C. χη. 18. Καὶ éordôn ἐπὶ τὴν ἄμμον τῆς θαλάσσης
ἮΣ ἃ x 18. Etil se plaça sur le sable de la mer.
AÀ.18. Ἐστάθη est une forme passive à sens moyen ou intransitif, οὗν. vi, 17, vint, 8, et Luc xvin, 11, 40, Act. 11. 14, v, 20, etc. comme en grec moderne; la troisième perτῇ sonne (dans N, À, C, al, g, oule., syr 48 Ῥῖου qrm., Düst., B. Weiss, W-H, Nesile, Swete, — Calmes) est mieux attestée que ἐστάθην de α 3-P-025, « 1070-Q-046, boh., syrë\, arm. εἰ And, Aréthas ; Spitia, Gunkel, Joh. Weiss et (?) Bousset.
M GC. 18. La première personne ἐστάθην donnerait un beau sens : Jean, sur la plage de A Patmos, va voir surgir des flots, à l'Occident, le Monstre romain qui s’en va ravager
ET ses chrétientés d'Asie. Mais alors ce serait le commencement d'un nouveau sujet, et, "AU
; Ὁ 5 - or ΄ ε C. χηι. 1. Καὶ εἶδον Ex τῆς θαλάσσης θηρίον avabaivoy, ἔχον χέρατα. δέχα χαὶ Ἃ
πτά, χαὶ ἐπὶ "τῶν χεράτων αὐτοῦ δέχα διαδήματα, nat ἐπὶ ᾿τὰς χεφαλὰς
para βλασφημίας. ἃ. Kat τὸ θηρίον ὅ εἶδον ἦν ὅμοιον παρδάλει, χαὶ οἱ
ὡς ἄρχου, Kai τὸ στόμα αὐτοῦ ὡς στόμα λέοντος. Kai ἔδωχεν αὐτῷ ὁ δράχων τὴν δύναμιν αὐτοῦ nat τὸν θρόνον αὐτοῦ χαὶ ἐξουσίαν μεγάλην. 3. Καὶ "μίαν
τὺ O ( sr Ὡ Es ri À O κι
Ex τῶν χεφαλῶν αὐτοῦ ὡς ἐσφαγμένην εἰς θάνατον, χαὶ ἣ πληγὴ τοῦ θανάτου αὐτοῦ , * ets 2 Ὁ és r / ἐθεραπεύθη. Kat ᾿ἐθαυμάσθη ὅλη À γῆ ὀπίσω τοῦ θηρίου. k. Καὶ προσεχύγνησαν "τῷ
dans ce livre, l’auteur n’attache pas tant d'importance au lieu d’où il regarde ses visions, puisque le monde entier est sous ses yeux. D'ailleurs ἐστάθη l'emporte, et il est encore mieux en situation, car le verset fait la transition entre le ch. xn et le ch. x, qui n’est que la continuation du précédent (supra, Int. à XII). Ce sens n’est pas moins grandiose : le Dragon tombé se traine haletant sur la plage de la Mer, qui est l’em- 5 blème de l'agitation et de l'inconstance; là, vautré sur le sable stérile, il ose encore continuer la guerre contre Dieu son vainqueur, qui trône avec l’Agneau dans la tran- Ν᾿ quille majesté du ciel. Satan appelle de la mer — c’est-à-dire à la fois de l’Abîme οἱ de l'Occident — le redoutable allié humain qu’on va voir apparaitre. Ainsi, au ch. vu de Daniel, les vents étaient en lutte sur la « grande mer », la Méditerranée, avant l’apparition des Quatre Bêtes. Le contraste de la situation des deux Adversaires montre déjà quelle pourra être l’issue du combat.
— À, Ch. xu1, 1. Remarquer le changement arbitraire de cas, ἀ᾽ ἐπί! à èx{? (Inr.,
C. x, ὃ IT). ὀνόματα est la leçon de À, al, rec. K.; maïs N, GC, P, ont ὄνομα. 2
B. 1. Pour la description de la Bête, en gros, cfr. celle des « Quatre Bêtes » qui
paraît l’avoir suggérée Dan. vu, 2-suivants; — les « sept têtes »; cfr. le Dragon, χα, 3; — les « cornes », voir Apoc. xvu, 12, et οὗν. les 10 cornes de la 4° Bête de Daniel vu, 24; — «blasphème » οἷν. II 7655. IT, &-suiv. — Voir la prolepse de χι, 7; « de la mer » :
xi,7: « de l'Abîme »; οἷν. la vision de l’Aigle, IV Æsd. χι, 1 : « Ecce ascendebat de mari aquila ». — Autres rapprochements, infra, G, et Exc. xxx.
