EXC. XXIV. — L'ANTÉCHRIST ET JÉRUSALEM
Nous tenons déjà pour acquises plusieurs propositions qui ne seront complète ment démontrées qu'aux chapitres x et xvu. D'abord, la Bête de χι, 7-suiv.,,
en dépit des scrupules trop subtils de Bousset, influencé par sa croyance à une source juive, est bien la même que celle des chapitres ultérieurs. Pour l’unanimité — au moins morale — des anciens et des modernes, elle représente l’Antéchrist. L'origine de cette figure presque essentielle à l’eschatologie, et des symboles qui la représentent, sera étudiée au ch. x. Cet Antéchrist, nous 16 démontrerons également là, n’est pas chez Jean une personne unique, mais une collectivité animée d’un certain esprit (voir 1 Joh., τι, 18, 22; 1v, 3). 1rénée, Hippolyte, André, Aréthas, les médiévaux en général, y ont vu, comme les Juifs, une personnalité qui devait surgir à la fin des temps; mais Victorin y a découvert la figure de l'empire romain (idée qui n’est du reste pas étrangère aux Pères primitifs), et, semble-t-il, Néron — le Nero redivivus — en s'appuyant sur II TAess., τι, 7 : « arcanum malitiae jam molitur ». Pour l’école d'Alcazar, Grotius, Hammond, Bossuet, la Bête représente cet empire. Et, en effet, la puissance des Augustes est bien la première réalité visée, de même que, Dan. vit, 17, les quatre Bêtes, prototypes de celle de Jean (d’après le ch. xmi), sont des royaumes. La Bête apocalyptique est aussi un pouvoir impérial qui monte de « l’Abîme », soit parce que, sous l'aspect qu'elle prend aux yeux du Voyant, ces persécuteurs tirent leur puissance malfaisante de l'Enfer, soit parce que ce pouvoir s'est étendu sur l'Asie des régions de la mer occidentale (cfr. xrx, 1 : ἐκ τῆς θαλάσσης θηρίον ἀναύαϊνον).
Tout cela, nous le présupposons. Mais la question qui nous intéresse proprement ici, c'est de savoir pourquoi ce monstre a été placé dans le cadre de Jérusalem plutôt qu'ailleurs. Quoique cette Jérusalem soit symbolique (v. comment., supra), ce rapprochement de symboles a dû être imposé par une tradition, En effet, « l’homme d'iniquité », « 16 fils de perdition » 4611 TAess. 11, s'assied « dans le temple de Dieu ». Le « séducteur du monde », κοσμοπλανής », qui apparaît sous forme de « fils de Dieu », Didachè, xvr, 3-4, le tyran eschatologique qui fait son apparition dans un verset d'Esdras (« et regnabit quem non sperant, qui inhabitant super terram » [IV Æsd., v, 6), pourrait bien aussi être en rapport étroit avec les Juifs. Le βδέλυγμα τῆς ἐρημώσεως de Dan., 1x, 27; Mat., χχιν, 15, οἷν. Marc xux, 14, sévira aussi dans le temple de Jérusalem; toutefois, dans l'Évangile, il ne s’agit pas des derniers temps, mais de la ruine historique de cette cité, comme le fait bien voir le parallèle de Luc. Enfin rappelons-nous la tradition sur l'Antéchrist sorti de la tribu de Dan (v. comment. à vir, 1-8). Bousset pense que cette modification de l’ancienne donnée de Daniel, pour faire de l’Antéchrist un membre de la race d'Israël, a dû s’accomplir sur le sol juif avant le christianisme, au temps des derniers Asmonéens ou d'Hérode. Quoi qu'il en soit, la Bête de l’Apocalypse, bien que siégeant à Jérusalem, apparaît comme étant en relation moins avec les Juifs qu'avec les gentils qui foulent les parvis extérieurs et la
. ville Sainte.
Il est cependant possible que cette tradition sur un Antéchrist juif, ou se donnant comme roi des Juifs et conçu comme faux Messie, faux prophète, ait influé, avec la tradition de Daniel, sur la forme de notre prophétie, comme sur celle de 1 Thess. Nous disons seulement « sur la forme » ; car, pour le fond, la Bête est
᾿ d'abord, très certainement, l'Empire romain persécuteur. Mais enfin cette influence expliquerait pourquoi cette scène d’une portée universelle, eschato-
logique au sens le plus large, a été placée à Jérusalem, pourquoi le temple,
quoique déjà détruit, est apparu comme figure, et pourquoi les « Témoins » ont des traits de Moïse, d'Élie, et peut-être d'Hénoch. — À moins que ce ne soit l'inverse, c’est-à-dire que Ιὰ part de symbolisme empruntée à l'histoire de ces personnages de l’Ancienne Loi n'ait entraîné pour toute la scène où ils figurent le décor de la Terre-Sainte.
