Et l’Ange, que je vis debout sur la mer et sur la terre, leva sa main droite au ciel, 6. et jura par le Vivant aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et les choses qui sont en lui, et la terre et les [choses qui sont] en elle, et la mer et les [choses qui sont) en elle, qu'il n’y aura plus de délai, 7. mais qu'aux jours de la voix du septième Ange, quand il sonnera de la trompette, est accompli le Mystère de Dieu, comme il en ἃ donné la bonne nouvelle à ses serviteurs les prophètes. 8. Et la voix que J'avais entendue du ciel, de nouveau
Swete, al.), et ne pas l'entendre, avec des exégètes anciens, Bède, etc,, suivis par Spitta, du « Temps » en soi, qui serait sur le point de faire place à l'éternité. André propose les deux sens, « temps », et « délai ». L'idée philosophique du temps opposé à l'éternité ne parait guère s’accommoder à l'esprit de l’Apocalypse, qui n’a rien de spéculatif; c’est un rapprochement bien fantaisiste que celui qui est fait par Spirta avec ΙΧ, 44-suiv., où il trouve des « Anges du temps ». Dans le prétendu parallèle d'Aen. sl. χχχπι, 2 et Lxv, 6-suiv., il est bien question de la cessation des divisions du temps après le iptement, dans le huitième Millénaire, mais dans un contexte d'idées si différent qu'il n'y ἃ pas trace de parallélisme. Jok. Weiss, après Spitta, supprime 7a comme glose de l’« Éditeur », et traduit 6 et 70 : ... « Die Zeit ist vorüber, und vollendet ist das Geheimnis Gottes »; mais son exégèse tombe avec sa théorie des sources. Au contraire, le parallélisme est très visible — et il n'a pas manqué d’être vu par Âoltzmann, Erbes, Bousset, al., — avec Dan. xn, 7, où l'Ange jure avec le : même geste et dans les mêmes termes, qu'il n’y a plus qu’un certain délai avant la fin. Le présent verset fait contraste avec vi, 11, où un délai, avant le début des calamités contenues dans le grand Livre, était imposé aux espérances des martyrs. Swete, qui le note avec d’autres, observe encore que cette assurance venait bien à propos à la fin de l’âge apostolique, quand l’ancien espoir d’une Parousie immédiate s'était dissipé, οἷν. II Pet. 1, 3-suiv. Beaucoup pouvaient être tentés de se dire : « Où est la promesse? Tout durera toujours comme depuis le commencement de la création ». — IL} « Ange puissant » annoncerait-il donc que la Parousie est imminente à la fin du rer siècle? Nullement; la Parousie est proche par rapport à un moment de l'avenir qui suivra la sixième trompette, et non pas, contre Bousset, par rapport au moment où Jean eut sa vision. Toutefois c’est une réponse à la sainte impatience qu'ont le Prophète et l’Église de voir le triomphe du Christ; c’est uñe assurance que le déploiement des calamités prédites ne fera que rapprocher la consommation du bonheur, que des fléaux en nombre limité suflfiront à détruire tout obstacle à l’épanouissement du Règne de Dieu, déjà commencé, du reste, par l’activité du Premier Cavalier (ch. vi) et des Deux Témoins (ch. χι, énfra). : —— À. B. "7. Καί à l’apodose, hébraïsme, pourrait être, comme l'indique EE le consécutif devant le parfait avec le sens du futur; ἐτελέσθη, aoriste d'anticipation
(Swete), corrigé en τελεσθῇ (Q, al, Orig., And.), ou τελεσθήσεται (Aréthas, lat.), ou τελεσθῆναι. — εὐαγγελίζειν, forme active, Int. c. x, ὃ II. — « Mystère de Dieu », chez Paul, 1 Cor. nu, 1; cfr. n, 7; 1v, 1; Col. 11, 2; mu. τοῦ χριστοῦ Eph. 11, 4; Col. 1v, 3; μὲ τῆς βασιλέιας Marc 1V, 11.
G. 7. Le « χρόνος οὐχέτι ἔσται » n'indiquait pas la fin immédiate, puisqu'il faut encore attendre la 7° trompette (Swete). Cette dernière sera celle du jugement, triomphe de Dieu, de l’Agneau et des fidèles. Le « Mystère de Dieu » est l'accomplissement définitif de la volonté bienfaisante d'En Haut, après la destruction des obstacles:
"λαλοῦσαν "μετ᾽ ἐμοῦ nat "λέγουσαν᾽ Ὕπαγε λάθε τὸ "βιὀλαρίδιον τὸ ἠνεῳγμιένον ἐν τῇ χειρὶ τοῦ ἀγγέλου τοὺ ἑστῶτος ἐπὶ τῆς θαλάσσης χαὶ ἐπὶ τῆς γῆς. 9. Καὶ "᾿ἀπῆλθα πρὸς τὸν ἄγγελον λέγων αὐτῷ δοῦναί μοι τὸ βιόλαρίδιον. Καὶ " λέγει por Abe χαὶ χατάφαγε αὐτό᾽ χαὶ πιχρανεῖ ἴσου τὴν χοιλίαν, ἀλλ᾽ ἐν τῷ στόματί σου ἔσται γλυχὺ ὡς μέλι. 10. Καὶ ἔλαῤον τὸ βιόλαρίδιον ἐκ τὴς χειρὸς τοῦ ἀγγέλου χαὶ χατέφαγον αὐτό, χαὶ ἦν ἐν τῷ στόματί μου ὡς μέλι γὙλυχύ᾽ χαὶ ὅτε ἔφαγον αὐτό, ἐπικράνθη ἡ χοιλία μου. 11. Καὶ "λέγουσί por Δεῖ σε πάλιν προφητεῦσαι ἐπὶ λαοῖς nai ἔθνεσιν χαὶ γλώσσαις χαὶ βασιλεῦσιν πολλοῖς.
de là l'emploi du mot εὐαγγελίζειν, qui signifie toujours quelque chose de joyeux et de consolant (Bousset), une nouvelle joyeuse (Holtzm.); car ce sera alors le repos éternel des saints (And.). Il ne faut pas y voir seulement, comme Bousset, le drame du ch. xu, la défaite historique de Satan; d’ailleurs les événements de x11-suiv. ne se déroulent pas au son d'une trompette. Ne cherchons pas pour le « Mystère de Dieu », dans des églises pauliniennes et pour une expression aussi caractéristique, un autre sens que le sens paulinien. L'Ange jure que la réalisation du plan du salut, l’union de tous les élus entre eux et à Dieu par le Christ — tel est le μυστήριον — sera parfaite quand aura sonné la dernière trompette, annonciatrice du jugement dernier, de la pleine rétribution,; et que cette sonnerie doit suivre de près la consommation de la sixième plaie décrite, la plus horrible de toutes (cfr. ch. xx, la guerre de Gog et Magog).