G. 1. Cette Bête, pour l’ensemble des exégètes anciens et modernes, est l’Antéchrist (/rénée, v, 28, 2, Hipp., Méthodius, And., etc.). André parait la mettre en rapport avec l'empire romain (v. au v. 3) et le rapport est bien plus manifestement exprimé par Victorin : « Regnum Antichristi, cum varietate gentium », puis, à propos du ch. xvu,
« Capita septem..., civitas romana ». Bossuet et son école, puis tous les modernes, « même Gunkel malgré sa mythologie, ont reconnu ce rapport à l'empire romain, qui est déjà suffisamment clair dans ce chapitre, et deviendra absolument manifeste au ὁ chap. xvu (v. ad loc.). β
Cette Bête, en effet, d’après le contexte et l’analogie des Bêtes de Daniel, ne peut être qu'un pouvoir politique; elle représente — d’abord, mais non exclusivement, À comme nous l’établirons, — celui de Rome païenne et persécutrice. C’est un des « symboles majeurs » de l’'Apocalypse; après qu'elle est apparue fugitivement dans la 1re section (x1, 7-suiv.), elle remplit la seconde de sa présence et de ses méfaits. Nous avons M vu dans l’Inr. c. v, π, ὃ 1, 5 et nous préciserons encore dans l'Exc. xxx ses origines traditionnelles possibles. Quelles que soient d’ailleurs ces lointaines influences, la plus probable est que Jean n’a emprunté la figure que de Daniel; en effet, tous les traits Lors de la CL ici et au verset suivant, se retrouvent dans ce re *
mières, avec ἮΝ quatre têtes de la quatrième (Holtzm., Joh. Weiss, possible pour « Bousset); on trouverait donc encore ici une combinaison latente de 3 + 4. Ce n'est Ἢ L d'ailleurs pas la seule raison de ce chiffre (v. Exc. xxx).
εὐ Ἂν ZE
RON ANA ts Frag Le CE
C. xur. 1. Et je vis monter de la mer une Bête, ayant dix cornes et sept têtes, et sur ces cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blas-
phème. 2. Et la Bête que je vis était pareille à une panthère, et ses pieds
[étaient] comme [ceux] d’un ours, et sa bouche comme la bouche d’un lion. Et le Dragon lui donna sa puissance et son trône et une grande autorité. 3. Et l’une de ses têtes, [je la voyais] comme égorgée à mort, et sa plaic mortelle (/ift. la plaie de sa mort) avait été guérie. El la terre entière s'émerveilla derrière la Bête. #. Et ils se prosternèrent devant le Dragon,
La Bête monte de la mer, comme l’Aigle d'Esdras; si nous nous rappelons le rapport de la mer et de l’Abîme (voir νπι, 1; xt, 7; xvu, 8), elle a une double origine, l'une historique : c’est un empire né à l'occident méditerranéen; l’autre mystique : elle est suscitée par l'Enfer. Ses sept têtes, à la différence de celles du Dragon, ne sont pas les « esprits de Béliar », ou telle autre figure d'ordre moral, mais des empereurs, comme Jean nous le dira lui-même; il nous expliquera aussi que les « cornes » sont des rois ou des royaumes (xvir). On a remarqué que ce sont les cornes, et non les têtes elles-mêmes, qui sont ici couronnées ; mais les unes et les autres sont des réalités du même ordre. Ce n’est pas encore le lieu de les identifier, puisque l'attention se porte tout entière ici sur le Monstre lui-même qui les porte. Notons seulement que, puisque. les têtes sont des empereurs romains, done des souverains qui viennent l’un après l'autre, nous trouvons dans cette vision une représentation simultanée de réalités successives, tandis qu'ailleurs (Cavaliers, Trompettes, Vae), c'étaient plutôt des réalités simultanées, ou enchevôtrées, qui apparaissaient sous forme de succession; l’Apocalypse est on ne peut plus libre dans ses combinaisons symboliques. D'ailleurs, cette combinaison de 7 têtes et de 40 cornes est bien peu plastique; elle est plus « pensée » que « vue » (Enr. c. vu, vin, x, ὃ LIT, xu). |
Les « noms de blasphème » doivent être les titres divins, « Divus Augustus », etc. que les empereurs s’arrogeaient. Bède : « Reges enim suos deos appellant, et velut in coelum atque inter deos translatos, quos etiam in terris Augustos, quod est nomen, αἱ volunt, deitatis ». Si on lit le singulier ὄνομα, il est naturel de supposer θεός ou Σεδαστός, « Augustus », qui avait le sens religieux d’un pouvoir de l'ordre divin. Rappelonsnous aussi la « Dea Roma », adorée depuis si longtemps dans les adulatrices cités d'Asie (Inr. c. 1; πὶ, et comment. des ch. u-11 et Exc. xxx). Dans II 7hess., 11, 4-Suiv., l’Antéchrist prétend de même à la divinité (Holtzmann, Bousset, Calmes, Swete, presque tous).
B. C. 2. Cette Bête, dit Swete, condense en elle la puissance et les vices des trois premières de Daniel : l’agile férocité de la panthère (Dan. vi, 6), la force massive de l'ours (Dan. vn, 5), l'orgueil du lion (Dan. vn, 4) et aussi (v. infra) l'insolence de la
bête innomée, aux dix cornes (Dan. vu, 7-suiv.).
Satan l'a appelée de la mer, et il l'attend pour lui donner l'investiture, devant le grand spectacle d'instabilité des flots. Il lui donne sa puissance et son « trône »; son trône de « prince du monde » détrôné! L'ironie sereine et souveraine de saint Jean se sent dans ce passage. C’est une ridicule parodie de l'intronisation de l’Agneau au ciel (v. supra, int.); mais les habitants de la terre vont s’y laisser prendre.