Existe-t-il quelque parallèle à ce rapport des « Témoins » avecl’Antéchrist? — J'entends un parallèle formel et explicite; car il était facile de déduire ce rapport du rôle « eschatologique » assigné à l’un comme aux autres. — Deux ont été signalés : d’abord la figure du Messie fils de Joseph (précurseur du vrai Messie fils de Juda), qui doit périr dans la lutte contre Gog et les païens. Seulement, c’est une création apocalyptique beaucoup trop tardive pour qu’elle ait influé sur notre passage. Mais, déjà dans l’Assomption de Moïse, ch. var-1x, apparaît le personnage fort énigmatique de Taxo (r&wv(?), participe futur de τάσσω, « ordonner », d’après l'hypothèse de Clemen, Kaurzscn, τι, p. 326, admise de Bousset, Rel. Jud. et Antichrist; pour les uns, il pourrait avoir un rapport avec Élie, pour d’autres, ce qui n’est pas vraisemblable, avec le Messie, ou bien c’est une gematria). Ce Taxo est un vieillard qui fuit avec ses sept fils devant un tyran ennemi de Dieu, mélange d’Antiochus et d'Hérode, régnant à Jérusalem; Taxo meurt, et alors vient la fin. Le parallèle avec les Témoins, si parallèle il y a, est encore assez lointain; nous en chercherions plutôt un avec l’histoire de Mathatias et de ses fils les Macchabées.
Le rapprochement le plus étroit qu’on puisse faire, selon nous, ce serait donc avec II Thessal. τι. (v. iNTRoD., c. 1x, p. cxiv). Le χατέχων et le xéreyov de saint Paul, opposés à la pleine manifestation de l'homme d’iniquité » (— la Bête), sont des termes mystérieux qui répondraient à l’activité par laquelle, trois ans et demi durant, les deux témoins arrêtent les progrès de l’Antéchrist. Alors l’idée ne serait pas « traditionnelle », mais purement chrétienne et sans attache juive, malgré le décor symbolique du temple et de Jérusalem.
6° Septièmeñet dernière Trompette. — La consommation (xt, 15-18).
INT. — La rupture du 7e sceau avait été le signal de l'exécution des décrets divins ; ainsi la 7° trompette en amène la consommation. Ces versets n'indiquent donc pas, comme le voudraient Holtzmann, Joh. Weiss et d'autres, une préparation au 89 Vae. Il y a bien une allusion aux événements du 3° Vae — qui sont pour nous aussi la matière ‘des chapitres XII et suiv. — dans le cantique ‘céleste 17-18. Mais il y sont notés comme passés déjà; les temps au passé, l'absence de ὃ ἐρχόμενος dans la formule stéréotypée de 17, montrent que le grand événement, l'acte essentiel attendu dans tout le livre, s'est accompli pendant que la trompette retentissait. Mais Jean ne l'a pas vu; il a seulement entendu dire au ciel que tout était consommé. C'est qu'il ne convenait pas de décrire la fin du monde avant d'avoir donné les prophéties du βιόλαρίδιον, annoncées au ch. X. De plus, nous remarquerons ailleurs (ainsi à la chute de Babylone, ch. XVIII), que les faits les plus graves, quand ils sont entièrement réservés à l'avenir, et n'ont pas reçu au temps de Jean au moins un commencement de réalisation, le prophète ne les contemple pas d'ordinaire de ses yeux, il les connaît seulement par l’ouie. S'il est obligé, pour clore les prophéties, de donner au ch. XX une certaine description du jugement, il ne le fera que dans une vision absolument schématique, qui contrastera fort avec celles des sauterelles, de la cavalerie ou des Bétes
Les critiques joignent encore presque tous à cette péricope le ν. 19, qui pour beaucoup décrirait un fléau, — la plaie de l'air, — correspondant à la 7e trompette (v. infra). Grotius y voyait la guerre de Bar-Cochebas, Bossuet la ruine de l'empire romain. Eichhorn, de Wette, etc., le rapportaient, comme le reste du chapitre, à la chute de Jérusalem. Mais la plupart regardent 14-19 comme un intermède et une. anticipation. Les mots τοῖς φοβουμένοις du v. 18 démontrent le caractère juif du morceau à Vischer, à Weyland (ν), à Spitta /15a et 19 de J!, 16-18 de J?). Vülter, Weïiszäcker, Sabatier, Schoen, Erbes, Joh. Weiss le rattachent immédiatement à la fin du ch. IX {par-dessus le prétendu intermède qui commence au ch. Χ) et l'attribuent à l'Apocalypse primitive, sauf Joh. Weïss qui donne ces versets à l’« Editeur ». Vülter, pour ne pas voir ici la fin, se met à l'aise par la suppression du jugement des morts, qui serait une interpolation du temps de Trajan; Bruston reconnait dans 14-19 en du « disciple ».
