EXC. XXXI. — LE NOMBRE DE LA BÊTE
Le lecteur qui, parmi tous les écrits de ce genre littéraire, ne connaît que l’'Apocalypse, se trouve assez désorienté par le singulier verset 18. Mais la lecture des apocryphes lui apprendrait que rien n’était alors plus commun que. la « gématria » dans la littérature juive. Il ne faut donc pas en faire un grief à saint Jean. La Bible en use déjà, ou du moins d’un procédé fort analogue, dans ΜΈ χαν. 0. τοῦ Al: quw pour 522; elle est surtout commune dans les Sibyllins,
juifs ou chrétiens, sous des formes plus ou moins compliquées (Sid. v, vers
10-50; vi, vers 148-150; 1, vers 325-331; également xr, x, ΧΠῚ, χιν). Il s’agit
d'empereurs romains, entre autres Néron, du nom de Rome correspondant à sa
durée prédite, du roi de Palmyre Odenath, et du nom de Jésus lui-même, dans un passage qui mérite particulièrement d’être cité :
Sib. 1, 324-331 : « Alors viendra vers les hommes le Fils du grand Dieu, revêtu
de chair, pareil aux mortels sur la terre; ayant quatre voyelles, la consonne
en lui est doublée. Mais je veux te dire le nombre entier : huit unités, autant
(1) Je n'ai malheureusement pu consulter le savant ouvrage de BEURLIER, Le culle impé= rial, son histoire el son organisation, Paris, 1891.