L'Empire romain — ainsi que les autres pouvoirs qui lui ressembleront dans l'avenir, tous symbolisés, nous le verrons, par la Bête, — sont donc vassaux de Satan, le ser-
- pent déjà écrasé; c’est pourquoi, si l’on creuse jusqu’au fond du symbolisme, ils nais-
sent avec une plaie mortelle, qui n’est guérie qu’en apparence (v. 3). Telle avait été l'expérience des persécutions commencées ; la lumière prophétique montrait au voyant
δράχοντι, ὅτι ἔδωχεν τὴν ἐξουσίαν τῷ θηρίῳ, χαὶ OR ΚΕΝ ΣΟ "τῷ θηρίῳ ἈΕ ον τεῦ Τίς ὅμοιος τῷ θηρίῳ, nai τίς δύναται πολεμῆσαι μετ᾽ αὐτοῦ
ποιῆσαι μῆνας τεσσεράχοντα δύο. 6. Kai ἤνοιξεν τὸ στόμα αὐτοῦ εἰς "βλασφημίας πρὸς τὸν θεόν, βλασφη-
= + 9 3 ἰῷ 1 * \ , - LS -ο “ο ue?
μνῆσαι τὸ ὄνομα αὐτοῦ καὶ τὴν ᾿σχηνὴν αὐτοῦ, "τοὺς ἐν τῷ οὐρανῷ "σχηνοῦντας. 7. Kai sa" 3 — ΣᾺ f * \ = € r ᾿ τε . " ἘΠῚ f , Ὁ ἐδόθη αὐτῷ ποιῆσαι πόλεμον “μετὰ τῶν ἁγίων χαὶ νικῆσαι αὐτούς. Καὶ ἐδόθη αὐτῷ
ἐξουσία ἐπὶ πᾶσαν φυλὴν χαὶ λαὸν nai γλῶσσαν nai ἔθνος. 8. Kai "προσχυνήσουσιν
que, depuis Néron, il en serait de plus en plus franchement ainsi. L'Empire ne pouvait plus être présenté comme un principe d'ordre, ainsi que l’avait fait saint Paul, Rom. xt, 1, et 5. Pierre, I Pet. 1, 13. Comme la I Pet. date elle-même des dernières années de Néron, ce changement de ton et de point de vue dans l’Apocalypse est à lui seul l'indice d’un temps assez postérieur (INT. ©. 11, xu1). Cependant, en choses licites et indifférentes, les recommandations d’obéissance et de civisme des grands Apôtres ne sont pas abrogées pour cela (cfr. χπὶ, 9-10).
A-B. 3. μίαν, accusatif, semble régi par εἶδον du v. 1, qui du reste a été suppléé par ἀρ 11-95-2040, et plusieurs mss. de la poule. — ἐθαυμάσθη (ἐθαύμασεν, N, P, Q, minusc. pl., Arét.), forme passive à sens intransitif, οἵ, xvix, 8, v. Blass-Deb. ὃ 78. — ἐσφαγμένην, contrefaçon de l’Agneau « comme égorgé », v, 6; cfr. x, 14; xvnr, 11. — « La plaie de sa mort » pour « sa plaie mortelle » semble un sémitisme.
GC. 3. La Bête étant, sous un aspect, une caricature de l’Agneau-Lion, cette blessure et cette guérison sont rapprochées intentionnellement de la passion et de la résurrection du Christ, par l'usage du même participe (ἐσφαγμένην); on peut aussi comparer la résurrection des 2 Témoins (χι, 11-12). Plus loin, blessure et guérison seront attribuées, non à une seule tête, mais à la Bête elle-même (x, 12, 14); c’est qu'il y ἃ flottement dans le symbolisme entre un empereur déterminé, et l'Empire dont il représente le mieux le caractère néfaste (Ixr. c. vi). Nous examinerons plus tard les rapports possibles de ce symbole avec la légende du « Nero redivivus ». Pour le sens, il ne faut pas penser à une pure figure de l’avenir, à tel ou tel lieutenant de l’Antéchrist personnel, comme plusieurs anciens l'ont fait; mais, parmi les interprétations que donne André, il faut en remarquer deux : a) l'empire romain, fractionné en dix, sera reconstitué par l’Antéchrist sous la forme monarchique d’Auguste; b) l’Antéchrist fera revivre le royaume de Satan, ruiné par le Christ. Le symbolisme s’est inspiré sans doute de la première idée, Jean a pensé à la puissance impériale restaurée après qu’on a pu croire à sa ruine (ν. Inr. ὁ. xiv et Exc. xxx); mais il en étend le sens, pour exprimer la seconde. Cette reviviscence perpétuelle de la Bête-Antéchrist, c'est un phénomène historique qui se reproduira à diverses époques de l’histoire, au cours fatidique des 42 mois; nous l'entendons par conséquent de la même façon que la résurrection des Deux Témoins (xt, 11-12) dont elle est la contre-partie, aussi bien que de celle du Christ. Quant aux péripéties de l’histoire d'alors qui ont pu donner occasion à l'emploi de cette figure, nous en parlons à l'Exc. xxx.