A. B. C. 8. λαλοῦσαν en désaccord avec φωνή (Inr. c. x, ὃ II); peut-être faut-il sous-entendre un second ἤχουσα avant le participe, qu'Orig., And., etc. mettent au nominatif; χαὶ ἤχουσα φωνὴν... πάλιν λάλουσαν dans na 7-104, ἜΝ arm. 8, Prime — Pour toute la scène, jusqu'au v. 10, cfr. Ezéch. παν 14-38 (Enr. c. v, u, $ I). — La voix doit être celle de Dieu ou du Christ, comme v, 4.
A. B. 9. ἀπῆλθα (A, «400-23-367, 1072, 1073) a été corrigé presque partout en ἀπῆλθον (Ir. c. x, ὃ II). — γλυχύς dit des jugements de Dieu, Ps. xvu (x1x), 10-11, et ΟΧΥΠῚ (cxix), 103. Jean a pris cette idée dans Æzéch. m1, 3, mais y a joint l'antithèse de l’amertume.
C. 9. Ce petit livre n'avait pas besoin d'être ouvert, ni lu publiquement au ciel, l’'Agneau ayant déjà déroulé tout le grand livre de l'avenir; il faut seulement qu'il soit consommé par le Voyant, suivant l’image d'Ézéchiel, c'est-à-dire que Jean se pénètre de son contenu pour l'annoncer aux églises. Ce contenu ne peut être que le ch. x et tout ce qui suit (Calmes, Bousset, v. infra); ce n’est pas encore le ch. ΧΙ qui ne renferme pas de prophéties détaillées sur « des peuples. et des rois nombreux » (verset suivant). Il est doux et amer à la fois, parce qu'il prophétise le jugement en même temps que la miséricorde (Swete). Ou, comme dit André, douce est la connaissance des choses futures que Dieu a décrétées, mais, comme les châtiments y sont compris, le Prophète sera pris de compassion.
A. C. 10. Aoristes hellénistiques, χατέφαγα, ἔφαγα, dans 1073, al. — « Manger ce livre » veut dire « le confier à sa mémoire » (Vict., al.).
—— A. B. 11. λέγουσιν, αὐτὴν ύτ ως : « on me dit » (InT, 6. x, $ II); λέγει dans ᾿ Av20-r1-1r,4103-7-104, al. oulg., 8 , boh., arm., éth., Prim. — ἐπὶ λαοῖς χτλ, comme
CL Χο 9 UT; ἈΠ D! on ὦ du stylé de l'Apocalypse, mais ici τὰ βασιλεῖς RARE dé φυλαί, sans doute à cause des chap. xvi et xvur.
GC. 11. On trouve chez les Anciens de curieuses interprétations données à cet ordre : Vict. : Jean sera délivré pour prophétiser encore, après la mort de Domitien; — mais il pouvait déjà bien prophétiser à Patmos! And., parmi d’autres interprétations
parla avec moi, et dit : « Va, prends le petit livre qui est ouvert dans la main de l’Ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. 9. Et je m'en fus vers l’Ange, lui disant de me donner le petit livre. Et il me dit : τῇ Prends, οἱ dévore-le; et il te sera amer aux entrailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel ». 10. Et je pris le petit livre de la main de l’Ange, et je le dévorai; et 1] était dans ma bouche doux comme du miel; et quand je l’eus mangé, mes entrailles sentirent l’amertume. 11. Et on me dit : « Il te faut de nouveau prophétiser sur des nations et des peuples et des langues et des rois nombreux ».
possibles : Jean ne mourra pas, et reviendra à la fin des temps prophétiser contre l'Antéchrist. Les anciens n'avaient pas compris la grande division de la partie prophétique en deux sections (INT, Ο. vi et χιν). |
Le vrai sens est que Jean, arrivé à la fin des Trompettes, devra encore, avant de clore son Apocalypse, publier des visions qui s'identifient avec le contenu du βιθλαρίδιον. Puisque c'est parce que il a mangé le livre qu’on lui dit cette phrase, et qu’on lui donne ce nouveau mandat, ce verset nous aide beaucoup à préciser le sens de l'épisode. Il s’agit des scènes des chap. x à xvin (Calmes, Bousset, Swete), et d'autres encore qui se rapportent, quoique non uniquement, à l’Empire romain. De là la mention de « rois » au lieu de « tribus ». Il va venir des « prophéties politiques », comme dit Hilsenfeld, (Z.W.T. 1890, 432, cité par Holtzm.) Δεῖ : il faut, c'est une nécessité intérieure qui le presse depuis qu'il a mangé le livre, et qu'il s’est rempli de la science des décrets divins les plus intéressants pour ses églises d'Asie. Πάλιν n'est pas, comme voudrait Joh. Weiss qui attribue ce verset à l’ « Éditeur », l’aveu que celui-ci, (ou l’auteur même), s’est approprié un livre déjà fait, une ancienne prophétie qu’il réédite (πάλιν), pour rappeler à la communauté des prédictions non encore réalisées. Nous avons déjà dit ce qu’il faut penser de pareils artifices prêtés à Jean. Mais πάλιν veut dire « une seconde fois, une fois encore », par rapport à toutes les prophéties qu'il a déjà données (Bousset). Sa mission prophétique se spécialise désormais. Et nous pouvons ajouter que ce seront en partie les mêmes prédictions que précédemment, mais à un autre point de vue et sous une autre forme; l’'adverbe πάλιν, selon nous, exprime cela. La théorie de la « récapitulation », restreinte et amendée, va trouver une juste application. $wete dit à peu près la même chose. Beckwiüh, lui, ne veut voir dans le contenu du « petit livre » que l’ordre écrit donné à Jean de continuer ses prophéties; point n’eût été besoin de tant d’embarras pour si peu.
b. Présentation de l'Eglise au milieu des fléaux et victoire de l'Évangile sur l'Antéchrist, par la prédication des « Deux Témoins » (x1, 1-14).