Bousset établit que 14-19 est d'un auteur qui rs déjà une vue d'ensemble de l'Apocalypse et la considérait comme forrnant un tout. En effet, le ο. 15 fait allusion à la victoire messianique du ch. XIT; le v. 16 rappelle la vision des Sceaux; les vv. 17-18 ont rapport aux ch. XITI-suiv. : colère des Gentils, etc., colère de Dieu (ch. XIX), jugement des morts (ch. XX), anéantissement des corrupteurs de la terre {ch. XVII-XVIIT). \
Cette pue est juste, à la condition de ne pas parler ici \d’anticipation, de prolepse dans l'esprit des chantres célestes. Ils parlent de tout cela comme d'un passé, non d'un passé prophétique, mais d'un passé littéral, Ce monde de misères et de péchés a bien dispäru — et, notons-le pour notre future explication du ch. XX, — sans qu'il soit fait aucune mention d'un Millénaire de pur bonheur. La première section des prophélies se termine ici et elle paraît complète, elle a embrassé tout l'avenir de l'humanité, jusqu'au jugement final. Si l’Apocalypse ne continuait pas plus loin, observe Swete, on ne se douterait pas qu'il dût y avoir une suite, et il serait impossible de rétablir Par conjecture les scènes qui vont venir à partir du ch. XII. On trouverait seulement que la mention du jugement est quelque#peu écourtée,"et l'on se demanderait, sans pouvoir répondre, pourquoi l’auteur a introduit au ch. X la scène du βιβλαρίδιον.
A. B. 15. λέγοντες, construction ad sensum (Int. c. x, ὃ II), dans ἃ, Q, rec. K, corrigé en λέγουσαι N, C, P, And.,Aréthas, et von Soden. — θεοῦ pour χυρίου, a1580-28-2015, Syrë\, Prim. — Remarquer βασιλεύσει (βασιλεύει, 0505-14-69, al.; ἐβασίλευσεν supposé par am., syr®Y) au singulier, malgré le double sujet; ce n’est pas une raison pour que χριστοῦ soit un mot interpolé, mais une négligence de grammaire ou de style, — φωναὶ μεγάλαι, ai. τῶν al., al, passim,
GC. 15. ’Eyévero : le Règne de Dieu et du Christ est arrivé au but, il s’est établi pour toujours; c’est le « factum esse » terminant le « fieri »; le futur βασιλεύσει ne peut signifier ici que la continuation éternelle d’un règne déjà inauguré dans toute sa perfection et sa splendeur. Il revient au même quant au sens de traduire, avec Bousset, en faisant dépendre τοῦ χυρίου de ἐγένετο : « La domination royale sur le monde ἃ passé (exclusivement) à Dieu... ». wara Gott zu eigen. — Les « voix » contrastent avec le silence impressionnant qui avait suivi la rupture du septième Sceau (vin, 1). Ce sont peut-être — à cause de la mention des 24 vieillards qui va suivre, — celles des 4 Animaux {/Swete). Malgré le caractère un peu flottant des visions, le fond de scène demeure immuable depuis le ch. 1v.
A. B. 16. καθήμενοι se lit À, et dans la plupart des textes du type And. (οἱ... χάθηνται N°, C, O1-2-82, Ap11-95-2040, Q, nombreux minusc., Arét., syr8W; ot... ἐχάθηντο «400-69-628); nous conservons le participe, parce qu’il se rencontre 27 fois ailleurs dans l’Apocalypse, tandis que κάθημαι n'apparaît à un mode personnel que 3 fois, xvur,
150 ὶ ; APOCALYPSE DE SAINT JEAN.
