D. 209-89 SORT FINAL DE L'EMPIRE ROMAIN ET DE L’ANTÉCHRISY (XVII-XIT
Inr. — Trois ennemis s'opposent au Règne de Dieu et de l'Agneau; le Da qui est l'adversaire direct de Dieu, le Dragon, est invisible; il demeure comme caché dans l'ombre pendant le déroulement du ἌΡ actuel. Les deux autres sont visibles, mais sur des plans différents : d'abord la Première Bête, qui, aidée du Faux Prophète,représente la continuité des efforts du mal politique, social, religieux ou antireligieux dans l'histoire humaine, en un mot l'Antéchrist; le troisième, c'est Rome, capitale actuelle de cet Antéchrist, laquelle a déjà paru dans une échappée au cours de la vision des Coupes. Jean va décrire la ruine de ces trois adversaires, déjà annoncée ou présagée sous bien des formes, mais dans l'ordre inverse de leur apparition. Il est parti, au chap. XII, du fond caché des choses et des événements, pour arriver à ce qui affleure à la surface, aux yeux de tous, c'est-à-dire à l'hostilité de Rome, qu'il va maintenant décrire; ensuite il va passer du drame visible et contemporain au drame visible et perpétuel, puis au drame invisible. Cet ordre doit coïncider avec un certain ordre chronologique. D'abord (XVII-XIX, 10), nous allons assister à la ruine de Rome, le premier de de ces événements vengeurs qui se produira ; puis (XIX, 11-fin) à la destruction totale des Bétes. Telles seront les deux phases de la victoire de l’Agneau sur ses adversaires humains; c'est l'issue du drame ouvert aux chap. XIIT-XIV, 5. — Il présentera enfin
* à part, au chap. XX, la défaite de l’Adversaire éasentiel, le Dragon.
D. 2° La vengeance divine sur Rome (xvui-xix, 10).
Inr. — Cette vision, d'autant plus copieusement décrite qu'elle'avait une importance capitale pour les premiers lecteurs de l’'Apocalypse, ne fait que développer 66 qui vient d'être réalisé par la 76 Coupe, — tout comme la section entière, de XII à XX, n'est que le développement du 3° Vae, signalé à la fin du chapitre XI. Nous retrouvons donc un des procédés constants de l'auteur, la compénétration des diverses visions, et les notations brèves qui s'épanouissent en grands tableaux dramatiques. On peut ainsi diviser cette partie : ᾿
a. Vision de présentation (analogue ἃ 1v-v et à χπιτχιν, 5). — Un des Anges porteurs des coupes montre au Prophète la COURTISANE BABYLONE dans sa magnificence et ses pices, et lui en prédit la ruine future (xvir, 118).
Ὁ. Une préparation (analogue à vi-vir et à x1v, 6-fin). — Deux proclamations célestes retentissent contre Babylone (xvur, 1-8).
c. ἃ. La ruine de la Courtisane (οἷν, les Trompettes et les Coupes) sous forme de lamentations, qui sont suivies de l'action prophétique d'un autre Ange, et des cantiques
EE Al d 4 = ve k MERS
24h τ APOCALYPSE DE SAINT JEAN.
de la foule céleste (ce qui forme justement encore une antithèse, avec ‘une scène interposée, comme à la fin des Trompettes). Ces chants célèbrent l'Épouse DE L'AGNEAU, JéRusALEM, l'antithèse de Rome, οἱ l'Ange qui a montré à Jean la courtisane proclame heureux ceux qui seront invités à ces noces. C'est la préparation des chapitres XXI-XXII 3e grande partie de la Révélation.
On peut remarquer ici que trois Anges, peut-être quatre, interviennent ; et que la ruine de Babylone, en partant de la vision préparatoire aux coupes, est annoncée ou décrite juste sept fois (χιν, 8; — xvi, 17-21; — Xvu, 16; — xvin, 1-3; — xvInx, 4-85; — xvirt, 9-20, morceau principal; — xvin, 21-24).
D. 2° a. La courtisane Babylone, sa relation avec la Béte (xvii).;
Ir. — Nous avons assez ou déjà comment les diverses visions Johanniques s'ajustent et s'emboitent, se correspondent en s'enchevétrant. Ne soyons donc pas surpris que Babylone entre en scène exactement comme le fera plus tard la Jérusalem céleste (xxt, 9). Car ces deux figures, qui sont parmi les « symboles majeurs » de l’Apocalypse, se font
endant exactement, comme les « Deux Cités » de Dieu et du Dragon. Babylone est une ville, mais une ville figurée par une Femme, selon l'usage biblique; comme ville,
elle s'oppose à Jérusalem, comme femme à la «Femme » du Le XIT, ainsi que l’a bis
ou Holtzmann; mais celle-ci est déjà l'Éplise- Jérusalem; d'ailleurs Jérusalem elleméme sera présentée dans la 3° partie comme une ville qui est en même temps une femme, une fiancée. Donc, somme toute, Babylone, qui, au sens premier, n'est que Rome païenne, sert de type à la ΚΣ ΒΕ ες τ ὰ l'Eglise de l'Antéchrist.
Dans une première partie (3-6), nous assisterons à l'apparition splendide et odieuse de la Courtisane; dans une seconde, l'Ange qui l'a montrée expliquera qui elle est, et annoncera son sort futur (7-fin).
Ce chapitre est rempli d'une lumière prophétique éclatante; mais la loi du genre allégorique et l'obligation où Jean se trouvait de ne parler qu'avec prudence, en termes voilés, en font un des plus difficiles à interpréter. Aussi les commentateurs l'expliquentils de manières fort divergentes, tandis que les critiques lui assignent les origines les plus diverses, Les conservateurs même ne sont pas d'accord sur sa date; quelques-uns le reculent au temps de Vespasien. Vülter le donne à Cérinthe, excepté 6*, 14, 16- 17, qui viennent de l'éditeur, et voudrait le transporter à la suite de X, 1-11; il Le sépare ainsi, non sans quelque fantaisie, de XVITI-XIX, 10, qui reviendrait à Jean- Marc; Weiïizsäcker le distingue du corps du livre; pour Weyÿland, XVII-XVIII, XIX, 1-6 font partie d'N, juif, moins XVII, 14; Sabatier fait aussi XVTI-X VIII d'origine juive; pour Schoen, XVII est l'addition d'un éditeur chrétien, XVIII (sauf 20) est juif; Spitta divise le bloc entre J?, du temps de Pompée, auquel reviendrait presque tout XVIII, et le Rédacteur chrétien sous Trajan; Erbes assigne les deux chapitres à l'Apocalypse de l'an 80. Schmidt découvre dans XVII-XIX, δ, un morceau indépendant intercalé. Pour Bruston, XVII-X VIII sont de l'Apocalypse la plus ancienne, qui a commencé au
ch. X; Joh. Weiss fait des répartitions équitables entre Q, juif, et l'« Éditeur », qui aurait à son compte XVII, 9 a, 1: et XVIII, 20 seulement; d'ailleurs le morceau aurait
pu avoir une existence indépendante avant d'être utilisé par Q. Bousset lui-même ne
croit pas le ch. XVII homogène, car le compte du v. 10 nous reporterait à Vespasien,
tandis que l'emploi de la légende de Néron suppose la fin du 1er siècle; il distingue une source juive, et une élaboration chrétienne (8; 12-14; mots isolés 6, 9, 11).
À notre avis, ces deux chapitres sont si unis, et tellement liés au reste du livre, qu'il n'y a aucune raison valable d'y chercher des sources; l'unité de langue est un o δὴ On s'explique aussi fort bien comment Jean lui-même a pu voir ces étais et à Patmos, sous Domitien. Dans des excursus, nous chercherons à résoudre le problème des
Tétes, et à bien fixer les rapports éventuels de la vision avec la légende de Néron; le commentaire donnera succinctement nos solutions.
A. B. 1. καὶ ἦλθεν χτλ, phrase d'introduction pareille à χχι, 9. — ἐπὶ ὑδάτων, comme Babylone, dans Jér. 1 (Septante xxvin), 12-suiv.; οἷν, aussi 75. xx1, 1. — λαλεῖν meta. ENT: C5 x, $ IT.
C. 1. La courtisane va bientôt être identifiée à Babylone (— Rome, d’après Bar. syr. LxVII, 7, avec fiction allégorique; Sib. v, 143, 159; I Per. v, 13. ἵντ. ὁ. v, τ, $ ΠῚ; la Babylone historique a été souvent représentée par les prophètes comme une prostituée. Prim. : « meretricem vocans, quia relicto Creatore daemonibus se prostituit ». L'image des « eaux » sera expliquée au verset 15, comme l’amas agité des peuples sur lesquels Rome domine.
C'est un des Anges « qui avaient les Coupes » qui appelle Jean; il semble qu'il ait encore sa coupe en main, sans doute il n’en a pas encore versé le contenu; c'est dire qu'il y a ici régression; le Prophète revient, pour les développer, sur des faits dont la substance lui ἃ déjà été révélée dans une vision plus générale, ici xvi, 19 : Βαδυλὼν ἣ μεγάλη ἐμνήσθη χτλ. Le fait que la mise en scène correspond exactement à celle de la révélation de la Jérusalem céleste (ch. xx1), montre la place hors pair que tenait cette vision dans les préoccupations de Jean et de ses lecteurs; c'est que Rome est le type de la cité du Diable.
—— A. 8. 2. κατοιχοῦντες τὴν γῆν, régime direct sans ἐπί, se trouve ici seulement dans l’Apocalypse; mais bientôt, v. 8, reparaîtra l'expression stéréotypée xatow. ἐπὶ τῆς γῆς, INT, ὁ. x, ὃ II. — μεθ᾽ ἧς ἐπόρν. οἱ βασ, τῆς γῆς, οἷν. χιν, 8; xvinr, 9; MNahum, πὶ, &, sur Ninive.
C. 2. Bossuet voit justement ici le culte de Rome et des empereurs par les rois vassaux ou alliés. La « fornication » des rois consiste à admettre tous les vices de Rome, ainsi que sa suzeraineté et sa religion (Swete), Il y avait alors peu de rois dans l’Empire; mais Jean pouvait penser à ceux d’autrefois, tels les Hérodes.
A. B. 3. τῷ ajouté devant πνεύματι (Av 59-163-2069, ὃ 500-88-205), donnerait le sens d'Esprit-Saint; mais, d’après 1, 10, il s’agit ici de l’état extatique. — Pour εἶδον, À porte ἴδα, une des particularités de ce codex qui montre qu'il était assez indépendant, et qu’il ne faut pas toujours se fier à ses graphies, ni même aux mots de son texte (INT., C. xv). — γέμοντα... ἔχον, accord ad sensum qui n’est pas poursuivi, leçon de Nestle; γέμον τὰ ὀνόματα, pour Düsterdieck, B. Weiss, ce qui souffre difficulté, car il faudrait alors, note Bousset, τῆς βλασφημίας; Siwete admet γέμοντα... ἔχοντα, et considère γέμον... ἔχον comme des corrections, ce qui est fort possible; Bousset, yépovra.. ἔχων; W-H, ἔχων; Tisch. ἔχοντα. On lit γέμοντα À, a3-P-025, 1073; ἔχοντα, N-02-01, P, ἔχον, Hipp., Q, al.; ἔχων, À, et beaucoup de minuscules; il est difficile de choïsir
(INT., Ὁ. xv). — Quelques témoins, dont 3500-88-205, ajoutent immédiatement après la fin de ce verset le v. 18, remaniement mal inspiré, qui affaiblit la force de ce tableau (v. ad loc.). — « Noms de blasphème », x, 1.
C. 3. La Bête et la Femme, contre Bossuet, ne sont pas la même chose, même au fond. La Bête est ont la même qu'au ch. xim; sa couleur écarlate — et non « rouge sang » comme le Dragon — désigne ici, non la cruauté, mais la richesse et la magnificence. C’est l'esprit de luxe et d’ostentation des empires ennemis de Dieu, et non du seul empire romain; car la Bête ne sert de monture à Rome que pour un temps, comme la suite va le montrer. La Femme, dit Joh. Weiss, pourrait tirer plus d’un de ses traits de quelque image divine; c'est comme une déesse assise sur un animal, et l’on peut penser à des modèles sémitiques, égyptiens, à Cybèle dans son char, etc. Le prophète se la représente comme une bacchante chevauchant une sorte de panthère. La distinction et la splendeur éclatent dans tout ce tableau.
y 5 τ' ΣῈ de ἢ ΄ ας ἢ e C. χνιι. 1. Καὶ ἦλθεν εἷς Ex τῶν ἑπτὰ ἀγγέλων τῶν ἐχόντων τὰς ἑπτὰ φιάλας, ᾽ ’ * ? ETS Er S < « “ ! AT ’ χαὶ ἐλάλησεν" μετ᾽ ἐμοῦ λέγων᾽ Δεῦρο, δείξω σοι τὸ χρίμα τῆς πόρνης τῆς μεγάλης eo /
ne
3. Καὶ ἀπήνεγχέν εἰς ἔρημον ἐν "πνεύ Kat "εἶδ î θημέ ὶ . Καὶ ἀπήνεγχέν με εἰς ἔρημον ἐν "πνεύματι. Καὶ “εἶδον γυναῖχα χαθημένην ἐπὶ PR Ἧτο ΤΣ ἢ Ἂν" €
θηρίον χόχχκινον, ᾿γέμοντα ὀνόματα βλασφημίας, "ἔχον χεφαλὰς ἑπτὰ nat χέρατα δέχα. ἱι. Καὶ ἣ γύνη ἣν περιδεόλημένη πορφυροῦν χαὶ χόχχινον, χαὶ χεχρυσωμένη χρυσίῳ χαὶ λίθῳ τιμίῳ χαὶ μαργαρίταις, ἔχουσα ποτήριον χρυσοῦν ἐν τῇ χειρὶ αὐτῆς, γέμον ΩΝ χ Ἢ 4 Ἷ ι ἍπΠιὶ u :0 ΡῈ αὐ τ δ 5 Κ ᾿ \ βδελυγμάτων χαὶ ‘Ta ἀχάθαρτα τῆς πορνείας αὐτῆς. ὅ. Καὶ
Pourquoi est-elle « dans le désert », trait qui semble destiné à faire contraste avec la « montagne » où descendra la Jérusalem céleste, χχι, 40? Holtzmann rappelle ici le titre d’une prophétie d’Isaïe contre Babylone : « Oracle touchant le désert de la mer » 75. xx1, 1. Bousset comprend ce désert comme une vue anticipée de sa désolation future; mais ce ne serait guère en situation ici. $wete, après Prim. et And. propose avec plus de raison un sens spirituel, le désert de la vie sans Dieu, bien différent de la solitude recueillie où l’autre Femme du ch. xn a trouvé son refuge.
Il est plus que certain que cette courtisane est Rome antique; André connaissait déjà cette interprétation, basée surtout sur la mention des « Sept collines », au v. 9; mais, croyant, ainsi qu'après lui l’ensemble des médiévaux, que ce chapitre se rapportait à l’avenir eschatologique le plus éloigné, il y voyait personnellement un empire universel, une grande ville, peut-être Rome restaurée dans son antique puissance, qui devait dominer le monde jusqu’au temps de l’Antéchrist. Il n’y a toutefois aucun doute que cette ville soit la Rome historique des Augustes. |
——— À. 5. 4. Remarquer le changement de cas τὰ ἀχάθαρτα, après le génitif βδελυγμάτων; γέμω, dans l’Apoc., peut gouverner ces deux cas; mais il est possible, à la rigueur, que ἀχάθ. soit un second régime direct de ἔχουσα. — « Vase d’or » à la main, οἷν. Jér. τι, 7 (Septante xxvin), mais avec adaptation, car là Babylone est ellemême un ποτήριον dans la main de Dieu. — Swete signale un parallèle frappant à cette description dans le T'ableau de Cébès, où est décrite une femme, qui est l'érar, assise sur un trône avec un ποτήριον qui enivre de πλάνη et α᾽ ἄγνοια.
GC. 4. La pourpre représente le pouvoir impérial; les « abominations », le culte
romain et les mœurs romaines. Rome, dit Calmes, est « centre et foyer de toutes les abominations, ce qui doit s'entendre du paganisme international, du syncrétisme cosmopolite, auquel le Panthéon romain servait de sanctuaire ». La Prostituée, parée de toutes les vanités de la terre, est tout à fait la contrepartie de la Femme du ch. x, vêtue du soleil et couronnée d'étoiles; elle s'oppose à cette « Mère », comme à la « Fiancée » du ch. xxi.
A. 5. πορνων peut être le génitif soit de πόρνη, soit de πόρνος « débauché », suivant qu’on accentue πορνῶν ou πόρνων; les deux sens conviennent également. — Μυστήριδν est une sorte d'exclamation, ou de parenthèse, pour attirer l’attention sur les mots qui suivent.
C. 5. Cet avertissement montre que « Babylone » n’est pas le vrai nom, qu'il faut le prendre πνευματιχῶς: or, nous savons que Babylone signifiait Rome (supra, v. 1 À. B.), et pourquoi Jean restait dans ce mystère (cfr. χπὶ, 18). Les fèeX. sont l’idolâtrie du monde entier confluant à Rome (Spita, Bousset, etc.) Holtzmann, se référant à Sénèque et à Juvénal, parle de l'usage qu'auraient eu les courtisanes romaines d'afficher ainsi leur nom.
——— À. B. 6. Le part. présent μεθύουσαν montre que la Femme est en train de
C. xvir. 1. Et il vint un d’entre les Sept Anges qui avaient les sept coupes, et 1l parla avec moi, disant : « Arrive! je te montrerai le jugement de la grande PROSTITUÉE, qui est assise sur d’abondantes eaux, 2 avec laquelle ont forniqué les rois de la terre, et se sont enivrés ceux qui habitent la terre du vin de sa fornication. » |
3. Et1l m'emmena dans un désert, en esprit. Et je vis une Femme assise sur une Bête écarlate remplie de noms de blasphème, ayant Sept Têtes et Dix Cornes. ἃ. Et la Femme s'était enveloppée de pourpre et d’écarlate, et dorée d’or, et de pierre précieuse (sic au sing.), et de perles, [et] elle avait un calice d’or dans sa main, plein d’abominations, et des (ou les) impuretés de sa fornication. 5. Et sur son front un nom [était] écrit... — Mystère! —
s'enivrer au moment où Jean la voit; cfr. xvi, 6 et xvur, 24. — Ἰησοῦ omis dans de nombreux mss du type And.
C. 6. Le Prophète contemple Rome en pleine puissance, et en pleine rage de persécutions. Cependant une première impression, qu’il ne peut prévenir, est d'admirer cette apparition imposante, si odieuse qu’elle soit; il est étonné, dit Bossuet, qu'une telle richesse doive être, d’après la prophétie, soudainement précipitée.
GC. 7. L'Ange reproche à Jean ce mouvement d’admiration involontaire;
il va lui dire ce qu'est cette reine, et quel sort misérable et juste attend Babylone.
Tout le reste du chapitre est occupé par le commentaire qu'apporte à la vision l’Ange révélateur; c’est là un procédé fréquent dans les Apocalypses. (Int. ©. v,1 ὃ I).
A. 8. ὑπάγειν pour ὑπάγει, ce qui ne change pas le sens, dans δ, P, Q, la plupart des cursifs, Hipp., boh., eth., Soden, Swete, possible pour W.-H. — Pour θαυμασθήσονται, forme de À, plus conforme à l’usage hellénistique, (cfr. xur, 3) on trouve aussi la forme moyenne θαυμάσονται, et dans Æipp. θαυμάσουσιν. — βλεπόντων, génitif dû à l'attraction de ὧν, corrigé en βλέποντες, quelques And., Hipp., g, vulg., Prim. — La tournure τὸ θηρίον ὅτι ἦν, quoique admissible en grec, corrigée en θαυμ.. ὅτι ἦν τὸ θηρ., rec. K., quelques And., Hipp., g, vulg., syr., arm., Prim. — πάλιν, ajouté après παρέσται N° ; contresens plutôt qu'éclaircissement; car παρέσται a ici la valeur d’un mot technique, qu’il faut rapprocher de παρουσία, terme du style officiel pour désigner l’arrivée solennelle d'un souverain (v. Deissmann, LO, pp. 278-suiv., 332, 334-suiv.); les chrétiens l’adoptèrent pour l’Avènement glorieux de leur Maître; quelques scribes, ne l'ayant pas compris, ont écrit ἔσται; ailleurs, παρέστιν.
B. 8. Elle « remontera bientôt de l’Abîme », οἷν. x1, 7; xin, 4, elle monte « de ia mer »; — pour aller « à la perdition », idée qui sera développée xix, 11-xx, 10. — Cfr. cette ascension de l’Abiîme à la guérison de la blessure mortelle, xin, 2, 3, 12, 14. — « Livre de vie » cfr. 111, 5; χη, 8; ἀπὸ χαταῦ. xoou., οἷν. XIII, 8. — κατοιχ. ἐπὶ τῆς γῆς reparaît, οἷν. xvir, 2. — παρέσται; pour l’idée, cfr. χπι, 8, 12-17 ; également II Thess. 11, 8, 9: ὃ ἄνομος... οὗ ἐστιν ἣ παρουσία κατ᾽ ἐνεργείαν τοῦ σατανᾶ. — Καὶ θαυμασθήσονται, cfr. xIIt, ὃ.