Ixrrop. 19) Place et rôle de cette péricope dans l’Apocalypse. — Zci la marche de la Révélation n'est pas des plus faciles à suivre, à cause de l'enchevétrement des deux images des Sept Trompettes et des « Trois Vae », dont le dernier ne peut étre | identifié qu'à la suite de reconnaissances exégétiques. Cependant une analyse attentive fait voir que l'écrivain a voulu mettre en contraste le résultat de l'activité des « Deux Témoins » avec les calamités du fléau précédent. Nous retrouvons donc ici le diptyque, l'antithèse périodique du sixième moment des septénaires. Nous croyons que le double tableau de IX et de ΧΙ] présente en raccourci, sous ses deux faces, toute la suite de l'exécution des volontés de Dieu consignées dans le Grand Livre du ch. ΚΓ;
θεωρέω (11 et 12), qui est caractéristique du 777 Évangile (23 fois Joh. et 1 fois I Joh.. tandis qu'il n'apparaît que 7 fois Marc, 7 fois Luc, 14 fois Act., 2 fois Mat., 1 fois Heb., et nulle part ailleurs dans le N. T.). L'anacoluthe δώσω... χαὶ,.. du v. 3 est une tournure qui ressemble assez à ἰδοὺ διδῶ... ἰδοὺ ποιήσω... de la lettre à Philadelphie, III, 9, ou du moins n'est pas plus extraordinaire (vid. ad. loc.). Les changements de temps s'expliquent psychologiquement, par le mouvement de la pensée de l’écrivain, qui retombe du sentiment renouvelé et vivant de la vision qu'il a eue, ou de l’état mental du prophète qui a conscience de décrire l'avenir déjà en germe dans le temps présent, au simple souvenir du narrateur qui se rappelle un phénomène visionnel (Enr. c. x, $ III). C'était l'inverse au ch. VIT (v. ad. loc.), où il passait du présent visionnel au futur prophétique; les chap. XXT et XXII nous présenteront encore des oscillations analogues. Quant à l'ordre des mots, les places respectives du sujet et du verbe ne sont pas très fixes dans le style de Jean; ici le sujet vient quinze fois le premier, et six fois le second; mais dans les Lettres, au ch. V au ch. VIT, 9-16, au ch. XIV, 1-13, et surtout du chapitre XVI jusqu'à la Jin, c'est cette construction qui domine; l'ordre inverse ne l'emporte résolument qu'au ch. IX; il faut croire que Jean se laissait aller sur ce point au hasard de sa plume. La position du régime direct devant le verbe est quelque chose de plus rare et significatif; toutefois nous pouvons noter que l'auteur se permettait cette construction chaque fois qu'il voulait attirer l'attention sur l'objet (voir, par exemple, IT, 3, &, δ; LIT, 19, eic.). Cette particularité de notre péricope peut provenir, en partie d'une intention, en partie du hasard; elle prouverait tout au plus que Jean l'a écrite avec une certaine emphase, ou dans le même état d'animation que lorsqu'il traçait les lignes de la lettre à Ephèse; on n'est pas plus fondé à y voir les vestiges d'une source transcrite quon ne le serait dans le ch. IX à cause de la position presque exclusive du verbe devant le sujet. Du reste, si nous y regardons de près, l'objet ne précède le verbe que 8 fois contre seize, et, sur ces huit cas, on trouve trois fois le pronom démonstratif, et une fois l'expression stéréotypée ἐξουσίαν ἔχουσιν, analogue à 6vop.a ἔχει; la proportion n'est donc guère plus forte qu'au ch. XVIT ou dans la lettre à Ephèse; dans les 4 cas qui restent, le commentaire fera très bien voir la raison de l’ordre des mots; ce n'était vraiment pas la peine d'attacher tant d'importance à une particularité si minime. Ajoutons que Jean ne S'astreignail pas sur ce point là une telle régularité; au ch. IV, 8, il écrit : ἀνάπαυσιν οὐκ ἔχουσιν, et au ch. XIV,11 οὐχ ἔχουσιν ἀνάπαυσιν.
En réalité, il n'y a donc que la faute εἰσῆλθεν ἐν αὐτοῖς du ν. 11 — laquelle n'est méme pas admise de Soden, qui supprime ἐν — à étre une particularité linguistique de notre tableau des 2 Témoins. C’est trop peu pour y découvrir une source écrite.
4°) Conclusion. — Nous ne nierons pas catégoriquement pour autant qu'il puisse y en avoir une; mais c'est une pure possibilité, et ül faudrait admettre en tout cas que Jean ne l'a citée que de mémoire, — puisque son style est si reconnaissable dans tout le morceau; il l'aurait d'abord mangée et digérée, comme le βιθλαρίδιον, pour l'exprimer ensuite sous sa forme à lui, en fonction de ses idées les plus personnelles. Alors, à quoi bon s'attacher à une hypothèse qui devient invérifiable? Nous devons en effet maintenir, après la plus rigoureuse analyse, que cette péricope n'est pas un intermède, mais la contre-partie, conformément au procédé johannique, de IX, 13-21. Toutes les images qu'elle contient peuvent, nous le verrons, s'expliquer directement par la Bible, sans recours forcé à l'Apocalyptique antérieure; l’« embottement » de la « Béte », au ν. 7, la relie solidement à la 25 section prophétique, quoiqu'elle fasse encore partie de la première; et par là cette scène, qui est du 2° Vae, implique le troisième (v. ch. XIII, comment.), — preuve nouvelle que tout cela ne représente pas de succession chronologique rigoureuse (Nr. Ὁ. v et vu). Enfin, la puissance des « Témoins » et leur résurrection nous aidera fort à comprendre le difficile « Millenium » du ch. XX.