C. χι. 15. Καὶ ὁ ξόδομος ἄγγελος ἐσάλπισεν nat ἐγένοντο φωναὶ μεγάλαι ἐν τῷ » AS Re, 2 ὃ ’E Le e € Ἃ Γ - μ = “᾿ ἢ χ οὐρανῷ “λέγοντες γένετο ἡ βασιλεία τοῦ χόσμου τοῦ χυρίου ἡμῶν χαὶ τοῦ Χριστοῦ αὐτοῦ, χαὶ "βασιλεύσει εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. « e Fr ! 2 - -Ὁ- 9. \ 16. Kai οἱ εἵχοσι τέσσαρες πρεσθύτεροι οἱ ἐνώπιον τοῦ θεοῦ "χαθήμενοι ἐπὶ τοὺς
ξ E2- =nS , 1% * we € θεὶ € JE + 4 ε Ὁ Y + = + el va υχαριστουμξν σοι, HUOLE © ὕξος © RAVTOLOATWE, O UV ZA O Ὧν. OT ειληφᾶς τὴν ὃ Ὶ
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Ὡ- - > Le) < = ὃ:
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ἦλθεν ἢ ὀργή σου χαὶ ὁ χαιρὸς τῶν νεχρῶν χριθῆναι, nat δοῦναι τὸν μισθὸν τοῖς
* = - τ e FD \ -
δούλοις σου τοῖς προφήταις χαὶ τοῖς ἁγίοις καὶ τοῖς φοδουμένοις τὸ ὄνομά σοὺ, τοῖς = \ » rs … \ xo À
μιχροῖς χαὶ τοῖς μεγάλοις, nai διαφθεῖραι τοὺς "διαφθείροντας τὴν γῆν.
9, 15; xvim, 7. Nous gardons aussi, avec P, contre Α, l’article οἱ devant ἐνώπιον. Pour cette tournure of ἐνώπιον τοῦ θεοῦ χαθήμενοι, cfr. x1, 4 αἱ ἐνῴπιον τοῦ χυρίου τῆς γῆς ἑστῶτες, Les mots τοῦ θρόνου devant τοῦ θεοῦ ne se trouvent que rec. X. Il ne faut donc pas en faire, avec Bousset, l'indice d’une source au langage particulier pour x1, 1-13 (v. supra). — ἔπεσον pour ἔπεσαν, rec. K. al. — Prosternement des Vieillards : cfr. ἵν, 10; v, 8, 14; ΧΙΧ, 4. — τῷ θεῷ, datif.
C. 16. Les Vieillards se prosternent comme à l'intronisation de l’Agneau, parce que c’est le dernier acte de conquête de sa royauté, qui est, pour ainsi dire, devenue complète avec celle de son Père.
A. B. 17. Remarquer le vocatif χύριε (N : χύριος) suivi d'une apposition au ᾿ nominatif (Int. ©. x, ὃ IT). — καὶ ὃ ἐρχόμενος, qui est ailleurs le complément de la formule ὃ ὥν καὶ ὃ ἣν, a été omis ici avec intention, et c’est à tort que, trompés par l’analogie de 1, 4, etc., quelques mss. And., d501-109-205, 8600-57-296, oulg. et bo. l'ont ajouté. — εἴληφες pour εἴληφας dans C. Le parfait signifie : {u as fini de prendre ta grande puissance, tu l’as prise pour la garder toujours, et l’aoriste qui suit, ἐβασίλευσας, est « ingressif » : &u l'es mis à régner. — χύριε ὃ θεός, Cfr. χν, 8; XVI, 7. (IV, 8 : χύριος).
C. 17. Si καὶ ὃ ἐρχόμενος est omis dans la fameuse formule développée du nom de Jahweh, ce n’est pas, comme l'entend Calmes, une « abréviation sans portée », mais c’est que Dieu et le Christ n’ont plus à « venir », la Parousie a eu lieu; c’est ce qu’annonçait l’Ange du ch. x sur la consommation du « Mystère de Dieu » (v. ad loc.). Cette abréviation est pleine de sens, elle montre comment il faut interpréter la 7° trompette. Tout le contenu du Grand Livre du ch. v est conçu comme réalisé; Dieu a pris en main sa « Grande Puissance », qui n’est pas l'exercice de sa Providence ordinaire, mais la plénitude de sa force manifestée /Swete). 1] n'y a plus d'avenir; Jean entend le cantique céleste qui ouvre l'éternel Présent. Pour les autres interprétations, voir l’Introd. à la péricope. Pour une pareille abréviation xvi, 5, v. ad loc.