C. 8. Nous discuterons dans l’Exc. xxxm les très diverses interprétations données à ce verset, solidaire de 9-11. Disons seulement ici que la Bêté-Antéchrist, contrefaçon du Christ, aura l'air, comme le Seigneur, de mourir et de ressusciter, pour avoir, elle aussi, son Avènement glorieux, et recevoir les adorations de toute la terre; c’est, comme au chap. xu1, une allusion à l'apogée du culte impérial, présenté, notons-le bien, comme futur (v. Exc. xxx), ainsi qu'aux phénomènes historiques plus éloignés qui pourront y ressembler. Le commentaire du v. 10 résoudra la contradiction apparente entre ce verset 8 et le ch. χπὶ, où la Bête a éte vue guérie de sa blessure, tandis qu'ici elle est représentée comme morte (οὐχ ἔστιν), et descendue à l’Abîme, d’où elle est sur
ΒΟ AE Se © Le tue τ Σ UT PORN 2 VENT ER PL ‘ Tri ue L Υ ὟΝ οἷ τ
, ᾿ r : \ J , “ * = AA ὄνομα γεγραμμένον᾽ Μυστήριον᾽ Βαδυλὼν à μεγάλη, ἣ μήτηρ τῶν "πορνῶν καὶ τῶν Pa Es ἘΞ 3 x = * ne e = βδελυγμάτων τῆς γῆς. 6. Καὶ εἶδον τὴν γυναῖχα “μεθύουσαν Ex τοῦ αἵματος τῶν ὕρων ᾿Ιησοῦ. Καὶ ἐθαύ ἰδὼν αὐτὴν θαῦ :
μαρτύρ 1000. Kat ἐθαύμασα ἰδὼν αὐτὴν θαῦμα μέγα. 7. Καὶ εἶπεν μοι ὁ ἄγγελος Διὰ τί ἐθαύμασας ; ἐγὼ ἐρῶ σοι τὸ μυστήριον τῇ . Καὶ εἶπεν p μασας ; ἐγὼ ἐρ μυστήριον τῆς
\ il 2e 2 c , NN ΡΣ € \ υναιχὸς at τοῦ θηρίου τοῦ βαστάζοντος αὐτὴν τοῦ ἔχοντος τὰς ἑπτὰ χεφαλὰς χαὶ τὰ ς Ὶ ς
δέχα χέρατα. 8. Τὸ θηρίον ὃ εἶδες ἦν χαὶ οὐχ ἔστιν, nai μέλλει ἀναθαίνειν Ex τῆς
221 Na D Ἢ f *e 4 Y'A / ς = Late ON = 2 ἀδύσσου χαὶ εἰς ἀπωλείαν "ὑπάγει. xat "᾿θαυμασθήσοντάαι οἱ χατοιχοῦντες “Emi τῆς γῆς,
= , r \ ᾿ \ en ἘΞ x πῶς * ὧν οὐ γέγραπται τὸ ὄνομα ἐπὶ τὸ βιόλίον τὴς Cuñs ἀπὸ καταθολὴς χόσμου, “βλεπόντων
εἰς. θ᾽ χ, Ἄ 5 \ , " NX 7 το ριον, OTL Ἢν HAL OÙUX ἔστιν χαι RAPEOTAL.
le point (μέλλει), quand Jean écrit, de remonter. Le monde admirera la vitalité de la Bête, de l’Empire romain se relevant après les pires malheurs; l’Antéchrist aura donc sa Parousie (IT Thess., supra), comme l'Agneau; mais celui-ci viendra du ciel, l’autre de l'Abîme; l’Agneau pour triompher à jamais, l’autre pour recevoir son châtiment final. Nous avons vu déjà l'intronisation de l’Agneau (ch. v), puis celle de la Bête (ch. χπὴ; ici se complète le parallélisme, ou plutôt la parodie. La formule même ὃ ἦν χαὶ οὐχ ἔστιν χαὶ παρέσται, parait formée intentionnellement sur le nom hiératique divin ὃ ἣν χαὶ ὁ ὦν χαὶ ὃ ἐρχόμενος.
À. Β. 9. ὁ ἔχων σοφίαν est une interpellation, et vaut un vocatif. — ὧδε 6 νοῦς, οὗν. χπὶ, 18 ; ὧδε omis Ὁ. — Pléonasme ἐπ᾿ χὐτῶν après ὅπου, voir INT. αἱ x, RUE G. 9. Ce qui va être révélé est de la même importance, comme l'indique l'avertissement solennel, que le « chiffre de la Bête » xmr, 18. L'’explication sera elle-même assez énigmatique; il le fallait, à cause de la police; c’est pourquoi elle s'adresse à « qui a de l'intelligence ». Il s’agit du « Septimontium », des sept collines de Rome, ce qui fixe tout à fait le sens symbolique de la Courtisane. La coïncidence entre ce trait topographique et le symbolisme des « 7 Rois » dont l'Ange va parler, a frappé l'écrivain dans le cas de Rome, c’est pour cela que, ne voulant laisser aucun doute à l’auditeur intelligent, il a signalé cette double signification des Têtes, dont la première n’est qu'une indication assez peu attendue, sans signification prophétique ou religieuse, mais qui sert à faire trouver la clé de l'ensemble. Il ne faut donc pas la rejeter comme une interpolation, quoiqu'elle mette un disparate dans le symbolisme général; c’est
œ β pas nécessairement, dans une Apocalypse, une dualité de mains. La Bête, ici et aux versets suivants, s'identifie donc à la Rome historique; mais cette identification n’est que partielle et temporaire (v. infra). |
À. B. 10. βασιλεύς équivalait dès lors à « imperator » latin, voir I Pet. τι, 13- 17; 1 Tim. τι, 2. — ἔπεσον pour ἔπεσαν, rec. K., moins Q, al. (Int. c. x, ὃ 11). — Pour le calcul des Têtes, cfr. celui des ailes et des ailerons de l’Aigle de ZV Esd., xu, 10-33.
G. 10. Les versets 10 et 11 expliquent tout à fait la signification totale de la Courtisane, et la signification contemporaine de la Bête, les deux se trouvant, pour cette époque-là, répondre à une même réalité historique. Ils forment l’abrégé d'une histoire et d'une prophétie relatives au seul empire romain.
Avec le chiffre 666, il n’y a pas dans toute l’Apocalypse de pareille crux interpretum. Sans discuter ici les opinions des commentateurs et des critiques, réservées à l'Exc. ΧΧΧΗΙ, Contentons-nous d'exposer la nôtre, qui sera justifiée plus tard.
Jean nous dit lui-même que les têtes répondent à des règnes successifs d'empereurs romains. Nous pensons qu'il faut les compter à partir du moment où l'Empire, par son hostilité déclarée, est véritablement devenu pour l'Église une bête féroce, c’est-à-dire
une combinaison À ἡ. (v. INT. c. vi). Bousset concède qu'un pareil procédé n'indique
a + A rr
ed rm e ὃς
LA us
« BABYLONE LA GRANDE, la mère des prostituées et des abominations de la terre. » 6. Et je vis la Femme s’enivrer du sang des martyrs de Jésus. Et je m'émerveillai, l’ayant vue, d’un grand émerveillement.
7. Et l'Ange me dit : « Pourquoi t’es-tu émerveillé? Je te dirai, moi, le mystère de la Femwe et de la Βέτε qui la porte, qui a les sepr TÈres et les DIX CORNES. 8. La Bête que tu as vue était, et n'est plus ({{{. pas), et elle est près de monter de l’Abime, et c’est à la perdition qu’elle s’en va; et ils s'émerveilleront, ceux qui habitent sur la terre, dont le nom n’a pas été écrit au livre de vie depuis la fondation du monde, en regardant la Bète, de ce qu'elle était, et n’est plus (/. pas), et aura son Avènement.
depuis Néron. Les cinq qui sont tombés sont donc Néron — Galba ou Othon — Othon ou Vitellius — Vespasien — Titus. Celui « qui est » est l’empereur actuel, Domitien. Celui qui doit venir sera son successeur, quel qu’il soit, et il est mentionné, non pour lui-même, mais afin de compléter le chiffre fatidique de Sept (v. Exc. xxxtn).
Jean a dit ci-dessus que la Bête « n’est plus », et pourtant l’une de ses têtes est en vie; c’est donc que la mort de la Bête ne devait être comprise qu’en un sens tout relatif. Elle vit sous un rapport, elle est morte sous un autre. Le verset suivant donnera l'explication de cette antinomie.
A. C. 11. οὗτος pour αὐτός, rec. K. — Ce verset soulève l'intéressante question de la légende du « Nero redivivus », et de la mesure dans laquelle saint Jean y eût ajouté foi ou en οὐΐ tiré parti (v. Exc. xxx1v).
Un double caractère est assigné à la Bête (καί... καί...) : 10) après que sept empereurs, depuis Néron inclus, auront régné, l'Empire romain ne cessera pas pour cela; une simple série de sept ne le mènera pas à son terme, comme aurait pu se le figurer un prophète apocryphe, attachant une valeur superstitieuse aux septénaires. La Bête après avoir vu ses sept têtes se succéder, et tomber l’une après l’autre, subsistera cependant encore, et subsistera comme empire romain. Combien y aura-t-il d'empereurs à suivre le septième? Jean ne le dit pas, et sans doute ne le prévoit pas; il sait seulement qu'ils incarneront encore la Bête, et il abandonne délibérément le symbolisme des sept Têtes, insuffisant pour la durée prolongée qu'il veut faire entrevoir. La Bête-Empire durera encore un temps indéfini, peu importe de préciser lequel; la série des Augustes, loin d’être épuisée à son septième membre, recommencera. Ce ne sera pas un septénaire, mais une octave, chiffre de la plénitude débordante. Et il n’est pas dit que le huitième empereur sera le dernier; le « huitième » sera la Bête, voilà tout, c'est-à-dire, en soi, une collectivité; des têtes pourront repousser au Monstre tant que Dieu 16 permettra. Jean désigne tous ces monarques en bloc comme des incorporations de l’Antéchrist. Car 2°) cette Bête incarnée actuellement dans l'Empire romain conservera le même caractère bestial et persécuteur. Quoique devant survivre aux sept, « elle est des sept », sans aucun doute au sens moral. Cela veut dire, seton nous, puisque la Bête est identifiée sous quelque rapport à l’une de ses Têtes, à celle qui a mieux que les autres représenté son essence diabolique, qu’elle reprendra le caractère de cette tête disparue, qu’un des empereurs anciens de la série des sept revivra à multiples exemplaires. Sous quel rapport? Sans aucun doute, à un point de vue défavorable — puisque c'est la « Bête » — et à celui qui doit le plus intéresser et préoccuper les chrétiens lecteurs de l’Apocalypse, sous l'aspect d’ennemi, de persécuteur, d'Antéchrist. Il y avait un empereur tout désigné pour symboliser ce caractère, c'était Néron, ce Néron que le peuple croyait alors près de reparaïître. Le sens du verset est donc, en définitive, que la Bête romaine durera plus longtemps que le règne de sept
r Xx° pue 10 K \ ) - ς 4 ᾽ . e έ Ἄγ € è > € χαθήται "ἐπ᾿ αὐτῶν. 10. Kai βασιλεῖς ἑπτά εἰσιν᾽ οἱ πέντε ἔπεσαν, ὁ εἷς ἔστιν, ὁ ἄλλος οὕπω ἦλθεν, χαὶ ὅταν ἔλθῃ ὀλίγον αὐτὸν δεῖ μεῖναι. 11. Καὶ τὸ θηρίον ὁ ἦν χαὶ ῳ ΒΩ ι ἈΝ u LT 2 ΄ ε οὐχ, ἔστιν, χαὶ αὐτὸς ὄγδοός ἐστιν, nai ἐχ τῶν ἑπτά ἐστιν, χαὶ εἰς ἀπωλείαν ὑπάγει.
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“ “, Ἃ τ Ὸο 9 ΄ ? = 22 41 S f = γνώμην ἔχουσιν, Lai τὴν δύναμιν χαὶ ἐξουσίαν αὐτῶν τῷ θηρίῳ διδόασιν. 14. Οὗτοι μετὰ τοῦ ἀρνίου πολεμήσουσιν, χαὶ τὸ ἀρνίον νικήσει αὐτούς, ὅτι κύριος χυρίων ἐστὶν χαὶ βασιλεὺς βασιλέων, χαὶ οἱ μετ᾽ αὐτοῦ χλητοὶ nat ἐχλεχτοὶ χαὶ πιστοί. 15. Καὶ "λάλει
empereurs, et que, à l’égard des chrétiens, elle sera comme un Néron ressuscité, perpétuel, parce qu’elle reprendra et affermira le régime néronien. Cette vue s’accorde parfaitement avec l'interprétation la plus plausible du nombre 666 de l’Antéchrist (supra, xin, 18, Exc. xxx). Un autre trait mystérieux s’interprète au mieux dans cette conception : la Tête blessée à mort et guérie au chap. x, c’est Néron. Avec son suicide, la lignée des Jules s’éteignait, et l’Empire était profondément ébranlé : les guerres civiles et les malheurs de l’Interrègne paraissaient l’acheminer vers la ruine. Mais avec Vespasien tout se rétablit; et Jean avait été témoin de cette « guérison », de cette résurrection ; il avait vu les provinces se mettre à honorer avec une nouvelle ferveur « la Première Bête — la Bête politique — dont la blessure mortelle avait été guérie » (χη, 12).
Mais une autre image, tout à fait similaire, s’entrelace avec celle-là, et paraît d’abord embrouiller le sens, créer une antinomie entre les chapitres χα et xvn. En ce dernier, en effet, la Bête « n’est plus », elle est tombée dans l’Abîme, d'où sa montée est encore future. Cette résurrection ne peut signifier le rétablissement de la puissance impériale, dans sa stabilité et son éclat, sous Vespasien, malgré l'opinion des auteurs que nous critiquerons plus tard; car c'était une chose faite, et non réservée à l'avenir. Il ne faut donc pas confondre, pensons-nous, la guérison du chap. ΧΠῚ avec la résurrection du ch. xvir, malgré l’étroite affinité de ces deux images. La guérison, c'était la consolidation du pouvoir impérial, ébranlé par les troubles qui suivirent la mort de Néron;
l’empereur en soi, l'empereur incontesté, paraissait mourir avec Néron ; le triomphe de
Vespasien lui rend sa puissance ; la résurrection de la Bête, — qui n'était pas morte à
tout point de vue puisqu'une de ses Têtes était bien vivante quand Jean écrivait l’Apo-
calypse, — c’est la reprise du régime néronien, qui pouvait sembler mort, ou fort atté-
nué, depuis la mort du tyran, quoique Domitien tendit à 16 rétablir. Néron, le Néron-
type, la Bête néronienne, paraissait englouti dans l’Abîme ; il en remontera. En d’autres termes, la Bête, guérie de sa blessure politique, demeure encore morte, non comme empire, mais dans son caractère propre de Bête, de persécutrice follement brutale; elle revivra en plein sous cet aspect, et cela dans peu de temps, ce qui est exprimé par la brève durée du septième règne (ὀλίγον αὐτὸν δεῖ μεῖναι). Les deux images se rapportent respectivement à Néron comme empereur, et à Néron comme Néron. La guérison politique, en même temps que le régime religieux renouvelé des plus mauvais jours d'un passé récent, sont deux facteurs qui s’uniront pour consolider le despotisme du culte impérial, l’adoration de l’Antéchrist.
Ce passé est trop loin de nous pour que nous saisissions facilement la portée de ces images, et leur netteté; elles étaient certainement beaucoup plus frappantes et plus claires pour un chrétien d'Asie vivant sous Domitien, et encore tout ému du souvenir
des guerres civiles, et de la persécution cruelle que l’empereur actuellement régnant nu
semblait déjà prendre à tâche de recommencer.
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9. lei est l'intelligence, celui qui a de la sagesse! Les Sept Têtes sont sept montagnes, où la Femme est assise dessus. 10. Et ce sont sept Rois : les cinq [premiers] sont tombés, l’un existe, l’autre n’est pas encore venu, et une fois venu, 11 faut qu'il demeure peu. 11. Et [quant ἃ] la Bête qui était et n’est plus (/. pas), et elle est elle-même un huitième, et elle est [pourtant] d’entre les sept, et c’est à la perdition qu’elle s’en va.
12. Et les Dix CorNEs que tu as vues sont dix rois, ceux qui n’ont pas encore reçu la royauté, mais qui reçoivent l’autorité, comme rois, pour une heure, avec la Bête. 13. Eux n'ont qu’une [même] résolution, et leur puissance et leur autorité, [c'est] à la Bête qu’ils [les] donnent. 14. Eux guerroiront avec l’AGneau, et l’Agneau les vaincra, parce qu'il est SEIGNEUR DES
Pour la discussion, voir enfra, les Exc. xxxX1, ΧΧΧΠῚ, XXXIV.
A. B. 12. οἵτινες, ici encore, ne paraît pas être purement synonyme de of, mais signifier « quicumque », ou « quippe qui », οἵπερ — pour autant qu'ils n'ont pas encore reçu la royauté », cfr. x11, 18. — οὐ pour οὔπω, erreur de Α. — μίαν ὥραν signifie « pour une seule heure », accusatif de durée, et a été très mal traduit par Joh. Weiss : « zur selben Stunde wie das Tier ». — λαμδάνουσιν, présent prophétique ; — pour μετὰ τοῦ θηρίου, « avec La Bête », la Vulg. doit avoir lu μετὰ τὸ θηρίον, « après la Bête », grand changement de sens, qui détruit la prophétie (v. infra). — Dix cornes — dix rois, cfr. Dan. vu, 7, 20, 24; voir Apoc. x, 1.
G. 12. Les cornes sont empruntées à la 4e Bête de Daniel; chez l’ancien prophète, une de ces cornes devient une tête (vu, 20). Pour Daniel, les têtes (les 4 têtes de la 3e Bête) étaient des royaumes, pour Jean ce sont des souverains individuels; les cornes aussi; mais comme l'image représente quelque chose de moins considérable que les Têtes, cette différence des symboles répond à une différence, au moins à une nuance, dans la chose signifiée : les dix rois en question ne sont figurés que par des cornes, non par des têtes, parce qu'ils ne sont pas encore rois, — au moins au point de vue romain, — parce qu'ils ont encore à grandir, comme la corne de Dan. vu, 20, 24 pour arriver à une souveraineté comparable à celle des Têtes. Au reste, le symbolisme johannique est si flottant qu'on peut aussi bien voir dans ces cornes des royaumes de l'avenir que des rois individuels.
Ce que les rois-cornes auront de commun avec les Têtes, c’est qu'ils règneront avec la Bête (μετὰ τοῦ θηρίου), qui aura donc survécu à ses sept têtes, et même au mystérieux « huitième » en qui elle se sera pleinement incarnée, lequel ne peut représenter, comme la série des sept, que la puissance impériale romaine.
Les versets suivants vont montrer l'attitude de ces cornes à l'égard de Rome : elles
la détruiront. Beaucoup veulent que ce soit sous la conduite du Nero redux ou redivi-
eus; mais c’est introduire dans l’Apocalypse une idée qui n’y est même pas insinuée (v. Exc. xxxiv). Puisque ces rois seront ennemis de Rome, il est tout à fait arbitraire, sinon contradictoire, d'y voir soit les généraux romains qui s’élevèrent contre Néron, comme Galba, Vindex, etc., soit des proconsuls romains révoltés, amenant par leurs armes la dissolution de l'Empire.
La vieille interprétation de Berengaud, reprise par Bossuet, al., est toujours la plus solide, et, à notre avis, la seule qui convienne. Les dix rois, qui n’ont pas de puissance dans l’Empire à l’époque de Jean (βασιλείαν οὔπω ἔλαθον) sont les Barbares qui ruineront Rome, — principalement ceux d'Occident, quoique Jean ne pousse pas la précision jusque-là, et puisse les avoir mis en rapport confus avec les Parthes (v. comment. de xvi, 12-suiv.), ces avant-coureurs des « rois de la terre » (xvi, 14) qui seront
“ a ε 3 2 ι —= por” Τὰ ὕδατα à εἶδες, οὗ ἡ πόρνη χάθηται, λαοὶ nai ὄχλοι εἰσὶν χαὶ ἔθνη χαὶ γλῶσσαι. ᾿ \ ΄ 7 a cé * \ ΩΣ 16. Καὶ τὰ δέχα χέρατα à εἶδες nai τὸ θηρίον, "οὗτοι. μισήσουσιν τὴν πόρνην, χαὶ * > , * \ 4 ἠρημωμένην ποιήσουσιν αὐτὴν χαὶ "γυμνήν, χαὶ τὰς σάρχας αὐτῆς φάγονται, nai αὐτὴν Ἐν à Ἂν) ἐφ ΄ 17 ‘O \ 0 τῷ κε ᾽ X Ἵ à 3 — pos x χαταχάυσουσιν "ἐν πυρί. 17. γὰρ θεὸς ᾿ἔδωχεν εἰς τᾶς χαρδίας αὐτῶν ποιῆσαι τὴν ad , “ὦ Ἂ δὰ 4 2 τ 7 9. Lis = 7 γνώμην αὐτοῦ χαὶ "ποιῆσαι μίαν γνώμην, καὶ δοῦναι τὴν βασιλείαν αὐτῶν τῷ θηρίῳ, » * ! as à = = ἄχρι ᾿τελεσθήσονται oi λόγοι τοῦ θεοῦ. / e 3 V4 k € = ke Ἐν = 18. Καὶ ἡ γύνη, ἣν εἶδες, ἔστιν "ἡ πόλις "ἡ μεγάλη "ἡ ἔχουσα βασιλείαν ἐπὶ τῶν βασιλέων τῆς γῆς.
en même temps les vainqueurs de la Courtisane (infra, xvu, 16) et les ennemis de l’Agneau (χνιι, 44; x1x). Cette interprétation ramène à un tout très cohérent les chapitres xvi-x1x. Les critiques devraient l’admettre sans peine, si leurs préjugés n'étaient effrayés par une prophétie si manifestement réalisée.
