ΠΑΡΟΘΑΙΥ͂ΡΒΕ DE SAINT JEAN
B. 2° L’Agneau et les 144.000 vierges en face de la Bête et de ses adorateurs (xIV, 1-5).
Inr. — Voici les opinions des critiques : Vülter, 1-3 de Jean-Marc, 4-5 de l'éditeur
sous Trajan; Vischer, 1-5 interpolation chrétienne ; Weyland, 2-3 de N, 4-5 de l'éditeur chrétien; Spitta, 1-7 de 1, sauf 2b-4a, et un changement dans 4b, qui font la part du
chrétien sous Trajan; Erbes, 1-7, de l'an 62, sauf un changement dans 4, remontant à
δῦ, Bruston, 1 du rédacteur, 2-5 du disciple; Joh. Weiïss, 1-7 de l’'Apocalypse prümi-
ve. Weiïiszäcker, Schoen, Sabatier, Bousset, laissent le morceau dans le corps du
livre. De fait, rien, en dehors de théories préconcues, ne justifie une séparation ni un morcellement; XIV, 1-5, est appelé par le ch. XIII comme second membre d’un iableau antithétique, conformément aux habitudes constantes de l’auteur. S'il n'a point de parallèle dans les chap. IV et V, c'est que ceux-ci avaient pour théâtre le ciel, et que le ciel n'est pas un champ de bataille, comme la terre où luttent les Deux Cütés.
À. B. 1. ἑστός, neutre forgé par assimilation à ἕστηχός, corrigé en ἑστηχός (rec. Καὶ, And.), ἑστῶς, ἑστηχώς. — « Mont Sion », οἷν. Joël 11, 32 : ἐν τῷ ὄρει Σιὼν χαὶ ἐν Ἰερουσαλὴμ. ἔσται ἀνασωζόμενος, mais surtout IV Esd. x, 35 : Le Messie « se tiendra sur le sommet de la montagne de Sion... 39 et... tu l'as vu accueillant à lui une autre multitude pacifique, ce sont les dix triibus »; οἷν. V Æsd. 11, 42 : « Μοὶ, Esdras, je vis sur le mont Sion une grande foule, que je ne pus compter, et tous louaient le Seigneur par des cantiques, et au milieu d'eux était un jeune homme d’une stature élevée, plus grand qu'eux tous, et sur leurs têtes à chacun il posait des couronnes ». Ce sont les morts bienheureux dans ce dernier passage, mais, dans la forme, ik peut être inspiré de l’Apocalypse. — 144.000, cfr. Apoc. VII, 4 — Τὸ ὄνουα x. τ. À., cfr. 11, 12, aussi vin, 3-8; IX, 4.
G. 1, Un tableau rassurant opposé à l’effrayante apparition des Bêtes. Il est sûrement en contraste voulu avec elle. Le véritable Agneau ressuscité se dresse en face de la Bête faussement ressuscitée et du Pseudo-Agneau — lesquels, d’après x1, sont peutêtre à Jérusalem ; le Messie est entouré de ces 144.000 hommes marqués du sceau de
᾿ς Dieu, en face des infidèles qui ont le stigmate de la Bête. Prim. y voit très justement
l’armée du Christ : « invicta quoque Ecclesiae castra oportuit declarari, ne tam vehementi persecutionis impetu vel succubuisse vel periisse eamdem ecclesiam infirmus animus aestimaret ». Il ne s’agit pas comme dans V Æsd. du bonheur céleste (contre Calmes); la symétrie à elle seule montre que les 144.000 sont des chrétiens sur la terre (Bousset, Swete, eic.). Ils sont sur le mont Sion, emblème, dans l'A. T., de la sécurité du peuple de Dieu sous la protection divine, répondant au « lieu préparé » à la Femme
(xu, 6, 14), et au temple intérieur (x1, 1-suiv.) Barnes, d'après Swele, remarque que
l'Agneau est sur la montagne, le Dragon sur le sable (x, 18). Même contraste plus loin entre la courtisane assise sur les eaux (xvir, 1) et la Fiancée de l’Agneau descendant du ciel (xx). Le « nom sur le front » signifie la consécration de la vie au service de
Dieu. Nous verrons plus bas le rapport de ces 144.000 à ceux du chap. vu.