À. B. 18. ὠργίσθη pour ὠργίσθησαν dans N*. Nous avons traduit par le plusque-parfait, parce que l’aoriste grec rend notre plus-que-parfait de simple antériorité, ou notre passé antérieur; les peuples, en effet, ont fini de s’irriter quand la colère de Dieu a achevé de les abattre : ἤλθεν ἣ δργή σου. — ἐδνῶν pour νεχρῶν, 1073, quelques mss. de la rec. K.; νεχρῶν et χριθῆναι dépendent tous deux immédiatement de χαιρός, tournure unique, qui répond à ἵνα οἱ vexpol χριθῶσιν. — Au lieu de δούλοις, et des autres datifs, on trouve des accusatifs, ou un mélange d’accusatifs et de datifs, dans un certain nombre de mss., négligence possible dans ce style couru; ou peut-être ces mots sont-ils rapportés à χριθϑῆναι, comme sujet; W.-H., Weymouth et Sweie admettent μιχρούς et μεγάλους (ΜΝ, C, 1072, 1073; — A : ἁγίους, φοδουμένους, μικρούς, μεγάλους) ; Tisch., Nesile et Soden maintiennent partout le datif, avec N°, P, Q, et presque tous les minuscules. —
APOCALYPSE DE SAINT JEAN. Toi
C. x1, 15. Et le Septième Ange sonna de la trompette; et il se fit de grandes voix dans le ciel, qui disaient : « Il s’est établi, le règne sur le monde de notre Seigneur et de son Christ, et il règnera dans les siècles des siècles ».
16. Et les vingt-quatre vieillards qui devant Dieu sont assis sur leurs trônes, tombèrent sur leurs visages, et se prosternèrent devant Dieu, 11 disant :
« Nous te rendons grâces, Seigneur, [toi le Dieu tout-puissant, celui [qui a nom} IL EST, ET IL ÉTAIT, parce que tu as saisi ta grande puissance, ef es entré dans ton règne. 18. Et les peuples s'étaient mis en fureur, et elle est venue, ta fureur [à toi}, et 16 moment pour les morts d’être jugés, et de donner la récompense à tes serviteurs les prophètes, et aux saints, et à ceux qui craignent ton nom, aux petits et aux grands, et de détruire ceux qui détruisaient la terre. »
Καὶ est omis après τοῖς ἁγίοις dans «115-130-1854, et τοῖς devant φοδουμένοις dans δὲ, ce qui modifierait le sens. — φθειράντας ou διαφθειράντας, participe aoriste au lieu du présent, dans N, C, une dizaine de minuscules, «103-7-104, «1594-10-60, Av46-35-2018, 0507-47-241, 9206-48-242, Av56-49-2023, «404-87-172, «1574-91-1957, «1475-96-2041, « qui corruperunt » Cyp., vule., Prim. C’est peut-être la vraie leçon, en tout cas elle rend bien le sens; car ils ont fini de corrompre la terre; maïs on peut conserver διαφθείροντας au sens de l’imparfait. — φοδούμενοι, cfr. x1x, 5; διαφθείροντες τὴν γῆν, οἷν. χιχ, 2, dit de Babylone; cfr. pour l’ensemble des termes Ps. n1, 1, 5, 12 et Ps. xcvrrr (LXX), 1
GC. 18. Quand Joh. Weis traduit ὠργίσθησαν par le présent « nun zürnen », il prend ce mot pour un aoriste ingressif; mais c’est un contresens, cette colère étant du passé ; celle de Dieu a mis un terme à celle des hommes. La triple énumération « prophètes, saints, craignants-Dieu », si l’on conserve tous les xal et tous les articles, qui sont bien attestés, suscite une difficulté d’exégèse. Dans un document juif, φοδούμενοι désignerait tout naturellement les prosélytes ou les païens fréquentant la synagogue (Οἵ. Act.); aussi Vischer, Weyland et Spitta y voient le signe d’une origine judaïque. Bousset croit devoir supprimer χαὶ entre ἁγίοις et τοῖς φοῦ., à moins, considère-t-il, que les « saints » ne soient les Judéo-chrétiens (cfr. Paul : les « saints de Jérusalem »), et les φοδούμενοι [65 ethnico-chrétiens. J'inclinerais assez vers cette hypothèse plutôt que vers celle de Swete, qui, ici et χιχ, 5, suppose qu il s’agit des catéchumènes ; en tout cas, ce mot n’est pas suffisant pour ΕΝ ἃ croire à une source juive.
Ici se termine la première section prophétique; elle ἃ abouti à la fin du monde, au Règne complet du Christ. Nous rattachons le v. 19 à la section suivante.
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