Ges rois ne règneront qu’ « une heure »; expression à prendre en un sens tout rela-
tif, que nous expliquerons dans l’Exc. xxx.
C. 13. L’unanimité de ces rois ou de ces royaumes futurs apparaîtra dans leur attitude à l'égard du Christ. « Le voyant n’entretient pas d'illusions ;... la Bête subsistera, et les pouvoirs nouveaux seront ses alliés » (Swete). Puisqu'ils « donnent » leur puissance à la Bête, ils ne l’ont donc pas reçue d'elle, pour autant que la Bête est l'Empire, et ce ne sauraient être des magistrats ou généraux romains,
——— Δ. B. 14. οὗτοι, répété xvu, 16, est du style de l’Apocalypse. — « Seigneur des seigneurs et Roi des rois », οἷν. xix, 16 et Deut. x, 7; Ps. cxxxvi, ὃ; II Macc. ΧΠΙ, 4. Paul, 1 Cor. vu, 5-6 : « θεοὶ πολλοὶ καὶ χύριοι πολλοί... εἷς Κύριος Ἰησοῦς χριστὸς ; cfr. aussi 1 Tim. vi, 15 (ν. infra).
C. 14. Les Rois-cornes, comme les Têtes qui les ont précédés, oseront donc faire la guerre à l’Agneau; l'issue de cette lutte ἃ été représentée symboliquement, xvi, 14 et xvi, 16, par leur concentration à « Harmagedon », le lieu du désastre; elle sera décrite χιχ, 11-suiv. L’Agneau vaincra les coalitions de l'avenir aussi sûrement qu'il aura surmonté la résistance de la présente Babylone. « Ceux qui sont avec lui, appelés, et élus, et fidèles », participeront à son triomphe, spirituel et extérieur; ce sera l’'accomplissement de la promesse des Lettres, π, 26-27, et voilà pourquoi tout vrai et sincère chrétien est appelé dans les premiers chapitres ὃ νιχῶν, le vainqueur. — L'expression ὁ βασιλεύς τῶν βασιλέων qui, dans II 7m. (supra) désigne le Père, a été par Jean transportée au Fils, égal du Père (Int. c. πὴ). À. B. 15. λέγει, présent narratif; εἶπεν dans Δ, boh., oulg., Prim. — λαοί xt, quatre synonymes, de même que vu, 9 (Int. ὁ. x, ὃ III). — Les « eaux », image des peuples, cfr. 75. vin, 7; Jér. xLvur, 2.
α. 15. Malgré beaucoup de critiques, ce verset ne rompt pas le fil du discours; il peut en réalité, observe Swete, former le lien entre 14 et 16. Le grand danger de Rome, c'était cette multitude de peuples, qu’elle dominait de façon directe ou indirecte, par son administration, ses armes ou son prestige, et d'où les Dix Rois devaient un jour sortir.
A. 16. Καὶ τὸ θηρίον est la leçon à peu près universelle ; cependant on lit ἐπὶ τὸ θηρίον, certainement à rejeter, dans Av63-160-2066, syr., arm. La Vulgate est partagée :
am., fuld., demid., tol., Lips. lisent « et bestiam (-a) », non « in bestia». En réalité,
θηρίον est un nominatif, sujet partiel de μισήσουσιν. Les scribes qui ont changé xal en ἐπί, par assimilation à ce qui précède, n’ont pas compris le vrai sens, dont l'importance est cependant capitale. Tous les critiques maintiennent xx. — Remarquer le masculin οὗτοι. — ἠρημωμένην convient mieux à un lieu, γυμνήν ne peut se dire que d’une personne;
SEIGNEURS et Ror DES Rois, — ainsi que ceux qui sont avec lui, appelés, et élus, et fidèles. 15. Et il me dit : « Les eaux que tu as vues, où la Prostituée siège, sont des peuples et des foules et des nations et des langues. 16. Et les dix Cornes que tu as vues, ainsi que la Bète, ceux-là haïront la Prostituée, et ils la rendront dévastée et nue, et ils mangeront ses chairs, et 115 la consumeront par le feu. 17. Car Dieu a mis (/{. donné) dans leurs cœurs d'exécuter sa résolution, et d'exécuter une [même] résolution, et de donner leur royauté à la Bête, jusqu’à ce que soient accomplies les paroles de Dieu.
18. Et la Femme que tu as vue, c’est la ville, la grande | Ville}, celle qui ἃ royauté sur les rois de la terre ! »
flottement admissible dans les allégories (mais caractéristique surtout du symbolisme de Jean, qui est rarement tout à fait consistant), entre l’image, une Femme, et la réalité, une ville; οἷν, χιν, 20, comment. (INT. €. vi). — ἐν omis devant πυρί N, Q, P, O10- 121-250 et d’autres mss. d'Œcuménius, g, vulg. — Comparer ces menaces, pour l'expression, avec Osée τι, 3; Ezech. xx, 29; οἷν. Apoc. xvint, 8, 18.
GC. 16. Ces versets ne sont pas, comme le prétendent certains commentateurs, « une série de gloses incohérentes ». Quand même il y aurait concordance ‘avec une prévision du Talmud que Rome périra par la main des Parthes (v. Weber, p. 349), ou avec la crainte répandue de l'invasion dévastatrice du « Nero redux » (Exc. xxxiv), ces idées étrangères n'ont pu fournir qu'une occasion à la prophétie johannique; la Bête n’est pas seulement Néron, et les rois ne sont pas seulement ceux d’au-delà de l'Euphrate. Ils sont représentés à la fois comme des incendiaires et des animaux carnassiers ; leurs ravages sont le « tremblement de terre » de xvr, 18-19, et La « grêle » de xvr, 20 (v. ad loc.) C’est une prophétie qui s’est réalisée en substance par la chute de l'Empire sous les coups des Barbares; les critiques « indépendants » ne peuvent naturellement chercher si loin. Jean, l’inspiré, ne borne pas sa vue aux péripéties politiques qui devaient suivre la mort prévue de Domitien (Swete).
A. G. 1'7. ἔδωχεν hébraïsant — 103, cfr. int, 9, etc. Int. c. x, $ II. — καὶ x. pu.
γνώμην, omis À, al., g, oulg. — τελεσθῶσιν, rec. K. — C’est un décret permissif de Dieu, qui usera de ces suppôts de la Bête pour punir Rome, et éprouver son Église. Le même esprit de domination brutale dont la Bête animait les empereurs romains se retournera contre eux, et c’est pour cela que la Bête elle-même, l'ambition de l’Antéchrist, poussera les peuples à détruire Rome; mais ensuite la même Bête continuera à sévir, par eux, contre les disciples du Christ, par les Sassanides, les hérétiques ariens, tous les despotes de l’histoire.
A. CG. 18. L'article est triplé, non sans emphase. Il faut voir dans ce verset un sarcasme d’un effet puissant : « Oui, cette ville dont je t’ai montré le sort misérable, c'est pourtant elle qui se croit, dans sa puissance présente, la dominatrice éternelle de la terre! »
EXC. XXXIII. — LE CALCUL DES TÊTES ET DES CORNES. — CARACTÈRE PROPHÉTIQUE DU CH. XVII.
L’unanimité morale est aujourd’hui acquise sur un point d'interprétation : la Bête, dans notre chapitre, est l'Empire romain, — bien qu'elle ne soit pas que “ cela, autrement elle n’eüt pas été distinguée de la Courtisane, — et ses Têtes … sont des empereurs romains. Quoiqu’elle ait pris des traits d’une de ses têtes, de
πον. Ὁ Ψ.,Ὶ}Ὶ» Or led | . a Γ Var. AT Le 0 RON RL D tu DO OP IR L'ONSREZ ST, δ, DA ϊ K 4 ‘ "Has 12 ΜΝ T7 ἊΣ ν᾿ ET ᾿ CR ie RO ὅτου, ΟΝ
l’empereur qui l'avait déjà supérieurement représentée, Néron, et qu’il y ait un va-et-vient d'attributs analogiques entre la Bête et l'Empereur (Ir. c. vi), nulle part cependant, même xvn, 8, elle ne s’identifie purement et simplement à ce seul empereur (contre Bousset, al.)
Il n'y a donc guère plus lieu de citer que pour mémoire les opinions des anciens. Îrénée, croyant trouver une clé dans Dan. VII, 20, reporte le tout à la fin des temps, et identifie les 10 cornes avec les 7 têtes, celles-ci n'étant que le même groupe diminué de 3 par les armes de l’Antéchrist (juif, de la tribu de Dan) qui s’associera comme huitième, pour gouverner l'Empire romain, avec les 7 rois restants. Cette opinion est encore donnée comme probable par Bède et d’autres au Moyen Age. — Primasius spiritualise, mais fait toujours de l’Antéchrist un roi des Juifs. — Pour Æippolyte, la Deuxième Bête, qui est l’Antéchrist, guérira la Première, c’est-à-dire rétablira l'unité de l’Empire romain qu’elle trouvera divisé en dix Royaumes par les dix cornes (οἷν. Lactance). Le même saint Hippolyte entendait par les Têtes des « âges du monde », les sept millénaires, Jean vivant au cours du sixième. André voit pareïllement dans les 7 têtes sept empires universels, depuis les Assyriens, le septième pouvant être celui de Constantinople, ou bien celui de l’Antéchrist, qui, ne durant que 42 mois, sera beaucoup plus court (ὀλίγον) que les autres. Joachim étendit la prophétie aux conditions précises de son époque. Les sept Têtes sont sept empires païens, hérétiques ou mauvais chrétiens, et lui vit sous 16 sixième, Babylone, le Saint-Empire dégénéré; la Bête est le Diable. — Ce genre d’interprétations, depuis Hippolyte, tient au moins = compte du caractère successif des Têtes, ce qui est un trait essentiel ; mais pour expliquer « les cinq qui sont tombées », les uns, recourant à Daniel, sont obligés de faire une identification impossible entre les Têtes et les Cornes, quitte à donner aux Têtes deux significations hétérogènes ; et ceux-là mêmes qui évitent cette confusion supposent toujours que saint Jean n'a porté sa vue que jusqu’à leur époque, qui serait proche de l’Antéchrist et de la consommation. Vicolas de Lyre a reconnu que les chap. xvu-xvur sont l'explication de la 7° plaie des coupes, mais il rapporte celle-ci aux croisades, Babylone devant être l'Islam (de même Henten, pour la Bête de x). Le lecteur trouvera bon que je lui fasse grâce des divagations dont les écoles vite dégénérées de Joachim et de Nicolas, ainsi que les premiers protestants, ont ensuite rempli l’exégèse.
Tyconius avait ouvert une voie plus large et plus rationnelle à l'interprétation: L'Antéchrist est tout l'ensemble des forces hostiles à la religion, et, après avoir produit les Dix Cornes et les sept Têtes, qui représentent tous les rois et les royaumes ennemis du Christ, il va s’incarner dans un souverain pire que ses prédécesseurs ; le « huitième » n’est autre que le sacerdoce mondain. Saint Augustin voit dans la Bête toute la cité du Diable, y compris les mauvais chrétiens (Civ. Dei, xx, 9), et il se demande (ibid. xx, 23) si les Dix cornes ne signifient pas « tous les rois » qui doivent précéder l'avènement de l’Antéchrist, et son règne de trois ans et demi. Rien de plus juste, abstraction faite du littéralisme des 42 mois de l’Antéchrist; mais cette interprétation, quoique parfaitement conforme au sens foncier de l’Apocalypse, et à la signification la plus étendue de la Bête, néglige les rapports évidents où la Bête se trouve en ce chapitre avec l’Empire romain et les empereurs du το siècle. Beaucoup d'auteurs catholiques se sont tenus dans cette ligne jusqu’à nos jours (Gallois, Belser, Eyzaguirre, Sales, ete.)
… ont été aussi, en général, portés à
Let νον δ «ὦ. ὁς,
. parfois avec des précisions plus ou moins arbitraires. — Ceux du Moyen Age
s'attacher au sens universel, qui est juste.
mais qui n’est pas le seul, et ne rend pas compte des précisions du verset 10; pour Bède, la Bête est le Diable ou le « corpus Diaboli », formé des impies (cfr. Tyc., Aug.); les « Têtes » sont les âges du monde, le « huitième » est l'Antéchrist ; les « Dix cornes » sont des rois futurs indéterminés, à moins d’être interprétées d'après Daniel (οἷν. Hipp.). Bérengaud considère au contraire l’Antéchrist comme le « septième », et les sept Têtes représentent tous les rois réprouvés, aboutissant à lui; les 10 cornes sont les Barbares qui ont ruiné Rome. Haymon, Hugues, Albert, al., voient dans les 7 et les 10 l’universalité des royaumes impies dans tous les nos, et la Courtisane est « malorum collectio ». Albert : la Bête est, soit l'Antéchrist {« fuit et non est : magnificabitur, sed cito deprimetur », comme si Jean s'était transporté par la pensée au temps de l’Avènement du Christ, et le παρέσται reste ainsi sans explication concordante), soit le Diable, enchaîné pour l'instant depuis l’Incarnation (« non est »). Id. /lugues de saint Cher, pour qui la Bête est le Diable, dont les Têtes sont les péchés capitaux. Mais ces grands auteurs médiévaux restent encore fidèles à la théorie des sept Ages du monde; le système futur sera celui de l'Antéchrist, ou du Diable, qui est dit encore « huitième », non à cause d’une succession chronologique, mais à cause du sens symbolique de l’octave, parce que « universitatem malorum transcendit in mali-
… tià ». Alors ils sont obligés de faire du « sixième » {« unus est ») l’époque pré-
sente, « status gratiae in Christo » (Albert, Hugues), sans être arrêtés par l’étrangeté qu'il y aurait de la part de Jean à faire représenter l’âge de la Rédemption par une tête de la Bête! A/bert ajoute que les Dix cornes sont les rois qui partageront l'Empire romain sous l’Antéchrist. Mentionnons pour en finir l’interprétation spirituelle des « cinq qui sont tombés » par le règne des « cinq sens » qui ont gouverné le monde avant l’âge adulte et rationnel de la venue du Christ (W. Strabon, Haymon, Hugues, al.).
En faisant la part qui est due au sens universel, si bien mis en valeur par l'exégèse augustinienne et médiévale, il faut cependant maintenir fermement le rapport de ce chapitre avec l'Empire romain historique, tel qu'il évoluait sous les yeux du Prophète ; ni le nom de Babylone, ni les « 7 montagnes », (qu'il ne suffit pas d'interpréter moralement, comme une allégorie de l'orgueil), ni surtout le verset 10, ne permettent de restreindre le sens premier à des généralités. Or déjà Victorin de Peitau, suivant sans doute une tradition, He oie chez d’autres par Daniel ou l’allégorisme spirituel, avait saisi un rapport très net de notre prophétie à l’histoire du τὴ" siècle. La « tête blessée » de χπὶ était Néron suicidé,
lequel devait, aux jours de la consommation, reparaître comme Antéchrist et
Messie juif; les 7 têtes figuraient les empereurs de Galba à Nerva (Υ. Exc. suivant). Brbliander (1549) et Mariana (1619-1624) sont les premiers modernes qui ont ramené l’exégèse dans cette voie; l’un compte les têtes comme Victorin, le second depuis Caligula, persécuteur des Juifs, en négligeant les trois noms de
l'Interrègne.
Depuis lors, les commentateurs, à part ceux qui ont appliqué très bizarrement le chapitre à la Synagogue (Abauzit, Züllig, al.), et ceux qui ne découvrent qu'un sens typique universel (v. supra), ont bien reconnu qu'il s'agissait de Rome
et d'événements de l’histoire romaine; non pas d’une Rome future (Ribetra, al.
cfr. /rénée et Hippolyte, qui pensaient au sort eschatologique de l'Empire), mais de cette Rome païenne qui tenait Jean exilé à Patmos. Ainsi A/cazar, qui ne cherche pourtant dans les traits particuliers qu’un allégorisme moral. Mais en général, on a reconnu dans les Têtes des empereurs déterminés. Bossuet, croyant que la prophétie se rapportait à la défaite de Maxence par Constantin (οὐχ ἔστιν, résurrection de l Église, rapprochée de celle des Témoins, ch. χη), a cherché les sept empereurs à l’époque de la dernière persécution Îles cinq : Dioclétien, Maximien, Constance Chlore, Galère, Maxence; — celui qui est : Maximin Daiïa ; — le septième : Licinius, qui voulut réveiller la persécution; — le huitième qui est des sept : Maximien, qui revint sur son abdication). Calmet le suit, mais substitue Julien l’Apostat à Maximien Hercule. Cette exégèse est contraire au texte, car on ne peut méconnaîitre que le Prophète a parlé d'hommes et d’événements de son époque (of πέντε ἔπεσαν, ὁ εἷς ἔστιν). Aussi des protestants et des catholiques de la même école s'en sont tenus à des personnalités du 1°" siècle. Grotius compte de Claude à Titus, le sixième étant Vespasien, qui guérit la blessure faite à l'Empire par la mort de Néron, et le « huitième » Domitien, le
Nero calvus » {quoiqu'il rapporte le nombre 666 à Trajan, Οὔλπιος). ΤῊΣ compte de Galba ἃ Domitien, « Nero redux »; Aubert de Versé considère Caligula comme la « tête blessée ».
La difficulté du calcul est double : il faudrait savoir à quel nom Jean commence la série, et s’il y comprend ou non les trois empereurs de l’Interrègne, Galba, Othon, Vitellius, qu'il pouvait facilement omettre, car ils régnèrent peu de temps, et n'eurent pas d'autorité universelle dans les provinces. Les auteurs sont loin d'être d'accord là-dessus. Ainsi l’on peut partir de Jules César, et compter Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba (Aubert de Versé, Renan, Holtzmann pour la « source », Joh. Weiss pour Q, Bruston, Calmes) ou Vespasien (Joh. Weiss pour l'« Éditeur », al.); le sixième « qui est », c'est alors Néron, quoique l’auteur écrive sous son successeur, parce que Néron n'est pas mort et doit reparaître comme « huitième » (Calmes, après d’autres). — Une autre théorie part, non de César, mais d’Auguste; alors le sixième, sous lequel la prophétie a bien réellement été rédigée, c’est Vespasien (sans l'Interrègne), et le 7°, qui doit peu régner, c’est Titus, dont la fin prématurée est prévue; le « huitième », c'est le «Nero redux » ou bien Dornitien, réédition de Néron(Æoltzmann, pour le rédacteur tardif, Bousset, pour une source juive, qui comprendrait 1-7; 9-11 ; 15-18, Swete, al.).
Il fai pourtant se fixer, car Jean avait certainement en vue quelque chose de déterminé. Procédons par ordre, et cherchons à établir : À) la signification des 7 têtes; B) celle des 10 cornes; C) celle du « huitième », ce qui est le point le plus difficile.
A. Les Sept Têtes-Empereurs. — Nous maintenons avant tout que, si les Têtes doivent être des individus, la Bête reste toujours une collectivité; les versets 8 et 11, séparés du contexte, pourraient la réduire à ne plus signifier qu'une personne; tel serait, d’après Jo. Weiss, le sens voulu par l’« Éditeur », pour harmoniser xvir avec ΧΠΙῚ, 18; mais, en réalité, cette identification partielle et symbolique de deux SA connexes ne Sienifo pas autre chose que l’unité de caractère moral d’un individu et de l’ensemble (voir comment. de x, 18; Inr., 6. vi). Car si l’on examine le tout en fonction des versets 9-10, on voit tout
mn
τ Χο ρους ΤῸΝ ñ 17. de.
de suite que la Bête est toujours là, présente et vivante, puisqu’une de ses Têtes vit (ὃ εἷς ἔστιν) ; son caractère Rond sa « bestialité » a subi seulement une éclipse
temporaire, elle ne paraît plus ouvertement en tant que Bête, elle sommeille,
οὐχ ἔστιν; C'est faire violence au texte, et prêter à l’auteur une maladresse ou une supercherie, que de supposer qu'il écrivait sous le septième, qu'il dit n'être pas encore venu.
Mais, cela étant, sommes-nous d’abord obligés de croire que saint Jean s’est préoccupé de compter exactement le nombre des empereurs passés avant celui qui règne actuellement? Bousset déclare : « S'il a donné sept Têtes à sa Béte, ce n'est pas parce qu'il connaissait précisément sept empereurs romains; mais il a en tout cas appliqué à sept empereurs romains — et cela probablement d’une manière très artificielle — l’image à lui transmise par tradition de la Bête à sept têtes » (Ofenb. , P. 359). Nous faisons nos réserves sur l’épithète d’« artificielle » (infra); mais nous croyons comme Bousset, dussions-nous aller contre les apparences et l'opinion de la grande majorité des exégètes modernes, que ce qui était essentiel pour Jean dans le chiffre 7 des Têtes, c'en était la valeur symbolique.