Ce tableau a du rapport avec xv, 2-4, et xx, 9 (v. ad loc.). L’analogie avec Esdras révèle l'existence d’une tradition apocalyptique connue sur le mont Sion. A. B. C. 2. φωνῆς Ron φωνήν dans qqs And. — φων. Ex τοῦ oùp. cfr. x, 4: χιν, 5: XVIL, 4; — ὑδάτων rok\Gv, Cr. 1, 15; IV Æsd. vi, 17; — ©. βροντῆς, cfr. vi, 1; xIx, 6 — ᾿χιθάραις, GER. Va 83 XV, ἧς AVE; τ — La voix qui Ἰν μεν né peut être que celle des Bienheureux, puisqu ‘elle vient du ciel, et à cause du verset suivant (v. ad loc. ). Saint Jean revient tout naturellement au décor du ch.1v, car rien de ce qui ἃ passé depuis sous ses yeux n’a changé le fond de sa vision.
Υ \ \ Ψ ᾽, Ἃς: x x C. χιν, 1. Kat εἶδον, nai ἰδοὺ τὸ ἀρνίον “ἑστὸς ἐπὶ τὸ ὄρος Σιών, χαὶ μετ᾽ αὐτοῦ ξχατὸν τεσσεράχοντα τέσσαρες χιλιάδες ἔχουσαι τὸ ὄνομα αὐτοῦ χαὶ τὸ ὄνομα τοῦ χ , = - » Ὁ "7 πατρὸς αὐτοῦ γεγραμμένον ἐπὶ τῶν μετώπων αὐτῶν. 2. Καὶ ἤχουσα "φωνὴν Ex τοῦ -- € {4 Ἂς οὐρανοῦ ὡς φωνὴν ὑδάτων πολλῶν χαὶ ὡς φωνὴν βροντῆς μεγάλης, χαὶ ἡ φωνὴ ἣν "7 x ΝᾺ » + 2 ἤχουσα ᾿ὡς χιθαρῳδῶν χιθαριζόντων ἐν ταῖς χιθάραις αὐτῶν. 3. Καὶ "ἄδουσιν "ὡς D ι \ 4 — , = δὴν χαινὴν ἐνώπιον τοῦ θρόνου χαὶ ἐνώπιον τῶν τεσσάρων ζῴων χαὶ τῶν πρεσδυτέρων. ι , ANRT τς - \ 7 αι ᾽ \ ee \ * , ΄ ͵ χαὶ οὐδεὶς ᾿ἐδύνατο μαθεῖν τὴν ῳδὴν εἰ μὴ οἱ ἑχατὸν ᾿τεσσεράχοντα τέσσαρες χιλιάδες, et , 2 τ ᾿ς A * e Ε € 4 οἱ ἠγορασμένοι ἀπὸ τῆς γῆς. . "Οὗτοί ᾿εἰσιν οὗ μετὰ γυναικῶν οὐχ ἐμολύνθησαν᾽ 7 u , ὋΣ Cafe : os = 2 / « » ke 4 *k = »
͵ θ + χ -Ὁ 3 0 4 3 A “-“ θε ι “ 2 , 5 K \ 9 PQ r ράσθησαν ἀπὸ τῶν ἀνθρώπων ἀπαρχὴ τῷ θεῷ χαὶ τῷ ἀρνίῳ. 5. Καὶ ἐν τῷ στόματι
À. B. 3. Changement de temps : ἄδουσιν... ἐδύνατο. ---- ὡς ajouté devant dv C, À, W-H, Weymouth, Swete, Bousset, possible pour Soden. — Le « chant nouveau » est celui de v, 9; 3a rappelle le ch. 1v, 80 le ch. v. — Forme τεσσεράχοντα (Inr., ©. x, ὃ II).
G. 3. Ces 144.000 de la terre doivent apprendre, par leurs efforts, le chant qu’entonnent au ciel les Animaux et les Vieillards en l’honneur de l’Agneau immolé, roi de la terre et maître de l'avenir, qui a racheté les hommes pour en faire des rois; ils sauront ainsi l’opposer aux hymnes insolents des esclaves de la Bête (x, 4). Cet entourage terrestre de l’Agneau, ce sont donc ceux-là qui comprennent le mieux, avec la plus entière conviction, le règne de Jésus-Christ. Le mot μαθεῖν indique que la voix du verset précédent n’était pas la leur; ils l’écoutent seulement, et s’efforcent d'en reproduire les paroles et la musique. Bossuet a exprimé ici la très belle pensée qu'il faut avoir expérimenté la félicité des saints pour la comprendre. Nous pouvons admirer une fois de plus la haute spiritualité de cette « matérielle » Apocalypse.
A. B. 4. Remarquer l’emphase et l'enthousiasme de cette triple répétition de οὗτοι (le premier omis A). — 40 rappelle vi, 17; 4C, v, 9. — ὑπάγει, au lieu de ὑπάγῃ, d’après C, À, qqs And., W-H., Weymouth, al. (Inr. c. x, ὃ 2).
