ET LA VIE FUTURE
Ἢ (xx, 11 ΧΥΝ 4).
À Inr. — δα vision précédente à résumé, comme la préface au ch. XII, l’ensemble des luties de l'Église contre le Diable, mais en y ajoutant le résultat définitif. Dans la ÿ
Maintenant un point final est mis à toutes les agitations terrestres’; toute opposition au
Règne de Dieu et de l'Agneau est anéantie à jamais. Dieu va assigner à chacun, pour n l'éternité, le sort que lui ont mérité ses œuvres. Jean décrit donc, en termes d’une sobre majesté, le Jugement général (xx, 11-13), mentionne l'Enfer (14-15) et insiste avec complaisance sur le Ciel, séjour de la béatitude (xx, 1-4); c'est le point d'aboutissement de l'antithèse qui a couru à travers le livre entier. La manière très différente dont le Prophète traite de l'Enfer et du Ciel, se débarrassant en deux versets de la triste vue du premier, pour se plonger avec amour dans la contemplation de la Jérusalem céleste, c'est quelque chose de tout à fait remarquable, et très révélateur de l'esprit de ce livre, œuvre d'encouragement, de consolation et d'optimisme.
La deuxième section prophétique se termine donc comme la première (cfr. ΧΙ, 15- 18); mais là le Jugement général n'était qu'indiqué, tandis qu'ici il devait étre naturellement traité avec quelque ampleur, puisque nous touchons à la fin de la Révélation. Remarquons cependant combien la description, si saisissante qu'elle soit, reste sobre, et comme Jean a évité d'y méler aucun trait fantastique emprunté aux traditions du genre. Le contraste avec des passages comme les chapitres VIIT et IX, par exemple, est notable.
Les critiques en général n'ont pas séparé ce passage du reste du chapitre — excepté Erbes, qui classe XX, 11-XXT, 4 dans l’Apoc. de 62, pour revenir avec XXI, 5 à celle de 80, et Schoen qui voit dans XX, 7-15 une addition rédactionnelle. Cependant … Bruston assigne XXI, 1-8, à la seconde Apocalypse; Spitta attribue XX, 8-15; XXI,
1, δ᾽, 6% à J\, dont ce serait la conclusion; Joh. Weïss laisse l'ensemble à Jean d'Asie, mais donne XX, 15 et XXI, 4b-8 à l’« Éditeur »; Sabatier retrouve dans XX, 11-XXI, 8 la main chrétienne originale, et Weyland fait ἀδ tout le morceau, jusqu'à XXI, 8, La fin de ἃ, juif. Il va sans dire que leurs théories des sources imposent à la plupart de découvrir cà et là des interpolations rédactionnelles.
En réalité, le présent morceau est la suite du précédent, sans indice d'une main nouvelle; et il fournit un dernier argument en faveur de notre interprétation du Millénaire, argument qui resterait valable dans toute hypothèse. Ou bien en effet XX, 11-suiv. fait logiquement suite à XX, 1-19, ou bien cette péricope est indépendante de la première. δὲ elle est indépendante, elle contredirait la première entendue au sens d'une « première résurrection » corporelle,’ car elle parle de tous les morts, quels qu'ils soient, sans aucune marque de restriction, et les fait ressusciter ensemble. Si XX, 11-suiv. est uni intimement à la péricope du Millénaire, la conclusion est La même, et encore plus manifeste; en effet, S'il y avait déjà eu une résurrection partielle, on attendrait au v. 12 quelque expression comme ἄλλους νεχρούς, τοὺς λοιποὺς τῶν νεχρῶν, tandis qu'il y a tout simplement νεχρούς, sans distinction : les bons et les mauvais ressusnn citent à la fois, puisque chacun est jugé « selon ses œuvres ». Ce morceau exclut donc l'hypothèse que la résurrection corporelle ait été déjà partiellement accomplie — à « moins qu'on ne veuille faire les ‘ressuscités du Millenium mourir une seconde fois avant le grand jugement; — idée singulière d'une double mort corporelle des saints, qu'on ne trouverait même pas chez Esdras.
première section, on pouvait trouver un rapport semblable entre VI, 2-VII et XI, 1-13.
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C. xx. 11. Καὶ εἶδον θρόνον μέγαν λευχὸν, χαὶ τὸν χαθήμενον *
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ἐπ᾿ αὐτὸν οὗ ἀπὸ Le ἔ LEA ς - τ € ? f ᾿ Γ ? e Va ? ἘΝ \ τοῦ προσώπου ᾿ἔφυγεν YA καὶ ὁ οὐρανός, nat τόπος οὐχ εὑρέθη αὐτοῖς. 12. Kat εἶδον τοὺς νεχρούς, τοὺς μεγάλους χαὶ τοὺς μιχρούς, ἑστῶτας ἐνώπιον τοῦ θρόνου, χαὶ βιόλία ἠνοίχθησαν᾽ nat ἄλλο βιδλίον ἠνοίχθη, © ἐστιν τῆς ζωῆς ναὶ ἐχρίθησαν oi γεχροὶ ἐχ τῶν γεγραμμένων ἐν τοῖς βιόλίοις χατὰ τὰ ἔργα αὐτῶν. 13. Kai ἔδωχεν ἡ θάλασσα τοὺς νεχροὺς τοὺς ἐν αὐτῇ, χαὶ ὁ θάνατος χαὶ ὁ ἄδης ἔδωχαν τοὺς νεχροὺς τοὺς ἐν αὐτοῖς, χαὶ ᾿ἐχρίθησαν ἕχαστος χατὰ τὰ ἔργα αὐτῶν.