Comme le chiffre 10 des cornes, c’est un nombre rond, mais bien plus usité, j'allais dire bien plus nécessaire, dans des visions où les septénaires abondent. Nous ne manquons pas, dans la littérature apocalyptique, d’analogies qui montrent que les schémas de 7, — ailleurs de 12, — s'imposaient pour ainsi dire dans ce genre de visions ou à l’histoire. 1 ας par exemple, le 11 Sibyllin, vers 192-suiv., 318, 608-suiv. Écrivant sous Ptolémée VI Philométor ou sous Ptolémée VIT Physcon (l'ombre de règne de Ptolémée Eupator, qu’on nomme parfois Ptolémée VII, pour désigner Physcon comme Ptolémée VIII, ne compte pas), l’auteur de la principale partie du livre prédit au spectacle des invasions syriennes que l'Egypte est sur le point de périr, et que le peuple de Dieu va régner. Cela arrive sous le septième roi de la race des Grecs; le poète ἃ été, sans aucun doute, confirmé dans cet espoir parce que ce roi, étant le septième, devait être le dernier d'une race pécheresse. On discute d’ailleurs pour savoir si l'oracle date de Ptolémée VI ou de Ptolémée VIT. En tout cas, c’est là un signe que le chiffre 7 s’imposait en de telles visions comme le dernier, pourvu que l’histoire fournît quelque prétexte d’y voir la fin d’une série : ce qui a atteint à sept est complet, épuisé. De même, dans la septième vision de 1} Æsd. (xiv, 11- 12), le siècle présent est divisé en douze parties et l’auteur croit approcher de la fin, car il juge que dix et demie (neuf et demie, d’après certains témoins) sont déjà écoulées. Que le schéma fût de sept ou de douze, le Voyant se jugeait toujours proche de la dernière partie, et ne pps pas que la série pût se prolonger au delà du nombre fatidique.
D'après l’analogie de ces exemples, nous pourrions présumer que les habitudes apocalyptiques ont imposé, pour ainsi dire, ce chiffre sept à l’auteur inspiré de l’Apocalypse. Chez lui, en effet, tout a l'air d’un pur schéma, où apparaît peu le souci de faire des adaptations détaillées à l'histoire. Comparons, par exemple, nos versets de XVII, je ne dis pas seulement aux prophéties historiques minutieuses de Daniel, mais à la « Vision de l’Aigle » de ZV Esd. xr, relative aussi à une série d'empereurs romains. Chez Jean, c'est le nombre symbolique ordinaire, sept; chez le Pseudo-Esdras, où les rapports des têtes, des ailes, des ailerons de l’Aigle sont évidemment calqués sur le détail des événements historiques, ce
sont des nombres compliqués, sans symbolisme bien défini en eux-mêmes. La différence du traitement peut répondre à une différence notable d'intention. L'auteur inspiré peut parfaitement avoir choisi sept, rien que pour signifier que le règne de la Bête aura son cours complet, normal.
Cependant celte explication, qui est si commode, ne saurait passer pour
suffisante et totale; le contexte montre que Jean avait porté son attention sur l'ordre réel des Têtes, et le caractère individuel de l’une ou de l’autre. Le schéma consacré a donc été adapté par lui à l’histoire; — au moins approximativement, car il n'est pas nécessaire d'établir un tel accord de détails entre les réalités de l'histoire et les figures d’une prophétie allégorique ; l'inspiration s'attache d’ordinaire à révéler l'avenir par de grandes images qui dévoilent la nature, l’esprit des événements, plutôt que leurs formes accidentelles de réalisation. Voici donc les conclusions auxquelles nous croyons devoir nous arrêter :
a) Cette prophétie, comme les autres du livre, a été rédigée sous Domitien, conformément à la date traditionnelle de l'exil à Patmos. C’est donc cet empereur, et non Vespasien, qui est le sixième; car il faut prendre ὃ εἷς ἔστιν à la lettre. Admettre avec Swete, pourtant si respectueux de l'inspiration et de la date traditionnelle, que l'auteur a transporté ici son point de vue sous Vespasien,
par une fiction rétrospective, ou bien qu’il aurait eu cette vision avant d'être à
Patmos, c’est introduire dans l’Apocalypse un élément de désordre, un changement de perspective que rien ne pouvait faire soupçonner aux lecteurs, et qui eût été aussi embarrassant pour les Sept Eglises que pour nous. — Le septième n'est donc pas Titus dont Jean eût pressenti la fin prématurée comme résultat des embüûches peu fraternelles de Domitien, prince au caractère déjà connu; ce sera un empereur quelconque, un numéro qui complète le septénaire, et il « durera peu », soit qu'il ne faille voir dans ce trait qu’un lieu commun apocalyptique (cfr. μίαν ὥραν des Cornes, xvir, 12, v. infra), soit que l’auteur insinue par là que l’arrivée redoutable du « huitième » est assez prochaine.
b) Parmi les cinq Têtes disparues doit se trouver celui qui réapparaîtra comme « huitième », et qui, dans un sens, « est des sept ». Ce ne peut être en effet le septième, qui doit se distinguer de son successeur; ni le sixième, car celui-ci « est », tandis que le huitième s’identifiera d’une façon toute particulière avec la Bête, qui « n’est plus ». Rien de plus naturel, étant donné l'importance
qu'il a dans la prophétie, que de l'identifier avec la Tête qui joue le principal
rôle, et qui passe à la Bête de ses attributs symboliques, blessure mortelle, disparition, reviviscence. Serait-ce, comme plusieurs le veulent, Jules César, dont la dictature, détruite par l'assassinat, fut plus que restaurée par l'empire d'Auguste? ou, selon d’autres, Caligula, après le meurtre duquel le Sénat pensa à rétablir le régime républicain? (Suét. Caligula, zx; Claude, x). Mais il faudrait supposer que le prophète de Patmos s’occupait de politique plus qu'il ne l’a fait. La mort de César était bien ancienne, et bien trop étrangère aux destinées du christianisme, pour qu'un prophète d’Asie-Mineure, vivant plus d’un siècle après, lui attachât tant d'importance; pourquoi pas aussi bien Pompée, l'ennemi des Juifs, le Dragon des Psaumes de Salomon? De même les Asiatiques ni les Juifs n'avaient pas dû faire une telle place dans leurs souvenirs à l’inconsistante velléité républicaine du Sénat, entre Caligula et Claude. Ne perdons pas de vue ce fait que la blessure, etc., doit avoir un sens en rapport avec le symbolisme
général de Ia Bête, l'Antéchrist persécuteur, et avec les grandes lignes de la Révélation. Nous croyons donc, avec la plupart des modernes, que l’allusion historique porte sur Véron. Son renom de cruauté, la persécution de 64, les faux Néron qui surgirent en Orient, la grande place que tient dans les Apocryphes la légende du « Nero redux », enfin l'interprétation la plus plausible du chiffre 666, et l'exégèse, aussi ancienne au moins que Victorin, qui identifie Néron et la Bête, tout cela met pour nous hors de doute que le ΠΕ: mauvais des empereurs a servi de type dans nos chapitres Χαμ et xvir; nous disons seulement « detype »: comment 1] sera le « huitième », nous le verrons au prochain Excursus.
Donc, la série des sept doit comprendre Néron parmi ses cinq premiers membres; il est par suite impossible de la faire commencer seulement à Galba, son successeur (contre les auteurs susnommés). Ils ont pourtant raison en un point, c’est de ne vouloir remonter ni à César, ni à Auguste.
c) César et Auguste, en effet, importaient peu à notre prophète, qui n’entendait pas symboliser l’histoire politique de l'empire, mais seulement ses rapports hostiles avec les chrétiens ; car c’est par ce caractère antireligieux que la puissance romaine était devenue l’Antéchrist, la Bête munie des pouvoirs de Satan, et commençant à exercer sa tyrannie de 42 mois (χιπι, 2, 5.) Le plus naturel est donc de placer l'apparition de la Bête au temps de es sous lequel Rome est devenue l’ennemie déclarée du Christ, c'est-à-dire sous Véron encore, qu'il
faut préférer sous cet aspect à Caligula, lequel n’a fait que menacer les Juifs,
et à Claude, qui a seulement expulsé de Rome Juifs et chrétiens. On peut très bien négliger l’un ou l’autre des empereurs de l’Interrègne, d'autant plus que ni Othon ni Vitellius ne furent reconnus dans toutes les provinces. Ainsi nous aurions la série :
1 Néron, 2 Galba, 3 Othon ou Vitellius, 4 Vespasien, 5 Titus, 6 Domitien, ce qui donne une adaptation encore un peu approximative, mais très suffisante, du symbolisme à l’histoire. Cette vue a déjà trouvé des défenseurs aussi autorisés que Bousset; leur tort est de compter depuis Néron exclusivement, si Néron est le « huitième », « qui est des sept », et la pire incarnation de la Bête.
B. Les Dix Cornes. — Ces rois de l’avenir ne doivent apparaître qu'après la
série des têtes-empereurs, donc aussi après le « huitième », qui sera encore de même nature que les empereurs romains (v. infra). Les Cornes, au contraire.
sont ennemies de Rome. Il est donc assez extraordinaire d'y voir des proconsuls (Ewald, Volkmar, Renan, Hilgenfeld, Hausrath, B. Weiss, Mommsen, Calmes, etc.), et leur activité paraît bien peu proportionnée, à celle que pouvaient avoir les petits princes d'Asie Mineure que Jean connaissait (contre Véscher, Pfleiderer). C’est une solution trop étroite que de les identifier purement et simplement aux Parthes, avec Æichhorn, de Wette, Bleek, Lücke, Bousset, etc.
Ce sont des figures inconnues de l'avenir (Weëzsäcker, Joh. Weiss pour Q),
futurs destructeurs de Rome, ce qu’avaient déjà bien saisi /rénée, Hippolyte,
Aréthas. Sont-ils alliés pour cela au « huitième », au « Nero redivivus », comme
le soutient Bousset (qui en fait, pour l’ « élaborateur », des êtres infernaux), et
- toute cette école avec lui? Rien ne l'indique ni ne l’insinue dans le texte, qui ne
les rapproche en aucune façon du « huitième »; cette théorie introduit subrep-
… ticement dans l’Apocalypse des traits τἀ πος qui se trouvent bien dans les
Sibyllins, mais dont l'écrit inspiré ne présente aucune trace reconnaissable
(v. Excursus xxxiv). Les Cornes seront bien soumises à la Bête; mais la Bête n’est pas seulement Néron, même « redux » ou « redivivus ». Laissons donc cette figure dans son indétermination, la réalisation de la prophétie nous désigne coul les Barbares, comme à Bérengaud, à Bossuet et à Swete.
Dans l'intention du is les Cornes devaient-elles régner toutes ensemble (Joh. Weiss, pour l « Éditeur ») ou l’une après l’autre? Il serait certainement possible de les concevoir, avec les anciens, comme des puissances simultanées, en lesquelles se décomposerait la monarchie des Têtes, l’Empire romain. Mais l'hypothèse n’est nullement exclue que ces dix Cornes représentent, comme les Têtes, des règnes ou des royaumes successifs, ou en partie simultanés, en partie successifs. Dix n’est qu'un nombre rond (οἷν. 11, 10), qui n'a pas la même prétention à l'exactitude qu'un septénaire. Il est certain que les 7 Têtes, bien qu'apparaissant toutes à la fois, représentent des empereurs régnant l’un après l’autre; or l'imagerie d'une même vision doit être tenue pour homogène, si rien n'indique le contraire. S. Augustin les comprenait déjà comme étant tous les souverains impies, jusqu'à la fin des temps (v. supra). C'est bien la solution la plus naturelle. Il est bien dit (xvir, 12) que les Cornes ne règnent qu'une heure (μίαν ὥραν) avec la Bête qu'elles servent. Est-ce à dire que leur royauté à tous, ou les règnes respectifs de chacun, n’auront qu’une durée très raccourcie ? À coup sûr, cette « heure unique » n’est pas à prendre à la lettre, cette brièveté est relative. Relative à quoi? À toute la durée des temps? C'est possible. Tout est éphémère dans le règne des ennemis de Dieu; Satan ne fonde point pour l’éternité. Mais on peut aussi bien rapporter la comparaison à la durée totale du règne de la Bête efle-même, qui, lui, se prolongera sous toutes ces formes changeantes. Chaque corne, chaque roi, ou dynastie, ou état, peut participer pour un temps, pour « une heure », à cette royauté du Monstre. Il disparaît etle Monstre subsiste toujours. Car c’est lui, non tel potentat ou tel royaume, qui représente la continuité de la Cité du mal. Ses formes historiques n’ont rien de durable; Rome elle-même, la « ville éternelle » avec ses « huit » empereurs, n'a occupé qu'une heure de l’histoire.
C. Le « Huitième ». — Entre les septempereurs et les dix rois, un « huitième » empereur trouvera place, qu'on peut assimiler à la Bête (τὸ θηρίον... αὐτὸς ὄγδοός ἐστιν) et à Néron (καὶ ëx τῶν ἕπτά ἐστιν, v. supra), tant son caractère, à l'égard des chrétiens sans doute, sera bestial et néronien. C’est en lui que la bête, qui semble n'être plus, remontera de l’Abime.
Qui peut-il représenger dans l’histoire? Sürement l’empereur romain, puisqu'il continue la série des sept. Mais sera-ce un empereur individuel ? Sera-ce Néron reparu en personne ?
L'école de l’ « histoire des traditions » tient ferme à cette solution individuelle et légendaire. Bousset, Joh. Weiss, etc., prétendront que le mythe du Néron redux ou redivivus a inspiré jusqu'aux dernières modalités de la conception johannique. Le Prophète, disent-ils, est persuadé qu'il ne saurait y avoir plus de sept empereurs romains, car il prend ses chiffres à la lettre comme les Apocryphes; il se trouve vivre vers la fin de la série, et croit la’consommation, au moins le Règne millénaire du Christ, très prochaine; donc il faut que l’Antéchrist personnel apparaisse bien vite, et comme ce sera un empereur romain, et qu'il n'y en peut avoir que sept, et que ce ne sera pas le septième, qu'on
connait déjà, ce sera donc l’un des anciens reparus; autrement le dogme du septénaire tomberait en pièces. Mais la croyance populaire attend le retour de Néron; donc, ce sera Néron, qui s’alliera aux dix Cornes, aux Parthes, pour se venger de Rome qui l’a proscrit et brüler cette Babylone.
Pour apprécier cette théorie, il serait bon de connaître déjà en détail la légende néronienne; mais nous en devons réserver le traitement à un excursus spécial. Cherchons seulement à présent si le chiffre 8 ne pourrait avoir une vaieur caractéristique, propre à éclaireir le mystère.
Nous savons que « octava summa perfectionis est ». Par malheur, l’octave, dans les Apocryphes, n'apparait que très rarement, et nous n’en connaissons pas d'exemple biblique. Dans le V7Z Sibyllin (n° siècle; gnostique), nous lisons aux vers 140-suiv. : « Dans la troisième partie de la première ogdoade, dans la rotation des années, il apparaîtra un autre monde. Partout sera la nuit, longue et impitoyable. » Déjà, dans Hen. eth., xexr, 12-17 (que les critiques rattachent à l’'Apocalypse des Semaines), la huitième des Dix Semaines « sera celle de la justice » et ouvrira l’ère messianique. Ces exemples ne sont pas très significatifs pour notre enquête. Plus importante à noter est la gématrie du Christ, Sc6. 1 (Supra, xx, 18), 888, dont la parfaite symétrie d’octaves est certes notée dans l'intention d'exprimer que le Christ est le dernier mot de la perfection (οἷν. par contraste, le chiffre 666 de la Bête, Exc. xxx1). Nous aimerions cependant à trouver, dans la littérature apocalyptique de l’époque, quelque parallèle plus rapproché d’Apoc. xvu, 11; celui qui aurait peut-être le plus de valeur, c'est le passage d’'AHénoch slave xxx, 2-xxxIm1, 2, que voici :
« Et je bénis (dit Dieu) le septième jour, qui est le sabbat, car en ce jour je me reposai de tous mes travaux. Alors aussi j’établis le huitième jour. Que le huitième soit le premier après mon travail, et que les jours soient à la manière de sept mille (millénaires). Qu'il y ait au commencement du huitième (millénaire) un temps où 1 n'y a ni calcul, ni fin, ni années, ni mois, ni semaines, ni jours, ni heures ». C'est-à-dire le jour de l'éternité. La même idée apparaît dans l'Épitre de Barnabé, xv, 8 : Ὁρᾶτε, πῶς λέγει: Οὐ τὰ νῦν σάδόατα ἐμοὶ δεχτά, ἀλλὰ ὃ πεποίηκα, ἐν ᾧ χαταπαύσας τὰ πάντα ἄρχην ἡμέρας ὀγδόης ποιήσω, ὅ ἐστιν ἄλλου κόσμου ἄρχην.
Ces exemples autorisent la supposition que le nombre 8, à cause de sa valeur de 7 + 1, signifiait un « tournant » des événements, ou le commencement d'une série nouvelle (comme l’octave en musique), ou la plénitude surabondante, la quantité si grande qu’elle échappe au calcul.
En dehors des Apocalypses juives et chrétiennes, nous connaissons les huit sphères des astres, qui démontraient aux pythagoriciens que l'ogdoade est le principe de l’harmonie céleste, l'ogdoade des Eons supérieurs de Valentin, les huit cieux des Mithriastes ou du Poimandres, dont le plus haut est le séjour des dieux et des âmes bienheureuses. Il est certain que l’ogdoade ἃ joué plus tard un grand rôle dans la symbolique. Et l’on peut croire que la répartition des « béatitudes » en huit, dans saint Matthieu, révèle déjà au temps de Notre-Seigneur l'influence de cette idée.
La signification la plus générale du nombre huit nous semble donc être celle de plénitude surabondante, presque incalculable, en partie à cause de spéculations astronomiques, en partie parce que « huit » marque le commencement d’une nouvelle série après « sept », chiffre de la plénitude normale.
S'il en est ainsi, nous devons, pour découvrir le sens du « huitième » de notre Apocalypse, prendre exactement le contrepied de la théorie de Jo. Weiss.
Notons d’abord que ce « huitième » poursuit la ligne d’une série d'empereurs romains, et qu’il a déjà fait partie de cette série même; ce ne peut donc être la figure d’un pouvoir hostile à Rome; il est ἐκ τῶν Entré, ce qui ne veut pas dire simplement, contre certains, qu'il s'ajoute à la série des sept, dont il procède comme une suite, mais qu'il en était déjà un membre — sous un certain aspect, — car x est partitif, comme plusieurs fois dans Joh., et Apoc. 1, 7, 10; v, δ: vi, 1, etc. (nr. c. x, δ Il). De plus, il ne figure pas, — si ce n'est dans un sens partiel et moral, — une nouvelle Tête, symbole individuel, mais s’identifie à la Bête elle-même, symbole collectif. Que pouvons-nous en conclure? C’est que la Bête continuera à régner, comme empire romain, après la disparition de sa septième Tête, et avant la domination des Dix Cornes; elle pourra être alors représentée indistinctement par une nouvelle octave, un nombre quelconque d’empereurs, tous semblables par leur caractère néronien à l'égard des fidèles. Par rapport aux têtes qui précèdent, cette « huitième » entité pourrait avoir un caractère indistinct, excluant le calcul, comme quasi illimité (Aubert de Verse : tous les empereurs païens). Ainsi Jean, bien loin de croire que l’Empire romain n'aurait que sept empereurs, aurait voulu exprimer, très prophétiquement, qu'il durera encore très longtemps, bien au delà des prévisions précises que l’on peut faire à son époque, après Domitien et son successeur immédiat. En admettant même que le huitième empereur fût encore à ses yeux un individu, il n'a pas dit qu'il serait le dernier ; ce sera plutôt le recommencement d’une série.
Deux observations complémentaires, mais capitales l’une et l’autre, ont leur place ici. ;
D'abord, la Bête est encore, sous l’empereur régnant, comme confinée dans l’'Abîme; elle en remontera (μέλλει ἀναδαίνειν), avec le « huitième » empereur. En dépit de l'actuelle persécution qui l’avait exilé dans son île, la vue du Prophète est donc attirée vers quelque chose de futur, de pire, de bien plus follement néronien, qu'un avenir proche ou lointain apportera; pour le moment, en comparaison de ses rages attendues, la Bête sommeille, elle n’est plus (οὐχ ἔστιν). N'avions-nous donc pas raison de rejeter dans cet avenir les événements prophétisés au chapitre x11, 8, 12-17, puisqu'ils représentent, évidemment, la forme la plus grave des persécutions impériales ? Si elles avaient été telles sous Domitien, la Bête eût été déjà ressuscitée.
Ensuite, n'oublions pas que le règne total dela Bête est mesuré par « quarantedeux mois ». Que d'événements accumulés dans un temps si réduit, si nous devions prendre cette mesure à la lettre! Jok. Weiss n’y voit pas de difficulté. En l’espace de trois ans et demi, la Bête (Domitien ou Nero redux), doit s’allier aux rois Coalisés ensemble contre le Christ, puis tous se tourneront contre Rome qu’ils détruiront, et leur grande défaite par l’Agneau suivra de près! Mais . l’étude un peu plus attentive et moins prévenue du contexte nous a montré que de ces quarante-deux mois, il faut d'abord déduire le règne successif de cinq empereurs passés ; 1] faut ensuite laisser au sixième le temps d’achever son règne, et la place pour un septième, pour un huitième, qui paraît presque indéfini; après cela viendra la domination des Dix cornes, sans doute successives !
Quarante-deux mois seraient vraiment un peu courts. Il est donc hors de doute que ce chiffre est purement symbolique (Exc. xxur et [nr, c. 1x, mt); évident aussi que la Parousie est déjà reculée dans un avenir indéfini (#bëd.). Et enfin, contrairement à l'attente de beaucoup de chrétiens postérieurs, la domination de Rome-Babylone doit faire place à d’autres, à beaucoup d’autres peut-être avant l'arrivée du grand Jour (zbtd.).
Ce chapitre xvir est done aussi prophétique, au sens le plus strict du mot, que le chapitre xrrr.
Nous avons vu le rôle que toute une école assigne aux croyances populaires sur Néron dans l'origine de ces visions. Il est donc bon de connaître la légende; nous examinerons ensuite en toute connaissance de cause quelles influences elle a pu exercer sur le fond ou la forme des conceptions johanniques.