A-B. 4. προσχυνεῖν se construit, tantôt avec le datif, tantôt avec l'accusatif; ici il est suivi dans les deux cas du datif (τῷ dpaxovrt, N, C, À, Q, P, André, Aréthas, etc., l'accusatif est rare; et τῷ θηρίῳ N, C, Q, P, Aréthas, qqs And., rec. K, contre τὸ θηρίον dans À, Av 40-79-2036, al.). Le seul accusatif est classique, et le datif est ordinaire dans les LXX. Dans le N. T., le datif est uniforme, excepté dans Apoé., Joh., Luc et Mat. (une fois) où se rricoitie occasionnellement l’accusatif. Il semble que les cas différents répondent à une double nuance du sens : l’accusatif indiquerait l'acte intérieur et extérieur à la fois de latrie, qui ne se rend qu'à Dieu ou à un être considéré
parce ‘qu'il avait donné l'autorité à la Bête, et ils se prosternèrent devant la Bête, disant : « Qui est pareil à la Bête, et qui peut guerroyer avec elle? » 5. Et il lui fut donné une bouche grandiloquente et | proférant] des blasphèmes, et il lui fut donné faculté de faire [565] QUARANTE-DEUX Mois. 6. Et elle ouvrit sa bouche en blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom et son tabernacle, ceux qui ont leur tente dans le ciel. 7. Et il lui fut donné de guerroyer avec les Saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu et peuple et langue et nation. 8. Et ils l’adoreront,
comme dieu; le datif exprime plutôt 16 geste extérieur de prosternement, soit devant Dieu, soit devant tout être qu’on honore comme un supérieur. Ces nuances sont très visibles si l’on compare Mat. 1v, 9 et 1v, 10, où le démon demande à Jésus un acte extérieur de soumission, qui n’est dû, lui répond le Christ, qu'à Dieu qu'on adore; cfr. Luc. 1v, 8, parall. à Mat. 1v, 10, et χχιν, 52 (adoration par les disciples du Christ ressuscité, οἷν. Joh. xx, 28); comparer aussi J/oh. 1v, 21 (rites extérieurs du culte, en premier lieu) aux versets suivants, 22, 23, 24, où il s’agit d'adoration à la fois spirituelle et matérielle. Dans l’Apoc., on lit le datif 1 v, 10 (geste des Vieillards), vir, 11 (gestes des Anges), χι, 16 (geste des Vieillards), ici χπὶ, 4, puis χπὶ, 15 (vénération de l’image de la Bête), xrv, 17 (équivalent à « donner gloire à Dieu »), xvi, 2 (image de la Bête); xix, 4 ; 10 deux fois (geste); id. xx, 9; x1x, 20 (devant l'image). Par contre, accusatifrx, 20 (polythéisme), χπὶ, 8 et 12, ainsi que xiv, 9, 11 et xx, 4, passages où il s’agit toujours de la Bête, et que nous aurons à expliquer. Mais déjà cette petite enquête nous montre que la distinction de sens paraît bien fondée ; elle est d’une grande importance, comme nous allons bientôt le voir. Aussi, suivant le cas, 'avons-nous cru devoir rendre προσχυνέω par deux mots différents en français (voir ΑΒΒΟΤΥ, Joh. gr., $S 1640-1651 et 2019). — πολ. μετ᾽ αὐτοῦ, οἷν». 11, 16; ΧΙ, 7; XVII, 14. INT., ©. x, ὃ IT. — τίς ὅμοιος χτλ. est comme une
imitation des louanges divines dans Æx. xv, 11 et plusieurs passages des Psaumes
(Swete).
CG. 4. Le monde s'incline devant la force brutale de l’Empire des Césars, et se soumet de corps et d'âme au principe qui l’inspire, et qui, pour saint Jean, n’est
autre que le Dragon. Ce Dragon remplit à l'égard de sa Bête le même rôle que Dieu
à l'égard de l’Agneau (ch. v, vid. supra). Il ne s’agit pas encore, croyons-nous, — à cause du datif, — de l’adoration proprement dite des empereurs, mais plutôt d’admiration et de soumission servile. Bousset, Calmes, Swete, et presque tous, y voient déjà le culte impérial, parce que le processus en était déjà commencé, et cela dès le premier siècle avant notre ère (Exc. xxx). Mais il faut respecter la gradation de Jean, qui ne parlera en termes sans ambiguïté de ce culte qu’à partir du v. 8. ——— A. Β. 5. ἐξουσία ποιῆσαι : il n’est pas nécessaire de suppléer ὃ θέλει (Ν) ou πόλεμον (rec. K, qqs And.), ou de changer en πολεμῆσαι (Orig., al.) ; ποιεῖν absolu peut signifier « agir », ou bien être pris au sens du latin « facere diem, annum » ; comme
Mat, xx, 12 : μίαν ὥραν ἐποίησαν et Act. xx, 3 : ποιήσας τε μῆνας τρεῖς. L'expression fami-
lière française que nous avons choisie « faire [ses] quarante-deux mois », y répond
… à peu près littéralement — στόμα λαλ. μεγ., expression de Dan. vu, 8, 20; — 42 mois,
…cfr. supra, les chapp. xt et x11. — ἐδόθη, οὗν. les sauterelles, 1x, 5.