14. Kai ὃ θάνατος nat ὁ ἅδης ἐόλήθησαν εἰς τὴν λίμνην τοῦ πυρός᾽ οὗτος ὁ θάνατος ὁ δεύτερός ἐστιν, ἡ λίμνη τοῦ πυρός. 15. Kai εἴ τις οὐχ εὑρέθη ἐν τῇ βίόλῳ τῆς ζωῆς γεγραμμένος, ἐδλήθη εἰς τὴν λίμνην τοῦ πυρός.
A. Β. 11. Pour ἐπ᾽ αὐτόν, on trouve aussi ἐπ᾽ αὐτοῦ (Λ-ὃ'-Ο2), αὐτῷ. — Après προσώπου, Av 41-67-2031, Av 42-153-2060 ajoutent αὐτοῦ, ce qui serait bien de la grammaire de Jean. — Érection d’un trône (qui n’est pas celui du ciel, 1v), οἷν. en. éth. χα, 20, et les trônes allégoriques de xx, 4; cfr. aussi ZV Esd. vu, 33 : « Revelabitur Altissimus super sedem judicii, et pertransibunt miseriae ». — χαὶ τόπος xt, fr. Dan. 11, 35 (LXX), et Apoc. xu1, 8.
GC. 11. Le trône du jugement est blanc, ce qui est le signe de la miséricorde surpas- : sant la justice, comme la « nuée blanche » où était assis le Fils de l'Homme, χιν, 14. (V. Exc. xn). Encore ici, l’auteur ne désigne Dieu qu'avec sa réserve mystérieuse; si le Juge est le Christ lui-même, il ne le dit pas (Int. ὁ. xu, π, ὃ V). La scène qui va suivre ἃ été vue par prolepse xiv, 14-20; ici elle n'est pas moins sobre, mais le style est moins métaphorique. « Le ciel et la terre s’enfuient », ce qui rappelle l’image prophétique du ciel « roulé comme un livre »; mais ce n’est pas pour être anéantis; les anciens auteurs, /rénée (Adv. Haer. v, 36, 1), Prim., And., Aréthas, ont fort insisté sur ce point. Voir au verset xxi, 1.
A. B. 12. On trouve le singulier, ou ἤνοιξαν (rec. K) pour ἡνοίχθ. — βιόλία, οἷν. Dan. vu, 10; Mal. im, 16; Jér. xvn, 1; Hen. éth. χα, 20; IV Esd. vi, 20; ἄλλο βιθλίον, le « livre de vie », comme ΠΙ, 5; ΧΠΙ, 8; xvu, 8 (V. Exc. xvi). Ces images qui reparaissent montrent bien l’œuvre de | « Apocalyptique de dernière main » comme dit Bousset. — Cfr. le jugement des morts, Jen. éth. χύνῃ, 3; χα, 24; etc.
GC. 12. Les versets 12 et 13 anticipent le reste de la description, et 122 anticipe 43, selon le procédé caractéristique de notre auteur (v. Int. à ch. xu). Bousset et d'autres M ont tort de lire entre les lignes que les ressuscités du « Zwischenreich » seront exempts de ce jugement (v. Inr., supra). Les termes sont absolument universels.
À. B. 13. χατεχρίθησαν de N, pour ἐχρίθησαν, est un contre-sens, car 1] s’agit du” jugement des bons comme des méchants. — Cfr. en. éth., zxr, 5 et IV Esd. vu 32. — La « Mort » et l’ « Hadès », cfr. vi, 8, mais le sens est autre ici.
G. 13. L'Enfer et la Mort sont ici personnifiés comme deux monstres insatiables; mais θάνατος n’est plus la peste, comme au ch. vi : c’est toute cause de fin et de ruine. Comme dans en. éth., supra, il n’est pas de lieu si caché qui ne doiïve restituer toute la poussière humaine; si l« Hadès » est l'enfer proprement dit, ce serait un nouveau témoignage pour la résurrection des damnés ; mais il signifie plus probablement les dessous les plus perdus de la terre. ν B. C. 14. « La seconde mort », οἷν. xx, 6. — L’anéantissement de la mort, idée qui se trouve 75. xxv, 6, et ZV Esd. vu, 31, rappelle justement à André le passage de saint Paul, 1 Cor. xv, 26 (cfr. 54-55) : « Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. » Le châtiment de ces deux êtres allégoriques ne peut signifier que la ruine
C. xx. 11. Et je vis un grand trône blanc, et Celui qui y était assis, devant la face de qui s'enfuit la terre et le ciel, et il ne leur fut plus trouvé de place. 12. Et je vis Les morts, les grands et les petits, se tenant debout en face du trône; et des livres furent ouverts; et un autre livre fut ouvert, qui est [celui] de la vie; et Les morts furent jugés sur les [choses] écrites dans les livres, d’après leurs œuvres. 13. Et la mer donna les morts qui étaient en elle, et la mort et l'Hadès donnèrent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés chacun d’après leurs œuvres.