GC. 4. Ce verset montre de qui il s’agit, et détermine la signification de la scène entière. Aucune raison d’y distinguer avec Joh. Weiss un sens primitif et un sens élaboré : pour Jean, ce seraient les judéo-chrétiens du ch. vn, qui, résistant aux prestiges des Bêtes, n’ont pas apostasié (cfr. II Thess. τι, 3); pour l’ « Éditeur », ils seraient devenus les chrétiens en général, auxquels le martyre doit être épargné. Outre l’arbitraire de cette division des sources, c’est un véritable contresens spirituel que cette idée de l’exemption du martyre (v. Lettre à Philadelphie, 111, 7-14, com.). Le seul mot qui puisse déterminer le sens, c’est παρθένοι, Sont-ce les « continents », les membres les plus irréprochables de la communauté, les « purs de cœur », par opposition à la corruption païenne (Calmes, Swete)? Bossuet ÿ voit aussi d’abord « les âmes innocentes et courageuses », qui ne se sont pas mêlées aux faiblesses humaines, et il rappelle IT Cor. x1, 2 : « despondi enim vos uni viro, virginem castam exhibere Christo ». Mais le sens qu’il indique en second lieu, de « vierges », ou d' « ascètes », au sens propre, est ici, croyons-nous, le seul vrai (v. S. Augustin, De virginibus, xxvn-xxix ; S. Jérôme, Adv. Jovin. 1, 40; Tertullien, Res. carn. 27, André, Bède, etc.) Le sens” d’ « ascètes chrétiens » est celui que Æoltzmann indique le tout premier, et Bousset l'admet, avec la plupart des exégètes catholiques, et quelques protestants, comme Düsterdieck. Du reste « ἀκολουθοῦντες τῷ ἀρνίῳ » rappelle la parole de N. 5. « ἀκολουθεῖ μοι » (Joh. 1, κε xxx, 19, 22; Mat. x, 38; xvi, 24-suiv.; Marc n, 14; x, 21; Luc x, 59; etc) adressée aux disciples que Jésus voulait associer plus étroitement à sa mission. Il ne
s’agit pas ici d’un état futur; ils suivent actuellement l’Agneau « par la pratique des À
ΝΡ nd - -
C. χιν, 1. Et je vis; et voici l’AGNEAU qui se tenait debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre milliers ayant son nom et le nom de son père écrit sur leurs fronts. 2. Et j’entendis une voix [venant] du ciel comme la voix d’abondantes eaux, et comme la voix d’un grand tonnerre, et la voix que j’entendis [était comme la voix de citharistes jouant de la cithare sur leurs cithares. 3. Et ils chantent comme un cantique nouveau en face du trône et en face des QUATRE ANIMAUX et des VIEILLARDS ; et personne ne pouvait apprendre le cantique, sinon les cent quarantequatre mille, ceux qui ont été rachetés de la terre. ἅν. Ce sont ceux-là qui ne se sont pas souillés avec des femmes; car ils sont vierges; ce sont ceux-là qui suivent l’Agneau partout où il va; ceux-là ont été achetés [et séparés] des hommes, [en] prémices pour Dieu et pour l’Agneau. 5. Et dans leur bouche il ne s’est pas trouvé de mensonge : ils sont irréprochables.
conseils » (Bossuet), jusqu'au martyre s’il le faut, bien entendu ; toutefois il n'y ἃ pas de raison suffisante de voir ici les martyrs spécialement désignés, ni associés aux ascètes (contre Calmes). — Le mot ἀπαρχή implique bien l’idée de vie offerte en sacrifice, comme doit l'être celle de tout chrétien, mais pas nécessairement en sacrifice sanglant. Nous ne voyons donc pas en ces « prémices » (contre Swete), l'ensemble de la génération chrétienne de la fin du r°° siècle (οἷν. Rom. xvi, 5 et 1 Cor. xvi, 15), considérée comme de simples « prémices » par rapport à la masse des chrétiens futurs, mais une catégorie très déterminée de chrétiens de tous les temps, laquelle, étant plus spécialement consacrée à Dieu et à son service, est comme des « prémices » en regard de la moisson universelle des élus. Et c’est celle-là qui sert de garde du corps à l’Agneau; cette troupe demeure dans une sécurité (spirituelle) parfaite sur le mont Sion, c’est elle qui s'oppose le plus activement au culte de la Bête; elle se presse sur la montagne comme en une forteresse; sa vue est un signe de ralliement pour le reste des fidèles.
De là vient que le nombre 144.000, modéré en soi, a été employé de même que vir, 1- 8; ce qu'il y a de commun entre ces deux catégories, judéo-chrétiens et ascètes, c’est qu'ils sont des « prémices » de la moisson divine; à des titres divers, il est vrai, mais d'une façon analogique qui est très suffisante pour que notre Apocalypse les rapproche par l'identité du nombre symbolique (v. Comment. de vit, 1-8).