Concluons donc que, si nous n'avions pas cet « intermède », qui a dérangé tant d'analystes, l'Apocalypse serait moins liée, moins cohérente, et moins symétrique, qu'elle ne l'est en réalité.
À. B. 1. Le singulier participe λέγων, qui ne se rapporte à aucun mot exprimé, mais seulement à l'agent impliqué dans le passif ἐδόθη (est-ce l’hébreu ΩΝ Ὁ} Ie) ce. $ ΠῚ, ἃ été changé en λέγει (N), λέγουσα ; χαὶ φωνὴ λέγουσα, dans quelques mss. du type André; ou bien l’on aïintercalé après ῥάδδῳ les mots χαὶ εἱστήχει ὁ ἄγγελος, (NC, syrew, Orig., Vict. etc.). — Ἔγειρε est pris ici au sens intransitif; un impératif aoriste « ingressif » suit très justement le présent. — Pour cette mesure symbolique, qui
reparaît Apoc. χχι, 15, et provient d'Ezéch. χι,, 1-6; xLu, 20, cfr. Zach. 11, 1; 75. XXxIV,
11; en. éth. Lxr, 1-suiv.
α. 1. Il est évident, malgré André, qui cherche ici quelque symbolisme spirituel, que λέγων, dû à une singulière négligence de style de l’auteur, ne peut se rapporter à χάλαμος. Mais qui est-ce qui parle? Est-ce encore l’Ange du ch. x (Bousset) ? Nous croirions plutôt que c’est le Christ lui-même, à cause de τοῖς... μάρτυσί μου du v. 3. Comment se fait-il alors que Jean ne l’ait pas nommé? C’est peut-être parce que, redescendu sur la terre, il y a retrouvé le « Fils d’'Homme » du ch. 1°". Les grandes figures rentrent pour un temps dans la pénombre, mais ne disparaissent pas; et toutes ces visions sont censées n'en faire qu'une ; le Christ, comme maître des églises et révélateur, demeure toujours sous les yeux de son prophète. « Lève-toi », lui dit-il, ne reste pas inactif à réfléchir sur la nouvelle mission que mon Ange t'a donnée, mais « mesure le temple de Dieu, et l'autel » et — ici encore il y a une dure négligence de style — « [mesure] aussi ceux qui y adorent ».
Que signifient ce temple et cette mesure? Le contexte montre à l'évidence que ce n’est ni le Temple du ciel connu des Apocryphes, ni l’autel du ciel dont il a été question aux ch. νι et suivants. C’est un temple terrestre, celui de Jérusalem, et le symbolisme de la mesure signifie que Jean, par mandat du Christ, doit le préserver de malheurs à venir, car on mesure symboliquement, ou ce qui doit être détruit (15. loc. cit.), ou ce qui doit être conservé (Zach. loc. cit.); c'est une manière d'annoncer les desseins de Dieu sur les hommes; ainsi Hénoch (loc. cit.) voit au ciel des Anges qui mesurent la foi et la justice des Justes, et leur résidence. Ici il s’agit de sauver une partie du temple de Jérusalem. Il ne faut pas penser à un bâtiment futur, comme dans Ezech. χι,; et surtout le contexte est beaucoup trop clair pour qu'on songe, avec ÆErbes, à une menace de destruction du temple juif.
Mais faut-il prendre ce temple au sens propre ou au figuré? La plupart des commentateurs modernes, croyant ce chapitre écrit avant l’an 70, opinent pour le sens propre. — « Au moins, explique prudemment Bousset, dans le sens du document primitif ». — C'est inadmissible, au moins dans le sens actuel, car Jean n’a composé
son Apocalypse que sous Domitien, longtemps après la guerre juive. Nous discuterons
les opinions des critiques dans l’Exc. xx. Ce ναός est une figure — comme celui de Il Thess. τι, 4 v. INrron. 0. 1x — Θ 1] représente allégoriquement l'Eglise, par une image paulinienne. Ainsi l'ont bien vu Victorin, André, les médiévaux, Albert le Grand, etc. Corn. a lap., etc., Bossuet, et, parmi les contemporains, Swete, qui dit fort justement que ce temple est l'édifice spirituel dont la forme est suggérée par celle du Temple de Jérusalem. La partie à mesurer comprend donc, si l’on compare le v. 2, le « Saint des Saints », et les parvis jusqu’à celui des gentils exclusivement (Spitta, Holtzm.). Le θυσιαστήριον peut donc aussi bien être l’autel des holocaustes, dans la cour des prètres, que celui des parfums. Quant à « ceux qui y adorent », nous allons voir, contre B. Weiss et Beyschlag, que ce ne sont pas seulement les Juifs fidèles, les 144.000 du ch. vu; le sens est bien plus général, et nous le fixerons bientôt. APOCALYPSE DE SAINT JEAN. 9
θεωρέω (11 et 12), qui est caractéristique du IVe Évangile (23 fois Joh. et 1 fois 1 Joh.. tandis qu'il n'apparaît que 7 fois Marc, 7 fois Luc, 14 fois Act., 2 fois Mat., 1 fois Heb., et nulle part ailleurs dans le N. T.). L'anacoluthe δώσω... καὶ... du v. 3 est une tournure qui ressemble assez à ἰδοὺ διδ ὥ... ἰδοὺ ποιήσω... de La lettre à Philadelphie, III, 9, ou du moins n'est pas plus extraordinaire (vid. ad. loc.). Les changements de temps s'expliquent psychologiquement, par le mouvement de la pensée de l'écrivain, qui retombe du sentiment renouvelé et vivant de la vision qu'il a eue, ou de l’état mental du prophète qui a conscience de décrire l'avenir déjà en germe dans le temps présent, au simple souvenir du narrateur qui se rappelle un phénomène visionnel (nr. c. x, δ III). C'était l'inverse au ch. VIT (v. ad. loc.), où il passait du présent visionnel au futur prophétique; les chap. XXT et XXII nous présenteront encore des oscillations analogues. Quant à l'ordre des mots, les places respectives du sujet et du verbe ne sont pas très fixes dans le style de