G. 5. « Il fut donné » à cette Bête, soit par le Dragon, soit par Dieu, au sens large
… d'un décret permissif dans ses desseins mystérieux, une bouche arrogante, blasphé-
matrice, comme à la « petite corne » de la 4° Bête de Daniel, c’est-à-dire à Antiochus
Epiphane, type ancien de l'Antéchrist (Dan. vi, 8, 20, 25). Elle aura sa liberté d'action « pendant 42 mois, mais pas davantage; son temps est strictement limité (ὀλίγος καιρός
, > " HS γῇ APOCALYPSE DE SAINT JEAN.
« =: 9 “- ὋΣ Me 3 « εἰ αὐτὸν πάντες οἱ χατοιχοῦντες ἐπὶ τῆς γῆς, οὗ οὐ γέγραπται τὸ ὄνομα ᾿αὐτοῦ Ὁ ἊΣ τὰ
ίῳ τῆς QUE τοῦ ἜΣ τοῦ ἐσφαγμένου ᾿ἀπὸ χαταθολῆὴς κόσμου.
9. Εἴ τις ἔχει Fe ἀχουσάτω. 10. Εἴ τις "εἰς αἰχμαλωσίαν, εἰς ᾿αἰχμαλωσίαν re ee va à ο΄ ἊΣ D « ἊΣ le] - Ἴ +88 θ *FO054 !
5. ΄ > A , ἘΝ ps , e 11. Kai εἶδον ἄλλο θηρίον ἀναῤαῖνον ἐκ τῆς γῆς, nai εἶχεν népata δύο ὅμοια
du Dragon, ΧΙ, 12). Il durera juste autant que la profanation du Temple et la prédication des 2 Témoins (χι, 3) et que la retraite de la Femme au désert (χη, 6, 14). Nous saisissons ici le lien étroit qui unit toutes ces scènes; ce sont évidemment des événements simultanés, ou divers aspects d’une même période. En réalité les 42 mois s'étendront jusqu’à la Parousie (v. Εἶχα. xxu1; comment. du ch. xvu; du ch. xx); cependant c'est ὀλίγος χαιρός pour le Dragon, être de nature angélique qui compte les jours par mille années, et pour les martyrs déjà récompensés au ciel (νι, 11) v. Εἶχα. SLT. | |
— À. 8. 6. βλασφημίας, [N, C, etc. vulg.), ailleurs le singulier. — καί ajouté entre τὴν 54. α. et τοὺς σκην. (NC, Q, nombreux And., versions, /rén.) paraît n’être qu’une addition pour faciliter le sens. Prim. : « tabernaculum ejus qui in coelis inhabitat » (τοῦ ἐν ουρ. σχηνοῦντος 3); τοῦς σχηνοῦντας n’est donc sans doute qu'une apposition à σχηνήν; et, puisqu'il s’agit de l'habitation des cieux, σκηνή désigne une demeure permanente; fr. xu, 12; vus, 15; xx1, 3; on rencontre épars les solécismes assez habituels oxnvodvres (N), al. χατοιχοῦντες, οἰχοῦντες. |
α. 6. La Bête « ouvrit la bouche », pour ne plus la fermer; elle prélude à des discours qui blasphèment le « nom de Dieu », peut-être parce que les Césars s'arro- Ὁ geaient le nom incommunicable. Le « Tabernacle » n’est certainement pas celui de Jérusalem, contre plusieurs qui voient ici une source juive, et l’apposition de σχηνοῦντας à σχηνήν rend très probable l'interprétation spirituelle d'André : l'habitation de Dieu dans le cœur des Saints, même dès ici-bas par la grâce, et plus tard au ciel; cfr. vn, 45 : σχηνώσει ἐπ᾽ αὐτούς.
À. Β. 7. ἐδόθη! -3 omis C, À, et quelques autres, par homoioteleuton. — πολ. μετα, Ir. ὁ. x, ὃ IÏ. — « Faire la guerre avec les Saints, et les vaincre », comme M Dan. vu, 21, dit de la « petite corne »; cfr. aussi Apoc. x1, 7. — φυλήν λαόν, etc., M
expression stéréotypée, οἷν. vu, 9; x1, 9, etc. |
G. 7. « Il lui fut donné... de vaincre » les saints, comme aux sauterelles, ch. vur, « de tourmenter les hommes. Comme rien ne se fait en dehors du plan divin, c'est une concession divine temporaire; les fidèles ne doivent donc pas s'en décourager. L'expression rappelle tout à fait x1, 7; il n'y a donc pas de doute qu'il s'agisse des mêmes événements, se déroulant pendant 42 mois (avec les 3 jours 1/2 de la fin, apogée de la puissance du mal, νικῆσαι), et ceci confirme encore l'interprétation des « Deux Témoins » par les Saints en général. Le pouvoir de la Bête est si étendu qu'il n'y a pas de refuge contre elle, sauf celui de la vie surnaturelle intérieure, symbolisé par la retraite de la Femme au désert et les images similaires (v. ΧΙ, 6, etc.), tandis que le Dragon, au moyen de sa Bête, fait la guerre à la descendance de la Femme, cfr. xt, 17.