Quand Néron se fut suicidé, en 67, pour échapper aux poursuites du Sénat, la populace romaine, à laquelle ses vices mêmes l'avaient rendu sympathique, et avec elle bien des provinciaux, ne purent se faire à l’idée que l’histrion de leur goût, en même temps le dernier de la lignée des Césars, eût si soudain et si piteusement disparu. Plus d’un, d’après T'acite et Suétone, crut qu'il n'était pas vraiment mort; il avait dù se réfugier chez les Parthes. Du reste, il en avait annoncé l'intention; il entretenait des rapports amicaux avec Vologèse, et ne lui avait-on pas prédit qu’il régnerait un jour sur l'Orient, à Jérusalem? (Tacïte, Hist. 11, 8; Suétone, Nero, 40, 47, 57). Aussi fut-il possible à certains agitateurs de se faire passer pour Néron, dans les pays orientaux, comme il y a eu de faux Dmitri en Russie et de faux Louis XVII en France. L’un d'eux, sous Othon, en 69, agita l'Asie Mineure et la Grèce (Tac. Hist. 11, 8, 9; Dion Cassius LxiV, 9; Zonaras Annales, x1, δ). Un autre, de son vrai nom Terentius Maximus, au temps de Titus, fut soutenu un moment sur l'Euphrate par le général parthe Artaban (Zonaras, χι, 12). C’est peut-être du même que parle Suétone, Nero, 57; on lit aussi dans Tacite, Hist. 1, 2 : « mota etiam prope Parthorum arma falsi Neronis ludibrio. » i
Cette croyance populaire passa aux Juifs et aux chrétiens, et les Apocryphes s’en saisirent pour annoncer la ruine de Rome sous la vengeance du tyran, ou reconnaître dans le retour du sinistre persécuteur l'avènement redouté de l’Antéchrist ; après le 1°" siècle, comme le Néron historique ne pouvait qu'être mort, on crut qu'il ressusciterait, ou que ce nouveau Néron serait même une Incarnation du diable (576. 1v, aux environs de l’an 79-80, vers 119-120, 157-139; Asc. Is. ΙΝ, Jh-1v, 18: Sid. v, vers 1-51, 100-110, 123-suiv., 215-246, 361-suiv., en des parties dont telle peut être antérieure, d’après Geffcken, à la guerre de Trajan contre les Parthes, et la première du temps d'Hadrien; δι. vuir, sous les Antonins, v. 38- 106; οἷν. douteusement / V Esd. v, 6; Lactance, Inst. var, 15-suiv.; Comunodien, vers 823-suiv.). Moins les ouvrages sont anciens, plus la figure de Néron devient importante et fantastique, jusqu'à être le Dragon ou l'incarnation de Bérial. Les traits les plus généraux, c’est qu'il reviendra de l’Asie, de chez les Perses ou d'au delà de l'Euphrate (δέ. iv, v, vin); c'est un matricide (558. 1v, v, Asc. Is.); et même un « saxicide », parce qu'il aurait voulu de son vivant percer
l'isthme de Corinthe (S:8. v); il cherchera à s’égaler à Dieu (S:b. v), et régnera « trois ans, sept mois et vingt jours » à sa réapparition (Asc. /s.).
Des commentateurs de l’Apocalypse, Victorin est le premier à notre connaissance qui ait appliqué rigoureusement à Néron notre prophétie. Pour le martyr du 1v° siècle, assez peu lettré, la « tête blessée à mort » de xn1, 13 est cet empereur en personne : « Unum autem de capitibus occisum in mortem et plaga mortis ejus curata est : Neronem dicit; constat enim, cum eundem insequeretur equitatus missus a senatu, ipsum sibi gulam succidisse. Æunc ergo deus suscitatum miltere deum regem dignum dignis, Judaeis et persecutoribus Christi, « οἱ Christum => talem, qualem meruerunt persecutores et Judaei. Et quoniam a/ium nomen affecturus est, aliam etiam vitam instituturus est, ut sic eumdem tanquam Christum accipiant. Ait enim Danihel, etc (Suit une application hasardée de Dan. x1, 37)... Sanctos non ad aliud compellet nisi ad circumeisionem accipiendam... Qui tamen licet mutato nomine veniat, ait Spiritus Sanctus : numerus tillius DCLAXVI; ad litteram graecam hunc numerum explebit. » Sur le chiffre, l'original de Victorin ne s'explique pas davantage. Ailleurs : « Capita VII montes, supra quos mulier sedet; id est civitas romana. Et reges septem sunt..… et bestia quae vidisti de VIT est et octava est : Intellegi igitur oportet <7 tempus > quo scribitur Apocalypsis, quoniam tunc erat Caesar Domitianus;... unus est, scilicet Domitianus. Alius nondum venit : Nervam dicit.. Et bestiam quam vidisti, inquit, de VII est : quoniam ante istos reges (de Galba à Nerva) Nero regnavit. Et octava est : ait, modo illa cum advenerit, computans loco octavo, et quoniam tn illo fiet consummatio, adjecit : et in interitum vadit. » Les dix rois seront envoyés de Rome contre Néron s’avançant de l'Orient. Mais, trois étant détruits, sept se soumettront à l’Antéchrist, et détruiront Rome (οἷν. Dan., Irén., Hipp.). Ailleurs, sur Apoc. χι, 7, Victorin dit de l’Antéchrist : « fuisse autem eum in regno regnorum et fuisse inter Caesares et Paulus contestatur (d'après II Thess. τι, 7-9), Et ut scirent illum esse venturum [qui tunc erat venturus] qui tunc erat princeps (quand Paul écrivit son épître, sous Néron), adjecit : arcanum malitiae jam molitur. » (éd. Haussleiter, pp. 120, 122, 118, 102). Victorin a donc admis toute la légende du « Nero redivivus », et l’a combinée avec les interprétations d’'Irénée et d’'Hippolyte. Est-ce lui qui a trouvé le premier cette solution, sous l’influence des Apocryphes, et en l’appuyant sur le texte de II Thessalon. ? Nous serions plutôt portés à croire qu’il suivait, pour l'interprétation de la « tête blessée » et du « huitième », une vieille tradition exégétique, remontant peut-être au 1°" siècle, dont 1] aurait affaibli le témoignage en la mêlant aux combinaisons exégétiques en faveur depuis le τι (Inr., c. x1v, xv, 1-11), et aux légendes apocryphes.
Saint Jérôme (in Dan. xr, 30), Saint Augustin (Civ. Dei., xx, 19), ont repoussé fortement le mythe du « Nero redivivus »; et personne n’y est revenu jusqu’à Mariana, tandis que ARibeira rejetait expressément Néron. Aujourd'hui elle a le SUCCÈS que nous savons.
Que devons-nous penser ? Æichhorn, contre de Wette et d'autres de son temps, établissait fort bien que Néron ne pouvait étre qu’un type. C'est la vraie solution. Que Saint Jean ait pensé à Néron, le coryphée des persécutions, pour en faire la figure de l’Antéchrist, c’est on ne peut plus probable, comme nous l'avons vu à propos du chiffre de la Bête, de la tête blessée et guérie, de la
disparition temporaire de la Bête. Nous admettrons volontiers de plus que la croyance populaire au « Nero redux », qui déjà apparaît dans des apocryphes du 1°’ siècle, ἃ pu lui fournir un thème pour représenter d’une façon saisissante, topique pour ses lecteurs, les futures rages de l’Antéchrist. Mais rien absolument n'indique qu’il ait partagé cette croyance, ni voulu l’ériger en prophétie. S'il s'est servi de l’attente populaire, c’est en l’élevant à un sens bien plus général. Pourquoi, s’il avait voulu prédire le retour de Néron en personne, aurait-il supprimé justement tous les traits, à part celui de sa mort, qui pouvaient en indiquer l’individualité ? Il n’a jamais dit que le « huitième » se confondrait avec les Cornes, ni qu’il serait le destructeur de Rome; rien n'indique que le « huitième » viendra d'Orient; mettre tout cela dans le texte, c’est par trop lire entre ses lignes. Aucune mention non plus du matricide, ni du « saxicide », ni du faux messianisme. En somme, si nous n'avions pas l'interprétation vraisemblable du nombre 666, autour de laquelle se groupent bien quelques autres traits, tous englobant aussi un sens plus étendu (puisqu'ils expriment la crise impériale et le ralentissement de la persécution), s’il n’y avait aussi notre connaissance des idées courantes alors, rien ne nous ferait soupçonner que saint Jean a pensé spécialement à Néron.
S'il y ἃ pensé, comme nous le croyons bien, ce n'a été que pour en faire un pur symbole; un symbole de l'empire romain, qui est de son côté un symbole de la Bête, qui est un symbole elle-même de l’Antéchrist. On ne trouve donc Néron qu’au troisième étage du symbolisme! L'Apocalypse montre bien en cela encore son caractère de livre inspiré, rationnel et spirituel, qui mérite un autre traitement que les Sibyllins ou l’Ascension d’Isaïe.
D. 2° b. Préambules de la ruine de Babylone : deux proclamations célestes (xvin, 1-8).
Inr.— Le chapitre XVIIT tout entier fait corps avec le précédent, dont il est la suite logique, et se rapproche même par beaucoup de tournures. Le fait est reconnu de Weyland (K), de Schoen et Sabatier (1) (origine juive), de Bousset (id., sous Vespasien) d'Erbes (Apoc. de 80), de Bruston (Néron) de Joh. Weiss (Q, moins 20 et 24), de Spitta (υ)3 et R). Vülter, cependant l'attribue à Jean-Marc et non à Cérinthe. Les auteurs qui crotent à l'origine juive sont obligés d'émonder les traits chrétiens.
Dans cette scène préparatoire, un Ange d'abord (XVIII, 1-3), ensuite une voix du ciel (4-8) annoncent la chute de Babylone; le premier pour son idolätrie impure, l’autre pour sa tyrannie et son orgueil.
À. B. 1. Μετὰ ταῦτα, transition ordinaire, — ἐκ de valeur instrumentale, Inr., C. x, δ II. — Cfr. les Anges de x, 1; xx, 1; Ezéch. xrmi, 2.
G. 1. Cet Ange est dit « autre » par rapport à celui de xvu, 1, 7, 15. Son aspect grandiose convient à la portée du drame qu'il annonce. À. B. 2. ἐν instrumental, omis N, rec. K. — ἔπεσεν ἔπ. οἷν. χιν, 8; 15. ΧΧΙ, 9: πέπτωχεν πέπτωχεν Βαδυλών: --- pour l’ensemble, cfr. les prophéties contre Babel, Zs. ΧΙ, 19, 21-22 (les DY, etc., André) et xivit (Apringius), χχχιν, 11-15, contre Edom; puis Mer, 39; Li, 37; Soph: τι, 45; Baruch,1v, 35, etc.
(1) Sabatier croit cependant que xvit et xvir1 sont deux fragments divers.
* \ = F 3), » ; = , - CG. χυπι. 1. “Μετὰ ταῦτα εἶδον ἄλλον ἄγγελον χαταθαίνοντα En τοῦ οὐρανοῦ ἔχοντα , ΡῈ * Ὁ 3 LS 3 ᾽ ἐξουσίαν μεγάλην, καὶ ἡ γῆ ἐφωτίσθη ‘Ex τῆς δοξῆς αὐτοῦ.. 2. Καὶ ἔχραξεν "ἐν ἰσχυρᾷ ῳ ἄς ες ᾧ “ Y : , r »
φωνὴ λέγων᾽ ἔπεσεν ἔπεσεν Βαῤυλὼν ἡ μεγάλη, nai ἐγένετο κατοικητήριον δαιμονίων = x \ ! 2 x x 9 ΄ χαὶ φυλαχὴ παντὸς πνεύματος ἀχαθάρτου χαὶ φυλακὴ παντὸς ὀρνέου ἀχαθάρτου χαὶ ΄ el * = A = τὸ ΡῈ ΄ μεμισημένου, 3 ὅτι Ex τοῦ οἴνου τοῦ θυμοῦ τῆς πορνείας abris “πέπωχαν πάντα τὰ ἔθνη, χαὶ οἱ βασιλεῖς τῆς γῆς μετ᾽ αὐτῆς ἐπόρνευσαν, χαὶ oi FR τῆς γῆς. Ex τῆς δυνάμεως τοῦ στρήνους αὐτῆς ἐπλούτησαν.
τῷ , μ CARD: 2 ke 4. Καὶ ἤχουσα "ἄλλην φωνὴν Ex τοῦ οὐρανοῦ Aéyoucav "᾿Εἰξέλθατε "ὁ λαός μου D RE ri - τος * = = ὧν» ἐξ αὐτῆς, ἵνα μὴ συνχοινωνήσητε ταῖς ἁμαρτίαις αὐτῆς, χαὶ “Ex τῶν πληγῶν αὐτῆς el r 4 ! - Ξε ΄ » - 5 Lya μιὴ λάόῤητε᾽ D. ὅτι ἐχολλήθησαν αὐτῆς αἱ ἁμαρτίαι ἄχρι τοῦ οὐρανοῦ, nai ἐμνημόε « \ ? r 4. δοὲ D f SAR ς τ Ch) ᾽ 2 * \ νευσεν ὁ θεὸς τὰ ἀδικήματα αὐτῆς. 6. ᾿Απόδοτε αὐτῇ ὡς χαὶ αὐτὴ ἀπέδωχεν, KA διπλώσατε τὰ διπλᾶ χατὰ τὰ ἔργα αὐτῆς" ἐν τῷ ποτηρίῳ “© "ἐκέρασεν χεράσατε αὐτῇ διπλοῦν. 7. Ὅσα ἐδόξασεν αὐτὴν rat ἐστρηνίασεν, τοσοῦτον δότε αὐτῇ βασανισμὸν χαὶ O0 LEE ΄ el , / N ἢ ᾽ ον ἢ 4 πένθος. Ont ἐν τῇ χαρδίχ αὐτῆς λέγει ὅτι χάθημαι βασίλισσα, nai χήρα οὐχ εἰμὶ χαὶ 1,0 SRE WN 8 Δ \ - ἋΣ ΄ «ἢ Ζ NE ς “π᾿ : *ÿ ! AC πένθος où μὴ ἴδω. La τοῦτο "ἐν μίᾳ ἡμέρᾳ ἥξουσιν αἱ πληγαὶ αὐτῆς, ᾿θάνατος x) PSE « Ψ χ nai πένθος nai λιμός, nai "ἐν πυρὶ χατακαυθήσεται᾽ ὅτι ἰσχυρὸς κύριος ὁ θεὸς ὁ χρίνας αὐτὴν.
G. 2. La clameur de l’Ange est enthousiaste; il parle au passé prophétique (cfr. χιν,
8) pour grandir l'impression de certitude; on ne peut croire qu'il exécute lui-même ce qu'il dit, au même instant, car la seconde voix (4-suiv.) parlera au futur; ce seront les versets 9-suivants qui tiendront lieu d’une vision d'exécution. Les termes du verset rappellent le style des anciens prophètes (supra, B); ce sont des lieux communs descriptifs, et il ne faut pas être plus exigeant pour leur réalisation littérale qu'on ne l'est à propos des prophéties sur Tyr, Edom ou Babylone. La même observation vaudra pour le thrène suivant, 9-fin.
A. B. 8. x partitif, Inr., c. x, SIL, — τοῦ οἴνου (cfr. χιν, 10; xvi, 19) omis C-d°- O4, A-d!-02, τοῦ θυμοῦ omis syr., cfr. xvur, 2, et Æzéch. xxvni, 9-25. — Remarquer la forme πέπωχαν (Inr., C. x, ὃ II), conforme à l’usage de l’Apocalypse; qu'on y joigne les ëx partitifs ou instrumentaux, les ἐν, les nominatifs-vocatifs, etc., et on aura peine à comprendre que Bousset ne retrouve pas dans ce chapitre les caractéristiques de l’« auteur de dernière main ». On trouve encore πέπτωχαν (-ἀσι), qui est moins approprié, quoiqu'il puisse faire image, dans δ, Δ, C, Q-41070-046, Hipp., de nombreux And., g, copte, arm.
GC. 3. Le luxe de Rome, qui a multiplié ses séductions, ses débauches, sa tyrannie et ses idoles, est aux yeux de saint Jean une des principales causes de son châtiment. Il est bien ainsi dans l’esprit des prophètes, comme dans la vérité de l’histoire.
—— À. B. 4. ἄλλην omis boh., arm.; ἄλλης, GC, quelques And. On trouve aussi ἐξέλθετε Où ἔξελθε. — ὁ λαός comme vocatif, Inr., €. x, ὃ II. — Cfr. l’ordre aux disciples de fuir Jérusalem, Mat. xxiv, 16-20 et parall. — ἵνα μὴ ovvx., οἷν. Zs. xzvin, 20; Lu; 11; Jér. 1, 8; τι, 6, 9, 45 (ce dernier verset, où le parallèle est le plus étroit, manque dans les LXX); Bar, syr. 11, 1. — La voix est anonyme, comme vi, 6; 1x, 18; x, 4; χι. 12; EN ABS AVI, 15417: Ra ΧΙΧ, 53 XXI, 8. — ἐχ τῶν πλ., partitif (In. c. x, 8 II).
C. 4. Il n’est pas dit ici que la voix parte du trône; mais ὁ λαός μοῦ, et la mention de Dieu à la troisième personne, qui va suivre au v. 5 (à moins que ce ne soit une parenthèse de l’auteur), laissent supposer que cette voix est celle de l’Agneau luimême (cfr. Jér. τι, 45). On peut l'interpréter moralement, comme un ordre de se sépa-
Le +
C. xvuI. 1. Après ces choses, je vis un autre ange descendre du ciel, ayant grande autorité, et la terre fut illuminée de sa gloire. 2, Et il cria d’une voix puissante, disant : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, et elle est devenue un séjour de démons, et une retraite pour tout esprit impur, et une retraite pour tout oiseau impur et détesté; 3 parce que du vin de la fureur de sa prostitution ont bu toutes les nations, et les rois de la terre ont forniqué avec elle, et 165 marchands de la terre se sont enrichis de la puissance de son luxe! »
μι Et j'entendis une autre voix [venant] du ciel, disant : « Sortez, mon peuple, du milieu d'elle, afin que vous ne communiquiez point à ses péchés, et que de ses plaies vous ne receviez [aucune part]. 5. Car ils se sont agglomérés, ses péchés, jusqu’au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses injustices. 6. Rendez-lui suivant qu’elle-même a rendu, et doublez-[le] au double suivant ses œuvres; dans le vase où elle ἃ versé, versez-lui au double. 7. Autant elle s’est glorifiée et livrée au luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu’elle dit dans son cœur : « Je suis assise [en] reine, et je ne suis pas une veuve, et de deuil je n’{en] verrai jamais », 8 à cause de cela, en un seul jour viendront ses plaies, mort (peste?) et deuil et famine, et elle sera consumée au feu ; parce qu'{il est] puissant, le Seigneur Dieu qui l’a jugée! »
rer des œuvres de la Cité du Diable (Aug. Civ. Dei, xvur, 18), comme IT Cor. vi, 14: « Nolite jugum ducere cuminfidelibus »; Eph. vi, 11; I Tim. v, 22. Jean s’est peutêtre rappelé l'exode des chrétiens de Jérusalem vers Pella.
——" B. 5. ἐχολλήθησαν « se sont collés », οὗν». Jér. τι, 9, rappelle à Æoltzmann, comme Bar. syr. 1, 20, l'image d’un rouleau interminable qui contiendrait la liste des péchés de Babylone. — ἐμνημ.. ὃ θεός, οἷν. xvr, 19,
- À. B. 6. ὑμῖν, ajouté après ἀπέδωχεν (quelques And., vulg., arm), change le sens. — Pour ce talion, οἷν, Ps. exxxvnr, 8; Is. xL, 2; Jér. 1, 15, 29. — &, exemple inusité d'attraction (Inr., c. x, ὃ IT); car χεράννυμι, à cause de son régime direct διπλοῦν, doit signifier ici « verser ».
C. 6. L'ordre est donné aux ministres de la justice divine, probablement aux Anges du châtiment d’après Joh. Weiss, ou aux « éléments » d’après Calmes, mais surtout aux rois du ch. xvir. En tout cas, ce n’est pas aux chrétiens; André, qui admet ὑμῖν, l'applique aux Anges, qui considèrent comme un outrage personnel les vices et les cruautés de la grande ville; c’est un sens trop recherché.
—— À. B. 7. ἑαυτήν pour αὐτήν, N°, al. — βασίλισσα, d’après 75. xLvir, 7-8, sur la ruine de Babel (dans l’hébreu). Dans tout ce morceau, on ἃ remarqué un grand nombre d'expressions communes avec la Bible hébraïque, et étrangères aux LXX ; ce n’est pas une raison suffisante pour penser à une autre main. — Cfr. Sib. v, 173. — où μὴ, Int; οὐκ, δ II.
— A. B. 6. 8. ἐν μίᾳ ἡμέρᾳ, plus classique que μίᾳ ὥρᾳ du v. 10, infra; af., Prim, ont lu ὥρᾳ pour ἡμέρᾳ. — θάνατος est peut être la peste, comme vi, 8. — ἐν vol, instrum., Enr. c. x, ὃ II. — Cfr. Zs. xivur, 8-9 (heb.) Jér. 1, 32; Li, 25, etc. — ἰσχυρὸς χύριος, Cfr. Jér. 1, 34. — Le luxe et l’orgueil sont donc la cause directe (διὰ τοῦτο) de la chute de Rome.
1 k > (e = L + Ἢ FE Ἃ 268 APOCALYPSE DE SAINT JEAN.