—— À. B. C. 5. ἄμωμος, mot de la langue poétique ou mystique, qu’on trouve dans le style funéraire, papyrus magiques, LXX, Épitres de la captivité, ad Heb. 1x, 14, Ι Pet. 1,19, et Jude 24 (v. Moulton-Milligan). — γάρ, admis de T'isch., n’a été ajouté après ἄμωμοι que par N, rec. Καὶ, boh., Orig., Méthodius, qqs And.; son absence rend l’affirmation plus solennelle. — L'absence du mensonge fait partie intégrante de l'éloge du juste, Ps. χχχι (νας, xxx1), 2; Sophonie 1, 13; Mal, 11,6; 75. zur, 9; il est appliqué à Nathanaël, Joh. 1, 47; (aussi δόλος pour ψεῦδος dans nombreux témoins And.); au
: Christ I Pet. 11, 22.
G. 5. La véracité, la fidélité à ses engagements, est le caractère le plus distinctif des chrétiens après la chasteté, par opposition au monde païen (Swete). On peut croire que saint Jean pense ici à la netteté et à la pureté de leur confession de foi, opposée aux compromis des Nicolaïtes et autres (v. Lettres, c. IT-ITI).
j EXC. XXVIII. — RAPPORTS DE.XIV 1-5 AVEC LE MILLENIUM DU CHAP. XX.
Bousset, contre toute théorie de sources, remarque justement que la main de
| l’auteur lui-même se découvre à chaque verset de cette péricope; pour lui, le chiffre de 144.000 serait fourni par une tradition ancienne — ce qui est bien douteux (v. comm. de vrr, 1-8); — la source du ch. vir les aurait représentés
comme marqués pour le salut, et, au ch. χιν, ils réapparaîtraient comme sauvés déjà; ce serait une prolepse du Millenium.
Nous voulons bien; nous sommes même persuadés de la vérité de ce rapprochement avec le Millenium. Seulement, les 144.000 ne sont pas les mêmes que ceux du ch. vir, qui étaient des Israélites. [οἱ ce sont les ascètes chrétiens, identifiés en partie avec les bénéficiaires du « Millenium », parmi ceux du moins dont la vie terrestre dure encore; cette identité fournira une nouvelle preuve à l’assertion que le « Millenium » est pour Jean une réalité, non purement future, mais déjà actuelle en substance. Dans sa perspective, là comme ici, et encore νι, 9-17, xxi-xxu, l'Église du ciel et celle de la terre forment une indivisible unité.
Aussi n'est-ce pas à proprement parler une « prolepse », mais l'expression d’une des idées maîtresses du livre. Elle ἃ sa place partout, mais ici elle arrive particulièrement à propos : les adorateurs de la Bête et ceux de l’Agneau forment comme deux armées en présence, avant que la lutte finale et le triomphe du Messie soient décrits aux chap. ΧΙΧ et xx — où il sera encore justement question du « camp des saints » et du siège de la « cité bien-aimée ». L’Agneau qui est au milieu d'eux, est en même temps le « lion de Juda », (v, δ), beaucoup plus redoutable que le lion-panthère-ours du Diable; il se prépare à la guerre (c. xvir), et s’identifie, comme « Roi des rois » (χνιι, 14) au Verbe victorieux du ch. xix. Il est intéressant de noter ici une correspondance entre les deux sections du corps de l’Apocalypse, dans la manière de présenter le Christ : même e dédoublement en « Agneau » et en « Cavalier », suivant son double aspect de
| Sauveur personnel et de Parole conquérante, ce dernier flottant entre l’idée
de la personnalité du Verbe et celle du développement historique de l'Évangile, par les prédicateurs qu'il envoie).
ON lé
AGNEAU CAVALIER ΠΕΡ ΘΟ ΣΟΙ Au:ciel : ch:v "2 Le CRT ANT DeLotfion. Sur là terre : Chi χύνει LU CRU XIE:
Il réapparaîtra aussi en « Fils d'homme » au chap. Χιν, comme au ch. 1°".
L’Antéchrist (Ἀντίχριστος, contre-partie, adversaire ou rival du Messie) est une figure quasi essentielle de l’eschatologie juive. Sans essayer ici de faire l’histoire de ce concept, qui demeure du reste assez obscure, nous renvoyons le lecteur aux écrits ou traités spéciaux des éditeurs d'Apocryphes, Kaurzsc, etc.,
᾿ puis ἃ SzekeLy, Lacrance, Bousser Rel. Jud., Vozz, Caarces [Introduction à l’Asc. d’Isaïe; et surtout à Bousser, Der Antichrist, pour le développement
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