———— À. B. 8. Bien remarquer le futur προσχυνήσουσι, dans l’universalité des textes, et l’accusatif αὐτόν (masculin, car la Bête est un être personnel); αὐξῷ est beaucoup moins bien attesté (N, And.). Vid. supra, au v. &. Δ. B. — οὖ... αὐτού dans C, À, ὧν... αὐτῶν dans N°, qqs And, syr.; il faut conserver l’ « hébraïsme » (Int, ὁ. x, ὃ II), et sans doute aussi la faute du passage au singulier, contre Soden. — ἀπὸ χατ, x69uouw
Dhs <
Les FAe
à AT ἴα Te
A+ FLE
tous ceux qui habitent sur la terre, de qui le nom ne se trouve pas écrit
dans le LIVRE DE vire de l’AGNEAU égorgé, depuis la fondation du monde. 9. Si quelqu'un ἃ des oreilles, qu’il écoute. 10. Si quelqu'un [est destiné|
à la captivité, il s’en va en captivité: si quelau’un tue avec l'épée. il faut ) Ρ ? q q ?
que lui-même soit tué avec l’épée. Ici est la patience et la foi des saints.
11. Et je vis une autre BÊTE monter de la terre, et elle avait deux cornes pareilles à un agneau, et elle parlait comme un dragon. 12. Et l’autorité de la première Bêle, elle [l’] exerce toute en face d’elle. Et elle fait que la
doit être joint, non à ἐσφαγμένου, malgré le beau sens mystique que cela a fourni à d'anciens commentateurs, mais à γέγραπται, comme le prouve la comparaison avec XVI, 8 (v. ad loc.) — « livre de vie », cfr. m1, 5, etc., v. Exc. xvi; il appartient à |’ « Agneau immolé », cfr. v, 6, qui a aussi ouvert le livre aux sept sceaux.
G. 8. Jean a eu la vision du pouvoir immense de cette Bête, et de ses persécutions; ce sont choses du passé et du présent, il employait donc des aoristes; maintenant, la lumière prophétique lui fait voir qu’on l’adorera, au propre (οἷν. 1x, 20, encore l’accusaiif damôvix, le polythéisme), en la prenant pour un dieu. Personne ne doute plus qu’il s'agisse ici du culte impérial. Maïs la pleine réalisation de ce trait de la vision, et de tout ce qui suit, 12-suiv., est encore réservée à l’avenir (Exc. xxx).
B. C. 9. Formule évangélique; cfr. aussi l'avertissement à la fin des Lettres, ch. π-πι. Jean attire l'attention des chrétientés d'Asie sur la gravité très actuelle de l'avertissement qui va suivre; il est en même temps d’une portée générale.
À. 10. ἔχει pour εἰς (rec. K, qqs And.); αἰχμαλωτίζει pour εἰς aiyu., ou, après αἰχμ.., addition de ἀπάγει ou συνάγει (qqs And., Irén., Orig., Prim., syr.; pulgttem. : « duxerit», 9). Nous avons choisi la leçon de À, de nombreux ue de arm., fuld., avec W-H, Nestle, etc.; le second εἰς ἀιχμ. ἃ été aisément omis par suite d'homoioteleuton ; d’où la leçon pure et simple : εἴ τις εἰς αἰχμαλωσίαν, ὑπάγει de N, C, P, Q, Ap11-95-2040, And., admise de Soden comme plus probable; Bousset admet ἀπάγει, et croit que ce mot ἃ été supprimé par assimilation à Jér. Xv, 2 : ὅσοι εἰς θάνατον κτλ. — ἐν μαχαίρῃ, bis, ἐν instrumental et forme ionienne, admise de W-AÆ, etc., non de Soden (Inr. e. x, ὃ II) — ὧδε au sens de « ici », οὗν. χπι, 18; χιν, 12; xvIr, 9; ὧδε ἐστίν, pour attirer l'attention, au sens local ordinaire, hellénistique, 1v, 1; xt, 12.
B. C. 10. Notre-Seigneur, quand on le faisait caplif, avait dit à Pierre : « Tous ceux qui auront pris l’épée périront par l'épée » Mat. xxvi, 52. Jean avertit de même les fidèles qu'il faudra se résigner aux arrestations et aux autres maux; l'Église ne doit pas résister aux persécutions par la force; confiante dans le secours de Dieu, elle montrera ainsi sa foi et sa patience. Ainsi comprend Swete, et très exactement, à notre avis. Ce passage, dont l'importance est relevée par l'avertissement du v. 9, est bon à retenir contre ceux qui, comme Renan, parlent du « fanatisme » de l'Apo-
ealypse. D’autres admonitions de même nature interrompent le récit des visions,
dans cette section si actuelle pour les chrétiens d'Asie, aux passages cités ci-dessus. A. B. G. 11. ὅμοια ἀρνίῳ, ellipse très dure — Καὶ εἶδον marque ici, non pas un changement de vision, mais un progrès dans la vision unique. Du v. 11 au v. 17, saint Jean montre comment l'univers en viendra à adorer la Bête; toute cette péricope lui sert à l'expliquer, par un procédé qui lui est habituel (x, int.) (προσχυνήσουσι du v. 8). Elle regarde donc l'avenir, comme ce verset 8, quoique ces événements soient
en germe dans le présent.