D. 2° c-d. La ruine de Babylone; pleurs sur ἴα terre et joie au ciel (xvim, 9-x1x, 10).
INT. — Cette « vision d'exécution » (c) se partage en trois, suivant un rythme exactement semblable à celui de la 6° Trompette (IX, 13-XT, 14). En effet, nous avons ici :
«) une description de l'incendie de Rome (XVIII, 9-20). B) l'intervention d'un Ange qui prophétise (XVIII, 21-24) ; | y) la Jubilation de la foule céleste à cette occasion (XIX, 1-8).
Nous retrouvons donc l'antithèse périodique, ici entre les lamentations du monde profane et la joie des bienheureux (cfr. le 6e sceau et la 6° Trompette, et méme la 6e Coupe, XVI, 12-16). Entre les deux tableaux s'interpose une scène angélique, comme le ch. X entre IX, 13-21 et ΧΙ, 1-14. De part et d'autre, le messager céleste a pour mission d'annoncer la certitude inéluctable des jugements divins (comparer XVIII, 21-suiv. à À, 5-7). |
Les versets XIX, 9-10 (d) sont l'épilogue de toute la section commencée à XVII. -
D. 2° ©. «. T'hrène sur la ruine de Babylone (xvin, 9-20).
Ir. — Ce morceau a de particulier qu'il πὸ paraît pas étre un récit de vision à proprement parler, mais une prophétie descriptive directe, imitée surtout des prédictions d'Isaïe et d'Ézéchiel contre Tyr, la grande ville commerciale d'autrefois (Is. XXIII; Ézéch. XXVI, 16- -XXVII). La forme, comme celle de ces anciens oracles, si éloquents et si pittoresques, est celle d'une lamentation, d'un « thrène ». Tour à tour on entend gémir sur le sort de Rome : les rois (9-10); — les marchands (11-16); — les marins (17-19); — et c'est de leur bouche que nous apprenons ce qui est arrivé, tandis que le ciel et les saints de la terre sont invités à se réjouir de la justice faite, (20), ce qui amorce XIX, 1-8.
Pour l'origine de cette péricope, suivant les critiques, voir Introd. à D. 2° Ὁ.
C. χυπι. 9. Καὶ "χλαύσουσιν nai "χόψονται “ἐπ᾿ αὐτὴν οἱ βασιλεῖς τῆς γῆς οἱ μετ᾽ αὐτῆς πορνεύσαντες Kat στρηνιάσαντες, ὅταν βλέπωσιν τὸν χαπνὸν τῆς πυρώσεως αὐτῆς, 10. “and μαχρόθεν ἑστηχότες διὰ τὸν φόόῤον τοῦ βασανισμοῦ αὐτῆς, λέγοντες" Οὐαὶ οὐαὶ "ἡ πόλις ἡ μεγάλη, Βαθυλὼν ἡ πόλις ἡ ἰσχυρά, ὅτι "μίᾳ ὥρᾳ ἦλθεν ἡ χρίσις σοῦ.
11. Καὶ οἱ ἔμποροι τῆς γῆς "χλαίουσιν χαὶ πενθοῦσιν ἐπ᾽ αὐτήν, ὅτι τὸν γόμον αὐτῶν οὐδεὶς ἀγοράζει οὐχέτι, 12 Ὑόμον χρυσοῦ nai ἀργύρου χαὶ λίθου τιμίου nai μαργαριτῶν χαὶ βυσσίνου χαὶ πορφυρᾶς χαὶ es χαὶ χοχχίνου, χαὶ “may ξύλον θύϊνον χαὶ πᾶν σχεῦος ἐλεφάντινον χαὶ πᾶν σχεῦος ἐξ ξύλου τιμιωτάτου χαὶ χαλχοῦ χαὶ σιδήρου χαὶ μαρμάρου, 18. Καὶ "χιννάμωμον χαὶ ἄμωμον χαὶ θυμιάματα χαὶ μύρον nat λίόανον χαὶ οἴνον χαὶ ἔλαιον a! σεμίδαλιν Kat σῖτον χαὶ χτήνη χαὶ Fo χαὶ "ἵππων vai ῥεδῶν χαὶ σωμάτων, χαὶ ψυχὰς ἀνθρώπων. 14. Kai ἣ ὀπώρα σου τῆς ἐπιθυμίας τῆς
À. B. 9. Noter les futurs χλαύσουσιν, κόψ. — Κόψεσθαι, un des rares exemples du moyen (Inr, c. x, $ II), se retrouve en ce sens Apoc. 1, 7, et Mat. x1, 17; xxIV, 30; Luc vin, 52; xx, 27; ce dernier le fait suivre du régime direct; on rencontre aussi dans quelques témoins d’Apoc. ἐπ᾽ αὐτῇ et ἐπ᾽ αὐτῆς. — Plainte des rois, cfr. Ézéch. | XXVI, 16-18; — 75. χχχιν, 10. ΠΝ
C. 9. Les verbes au futur fixent le caractère du morceau; c’est directement une
prophétie, non le récit d’une vision passée de portée prophétique. Si plus loin les verbes passent au présent et à l'aoriste, c'est que Jean est entraîné par la vivacité de sa pensée, qui lui fait toucher l'avenir. On peut hésiter sur la fonction organique de cette péricope : faudrait-il en faire une suite des versets précédents, et l'attribuer aussi à la « voix du ciel »? Il paraît plus naturel d’en faire un morceau à part, et de
l'attribuer immédiatement à l'écrivain. — Les rois sont ceux de xvu, 2, les vassaux et alliés de Rome, et non les « Cornes » qui doivent la détruire, xvir, 12-13, 16-17; avec Swete, on peut relever une pointe de sarcasme — d’ « ironie johannique »
— dans cette prudence qui les fait se contenter de gémissements, à bonne distance de l'incendie. Leur lamentation est brève à côté de celles qui suivront. Malgré la répétition de certains refrains, le prophète, plein de son sujet et s'exprimant d'abondance, ne s’est pas astreint à une symétrie strophique.
— À. 10. ἀπὸ μαχρύθεν : liaison hellénistique, dans les papyrus, de la préposition avec un adverbe (Moulton, p. 159); ici c’est un vrai pléonasme. — à πόλις peut équivaloir à un vocatif (Inr., c. x, ὃ II), ce qui est moins irrégulier après οὐαί que l’accusatif de χα, 12; il faudrait le datif en bonne grammaire. — μίᾳ ὥρᾳ, « locatif de temps », cfr. Luc. vi, 29 (πολλοῖς χρόνοις, etc. Moulion, p. 116), hellénistique, fréquent dans les papyrus; on trouve aussi μίαν ὥραν (A) et ἐν μίχ ὥρᾳ, COMME XVI, 8.
A. B. 11. Passage au présent; le rec. K. maintient le futur — Plainte des marchands cfr. Æzéch. xxvn, 30-36.
G. 11. Jean ne va pas consacrer moins de sept versets à la lamentation des négociants, dont il a soin de bien mettre en relief le caractère purement personnel. L'’immense et luxueuse cité de Rome était en effet la cliente du monde entier. Pline (H. N. ΧΗ, 41), évalue à 100 millions de sesterces au moins ses transactions annuelles rien qu'avec l'Extrême-Orient (Swete); Orose, plusieurs siècles après, appellera Rome
C. xvir. 9. Et ils pleureront et ils se frapperont [la poitrine] à son sujet, les rois de la terre qui avec elle ont forniqué et se sont livrés au luxe, une fois qu'ils regarderont la fumée de son embrasement, 10 se tenant [à regarder] de loin à cause de la peur de son tourment, [et] disant : « Malheur, malheur! la ville, la grande [ville], Babylone la ville puissante, parce qu’en une seule heure est venu ton jugement! »
11. Et les marchands de la terre pleurent et se lamentent à son sujet, parce que leur cargaison, personne ne [l’achète plus, 12 cargaison d’or et d'argent, et de pierre précieuse et de perles, et de byssus et de pourpre et de soie et d’écarlate, — ainsi que tout bois de thuya et tout ouvrage d'ivoire et tout ouvrage du bois le plus précieux, et d’airain et de fer et de marbre, 13 et le cinnamome et l’amome, et les parfums et l'huile aromatique, et l’encens, et 16 vin et l'huile, et la fleur de farine et le froment et les bêtes de somme et les brebis — et de chevaux et de voitures, et de corps [humains | — ainsi que les âmes d'hommes! 14. Et la saison des fruits de la
encore «un ventre insatiable » qui engloutit tout ce que produit l'univers. Jean s'étend avec profusion sur ce commerce; on dirait qu'il en est plus touché encore que de la puissance politique, et c’est bien là, nonobstant son élévation à l’apostolat et à la mystique la plus haute, un vieux trait de nature d’un Juif de la Diaspora, vivant dans les riches entrepôts de l'Asie, après avoir été dans sa jeunesse un humble vendeur de poissons au bord du lac galiléen. L'énumération qui suit est inspirée de celle d'Ézéchiel
3 ἘΝ 9 N LS Ἂ f τ } \ \ Y A! 9 r D κ + x ἧς ἀπῆλθεν ἀπὸ σοῦ, χαὶ πάντα τὰ λιπαρὰ χαὶ τὰ λαμπρὰ ἀπώλετο ἀπὸ σοῦ, Axa
7 CNRS UNS EE EEE FETE OT 15. Οἱ ἔ ΄ ς ἢ LR SE RUE | LUE AE οὐχέτι où un ἀὐτὰ "εὑρήσουσιν. 15. Οἱ ἔμποροι τούτων, oi πλουτήσαντες ἀπ᾿ αὐτῆς, ἀπὸ Β Δ \ « 3 “ 3 “3 μαχρόθεν "στήσονται διὰ τὸν p060v τοῦ βασανισμοῦ αὐτὴς χλαίοντες χαὶ πενθοῦντες, ,
7 x , * € es
16, λέγοντες" Οὐαὶ οὐαὶ "ἡ πόλις ἣ μεγάλη, À περιδεόλημένη βύσσινον nai πορφυροῦν * € V4
Καὶ πὰς χυῤερνήτης nai πᾶς ὁ ἐπὶ "τόπον πλέων na! ναῦται nat ὅσοι τὴν θάλασσαν ἐργάζονται, ἀπὸ μαχρόθεν "ἔστησαν, 18 nai "ἔχραξον βλέποντες τὸν χαπνὸν τῆς πυρώσεως αὐτῆς, λέγοντες᾽ Τίς "ὁμοία τῇ πόλει τῇ μεγάλῃ; 19. Καὶ ᾿ἔῤαλον χοῦν
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ἐπὶ τὰς χεφαλὰς αὐτῶν nat ᾿ἔχραζον χλαίοντες nai πενθοῦντες λέγοντες" Οὐαὶ οὐαὶ ἡ
LA > 9 9 ὅλις ἡ μεγάλη, ἕν ἢ ἔπλο
e \ = κι 24 x noav πάντες οἱ ἔχοντες τὰ πλοῖα ἐν τῇ θαλάσσῃ ‘Ex τῆς
/ \OUT Ds el 7 “ , 4 τιμιότητος αὐτῆς; ὅτι μία ὥρα ἡρημωθη.
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20 E: 7 ᾿ = , fe \ € SA x τ € f \ ε és εἴ - υφραινοὺυ ER αὐτῇ οὐυρᾶνξε χαιν Οἱ a"ftot LA OL ἀπόστολοι γχαι Οἱ προφῆται, οτι
4 € x \ 7 ε ONU 0 NC ἔχρινεν ὁ θεὸς τὸ χρίμα ὑμῶν £E αὐτῆς.
xxvi1; elle ne présente pas le vif intérêt du modèle, cet incomparable document de géographie commerciale des vit et vif siècles; mais Jean non plus n’a pas reproduit des clichés; les termes de cette « exposition universelle », comme dit Æoltzmann, sont choisis par un homme qui l’a bien regardée, et non sans quelque intérêt.
—— À. B. 12. Remarquer le passage du génitif à l’accusatif, πᾶν ξύλον: ces mots pourraient être le régime direct de ἀγοράζει, coordonné à γόμον ; mais, comme, plus bas (14, ἵππων), il y aura un retour très inattendu au génitif, mieux vaut voir ici une des incohérences de la langue apocalyptique (Inr., c. x, ὃ II). Nous ne relevons pas les variantes nombreuses de forme et d'orthographe dans les noms de ces denrées. — Cfr. Ézéch. xxvn, 5-7; 12-25.
α. 12. Calmes est trop sévère, quand il voit ici « un exercice de rhétorique dans
lequel on ἃ multiplié les mots à plaisir ». C’est au moins « ein kleïnes kulturgeschichtliches Bild », dit Joh. Weiss qui a bien plus de sentiment littéraire et historique que la moyenne des critiques. Les denrées ne sont pas choisies au hasard; ainsi le Obtvov (le citreum, un thuya, ou une sorte de cèdre blanc), était de fait un bois polychrome très recherché pour le mobilier romain. Si l'énumération est en soi peu poétique, elle ne déplaira pas à qui sait apprécier, par exemple, le style accumulatif de Flaubert; ce déballage éveille des idées pittoresques comme un bazar d'Orient. Δ. 13. Retour singulier au génitif (xx. #. Éeô. x. σωμάτων), pour finir enfin sur un accusatif; v. supra. — χιννάμωμον καὶ ἄμωμον, assonance qui manque Q-«1070-046, et ailleurs, où ἄμωμον est supprimé; le second mot a pu être ajouté par dittographie, (Bousset), ou omis par homoïotéleuton. — Cfr. Ezéch.
C. 13. Le cinnamome et l’amome, parfums que citent les auteurs latins comme usités dans les banquets : donc allusion à un des traits les plus caractéristiques du luxe et de la débauche romaine. — χτήνη, le gros bétail et les bêtes de trait. — ῥεδῶν : la rheda était une voiture gauloise à quatre roues, devenue à la mode chez les Romains de l'empire — Σώματα, pour signifier « esclaves », est familier aux LXX; la cruauté de ce commerce est accentuée par le dernier mot ψυχὰς ἀνθ. Il peut être question des prostituées, gladiateurs, etc. C’est le comble de l'égoïsme romain, cette ‘abondance d'esclaves, de chair à amphithéâtres et à lupanars.
— À. 14. ὀπώρα, fruit d'automne, bon à cueillir — εὑρήσουσιν est probablement impersonnel, si ce sont les marchands qui continuent à gémir, et non une parenthèse de Jean (nr, €. x, ὃ IT). — σοῦ transporté après ψυχῆς (Hipp., rec. K), ou omis.
passion de ton âme s’en est allée [loin] de toi, et tout ce qu'il y a d’opulent et d’éclatant a péri pour toi, et jamais, jamais plus on ne le trouvera! 15. Les vendeurs de tout cela, qui s'étaient enrichis par elle, se tiendront [pour regarder] de loin, à cause de la peur de son tourment, pleurant et se lamentant, 16 [et] disant : « Malheur, malheur, la ville, la grande [ville], qui t’étais enveloppée de byssus et de pourpre et d’écarlate, et dorée d’or et de pierre précieuse et de perle (sic, au singulier), 17, parce qu’en une heure a été dévastée cette richesse si grande! »
Et tout pilote, et tous ceux qui naviguent de place en place; et les marins, et tous ceux qui travaillent la mer, se tinrent [pour regarder] de loin, 18, et ils criaient en regardant la fumée de son embrasement, disant : « Qui [était] pareil à la ville, à la grande [ville]? » 19. Et ils jetèrent de la poussière sur leurs têtes, et ils criaient pleurant et se lamentant, disant : : « Malheur, malheur, la ville, la grande [ville], dans laquelle s'étaient enrichis tous ceux qui ont les bateaux sur la mer, à cause de l’élévation de ses prix, car en une heure elle a été dévastée! »
20. Réjouis-toi à son sujet, ciel! et [vous] les saints et les apôtres et les prophètes, parce que Dieu ἃ jugé [et rendu son] arrêt [pour] vous contre elle!
CG. 14. Depuis Vitringa, beaucoup d'auteurs, aujourd'hui Weizsäcker, Holizmann, Calmes, etc., ont voulu transporter ce verset au milieu du v. 23. Ce n’est pas nécessaire. « Juste au moment où le fruit du travail de générations multiples semblait près de tomber dans la bouche, 1] s’est évanoui comme un songe » (Swete).
---.-ὄ.Λ B. GC. 15. στήσονται, retour au futur. — Cfr. Ezéch. xxvn, 30-31. — Les versets 15-17 a répètent 10 d’une part et 11 de l’autre. Si les rois gémissaient sur la puissance éteinte, les négociants regrettent les somptueuses dépenses de la capitale leur cliente. Ce singulier mélange de précision presque technique en une foule de détails, avec un esprit intuitif, presque métaphysique, se retrouve si accusé dans le IVe Évangile (Inr., ©. xut, 11, ὃ LIT) qu'on peut le tenir pour caractéristique de l’auteur; aussi n'est-il nullement nécessaire de chercher des sources utilisées, à part Ezéchiel, qui encore n’est suivi que très librement.
À. B. 16. οὐαὶ ñ rod., v. verset 10. — ἐν (instr.) 4e. x. AIO. tm. καὶ μαργαρίτῃ, οἷν, xvI1, 4 (μαργαρίταις, ici La oulg. a « margaritis »). — L'auteur donne ainsi deux variantes des plaintes des marchands, auxquelles il paraît attacher une spéciale importance:
A. B. C. 17. La première partie du verset répond à 10 c, sauf la nuance d’un sentiment plus terre à terre. Puis l’auteur passe, 17b-19, à la lamentation des marins, qui n’est pour le sens qu'une répétition de celle des marchands, mais sous une forme plus mouvementée. Remarquer l’aoriste ἔστησαν (ἑστήχασιν, ἑστηχότες dans quelques And.), après 165 futurs et les présents ; le mouvement de la pensée rappelle celui du chap. x1 (comment. ad loc. et InT., ὁ. vin). — πλεῖν ἐπὶ τόπον (τὸν τόπον N, Q, quelques And.) se dit des vaisseaux qui faisaient le cabotage (de Wette, Bousset, J. Weiss.); ceux qui « travaillent la mer », expression assez poétique, doivent être les marins au long ‘cours. La sah. ἃ lu ἐπί τῶν ποταμῶν, Prim. traduit « omnis super mare navigans ». Nestle conjecture là-dessus, sans nécessité, que τόπον est une érreur pour IHONTON, écrit ΠΌΤΟΝ,
A. 18. ἔχραζον, imparfait narratif, d'effet dramatique, et qui varie le style;
4 LES ne τὶ
ἐν . APOCALYPSE DE SAINT JEAN.
D. 2 c. $. Un ange prophétise en action le jugement de Babylone (xvir, 21-24).
Inr. — Opinions des critiques, supra, Int. à D ?° b. Fonction de cette péricope voir l'Int. à D ὃ c-d.
Y = Ἃ τ » ᾽ x € x 2 C. χυπι. 21. Καὶ ἦρεν "εἷς ἄγγελος ἰσχυρὸς λίθον ὡς "μύλινον μέγαν, χαὶ ἔῤαλεν ᾽ τ f è el € s r \ « εἰς τὴν θάλασσαν Aéyuy Οὕτως ὁρμήματι βληθήσεται Βαδυλὼν ἡ μεγάλη πόλις, nai où μὴ εὑρεθῇ ἔτι. 22. Kat φωνὴ χιθαρῳδῶν χαὶ μουσιχῶν nat αὐλητῶν χαὶ σαλπιστῶν ᾽ ι ΓῚ ἝΝ Ver F SR) 4 ΄ , \ ε — »
où μὴ ἀχουσθῇ ἐν σοὶ ἔτι, nat “πᾶς τεχνίτης πάσης τέχνης "οὐ μὴ εὑρεθῇ ἐν σοὶ ἔτι, ι \ , ᾽ τ ἐφ 2 où 107 à ad ? \ LA , \ χαὶ φωνὴ μύλου οὐ μὴ ἀχουσθῇὴ ἐν σοὶ ἔτι, 28 Kai φῶς λύχνου οὐ μὴ φάνη ἐν σοὶ ἔτι, χαὶ φωνὴ νυμφίου nat νύμφης οὐ μὴ ἀχουσθῇ ἐν σοὶ ἔτι᾽ ὅτι οἱ ἔμποροί σου ἦσαν οἱ y
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ed - ἘΠ τὸν el ἌΣ - y CS “7
μεγιστᾶνες τῆς γῆς, ὅτι “ἐν τῇ φαρμαχία σοῦ ἐπλανήθησαν πάντα τὰ ἔθνη, 24 Kai Ἔν Dr “Ὁ \ / e 4 - , ΝΣ re
αὐτὴ αἷμα προφητῶν at ἁγίων εὑρέθη χαὶ πάντων τῶν ἐσφαγμένων ἐπὶ τῆς γῆς.
ἔχραξαν dans C. et Α., quelques And., g, oulg, Hipp., ailleurs ἔχλαιον ou ἐχραύγαζον. --- Pour χαπνόν, Α lit τόπον, vulg. « locum ».
À. B. 19. ἔδαλον... Expatov, finesse de style appréciable; mais les mêmes témoins que ci-dessus portent ἔχραξαν. --- ἐκ causatif (Inr., ©. x, 8 II). — οὐαὶ οὐαὶ... ὅτι μίᾳ ὥρᾳ, οἷν, 10, 16, 17. — Τίς ὁμοία (par attraction) τῇ πόλ., οἷν. Ezéch. xxvir, 32, dans la lamentation des marins sur le sort de Tyr.