Jean; ici le sujet vient quinze fois le premier, et six fois le second; mais dans les Lettres, au ch. V au ch. VIT, 9-16, au ch. XIV, 1-13, et surtout du chapitre XVI jusqu'à la Jin, c'est cette construction qui domine; l'ordre inverse ne l'emporte résolument qu'au ch. IX; 1 faut croire que Jean se laissait aller sur ce point au hasard de sa plume. La position du régime direct devant le verbe est quelque chose de plus rare et significatif; toutefois nous pouvons noter que l'auteur se permettait cette construction chaque fois qu'il voulait attirer l'attention sur l'objet (voir, parexemple, IT, 3, 4, 5; IIT, 19, etc.). Cette particularité de notre péricope peut provenir, en partie d'une intention, en partie du hasard; elle prouverait tout au plus que Jean l'a écrite avec une certaine emphase, ou dans le même état d'animation que lorsqu'il traçait les lignes de la leitre à Ephèse; on n'est pas plus fondé à y voir les vestiges d'une source transcrite quon ne le serait dans le ch. IX à cause de la position presque exclusive du verbe devant le sujet. Du reste, st nous y regardons de près, l'objet ne précède le verbe que 8 fois contre seize, et, sur ces huit cas, on trouve trois fois le pronom démonstratif, et une fois l'expression stéréotypée ἐξουσίαν ἔχουσιν, analogue à ὄνομα ἔχει; la proportion n'est donc guère plus forte qu'au ch. XVII ou dans la lettre à Ephèse; dans les 4 cas qui restent, le commentaire fera très bien voir la raison de l’ordre des mots; ce n'était vraiment pas la peine d'attacher tant d'importance à une particularité si minime. Ajoutons que Jean ne S'astreignait pas sur ce point là une telle régularité; au ch. IV, 8, il écrit : ἀνάπαυσιν οὐκ ἔχουσιν, et au ch. XIV,11 οὐχ ἔχουσιν ἀνάπαυσιν.
En réalité, il n'y a donc que la faute εἰσῆλθεν ἐν αὐτοῖς du ν. 11 — laquelle n'est méme pas admise de Soden, qui supprime ἐν — à étre une particularité linguistique de notre tableau des 2? Témoins. C’est trop peu pour y découvrir une source écrite.
40) Conclusion. — Nous ne nierons pas calégoriquement pour autant qu'il puisse
y en avoir une; mais c'est une pure possibilité, et ül faudrait admettre en tout cas que Jean ne l'a citée que de mémoire, — puisque son style est si reconnaissable dans tout le morceau; il l'aurait d'abord mangée et digérée, comme le βιθλαρίδιον, pour l'exprimer ensuite sous sa forme à lui, en fonction de ses idées les plus personnelles. Alors, à quoi bon s'attacher à une hypothèse qui devient invérifiable? Nous devons en effet maintenir, après la plus rigoureuse analyse, que cette péricope n'est pas un intermède, mais la contre-partlie, conformément au procédé johannique, de IX, 13-91. Toutes les images qu’elle contient peuvent, nous le verrons, s'expliquer directement par la Bible, sans recours forcé à l'Apocalyptique antérieure; l'« embottement » de la « Béte », au ν. 7, la relie solidement à la 25 section prophétique, quoiqu'elle fasse encore partie de la première; et par là cette scène, qui est du 2e Vae, implique le troisième (ν. ch. XIII, comment.), — preuve nouvelle que tout cela ne représente pas de succession chronologique rigoureuse (Inr. c. v et vi). Enfin, la puissance des « Témoins » et leur résurrection nous aïdera fort à comprendre le difficile « Millenium » du ch. XX.
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APOCALYPSE DE SAINT JEAN. ἀν 129
Concluons donc que, δὲ nous n'avions pas cet « intermède », qui a dérangé tant d'analystes, l'Apocalypse serait moins liée, moins cohérente, et moins symétrique, qu'elle ne l'est en réalité.
À. B. 1. Le singulier participe λέγων, qui ne se rapporte à aucun mot exprimé, mais seulement à l'agent impliqué dans le passif ἐδόθη (est-ce l’hébreu so? Inn: δ. χὰ $ IT), ἃ été changé en λέγει (Ν), λέγουσα ; χαὶ φωνὴ λέγουσα, dans quelques mss. du type André; ou bien l’on aintercalé après ῥάδδῳ les mots χαὶ eiormuer ὁ ἄγγελος, (N°, syrew, Orig., Vict. etc.). — Ἔγειρε est pris ici au sens intransitif; un impératif aoriste « ingressil » suit très justement le présent. — Pour cette mesure symbolique, qui reparaît Apoc. xx1, 15, et provient d’Ezéch. χι,, 1-6; xLu, 20, cfr. Zach. π, 1; 78. xxxiv, 11; Hen. éth. Lxr, 1-suiv.
α. 1. Il est évident, malgré André, qui cherche ici quelque symbolisme spirituel, que λέγων, dû à une singulière négligence de style de l’auteur, ne peut se rapporter à χάλαμος. Mais qui est-ce qui parle? Est-ce encore l’Ange du ch. x (Bousset) ? Nous croirions plutôt que c’est le Christ lui-même, à cause de τοῖς... μάρτυσί μου du v. 3. Comment se fait-il alors que Jean ne l’ait pas nommé? C’est peut-être parce que, redescendu sur la terre, il y a retrouvé le « Fils d’'Homme » du ch. τοῦ, Les grandes
figures rentrent pour un temps dans la pénombre, mais ne disparaissent pas; et toutes
ces visions sont censées n'en faire qu’une ; le Christ, comme maître des églises et révélateur, demeure toujours sous les yeux de son prophète. « Lève-toi », lui dit-il, ne reste pas inactif à réfléchir sur la nouvelle mission que mon Ange t’a donnée, mais « mesure le temple de Dieu, et l'autel » et — ici encore il y a une dure négligence de style — « [mesure] aussi ceux qui y adorent ».