Cette « Autre Bête » monte de la terre, c'est-à-dire de l'Asie, par Πα ἘΠΕ à la
« Mer », aux pays occidentaux, d’où la Première était venue. Par ses cornes, elle res-
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s K 23 Ὁ ῳῷ ke
ἐνώπιον αὐτοῦ. Καὶ ποιεῖ "τὴν γῆν χαὶ τοὺς ἐν αὐτῇ χατοιχοῦντας ᾿ἵνα "προσχυ- Ὁ ᾿ Li € - LS =S
γήσουσιν τὸ θηρίον τὸ πρῶτον, οὗ ἐθεραπεύθη ἣ πληγὴ τοῦ θανάτου ᾿αὐτοῦ. 13. Kat
ποιεῖ σημεῖα μεγάλα, ἵνα χαὶ πῦρ ποιῇ ἐχ τοῦ οὐρανοῦ xatabaivery εἰς τὴν γῆν ἐνώπιον τῶν ἀνθρώπων. 14. Kai πλανᾷ τοὺς χατοιχοῦντας ἐπὶ τῆς γῆς διὰ τὰ σημεῖα ἃ ἐδέθη αὐτῷ ποιῆσαι ἐνώπιον τοῦ θηρίου; Las τοῖς χατοιχοῦσιν ἐπὶ τῆς γῆς ποιῆσαι εἰχόνα τῷ θηρίῳ, "ὃς ἔχει τὴν πληγὴν τῆς "μαχαίρης nai ἔζησεν. 15. Kai ἐδόθη
= τῷ NT 4 - ΄ el 4 r ΡΝ = 7 \ αὐτῷ δοῦναϊς πνεῦμα τῇ elnovt τοῦ θηρίου, ἵνα χαὶ alor ἣ etxwy τοῦ θηρίου, χαὶ
semble à un agneau, elle est benoîte et paraît à peine armée; mais son langage est celui d’un dragon; cf. 4586. Is. 1v, 6, où il est dit de Béliar-Néron : « Faciet ac loquetur sicut Dilectus. » Il y ἃ évidemment, malgré l'absence d'articles, un rapprochement voulu avec « l’Agneau » et « le Dragon »; c’est-à-dire que cet être malfaisant cherchera aussi, à sa manière, et sous un autre aspect que la Bête de la Mer, à ressembler au Christ; ailleurs il reparaîtra sous la désignation de « Faux Prophète », x1x, 20; xvi, 3; xx, 10; Jésus avait dit, dans le sermon sur la montagne : « Prenez garde aux faux prophètes, ceux qui viennent à vous vétus en brebis, maïs intérieurement sont des loups ravisseurs » (Mat. vu, 15), et, dans l’Apocalypse synoptique, il avait prémuni ses disciples contre l'apparition de tels séducteurs dans les « novissima tempora ». Le caractère de cette Deuxième Bête, autochthone, est d’ores et déjà suffisamment indiqué ; c'est une puissance d'ordre intellectuel et religieux, et non plus politique, comme la Première. Nous verrons qu'il est vain de chercher son origine dans aucune mythologie, et qu’elle ne peut signifier que des religions locales syncrétistes, analogues au christianisme par certaines apparences superficielles, et, secondairement, les philosophies mystiques futures, peut-être aussi les hérésies (Exc. xxx).
C'est l’autre face de l’Antéchrist; le Dragon ἃ réussi, autant qu'il le pouvait, à se faire son Agneau à lui, mais en deux morceaux, pour l’opposer à |’ « Agneau égorgé », au « Lion de Juda », qui règne déjà sur la terre, et l’a vaincu au ciel.
A. G. 12. Remarquer la construction ποιεῖ τὴν γῆν... ἵνα... ([nr. c. x, ὃ IT); ἐποίει ou ποιήσει seulement dans quelques mss.; προσχυνήσουσι, futur de c. x, ὃ ΠῚ dans C, À, al.; ailleurs, -owo. — Le datif τῷ θηρ. ne se trouve que dans quelques mss. And. ; — l’ « hébraïsme » οὗ... αὐτοῦ. — La guérison de la blessure mortelle est la cause qui fait la terre entière adorer la Bête (supra), la « Bête » et la « Tête » sont done ici identifiées ; nous verrons plus loin ce que cela signifie (In. c. vi et Exec. xxx). Il s'agit ici du succès universel du culte impérial; il faut le prendre au sens large de la mentalité générale causée par la religion polythéiste, la philosophie mystique et les hérésies paganisantes.