À. B. 20. οὐρανέ, un des rares vocatifs du livre (Inr., c. x, ὃ II), suivi, comme ailleurs, de nominatifs. — Il ne se trouve qu'ici, et xx1, 4, de mention des Apôtres du Christ; aux passages parallèles, xvi, 6 et xvir, 24, les prophètes seuls sont mentionnés, non les apôtres ; καὶ ot, entre &y. et ἀποστ., manque C, vulo., al. — ἐξ ici signifie « à ses : dépens » Ixr., €. x, SIT, p. cxxxv. C'est une dette réclamée. — Joie du ciel, comme ΧΗ, 12; cfr. 75. χων, 23; imitation de Jér. Lt, 48 (héb.).
C. 20. Ce verset fait antithèse avec tout le reste du tableau ; les sentiments du ciel, qui sont selon la justice, contrastent avec ceux des rois, etc., et de tous les hommes animés de sentiments terrestres. Quelle était, aux yeux de Jean, l'importance de cette chute de Rome dans le plan de l'avenir, pour qu’elle fût célébrée ainsi par les mêmes voix qui ont chanté la chute du Dragon! Cette invitation prépare χιχ, 1-9, la seconde partie du diptyque. .
A. B. 21. εἷς pour τις, InT., ©. x, ὃ 11. — μύλινος, synonyme vulgaire du μυλιχός. --- &yy. ἰσχυρός, οἷν. x, 1 et v, 2 ἰσχυρός omis À, syr.; ailleurs, N, al., toyvpév, rapporté à λίθον. — Pour ces trois versets, cfr. le modèle de cette scène dans Jér. Lr (xxvin) 63-65, où Seraia, sur l’ordre de Jérémie, jette une pierre dans l’Euphrate pour symboliser la ruine irrémédiable de Babylone. Pour le Voyant de Patmos, ce sera naturellement dans la mer; la mer, on l’aura remarqué, apparaît partout dans la mise en scène, vu, 4; vin, 18-suiv.; x, 2-suiv.; χη; 12, 18; x, 1; XVI, 3-4, et infra.
GC. 21. Les Anges qualifiés de « puissants » (ἰσχυρός) sont ceux dont la mission a trait à des jugements généraux de Dieu; ainsi celui qui invitait à ouvrir le livre scellé (v, 2), et celui qui annonçait la certitude de la consommation et apportait au prophète le βιόλαρίδιον (ch. x). La ruine de Babylone n’est pas prédite par un moindre messager; c’est dire la place qu’elle tient dans l’économie de la Révélation. Ce petit morceau, qui fait charnière entre deux tableaux plus considérables, n’est pas d’une autre main que le reste. On veut que le style en soit plus « poétique » ; mais c’est un autre genre de poésie, plus pareille à celle des prophètes anté-exiliens qu'aux descriptions exubérantes d'Ezéchiel.
À. B. C. 22. rüs..….. οὗ... hébraïsme, Inr., c. x, $ II. — Cfr. Zs: xxIv, 8; xx,
ts ὦ LAN" PR NOT ERA DATANT ES ν V7, \Lg CR ne + de + δὴ ἣ : ‘ + bo Ὁ Γ,
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C. xvur. 21. Et un Ange puissant leva une pierre grande comme une [meule! de moulin, et [la] jeta dans la mer, disant : « Ainsi d’un [seul] coup sera Jetée Babylone la grande ville, et jamais plus elle ne se trouvera. 22. — Et la voix des citharistes et des musiciens et des flûtistes et des joueurs de trompette, ne se fera plus jamais entendre en toi, et aucun artisan d'aucun art ne se trouvera plus jamais en toi, et la voix de la meule ne se fera plus entendre jamais en toi, 23. Et la lumière d'une lampe ne brillera plus jamais en toi, et plus une voix de fiancé et de fiancée ne se fera Jamais entendre en toi; parce que tes marchands étaient les grands de la terre, parce qu'en ton maléfice ont été égarées toutes 165 nations! — 94. Et
en elle s’est trouvé le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui ont été égorgés sur la terre. »
10; Ezsech. xxvr, 13. « Aucun bruit de réjouissance, ni de vie industrielle, ni même de travaux domestiques, ne sera plus entendu à Babylone » (Swete). C'est à prendre au sens moral, et non purement littéral, comme aussi les anciennes prophéties sur la Babylone antique.
À. B. C. 28. μεγιστᾶνες, οὗν». vi, 15. — φαρμαχία — maléfice, « Zauberei » : cr. Nahum, 11, &, sur Ninive. — ὅτι οἱ Eux. σου, Cfr. Jér. xx, 8. Il est bien vrai qu’au premier siècle avant, et au premier siècle après J. C., les ἔμποροι romains, où l’on peut voir les grands publicains, étaient les maîtres des provinces, qu'ils avaient si horriblement tyrannisées à la fin de la République. On dirait que Jean rappelle avec insistance à l'Asie, maintenant réconciliée par la prospérité économique, les anciennes iniquités qui ont fait la puissance de Rome; ce n’est pas seulement l’Église, c'est l'humanité qui est riche en griefs de toute sorte re cette Babylone. — « Lampe » οἷν". Jér. xxv, 10; « voix de fiancé », οἷν. Jér. vi, 34; xvi, 9.
A. C. 24. αἵματα pour αἷμα, rec. Κὶ. — Ce sang n’est pas seulement celui des martyrs (prophètes et saints), mais de toutes les victimes (πάντων τῶν ἐσφ,) du régime
politique et social de Rome, qui sacrifiait tant de vies humaines dans ses guerres et dans ses plaisirs.
D 2° c y. — Joie du ciel, opposée aux lamentations de la terre (χιχ, 1-8).
Ir. — Za pensée prophétique de Jean le transporte maintenant au ciel — car tout l’espace lui est ouvert, supra, c. XI, — et il voit et entend la contre-partie du deuil terrestre. Cette scène offre une analogie frappante avec les liturgies célestes du ch. IV, autour du trône de Dieu; du ch. V, pan de l'intronisation de l’Agneau; du ch. VIL, à l'arrivée de la procession des élus; du ch. ΧΙ, 15-18, à la consommation de la 7° trompette; du chap. XIT, 10-12, à la chute du Dragon. C'est que la ruine de Rome — comme celle de Jérusalem les Synoptiques — est considérée comme une des grandes manifestations de puissance de l'agneau pour le salut des hommes; nous pouvons y voir une application de la règle posée IV, 9-10 : « Chaque fois que les Animaux rendront gloire... les 24 ΚΡ γὴς tomberont devant celui qui est assis sur le trône, etc. » On peut aussi faire un rapprochement, mais moins étroit, avec les cantiques de XIV, 1-5, et XV, 2-4. La radieuse perspective des noces de l'Agneau avec l'Église sa Fiancée, est amenée par opposition aux prostitutions dont la Courtisane a recu le châtiment.
Les critiques font donc ici bien à tort leurs divisions et combinaisons ingénieuses. Mentionnons spécialement Vôülter, qui attribue bien XIX, 1-4; 5-10a à Jean- Marc, “ comme le chapitre précédent, mais intercale entre 4 et 5 la scène de XIV, 14-20, pour (Pa APOCALYPSE DE SAINT JEAN.
faire ainsi la conclusion de son Apocalypse primitive. Weyland : 1-6 revient à N, comme XVII-XVIIT, 7-10 est du rédacteur chrétien. Spitta : 1-3 et 5-8 sont de J?, 9v-10 de l'Apoc. primitive, 8b-9%, et quelques retouches, du « Rédacteur; Erbes : 1-4, comme XVII-X VIII, est de l'Apoc. de 80 (ainsi que 950-21), et 5-9a de l’Apoc. de 62; Bruston : 1-3 et 11-21 sont du temps de Néron, 4-10 du disciple de Jean; Joh. Weiss : 1-10 est de ἰ᾽ « Editeur ».
FES * Y = "7 k U δ Pa - -“ (. χιχ. 1. "Μετὰ ταῦτα ἤχουσα ᾿ὡς φωνὴν μεγάλην ὄχλου πολλοῦ ἐν τῷ οὐρανῷ
* Ne τὴ À 7 ἘΠῚ ς - λεγόντων ᾿Αλληλούια᾽ ἡ σωτηρία rat ἡ δόξα “rai ἡ τιμὴ] καὶ ἡ δύναμις "τοῦ θεοῦ
e + el » LEA “
ἡμῶν, 2 ὅτι ἀληθιναὶ χαὶ δίχαιαι αἱ χρίσεις αὐτοῦ ὅτι ἔχρινεν τὴν πόρνην τὴν μεγάλην, xer ἢ », \ = τιν Le = \ τ' =
ἣἥτὶς ἔφθειρεν τὴν Ὑῆν Ev τῇ πορνεία αὐτῆς, nat ἐξεδίκησεν τὸ αἷμα τῶν δούλων , τῷ x es ᾽ \ as αὐτοῦ Ex χειρὸς αὐτῆς. ὃ. Kat δεύτερον “εἴρηχαν᾽ ᾿Αλληλούια᾽ nat ὁ χαπνὸς αὐτῆς !
᾽ PO “Ὁ ko, ἀναθαίνει εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. 4. Kat "ἔπεσαν οἱ πρεσόύτεροι οἱ εἴχοσι "τέοσ-
σαρες χαὶ τὰ "τέσσερα ζῶχ, na προσεχύνησαν "τῷ θεῷ τῷ χαθημένῳ ἐπὶ τῷ θρόνῳ λέγοντες" ᾿Αμὴν ἀλληλούια.
9. Kat φωνὴ ἀπὸ τοῦ θρόνου ἐξῆλθεν λέγουσα᾽ Αἰνεῖτε "τῷ θεῷ ἡμῶν, πάντες οἱ Ὁ) ὑτοῦ, [ua] οἱ φοδούμενοι αὐτόν, οἱ μικροὶ χαὶ οἱ μεγάλοι. 6 Kai ἤχουσα ὡς φωνὴν ὄχλου πολλοῦ χαὶ ὡς φωνὴν ὑδάτων πολλῶν, χαὶ ὡς φωνὴν βροντῶν ἰσχυρῶν, "λεγόντων ᾿Αλληλούια, ὅτι "ἐδασίλευσεν χύριος ὁ θεὸς ἡμῶν ὁ παντοχράτωρ. 7. Χαίpupey χαὶ ᾿ἀγαλλιῶμεν, χαὶ δώσομεν τὴν δόξαν αὐτῷ, ὅτι ἦλθεν ὁ γάμος τοῦ ἀρνίου, χαὶ ἣ γυνὴ αὐτοῦ ἡτοίμασεν "ἑαυτήν, 8 χαὶ ᾿ἐδόθη αὐτῇ ἵνα περιδάληται βύσσινον λαμπρὸν χαθαρόν᾽ τὸ γὰρ βύσσινον τὰ διχαιώματα τῶν ἁγίων ἐστίν.
-----;Ἔ À. B. 1. μετὰ ταῦτα, formule ordinaire. — ὥς omis And. passim, £, syr., arm. Prim. — φωνῆς pour φωνὴν, quelques And. — λέγοντος, dans à 505-14-69, al., pour λεγόντων, qui est un accord ad sensum (Int. ὁ. x, $ II). — καὶ à τιμή, ajouté après δόξα,
quelques And., syr., pourrait être authentique, car on ἃ ainsi une doxologie à quatre membres, ce qui est plus conforme à l’ « usus loquendi » habituel, cfr. v, 13; cependant on en trouve une à trois membres 1v, 11. — τῷ θεῷ pour τοῦ 0., à 500-88-205 al., vule., syr. boh. Prim. — Cfr. Jér. τι, 48. — ὀχ. πολ., sans doute les myriades d’Anges de v, 11. — « Alleluia » n'apparaît qu'ici et versets 3, 4, 6, dans le Nouveau Testament; pour la tournure de la doxologie, οἷν. vir, 10; x1, 15; x11, 10.
GC. 1. Dans ces quatre premiers versets, ce sont [65 puissances célestes et les bienheureux qui louent Dieu. L'objet de leurs louanges est la justice qui s’est manifestée dans la punition de la Courtisane. Sur terre on ne l’entrevoit que dans l’avenir ; mais, au ciel, on l’envisage comme déjà faite.
A. B. 2. ἥτις ἃ ici toute sa valeur (cfr. supra, x, 13). — ἐν instr. (In. €. x, ὃ IT). — ἀληθ. καὶ δίχ. ai χρίσεις οὗ». χν, 8 (ἀληθ, αἱ 60ot σου); xv1, 7; l’épithète ἀληθινός, passim, johannique (Inr. ὁ. ΧΠΙ, Π, ὃ 1). — ἥτις ἔφθειρεν, cfr. pour l’idée seule ou les mots et l’idée, χιν, 8; ΧΥΠ, 2; ΧΥΠΙ, 3, etc., encore ΧΙ, 18 — ἐξεδίχ. ro αἷμα x χειρ., Cfr. xvit, 20. A. B. 3. Au lieu de la forme εἴρηχαν (οἷν, πέπωχαν, XVI, 8; γέγοναν, ΧΧΙ, 6, Inr. ὁ. x, ὃ IT), on trouve εἴρηχασι dans And., ailleurs εἴρηχεν, εἶπον. — « Fumée », cfr. ΧΥΠΙ, 9, 18 ; encore χιν, 11 ; 75. xxx1v, 10 (jugement d'Édom). |
—— À. B. C. 4 Remarquer ἔπεσαν (InT. Ο. x, ὃ II; And. ἔπεσον) et τέσσερα (A, C), à côté de τέσσαρες (Inr. ce. x, ὃ II). — L'auteur revient à la mise en scène des chap. 1v-v, qui ne s’est jamais complètement effacée; « Vieillards » cfr. 1v, 4, etc.; χι, 16; « Animaux », IV, 6, etc.; προσχ. avec le datif, «se prosterner », comme aux passages indiqués. À. B. 5. αἰνέω suivi du datif (rec. Æ., And. : τὸν θεόν), hébraïsant, d’après Jér.
C. χιχ. 1. Après ces choses j'entendis comme une grande voix d'une foule nombreuse dans de ciel, [de gens] qui disaient : « Alleluia! le salut et la gloire [et l'honneur (?)| et la puissance [sont; à notre Dieu, 2 parce que véridiques et justes [sont} ses jugements; parce qu'il ἃ jugé la grande Prostituée, celle qui corrompait la terre par sa prostitution, et il a réclamé le sang de ses serviteurs de sa main ». 3. Et une deuxième fois ils ont dit : « Alleluia! » Et sa fumée monte aux siècles des siècles. 4. Et ils tombèrent [à terre), les ViINGT-QUATRE VikiLLARDS et les QUATRE ANIMAUX, et ils se pros-
ternèrent devant le Dieu qui est assis sur le trône, [en] disant : « Amen! Alleluia ! »
5. Et une voix sortit du trône, disant : « Louez notre Dieu, [vous] tous ses serviteurs [60] ceux qui le craignent, les petits et les grands! » 6. Et J'entendis comme une voix d'eaux abondantes, et comme une voix de puissants tonnerres, qui disaient : « Alleluia! car 1] ἃ établi son règne, le Seigneur notre Dieu, le Tout-Puissant. 7. Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse! Et nous lui donnerons la gloire, parce qu’elles sont arrivées, les NOCES DE L'AGNEAU, et son épouse s’est préparée, 8 et 1l lui ἃ été donné
de s’envelopper de pur byssus éclatant ». Car 16 byssus, ce sont les actes de justice des saints.
xx, 13 (Holizmann). — Kai devant οἱ v06. se trouve À, Q, l’ensemble des minusc., vule., syr., Prim., And., Aréthas, et est possible pour Soden; il manque N, ἃ, Ρ, 8. Weiss; s’il faut le lire, voir pour le sens de φοδούμενοι au commentaire de x1, 18; — οἵ pur. καὶ ot pey., Cfr. également x1, 18 et xix, 18; xx, 12; xx1, 16, c’est une des expressions caractéristiques d’Apoc.
G. 5. Quelle est cette voix innommée qui, comme celle de xvi, 17, « part du trône »
— Q est à peu près seul à porter τοῦ οὐρανοῦ pour τοῦ θρόνου. — Elle exhorte tous les fidèles de la terre à s'associer aux louanges célestes, toujours, bien entendu, à l’occasion de la chute déjà escomptée de Babylone. Ce n’est pas celle de Dieu même, puisqu'elle parle de « notre Dieu »; mais c’est peut-être celle du Christ, parlant comme homme, puisque Lui aussi siège sur le trône de son Père (γι, 17), ou de l’un des Animaux qui portent le trône (voir vi, 1-2, comment.). A. B. 6. Pour λεγόντων, qui convient dans ce style, (A, P, Ap11-95-2040, eulg. Prim.), on trouve toutes les variantes possibles : λέγοντες (rec. K., peut-être à conserver, à cause même de son irrégularité, Bousset), λέγοντας, λέγοντος, λεγούσων, λεγούσης (après φωνῆς, pour φωνὴν, dans And.). — ἐδασίλευσεν, aoriste ingressif, doit s'entendre de l'acte par lequel Dieu est entré en possession de sa royauté, οἷν. x1, 17. « Voix de tonnerres » et « d'eaux abondantes », οἷν. x1v, 2, et 1, 15.
α. 6. C’est l'Église universelle qui loue Dieu ; mais sa joie rend une note qui n'avait pas été exprimée dans celle des êtres célestes, v. infra, v. 7. — Les trois versets 6-8 donnent à la section « romaine » une finale triomphale comparable à celle des Trompettes. La chute de Babylone, l'ennemi actuel, le plus dangereux, qui paraissait tout à fait inébranlable, fait présager déjà le salut consommé, qui aura lieu à l'établissement définitif du Royaume. Ce n’est pas encore cet établissement, puisqu'il y aura d’autres luttes contre la Bête et ses « cornes »; mais c’est un gage éclatant de la toute-puissance du Sauveur, de même que, dans les Synoptiques, la chute de Jérusalem infidèle est un « Avènement » du Fils de l'Homme, qui garantit l'avenir aux yeux des croyants;
C. χυπι. 9. Kai "λέγει mou” Τράψον᾽ Μαχάριοι οἱ εἰς τὸ δεῖπνον "τοῦ γάμου τοῦ ἀρνίου χεχλημένοι. Kai λέγει μοὶ" Οὗτοι οἱ λόγοι ἀληθινοὶ "τοῦ θεοῦ εἰσιν.
10. Kai "ἔπεσα ἔμπροσθεν τῶν πόδων αὐτοῦ προσχυνῆσαι "αὐτῷ. Καὶ "λέγει μοι’ ἂἀσ ἘΣ ! ! ! 3 A = 2 = - 4 Γ \ r » NS Opa μή" σύνδουλός σού εἰμι nai τῶν ἀδελφῶν σου τῶν ἐχόντων τὴν μαρτυρίαν Ἰησοῦ
βασιλεία, βασιλεύειν ont dans l’Apocalypse le même sens analogique et progressif que dans les Évangiles. Aussi l'Église va-t-elle entrevoir et célébrer par avance le grand jour bienheureux, v. 7.
-- A. B. 7. χαίρ. καὶ ayal\., même alliance de mots que Mat. v, 12 ; ἀγαλλιῶμεν, forme active qui ne se trouve qu'ici dans le N. T.; rec. K. : ἀγαλλιώμεθα. --- Le réfléchi ἑαυτοῦ n’est pas d'un usage ferme dans l’Apoc., οἷν. αὐτήν de xvinr, 7, d’après À, C. — Comparer m1, 20 (pour l’idée au moins), et x1x, 9; xx1, 2, 9; xxnr, 17; pour l’idée générale des noces divines, v. EXCURSUS ΧΧΧΥΠΙ.
G. 7. L'Epouse de l'Agneau, c’est la Jérusalem céleste, et ce verset prépare la dernière partie du livre, chapp. xx1-xxn, suivant le procédé analysé si souvent des « emboftements ». (Ixr. c. vu). Comme l’auteur s’est référé aux images des chapp. 1v-v, ainsi il forme de toutes ses visions prophétiques comme une seule extase (Calmes; v. Int. C. XII).
B. C. 8. ἐδόθη, tournure fréquente à travers tout le livre. — λαμπρὸν καθαρόν, comme xv, 6. C’est un vêtement d’innocence (Οὗ. λευχὸν καθαρόν, v. 14, infra, et voir Exc. xu1); il est la contre-partie de celui de Babylone. Mais ce qu'il faut surtout remarquer ici, pour sa haute portée doctrinalé, c’est que ce vêtement de bonnes actions a été donné par Dieu, tout à fait selon l’enseignement de saint Paul, Æph. π, 10 : χτισθέντες ἐν Χριστῷ ᾿Ιησοῦ ἐπὶ ἔργοις ἀγαθοῖς, οἷς προητοίμασεν ὃ θεὸς ἵνα ἐν αὐτοῖς περιπατήσωμεν.
D. 2° 4. Æpilogue de la section de Babylone (χιχ, 9-10).
Inr. — Nous avons rencontré des prologues déjà; mais aucune des sections jusqu'ici commentées n'avait d'épilogue. Nous en trouverons deux autres, plus développés, l'un à la fin de la section prophétique (XXI, 5-8), l’autre à celle de tout le livre (XXIT, 6-21). Le fait que saint Jean ajoute encore ces deux versets, XIX, 9-10, à la copieuse description de l'avenir de Rome, s'explique par l'impression profonde que cette révélation d'un intérét si actuel avait produite dans son âme, et devait aussi produire en celle de ses premiers lecteurs.
L'épilogue a de la valeur doctrinale, touchant le culte des Anges, et la nature du charisme prophétique. — Pour ses origines aux yeux des critiques, et notre opinion, voir ci-dessus, INT. à D 2° c +.