Que signifient ce temple et cette mesure? Le contexte montre à l'évidence que ce n’est ni le Temple du ciel connu des Apocryphes, ni l’autel du ciel dont il ἃ été question aux ch. νι et suivants. C’est un temple terrestre, celui de Jérusalem, et le symbolisme de la mesure signifie que Jean, par mandat du Christ, doit le préserver de malheurs à venir, car on mesure symboliquement, ou ce qui doit être détruit (15. loc. cit.), ou ce qui doit être conservé (Zach. loc. cit.); c’est une manière d'annoncer les desseins de Dieu sur les hommes; ainsi Hénoch (loc. cit.) voit au ciel des Anges qui mesurent la foi et la justice des Justes, et leur résidence. Ici 1] s’agit de sauver une partie du temple de Jérusalem. Il ne faut pas penser à un bâtiment futur, comme dans Ezech. x; et surtout le contexte est beaucoup trop clair pour qu'on songe, avec Erbes, à une menace de destruction du temple juif.
Mais faut-il prendre ce temple au sens propre ou au figuré? La plupart des commentaleurs modernes, croyant ce chapitre écrit avant l’an 70, opinent pour le sens propre. — « Au moins, explique prudemment Bousset, dans le sens du document primitif ». — C'est inadmissible, au moins dans le sens actuel, car Jean n'a composé son Apocalypse que sous Domitien, longtemps après la guerre juive. Nous discuterons les opinions des critiques dans l'Exc. χχι. Ce ναός est une figure — comme celui de II Thess. τι, 4 v. INrroD. c. ΙΧ — etil représente allégoriquement l'Église, par une image paulinienne. Ainsi l'ont bien vu Victorin, André, les médiévaux, Albert le Grand, etc. Corn. a lap., etc., Bossuet, et, parmi les contemporains, Swete, qui dit fort justement que ce temple est l'édifice spirituel dont la forme est suggérée par celle du Temple de Jérusalem. La partie à mesurer comprend donc, si l’on compare le v. 2, le « Saint des Saints », et les parvis jusqu'à celui des gentils exclusivement (Sputta, Holizm.). Le θυσιαστήριον peut donc aussi bien être l'autel des holocaustes, dans la cour des prètres, que celui des parfums. Quant à « ceux qui y adorent », nous allons voir, contre B. Weiss et Beyschlag, que ce ne sont pas seulement les Juifs fidèles, les 144.000 du ch. vu; le sens est bien plus général, et nous le fixerons bientôt. |
Ch. χι. 1. Καὶ ἐδόθη μοι κάλαμος ὅμοιος ῥάῤδῳ, "λέγων᾽ “Ἔγειρε χαὶ μέτρησον τὸν ναὸν τοῦ θεοῦ χαὶ τὸ θυσιαστήριον χαὶ τοὺς προσχυνοῦντας ἐν αὐτῷ. 2. Καὶ "τὴν αὐλὴν τὴν "ἔξωθεν τοῦ ναοῦ ἔχόαλε ἔξωθεν, χαὶ μὴ αὐτὴν μετρήσῃς, ὅτι ἐδόθη τοῖς ἔθγεσιν, nai "τὴν πόλιν τὴν ἁγίαν πατήσουσιν μῆνας τεσσαράχοντα δύο. 3. Καὶ "δώσω "τοῖς δυσὶ μάρτυσί μου, ᾿χαὶ προφητεύσουσιν ἡμέρας χιλίας διαχοσίας ἑξήκοντα "περιθεδλημένους σάχχους. h. "Οὗτοί εἰσιν "αἱ δύο ἐλαῖαι χαὶ "αἱ δύο λυχνίαι αἱ
2 , LE { La CT re Ex 5 K ᾿ à ἢ Ζ 3 ΡῈ τῷ ἐγώπιον τοῦ χυρίου Ts γὴῇς ἑστῶτες. 9. Mat εἰ τις αὐτοὺς θέλει ἀδιχῆσαι, πῦρ
Grâce à la mesure divine dont Jean, en vision, a été l'instrument, --- il s’agit sûre-
ment ici d’une promulgation, non d’une réalisation, du plan divin par son moyen (cfr.
Vict.), quoique son Apocalypse elle-même ait contribué à préserver les fidèles; cfr. les actes symboliques des prophètes, qui n'étaient pas cause de ce qu’ils signifiaient, — ces adorateurs vont être sauvés des maux dont la description suivra. Rappelons-nous qu’au ch. vn, 2-3, il y avait aussi une mesure de préservation, entre les deux aspects du sixième moment d’un septénaire. Ce parallélisme est à noter. On peut encore rap-
procher cette image, quant au sens, de la « montagne de Sion » du ch. xiv, et du
« camp des saints » du ch. xx (v. ad loc.).
—— À. B. 2. τὴν αὐλήν est préposé pour attirer l'attention de celui qui mesure :
« quant à la cour extérieure, ne la mesure pas »; de même, plus bas, τὴν πόλιν τὴν ἁγίαν. Ce verset a été profondément altéré dans KN*, qui ne donne aucun sens satisfaisant; puis ἔξωθεν! ἃ été remplacé par ἔσωθεν, δα, Av20-r1-1° à 1598-12-181, Av 46-35-2018, al., δι γεν, Vict., von Soden; et ἔξωθεν 5 par ἔσω ou ἔσωθεν (α 3-P-085, al.); on n’y peut voir que des méprises de scribes, trompés par l’assonance, ou ne croyant pas devoir répéter le même mot. — μετρήσουσιν pour πατήσουσιν est une distraction de Δ. — πατήσουσιν χτλ peut être une réminiscence de Zach. χη, ὁ; Dan. vin, 13 (Theod.), de plusieurs
| passages des Psaumes, des Ps. Sal. 11, 19; vu, 2; xvu, 25; mais il y a un parallèle
direct dans le discours eschatologique de Luc xx1, 24 : Ἰερουσαλὴμ. ἔσται πατουμένη ὑπὸ ἐθνῶν ἄχρις οὗ πληρωθῶσιν χαιροὶ ἐθνῶν. — ἢ πόλις ἣ ἁγία, pour désigner Jérusalem, fréquent dans la Bible — « 42 mois », mesure consacrée pour le temps d’'épreuve, est constante dans l’Apocalypse, mais exprimée ailleurs en années ou en jours, x1, 3; χη, 6; 44; χη, 5. Elle apparaît pour la première fois Dan. vi, 25; 1x, 27 et x, 7; cfr. le même,temps assigné à la sécheresse produite par la prière du prophète Élie , non dans l'A. T. ( I Reg. xvu, 1, trois ans), mais Luc 1v, 25 et Jac. v, 17.