14. Et la Mort et l’Hadès furent jetés dans l'étang du feu; cette [mort] est la deuxième mort, l’étang du feu. 15. Et si quelqu'un ne se trouva pas inscrit dans le livre de la vie, il fut jeté dans l'étang du feu.
de leur pouvoir sur la création restaurée, et il montre, selon nous, comment il faut entendre celui de la Bête et du Faux Prophète (χιχ, 20; xx, 9). A. B. 15. εὑρεθήσεται (N*) pour εὑρέθη. — Cfr. supra, 12; Hen. éth. χα, 20, 24, 26
G. 15. Qu'il y ait une résurrection pour la mort comme pour la vie, Dan. x1, 42, l'avait déjà enseigné explicitement dans l'A. T.; cette vérité de foi est claire surtout dans le IVe Évangile, Joh. v, 29, οἱ τὰ φαῦλα πράξαντες εἰς ἀνάστασιν χρίσεως.
————— À, B. XXI, 1, Forme ἀπῆλθαν (N, À, Tisch., W-FH, etc.; Inr., c. x, ὃ IT); ailleurs ἀπῆλθον, (Q, al.), ἀπῆλθεν, παρῆλθεν, — Pour à θαλ. κτλ, À ἃ écrit xat θάλασσαν ox εἶδον, peutêtre par réminiscence de xx1, 22. — « Ciel nouveau » et « terre nouvelle », la « palingénésie » de Mat, xix, 28; pour ce renouvellement du monde, cfr. 75. Lxv, 17; Lxvi, 22; Hen. éth.xxiv-suiv.; XLV, 4-5; LXXII, 4; χαι, 14-16; iv, 1-65 J'ub: 19295 \Hens SVRRYINEE suiv.; 455. Mos. x,6; IV Esd., vu, 31; vin, 52-54. Dans le N. T., les passages IT Cor, v, 17, et Gal. vi, 13 (ainsi que Æp. Barnabé νι, 13), parlent de la régénération spirituelle ; mais l’idée et les termes de 11 Pet. 11, 18, correspondent absolument à ceux de notre Apocalypse, et le sens profond est exprimé Rom. vin, 20-22 : la création elle-même sera délivrée du règne de la corruption et de l'instabilité, de la ματαιότης.
G. XXI, 1. Les huit premiers versets du chapitre ont un double rôle : ils complètent d’abord la péricope qui nous occupe, en donnant le second membre de l’antithèse; après avoir rapidement, et comme avec répugnance, mentionné l'Enfer, Jean s'étend avec enthousiasme sur la vie bienheureuse dans la création restaurée; mais ils servent aussi d'introduction aux visions de la Jérusalem céleste, qui forment la dernière partie du livre (οἷν. le rôle de vi, 3-5 avant les Trompettes, etc.).
L’eschatologie de ce passage est, dans un sens, une répétition de la Genèse, ce qui deviendra encore bien plus manifeste dans la troisième partie du livre. La mer disparaît, car c'était l'emblème des agitations de la vie présente (And.), ou « un vestige du chaos » (Calmes). Swete note avec beaucoup de délicatesse que pour Jean, l’exilé de Patmos, la mer est « ce qui sépare ». Cette disparition de la mer n’est point précisément parallèle à S5b. v, 158-suiv., car là c'était une conséquence de l’embrasement général, et il n’est pas question d’éxripwous dans l’Apocalypse; mais le passage indiqué de l’'Assomption de Moïse nous y fait voir un trait de l’eschatologie traditionnelle; les Juifs n’aimaient pas l'océan; et c’est de là que la Bête était montée x, 1. .
À. Β. 2. ἐκ... ἀπό : « ἐκ gibt den Urspung, ἀπὸ den Urheber an » (Bousset). —
Cfr. mm, 12 pour cette Jérusalem nouvelle, et les péricopes suivantes; sous un certain
aspect aussi, x1, 2; — tou. ὡς νύμφην, οἷν. χιχ, 7. La vraie Jérusalem qui sera révélée
n’est pas celle qui a été détruite, Bar. syr. iv, 3-suiv.; οἷν. δὲό. v, 420-suiv.. et beau-
coup d’autres apocryphes (Exc. xxxvin). Rapprocher le curieux passage de 7} Esd.
x, 27-suiv., la Femme qui se change en ville. APOCALYPSE DE SAINT JEAN,
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