A. B. C. 13. Encore, par-ci par-là, ἐποίει ou ποιήσει — Ici, ἵνα — ὥστε, en sorte que (Inr. c. x, ὃ I-II). — Comparer les miracles des vrais prophètes, comme Élie, I Reg. xvit, 38; Il Reg. τ, 10, et ceux des « Témoins », χι, 5. La Bête de la terre donne None des « signes du ciel », et imite par ses prestiges les merveilles des plus authentiques envoyés de Dieu. Notre-Seigneur l’avait prédit, Marc xu1, 22, et parall.; οἷν. aussi IT Thess. n, 9, les prodiges de l’ « homme de péché ». La base historique de cette description peut être le charlatanisme des prêtres et des thaumaturges païens, v. ënfra, Vds ΘῈ #5,
—— À. B. C. 14. λέγων et ὅς (pour 6, dans C, À, Q, g, nombreux And.), accords ad sensum plutôt que solécismes. — εἴχεν pour ἔχει, rec. K.; — μαχαίρης, forme ionienne, comme ci-dessus (Int. c. x, ὃ II). — ἐδόθη, cfr. v. 5. — Le Faux Prophète opère ses prestiges devant la Bête, c’est-à-dire devant les Empereurs et leurs représentants, avec leur faveur; le résultat, la mentalité intellectuelle, sociale et mystique, symbolisée par la 2° Bête, est de fortifier le culte impérial. On sait le rôle que joua la statue de l'em-
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terre et ceux qui y habitent adoreront la première Bête, dont la plaie mortelle (Zitt. la plaie de sa mort) fut guérie. 13. Et elle fait des signes grands [et prodigieux|, au point même de faire descendre du feu du ciel sur la terre en face des hommes. 14. Et elle égare ceux qui habitent sur la terre, à cause des signes | prodigieux] qu'il lui a été donné de faire en face de la Bête, disant à ceux qui habitent sur la terre de faire une image à la Bête, qui ἃ la plaie de l'épée, et a [surfvécu. 15. Et il lui fut donné de donner un esprit à l’image de la Bête, en sorte même que l’image de la Bête parlât,
pereur dans le jugement des chrétiens devant les proconsuls (Ep. 96 de Pline, etc., v. Exc. xxx). Le culte impérial en vint peu à peu à résumer tout le système religieux du paganisme romain. L’addition du génitif τῆς μαχαίρης pourrait être une allusion à la mort de Néron; nous verrons, dans l'Exc. xxxiv, jusqu’à quel point et dans quel sens l’idée populaire du « Nero redivivus » a pu influer sur ce symbolisme. Cfr. 456. Is. ιν, 6-13 (chrétien, postérieur à l’Apoc.) sur le culte de Béliar-Néron.
“τ΄ À. 8. 6. 15. ἐδόθη, v. supra, v. 5, 14. — Par-ci par-là, εἰκόνα pour εἰκόνι, et ποιήσει. — ἐάν pour ἄν, hellénistique. — Déjà André, pour qui toutefois il s’agit d’un
avenir lointain, sous l’Antéchrist de la fin des temps, rapproche ce prodige de ceux qu'on prêtait à Apollonius de Tyane. Ainsi Aréthas, Œcumenius. La superstition des statues parlantes (Recognitions Clémentines 111, 47) et mouvantes (Lucien, de Deâ Syrià, . 10) était alors assez répandue; c'était un phénomène de ventriloquisme, ou bien un homme était caché à l’intérieur. L'auteur prend cela comme type des prestiges de la superstition syncrétiste, mais ce n’est qu’une pure image ou allégorie, car on ne connaît pas d'exemple de ces jongleries dans le culte impérial. Les chrétiens furent en effet condamnés à mort pour refuser de brüler de l’encens devant la statue de l’empereur. Nous pouvons donc entendre xposx. avec le datif comme signifiant ici un acte extérieur de vénération religieuse (v. supra, À. B. 4.)
À. B. 16. χαράγματα pour le singulier, Orig., rec. K.; ce terme peut avoir été choisi parce que c'était le nom technique de l’estampille impériale sur les pièces oflicielles (Deissmann, Bibl. Stud., cité par Swete; cfr: LO?, pp. 255 suiv.). — Remarquer le changement de cas après le, deuxième ἐπί; ἐπὶ τοῦ μετώπου de C-33-04, ou ε. τῶν μετ. de Q-1070-046 etc. sont des corrections; mais on a ici affaire à un usage constant de l’Apocalypse : « Grammar of ungrammar » (Inr. ©. x, ὃ II) — ποιεῖ πάντας... ἵνα, Cfr. le v. 12. — ποιήσει pour ποιεῖ, dans Æipp., N°, 1073, oule. — pux. χαὶ uey., union de termes caractéristique du livre, χι, 18; x1x, 5, 18; xx, 12; énumérations du même genre, passim (Int. €. x, ὃ III). — Ce « signe de la Bête », qui se retrouvera xiv, 9, 41 ; xvi, 2; χιχ, 20, contraste avec le « signe de Dieu » νυ, 8; 1x, 4, etc.; οἷν. Ps. Sal. XIV, 8-Suiv. : οὐχ ἐχφεύξονται οἱ ποιοῦντες ἀνομίαν τὸ κρίμα χυρίου... τὸ γὰρ σημεῖον τῆς ἀπωλείας
C. 16. Ainsi les adorateurs de la Bête seront marqués d’un signe, comme l'avaient été ceux du vrai Dieu au ch. νη; toujours ce parallélisme, cette contrefaçon diabolique des réalités surnaturelles. À
Que peut être proprement ce χάραγμα, imposé aux hommes de toute condition, comme marque d'appartenance à César-Dieu ? Ainsi furent marqués, à la façon des bêtes de * troupeaux, les esclaves, et, à une certaine époque, les soldats. L'interprétation qui y voit tout simplement l'usage des monnaies portant l'effigie de l'empereur (Mommsen, Spitta, Erbes, Holitzm., etc.) est assez plate, et tout à fait hors de situation, car cela “ne pourrait être symbolisé par une marque sur le front, et les chrétiens n’ont jamais … été des fanatiques refusant de se servir des monnaies courantes. Le χάραγμα pourrait