C. 2. Le parvis extérieur est donné aux nations pour être profané, avec tout le reste de la Cité sainte: c’est « le temps des gentils » de Luc (supra).Il ne s’agit pas d'«anéantir », comme voudrait Bousset, mais de fouler aux pieds, de souiller le parvis et la ville par leur présence et leur idolâtrie. Comme cela fait contraste avec le sort du sanctuaire et des parvis intérieurs, c’est la preuve certaine que ceux-ci n'étaient mesurés que pour être épargnés. La « cour extérieure » signifie pour André la synasogue des Juifs infidèles et des gentils; pour Swete, la cour signifie la religion des Juifs, la « Cité sainte » leur état politique. Mais nous ne pensons pas qu'il faille restreindre à Israël cette partie de la prophétie, aussi peu que la « montagne de Sion » du ch. χιν (v. ad loc.). 11 paraît plus juste, d’après l’analogie de bien d’autres passages, de considérer cette « cour extérieure » et cette « Cité Sainte » comme représentant allégoriquement les conditions externes et mondaines dans lesquelles doit vivre l'Église. C’est seulement à l'extérieur qu'elle est foulée, qu'elle souffre, qu'elle subit persécution, tandis que, dans le sanctuaire intérieur des âmes, figurée par les « adorateurs » du verset précédent, elle demeure prosternée devant Dieu, dans la prière et dans la paix. Une idée absolument équivalente se trouvera au ch. x où la
ΥΥ Re GS Ν᾽ Ἂν ἡ APOCALYPSE DE “SAINT JEAN. 131
Ch. x1, 1. Etil me fut donné un roseau pareil à une canne, [en] disant : « Lève-toi, et mets-toi à mesurer le temple de Dieu, et l'autel, et ceux qui y adorent. 2. Et la cour qui est en dehors du temple, rejette-[la] dehors, et ne la mesure pas, car elle ἃ été donnée aux nations; et la Ville Sainte, elles [la] fouleront aux pieds pendant QUARANTE-DEUX Mois. 3. Et je donnerai à mes DEUX TÉMOINS, de prophétiser (/£4 : et ils prophétiseront) MILLE DEUX CENT SOIXANTE JOURS, s'étant enveloppés de sacs. » 4. Eux, ce sont les deux oliviers et les deux flambeaux qui se tiennent debout en face du Seigneur de la terre. 5. Et si quelqu'un veut leur nuire, du feu sort de leur
Femme (l'Église) est en sûreté au désert, tandis que « ses enfants » sont persécutés dans le monde par le Dragon.
Les 42 mois (alias 3 ans 1/2, 1260 jours — 12 mois de 30 jours) sont un symbole d’une signification certaine; ils désignent, depuis Daniel (supra) le temps que durera le règne des ennemis de Dieu, d’après celui que dura la persécution d’Antiochus Epiphane ; mais nous verrons, aux versets suivants et dans 1 Εἶχα, xxn1, de quel sens multiple et profond 5. Jean a chargé cette mesure, si accidentelle qu’en pût être l'origine.
Α. 3. rat δώσω... καὶ προφητεύσουσιν (Syrsw SABDOAEE ἵνα au lieu de xat?, ce qui répond bien au sens), pourrait être un hébraïsme : YANN “ΝΞ; cfr. une anacoluthe
du même genre, Apoc. it, 9. — xept6e6Anpévous pour le nominatif, admis par W-A, d'après N°, À, Q-1070-046, Ρ-α 3-025, O14-4-91, α 103-7-104, « 1580-28. 2015, à 206-48- 242, ἂν 40-79-2036, « 1475-96-2041, nous semble authonbque, comme une de ces négligences familières à l’auteur (Inr., c.x, ὃ II). L'article τοῖς indique que ces « Témoins » (μάρτυς signifie {émoin, et pas encore martyr, sens dérivé du premier) doivent être une figure connue, traditionnelle.
B. 3. Pour latlente apocalyptique d’un seul « témoin » — qui est dans ce cas toujours Élie, — cfr. Malachie in, 1-3; 23-suiv.; Æcclésiastique xzvnit, 10-11 : dans 16 Nouveau Tostainent, Marc vi, 15 et LR vin, 28 et parall.; 1x, 11 à le Μαί. χι, 10, 14 et parall.; RIRE ee et Pères, v. l'Exc. xx. Pour deux ou plusieurs témoins ou précurseurs. on peutse reporter à la scène de la Transfiguration, Marc, 1x, 4 et parall.; IV Æsd. vi, 26, etc.); traditions rabbiniques postérieures nommeront, avec Élie et Hénoch, ou Élie et Moïse, Esdras, Baruch, Jérémie, Job; cfr. aussi le « Messie ben- Joseph ». L’Apoc. d'Élie, tardive, connaît 60 précurseurs du Messie (Voir Vozz, WEBer, LAGRANGE, BousseT, etc. Exc. xxi1).
ΕΥ̓ NP Église est réfugiée dans la prière et la contemplation, dans les parties intérieures du temple, tandis que les « gentils » l’entourent et sont les maîtres au dehors. Mais s’interdit-elle pour cela toute action extérieure? Bien au contraire : le Christ envoie deux « Témoins », revêtus d’un « sac », ce vêtement grossier des prophètes de l'Ancien Testament, signe de pénitence. Ils prèchent avec éclat au beau milieu des ennemis, et leur ou doit durer tout aussi longtemps que la ville sainte sera Hrétante (1260 jours — 42 mois); ce sera une protestation perpétuelle contre la victoire apparente du mal.