À. B. 9. sai λέγει, « et il me dit », au présent, dans les deux versets. — τοῦ γάμου omis N, P,al., g. — τοῦ θεοῦ ts être une glose, intercalée d’après xx1, 5, car ces mots se PQ à trois places diverses dans les mss.— Μαχάριοι, quathiéine béatitude; cfr. 1, 3; x1v, 18; xvi, 45; xx, 6; xxn1, 7, 14. Image du festin pour la béatitude, οἷν. 11, 20; Luc. x1v, 15 : μαχάριος ὅστις φάγεται ἄρτον ἐν τῇ βασιλείᾳ τοῦ θεοῦ; 75. xxv, 6; Mat. vin, 11; xxvi, 29; Luc xxu, 18; IV Esd. π, 88. (V Esd., chrétien).
GC. 9. Celui qui prend la parole ne peut être que l’Ange du v. 10, le même qui a montré à Jean le sort de Babylone au ch. xvu. Un autre Ange des Coupes, qui lui aura montré la Jérusalem céleste, parlera et agira de la même manière au ch. xx. Le messager d'en haut s'attache à pénétrer l’homme de confiance dans ces perspectives si rassurantes et radieuses qu'il pourrait avoir peine à y croire.
ΨΥ ΨΞΥΝ ΠΡ Ἂν ot
C. xvur. 9. Et il me dit : « Écris : Heureux ceux qui ont été appelés au festin des noces de l’Agneau ! » Et il me dit : « Ces paroles sont [les paroles] véridiques de Dieu. »
10. Et je tombai devant ses pieds pour me prosterner devant lui. Et il me dit : « Non! prends garde..…., je suis ton compagnon de service, [à toi] et à tes frères qui ont le témoignage de Jésus; prosterne-toi devant Dieu. » Car l'esprit de prophétie est le témoignage de Jésus.
A. B. 10. ἔπεσα, Inr., c. x, ὃ Il. — xposx. avec le datif, « se prosterner » — Ὅρα μή, comme infra, xxu, 9, ellipse qui doit être très familière; sous-entendu ποιήσης; notre traduction : « Non! prends garde [de]... » est assez littérale, puisqu'elle rend les deux mots, avec la suspension, — Scène toute pareille xxu, 9; elle rappelle, non Hén. éth. Lxx1, 11-12, où il n’est pas question d'ange (cfr. Spita), mais littéralement Asc. Js. vu, 21. — ppt. Ino. cfr. 1, 2, 9; xx, 4; « Ceux qui ont le tém. de Jésus », comme χα, 17; vi, 9.
G. 10. Dans son enthousiasme, Jean se jette aux pieds de l’Ange, et celui-ci proteste contre cet honneur, car un prophète est presque son égal. Gette scène peut être traditionnelle, car on la retrouve dans l’Ascension d'Isaïe, vu, 21 : « Et je tombai sur ma face afin de l’adorer, et l’ange qui me conduisait ne me le permit pas, mais il me dit : « N’adore ni trône ni ange qui soit des six cieux — d’où j'ai été envoyé pour te conduire, mais seulement (celui) que je te dirai dans le septième ciel » (trad. Tisserant). Comme la « Vision d’Isaïe » (Asc. 15. νι, 1-χι, 1, 28-40) est un écrit chrétien à placer, d’après Tisserant, vers le milieu du n° siècle, il est possible encore que cet Apocryphe se soit inspiré directement de notre Apocalypse.
En tout cas, Jean a donné à cet incident la portée d’un enseignement polémique contre les excès du culte juif, ou judéo-chrétien, des Anges; ou, mieux encore, contre des pratiques gnostiques contemporaines, peut-être en usage chez les Nicolaïtes des Lettres; cfr. Col. n, 18; Heb. 1-1; Jude, 6; IT Pet. τι, 4, 11 (Ἰντ., ç. πὴ.
Μαρτυρία Ἰησοῦ, en d'autres passages, signifie la révélation chrétienne commune; serait-il ici, comme croit Bousset, restreint tendantieusement au charisme des prophètes? Pas du tout; le sens est que la prophétie s'appuie sur le témoignage rendu par Jésus, et touchant Jésus (Ἰησοῦ serait ici, peut-être, génitif de sujet et d'objet à la fois), et que possèdent, avec plus ou moins de profondeur d'intelligence, tous ceux qui ont la foi, mais les prophètes à un degré plus éminent. Nous faisons πνεῦμα sujet de la proposition, et μαρτυρία prédicat. Apringius : « Testimonium Jesu, catholicae confessionis est vera professio.. Spiritus enim prophetiae veritas et judicium et justitia est, quae in catholicae fidei plenitudine continetur. » L’Apôtre, par la bouche de l’Ange, ou en expliquant l'attitude de l’Ange, aïlirme donc que son Apocalypse inspirée n’est qu’une explication des enseignements du Maître, et de là lui vient sa valeur « The possession of the prophetic Spirit, which makes a true prophet, shews itself in a life of wittness to Jesus which perpetuates His wittness to the Father and to Himself. The two things are in practice identical; all true prophets are wittnesses to Jesus, and all who have the wittness of Jesus in the highest sense are prophets » (Swete).
D. 30. JUGEMENT DU VERBE DE DIEU SUR LES BÊTES, PRISES DANS TOUTE L'AMPLEUR DE LEUR SIGNIFICATION OU RUINE DE L'ANTÉCHRIST EN GÉNÉRAL (xIX, 41-21). ἡ
Inr. — C'est l'extension à tous les lieux et à tous les temps des jugements déjà esquissés dans la vision des Coupes, et présentés celte fois comme une seconde phase,
C. χιχ. 11. Kai εἶδον τὸν οὐρανὸν ἠνεῳγμένον, nat ἰδοὺ ἵππος λευχός; χαὶ ὁ χαθήμενος ἐπ᾽ αὐτὸν χαλούμενος πιστὸς χαὶ ἀληθινός, καὶ "ἐν δικαιοσύνῃ χρίνει nai - ΟΣ - ‘x 4 4 πολεμεῖ. 12. Οἱ ᾿δὲ ὀφθαλμοὶ αὐτοῦ Ἢ ὡς] φλόξ πυρός, nat ἐπὶ τὴν χεφαλὴν αὐτοῦ ΩΝ Je XX 4 Ἄ" y de A] D A 53 ᾽ \ 5 r x διαδήματα πολλὰ, ᾿ἔχων ὄνομα γεγραμμένον ὃ οὐδεὶς οἶδεν et in αὐτός, 13 nai περιὀεθλημένος ἱμάτιον βεόαμμένον αἵματι, χαὶ χέκχληται τὸ ὄνομα αὐτοῦ -ὃ λόγος τοῦ - à 4 = Ne) -Ὁ « Ἂς θεοῦ. 14. Kat τὰ στρατεύματα τὰ ἐν τῷ οὐρανῷ ἠχολούθει "αὐτῷ ἐφ᾽ ἵπποις λευχοῖς, ἐνδεδυ ! βύ } 1? D 6 μ 15 K AU τὴ μ σον 2 ή ἐνδεδυμένοι βύσσινον λευχὸν χαθαρόν. 15. Kai Ex τοῦ στόματος αὐτοῦ ἐχπορεύεται € 4 , -» [2 Ἂν DU 4 \ La a ἊΝ ΔΎ ET - , \ x ΕὟΡ δομφαία ὀξεῖα, ἵνα "ἐν αὐτῇ πατάξῃ τὰ ἔθνη᾽ nai “αὐτὸς ποιμανεῖ αὐτοὺς "ἐν ῥάῤδῳ ἴς Β LS « - x x -- = Ἔν = ns μὰ - = σιδηρᾷ χαὶ αὐτὸς πατεῖ τὴν ληνὸν τοῦ οἴνου τοῦ θυμοῦ τῆς ὀργῆς τοῦ θεοῦ τοῦ παντο- D NX x \ τὸ [4 ΄ χράτορος. 16. Kai ἔχει ἐπὶ τὸ “ἱμάτιον nai ἐπὶ τὸν unpdy αὐτοῦ ὄνουα γεγραμμένον Βασιλεὺς βασιλέων χαὶ κύριος χυρίων.
kr 74 e -Ὁ 5 € 27 ὩΣ 17. Kat εἶδον "ἕνα ἄγγελον ἑστῶτα ἐν τῷ ἡλίῳ, nat ἔκραξεν " ἐν] φωνῇ μεγάλη
plus générale, des vengeances du Christ contre l'Antéchrist. L'empire des Césars, l'ennemi actuel de Dieu, a été prophétiquement anéanti; il ne sera plus question de Rome, elle est tombée dans l'abime du jugement. Mais, après que les « Têtes » ont disparu, la « Bête » survit cependant avec ses Cornes, toujours aidée par le Pseudo- Agneau qui la fait adorer. Que deviendra finalement cet Antéchrist à deux faces? Jean va nous le dire, dans une vision rapide et fulgurante, où il ne s'attache plus à aucune contingence historique, car il dévoile ici des faits trop génériques ou trop éloignés. Du plan des événements contemporains, il transporte ses lecteurs dans celui de l'histoire universelle, et condense l’ensemble des triomphes du Christ, jusqu'à la Parousie inclusivement, dans l'image, chère aux anciens prophètes, de la grande bataille du « Jour de Jéhovah», qu'il a déjà touchée XIV, 20; XVI, 16; XVII, 13-14.
La structure de ce morceau est absolument identique à celle de la section précédente, et de l'ensemble de la partie prophétique :
a) Présentation des personnages (XIX, 11-16), avec un passage dogmatique de la plus haute valeur, sur le « VERBE DE DIEu »;
δ) Préambule à l'action, XIX, 17-18 : un Ange proclame la vicloire, ainst qu'aux visions de préparation, VI-VIII, 1 et XIV, 6-20.
c) Exécution, XIX, 19-21.
L'origine de la péricope, pour un bon nombre de critiques, serait juive, sauf le λόγος τοῦ θεοῦ, qui serait une interpolation. (Weyland : 2; — Sabatier; — Spitta : J!; — Joh. Weiss : conclusion de Q, qui ne comprendrait plus ensuite que XXI, 9-13; 15-fin et XXII, 1-2. — Vülter l'attribue, lui, à Cérinthe). Mais Erbes retrouve ici l'Apoc. chrétienne de l'an 80, Bruston celle du temps de Néron; Weïzsäcker, Schoen (qui croit le morceau refondu par un éditeur), Bousset, reconnaissent bien la continuité du morceau avec l'ensemble. Joh. Weiss déclare péremptoirement que ce combat du Messie, quoique arrangé ραν] « Éditeur », ne saurait, pas plus que l'enlèvement du Messie au chap. XIT et la majeure partie de XIII et de XVII, appartenir à l'Apocalypse primitive; c'est « un des plus indubitables résultats de toute la critique ». Ce serait, réplique Bousset, bien fâcheux pour « toute la critique ». En effet, la péricope est liée très organiquement à ce qui précède : le Messie transporté au ciel au chapitre XII reparaît triomphant sur la terre. Il est encore mieux de dire que l'Agneau et son armée, campés en face des Bétes au chap. XIV, prennent enfin l'offensive qui va anéantir le Règne de l'Antéchrist. Peu importe que l'aspect du Messie ait changé; Jean est coutumier de ces variations. Ici il revient à la figure du chap. VE, le Cavalier au cheval blanc, qui représeute le Verbe ou l'œuvre du conquête du Verbe, tandis que l'Agneau, sur terre, figure surtout le séjour paisible du Christ au milieu des siens.
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C. χιχ. 11. Et je vis que le ciel s'était ouvert, et voici un cheval blanc,
et Celui qui était assis sur lui [est] appelé Fidèle et Véridique, et c’est dans la justice qu'il juge et fait la guerre. 12. — Or ses yeux [sont] [comme(?)] une flamme de feu, et sur sa tête [il y ἃ] des diadèmes nombreux; ayant un nom écrit que personne ne connaît si ce n’est lui, 13 et enveloppé d'un manteau trempé de sang ; et son nom a été appelé : le verse DE Dieu. 14. Et les armées qui sont au ciel l'accompagnaientsur des chevaux blancs, [et étaient) revêtus (sic) de byssus blanc [et] pur. 15. Et de sa bouche il sort une épée aiguë,
afin qu’il en frappe les nations; et lui il les ni avec une verge de fer; et lui il foule la cuve du vin de la fureur de la colère de Dieu le Tout-Puissant, 10. Et il a sur son manteau et sur sa cuisse un nom écrit : ROI DES ROIS ET SEIGNEUR DES SEIGNEURS.
17. Et je vis un Ange qui se tenait debout dans le soleil, et 1] cria d’une
Concluons donc avec Bousset que « tous les motifs » — au moins les principaux —- « mis en avant jusqu'ici s'accordent dans une triomphante finale »; et cette considération a plus de poids que toutes les réussites des « Literarkritiker ».
À. B. 11. « Ciel ouvert », cfr. 1v, 1; Ezech. 1, 1. — ἵππος λευχός, Cr. VI, 2. — καλούμενος, omis À, P, And. en général, EN von Qu ou transposé. — πιστ. et ἀληθ. comme 1, 5; πὶ, 7, etc.; termes unis im, 14, et appliqués au Christ, puis xx1, 5 et XXI, 6, appliqués aux paroles divines. — ἐν dix. xp. οἷν. 15. x1, 3, 4; ἐν instr.
C. 11. Nous avons entrepris de démontrer supra, Εἶχα. xix, l'unité de cette figure avec celle de γι, 2. Joh. Weiss, qui attribue ceci à Q, et prend les 3 ans 1/2 des Bêtes à la lettre, se demande gravement comment le Messie, qui n’était qu’un enfant au ch. ΧΙ, et quand la Bête a paru, a pu atteindre si vite l’ « âge adulte du Christ » (Eph. 1v, 13), dans l’idée de l « Éditeur »? L'ingénuité de cette question montre combien 1] est impossible de voir dans 3 1/2, 42, des mesures littérales. — Le Messie, qui était adulte au ciel, et parcourait déjà le monde par sa parole (vi, 2), et résidait au milieu de l'Église (χιν, 1-suiv.), tient la parole donnée aux croyants de leur assurer la victoire (Lettres); car il est « le Fidèle » et celui qui ne trompe jamais (nr, 14). Les verbes « juge » et « fait la guerre » sont des présents, parce que, malgré le choix du « Jour de Jahweh » pour le symbolisme de cette scène, Les jugements du Christ se sont toujours, depuis l’Incarnation, exercés dans le monde, d’une manière plus ou moins visible.
A. B. 12. δέ, rare dans l’Apocalypse (Inr., c. x, ὃ 1), ne marque pas ici opposition. — ἔχων équivaut ici à un verbe fini (InT., c. x, ὃ π). — ὡς devant φλόξ se trouve A, nombreux And., lat., syr., boh., Orig., il n’est pas admis de Soden; W-H hésite. — φλὸξ πυρός, cfr. 1, 14; 11, 18; — διαδήματα, cfr. στέφανος de vi, 2 (v. Εἶχα. x1x). — ὄνομα ὃ oddels «TX, Cfr. 11, 17.
C. 12. Cette nouvelle image du Christ conquérant correspond pour l'essentiel à celle du ch. vi, 2; mais elle s’est enrichie de plusieurs traits empruntés à la vision du ch.re' et aux Lettres, où nous les avons expliqués déjà; on voit comme il est mal à propos de chercher ici une source différente. Il porte des « diadèmes nombreux », à cause de tous les peuples qu'il a déjà conquis au cours indéterminé de l’histoire, et ce vrai Roi apparaît ainsi comme la contre-partie du Dragon, prince de ce monde (x, 3), et de l’Antéchrist (xur, 1), avec leurs multiples têtes couronnées. Mais quel est ce « nom que personne ne connaît, si ce n'est lui-même »? Il est peut-être écrit sur son front (cfr.
* , ΄ 2 ᾿ Ed - -» 7 «3 , Ἀ λέγων πᾶσιν τοῖς ὀρνέοις τοῖς πετομένοις ἐν μεσουρανήματι" Δεῦτε, συνάχθητε εἰς τὸ δεῖπνον τὸ μέγα τοῦ, θεοῦ, 18 ἵγα φάγητε σάρχας βασιλέων χαὶ σάρχας χιλιάρχων χαὶ -Ὁ-Ὁ -ὉὋὉὌ Ἄ -Ὁ r σάρχας ἰσχυρῶν nat σάρχας ἵππων χαὶ τῶν χαθημένων ‘ET’ αὐτῶν, χαὶ σάρχας πάντω) ἐλευθέρων τε χαὶ δούλων καὶ μιχρῶν χαὶ μεγάλων. ᾽ Ν -» ΄- EU Ὁ 19. Kat εἶδον τὸ θηρίον nai τοὺς βασιλεῖς τῆς γῆς χαὶ τὰ στρατεύματα αὐτῶν συνηγee « \ “9 À = € τ μένα ποιῆσαι τὸν πόλεμον μετὰ τοῦ χαθημένου "ἐπὶ τοῦ ἵππου χαὶ μετὰ τοῦ στρατεύuaroc αὐτοῦ. 20. Kai "ἐπιάσθη τὸ not ἌΡ EE ὃ pale ᾿ ματος ù. 20. ἐπιάσθη τὸ θηρίον nai μετ αὐτοῦ ὁ ψευδοπροφήτης ὁ ποιήσας τ -» 4 -- x τ x x r Es τὰ σημεῖα ἐνώπιον αὐτοῦ, "ἐν οἷς ἐπλάνησε τοὺς "λαθόντας τὸ χάραγμα τοῦ θηρίου καὶ \ k ex | PAPE 2 °F , 5 - ἋΣ ! CM, 72 ᾽ τ ΄, τοὺς προσχυνοῦντας "τῇ εἰχόνι αὐτοῦ ζῶντες ᾿ἐδλήθησαν οἱ δύο εἰς τὴν λίμνην τοῦ « NES x r BA € Ἐπ πυρὸς "τῆς χαιομένης ᾿ἐν θείῳ. 21. Kai οἱ λοιποὶ ἀπεχτάνθησαν "ἐν τῇ dpi τοῦ χαθημένου ἐπὶ τοῦ ἵππου τῇ ἐξελθούσῃ ἐχ τοῦ στόματος αὐτοῦ, nai πάντα τὰ ὄρνεα ἐχορτάσθησαν ἐχ τῶν σαρχῶν αὐτῶν.
ΧΥΠΙ, 5). Est-ce en traits que le voyant lui-même ne peut pas déchiffrer (Holtzmann) ὃ Bien plutôt c’est un nom dont on ne saurait pénétrer la signification totale dans l’état présent; car οἶδα, dans le style johannique, signifie « pénétrer, connaître à fond » (ABBoTT, Joh. voc. 1621-1629, 1715). Ce nom exprime son essence, qui n’est pénétrable qu’à la science divine (voir à 11, 17). Pour le déterminer, il n’y ἃ pas à chercher bien loin, ni à penser, avec Bousset, à un nom magique; rien ici ne sent le paganisme. Le Voyant ἃ lu ce nom, mais l’a trouvé insondable; c'est « ὃ λόγος τοῦ θεοῦ », qu'il écrira en toutes lettres au v. 13. André : l'Homme-Dieu est connu sous beaucoup de noms, tirés de ses vertus et de ses œuvres; maïs à Lui seul, ainsi qu’au Père et à l'Esprit, il est connu parfaitement selon sa substance ; τὸ δὲ ἄγνωστον τοῦ ὀνόματος τὸ τῆς οὐσίας αὐτοῦ σημαίνει ἀκατάληπτον. Ainsi Calmes et la plupart des catholiques anciens et modernes, Swete, même Joh. Weiss, qui interprète ainsi l’idée de l’ « Éditeur », formée dans les cercles johanniques d'Éphèse. A. B. 13. Pour βεδαμμένον (de A, Ἢ: 1070-046, al., Soden, Bousset, Nestle), on trouve ailleurs divers synonymes approximatifs, entre autres ῥεραμμένον « arrosé » ; mais βάπτω signifie « baigner », référence certaine à 75. Lx, 3, le guerrier vainqueur d'Edom. — « Verbe de Dieu », expression qui ne s'était trouvée jusque-là que Sap. Sal. xviur, 4-25; dans Ποῦ. 1v, 2, elle ne paraît pas avoir pris encore le sens personnel. GC. 13. Le sang qui baigne l’habit du Messie, d’après Isaïe, signifie d’abord, figurativement, celui de ses ennemis écrasés, qui a rejailli de la cuve de colère (infra χιχ, 15, et χιν, 20); mais il peut y avoir aussi allusion au sang du propre sacrifice de l'Homme-Dieu. — Le nom secret, « ὃ λόγος τοῦ θεοῦ », fournit un des signes les plus lumineux de l’origine johannique de l’Apocalypse (Inr. ©. χπὶ, 1, ὃ IT). Π ne manque dans aucun témoin; si les commentateurs libéraux en mettent en doute l'authenticité, au moins le caractère primitif, — ce serait une glose « johannique » pour expliquer le verset précédent, Bousset, al., — ils ont leurs raisons pour raisonner ainsi, mais leur critique n’a d’autre fondement que leurs préjugés littéraires, et leur incapacité à s'élever à cette vue doctrinale, élémentaire pourtant dans la théologie catholique, qu’Apringius expose en ces termes : « Sicut pro ineffabilitate virtutis ejus supra fatetur incognitum omnibus esse nomen.…., ad professionem nostrae fidei Verbum Dei esse significat » ; parce que le nom de Verbe lui-même ne nous donne qu'une connaissance imparfaite et purement analogique de l'être divin du Fils. Ain$i le comprend toute l’exégèse catholique, et les anglicans orthodoxes. — La recherche de l'origine historique de l'expression « Verbe de Dieu », des rapports avec la « Sagesse » de l'A. T., le « Memrà » des rabbins, les Conde tone d'Héraclite, des stoïciens, de Philon, appartient au commentaire du IV* Évangile.