Les auteurs anciens et médiévaux ont presque tous identifié ces Deux Témoins à Élie et à Hénoch; un autre courant d'interprétation, qui remonte au moins à Tyconius, et qui a été suivi par l'école Alcazar-Bossuet, y voit des forces collectives de l'Église. C’est la seconde qui nous semble s'imposer, à cause du contexte très clair (νν. 4 et suiv.) et pour les nombreuses raisons que nous exposons plus loin, Εἶχα. xxir. Mais, gräce à l'influence de la tradition apocalyptique, leur activité va être décrite sous des traits empruntés en grande partie à celle d’Élie et de Moïse (non pas d'Hénoch).
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Fe Lx 139 | APOCALYPSE DE SAINT JEAN.
ἐχπορεύεται ἐχ τοῦ στόματος αὐτῶν, nat χατεσθίει τοὺς ἐχθροὺς αὐτῶν. Καὶ εἴ τις
ἐξουσίαν ἔχουσιν ἐπὶ τῶν ὑδάτων στρέφειν αὐτὰ εἷς αἷμα, χαὶ πατάξαι τὴν γῆν "ἐν LCR
, ra 4 7e LIN el , Al 7 ε πάσῃ πληγῇ» ὁσάκις ᾿ἐὰν θελήσωσιν. 7. Καὶ ὅταν τελέσωσιν τὴν μαρτυρίαν αὑτῶν,
τὰ « , à ᾽ 7 ᾿] -“- τ ͵ ᾽ \ τὸ θηρίον τὸ avabaivoy Ex τῆς ἀδύσσου ποιήσει μετ᾽ αὐτῶν πόλεμον al νικήσει αὐτοὺς
nt - ᾽ a ῶ Καὶ \ = ᾽ - LE] \ τὰ / “Ὁ ! χαὶ ἀποχτενεῖ αὐτούς. ὅ. Kat τὸ πτῶμα αὐτῶν ᾿ἐπὶ τῆς πλατείας τῆς πόλεως τῆς
À. B. 4. L'article αἱ doit encore reporter l'esprit vers les images connues; il n'est omis que 1581-46-209; — solécisme ἑστῶτες, masculin (Inr. c. x, SIL), corrigé en ἑστῶσαι, rec. Καὶ, Hipp. — ΤΙ n'y ἃ pas à chercher longtemps la référence; Jean l’a faite très ostensiblement à Zach. 1v, 2-suiv., 14 : ἰδοὺ λυχνία yous7 ὅλη (Israël)... xat δύο ἐλαῖαι ἐπάνω αὐτῆς (Jésus le prêtre et Zorobabel)..…… οὗτοι οἱ δύο υἱοὶ τῆς πιότητος παρεστήχασιν Κυρίῳ πάσης τῆς γῆς. Notre passage ne peut être qu ‘une adaptation libre de ce texte (λυχνία, δύο ἐλαῖαι, οὗτοι, χυρίῳ (πάσης) τῆς γῆς).
C. 4. Par cette référence, Jean explique lui-même ce qu’il entend par ses « Deux Témoins »: Il ne renvoie pas au prophète Élie ni au patriarche Hénoch, mais au chef civil et au chef religieux du peuple d'Israël, au retour de la captivité. Jésus fils de Josédec et Zorobabel étaient eux-mêmes les représentants typiques du sacerdoce et de la maison de David. Aussi Bossuet était-il bien fondé à reconnaître ici « les consolateurs de l’Église, pris dans le clergé ou dans le peuple ». Swete y voit « tous les saints en général ». D'une manière plus précise, à cause du contexte, nous pouvons dire qu'il s’agit de tous les bons prédicateurs de l'Évangile, qui combattent l'influence de l’Antéchrist, dont le règne est conçu comme coëxtensif en durée, ou presque, à celui du Messie sur la terre (v. Exc. xx, et comment. du ch. xx). Ils incarnent l’action de l'Église, celle qui éclate aux yeux de ses adversaires, en dehors du sanctuaire de la vie intérieure.
À. B:5: Le résbut ἐχπορεύεται au lieu du futur, 1072, g, oulg. — Le « feu » est une allusion possible au châtiment envoyé par Élie aux messagers d'Ochozias, Π Reg1, 10-suiv. Mais il faut comparer surtout Jér. v, 14 : ἰδοὺ ἐγὼ δέδωχα τοὺς λόγους pou εἰς τὸ στόμα σου ὡς πῦρ, et Ecclésiastique ΧΙ, 1 : καὶ ἀνέστη Ἣλίας προφήτης ὡς πῦρ, χαὶ
G. 5. Les Témoins, explique André, font des miracles pour neutraliser Les prestiges de l’Antéchrist, et il est impossible à toute puissance ennemie de leur nuire jusqu'à empêcher leur témoignage, pour aussi longtemps que Dieu veut qu’il soit rendu. Cette image du feu qui sort de la bouche rappelle encore divers traits attribués au Messie- Juge dans les Apocryphes : IV Æsd. x, 10-suiv., l'Homme monté de la mer extermine sans armes ni mouvement une armée innombrable, « quoniam emisit de ore suo sicut flatum ignis, etc. »; Asc. 15. 1v, 18 : « le Bien-Aimé fera monter un feu de luimême, et il consumera tous les impies ». Là, ces images sont à prendre dans un sens plus ou moins matériel, car il s'agit d'extermination et de damnation au grand Jour du Seigneur. Mais ici il n’y a pas lieu, avec Düsterdieck, Bousset, etc., de forcer le rapprochement avec II Reg. 1, 10-suiv. Le feu doit se prendre au sens figuré, comme dans les passages de Jérémie et de l'Ecclésiastique; c'est une image qui signifie la puissance de la parole (Victor. : ignem... potestatem verbi dicit), comme l « épée » qui sort également de la bouche (voir comment. de 1, 16 et 11, 12). On peut comparer les deux à Isaïe, x1, 4 : « Il jugera dans l'équité pour les humbles de la terre; et il frappera la terre de la verge de sa bouche, et par le soufle de ses lèvres il fera mourir l’impie », qui semble commenté, par le Ps, Sal, xvn : « Purifie Jérusalem des païens qui la foulent.…
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