TROISIÈME PARTIE
(xx1, 9-χχπ, 5)
Vue synthétique de l'Église, dans le temps et dans l'éternité.
Ir. — Cette dernière partie est très courte, mais non moins difficile que les autres, Il n'est pas d'abord tellement aisé d'en bien fixer le rapport avec les précédentes.
À ne considérer que :l'architecture extérieure du livre, on devrait ne point la séparer de la seconde. En effet, la mise en scène l'y unit par un lien très organique. Cette description de la Jérusalem céleste n'est que l'épanouissement, la « dernière onde » du thème traité XXI, 1-5, et apparu déjà, par embottement, XIX, 7-8; 9, sans parler d'indications antérieures, telles que XV, 4, etc. (v. infra). De plus, il y a le parallélisme antithétique le plus strict et le plus voulu entre l'apparition de cette Cité céleste, et celle de la mondaine Babylone au ch. XVII : de part et d'autre, c'est un Ange des Coupes qui introduit le Prophète au spectacle, de l'histoire hante d'abord, puis du monde surnaturel; les deux descriptions dépendent donc littérairement du ch. XV, 5-8.
Mais nous savons aussi combien toutes les parties de l'Apocalypse, malgré leur diversité de sujet, se soudent et se compénètrent. Avec l'ensemble des commentateurs, nous séparons donc le présent morceau de la précédente section prophétique, parce que, en réalité, et malgré tous les points de contact, il sort par la matière traitée, et l'angle sous lequel il présente les choses, du cadre des prophéties relatives à des événements contingents, jusques et y compris la Parousie. Sans aucun retour sur les luttes historiques par lesquelles ‘s'établira le Règne de Dieu, cette dernière partie consiste en une vision absolument transcendante du Règne, du « Nouvel Eon », et dans le temps et dans l'éternité, en insistant spécialement sur la phase définitive, éternelle, mais sans omettre les côtés spirituels et permanents de sa phase de formation en celte vie. Les deux phases sont d'ailleurs absolument fondues ‘dans la méme vision, et la ligne qui les sépare n'est nulle part tracée, ni méme indiquée; tout au plus, un trait, un membre de phrase par- ci par-là s'applique-t-il exclusivement soit au ciel, soit à l'état terrestre; en ce cas,comme dans la vision du chap. VIT, 9-17, la différence des temps verbaux, soit présent, soit futur, est assez soigneusement observée. Mais, dans l'ensemble, La vision fait abstraction complète du « fieri » et du « factum esse »,
Il n'y a pas là de quoi nous surprendre : la synthèse est absolument la méme que celle de la « Vie éternelle » du quatrième Évangile (Ixr., c. xt, n, ὃ II-III). Et l'Apocalypse elle-méme a constamment mis en avant, comme un de ses leitmotivs essentiels, cette idée de l'union entre la terre et le ciel, entre l'Église militante et l'Église triomphante. Qu'on se reporte au commentaire des ch. VII, 9-17; XIV, 1-5; XV, 2-4, et XX, 4-6, ainsi qu'aux promesses de la fin des Lettres pour le « Vainqueur ». La Jérusalem céleste est-elle « le ciel nouveau et la terre nouvelle » qui apparattront après le Jugement général, ou bien l'idée de l'Église, de la société des saints qui ne sera pleinement réalisée qu'alors aussi? C'est une image transcendante qui embrasse tout cela, ciel et citoyens du ciel, avant et après leur glorification, avant et après le jugement, temps et éternité, régime de la grâce et régime de la gloire. Elle recouvre encore bien d'autres conceptions que nous avons déjà rencontrées, et qui exprimaient des aspects: partiels ou temporaires de cette suprême réalité : dons spirituels du Christ
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au « Vainqueur » (11-111}, marche victorieuse du Premier Cavalier (VI, 3), sanctuaire céleste (VIT, 15; XI, 19; XVI, 5, 17, et ailleurs), résurrection des Témoins (ΧΙ, . 11-12), Temple intérieur (XI, 1-2), montagne de Sion (XIV, 1), Millénaire et Cité bien- .… aimée (XX), et image de la « Femme » au ch. XII; mais la Jérusalem de nos chapitres a ceci de particulier que c’est le triomphe définitif, la joie indéfectible de l'éternité, qui fixe les yeux du Voyant, et projette ses rayons sur la description entière (comme au chap. VIT, 9-15), tandis que les passages de ΧΙ et XII, de XIV et de XF, représentaient uniquement l'état militant.
En un mot, cette dernière partie couronne la Révélation par une synthèse des « ἃ εἴσιν » et des « ἃ μέλλει γενέσθαι μετὰ ταῦτα », qui avaient fait respectivement l'objet prin- . cipal des deux premières; mais elle s'en tient aux réalités spirituelles et éternelles, inaugurées ici-bas dans le temps présent, épanouies dans l'éternité, sous un regard contemplatif qui ne daigne plus s'arréter au monde du devenir. Voici donc, en dues l'allure que FAenener Johannique et l'art johannique ont imprimée à toute la Révélation :
Après avoir recu sa mission d'en haut (ch. I), Jean a fait souvenir les 7 Églises de leurs devoirs présents, plus ou moins négligés, en leur rappelant leur vocation aux biens éternels (ch. II-IIT). — Ensuite, pour les fortifier contre le péril des persécutions imminentes, il leur a découvert tout l'avenir, dans ses lignes essentielles, jusqu'à la fin du monde et au jugement général. D'abord il les a convaincues, en magnifique langage de vision, que tout cet avenir est entre les mains du Christ-Agneau, leur rédempteur, qui fait tout pour le progrès de son Règne et le bien des élus (IV-VIT). Puis τ a dépeint le sort extérieur, présent et futur, du monde, depuis l’Ascension du Christ jusqu'au jugement, en larges traits symboliques, parfois un peu chargés et confus, qui ne dévoilent aucune évolution historique (VIII-XI), et qui s'entassent sur un seul plan. Comme ces vues, bien qu'impressionnantes, n'eussent pas suffi à produire l'effet moral voulu, qui était de prémunir les fidèles contre les tentations et les soucis de l'heure, Jean reprend ses prédictions et les précise dans un ordre progressif, sur trois plans cette fois-ci; par un procédé très analogue à celui des « ondes » qu'il emploie pour le déroulement interne de chaque vision, l’Apôtre superpose comme plusieurs registres, embrassant des horizons toujours plus vastes, par où le temps se fond graduellement avec l'éternité : le plan de Rome, l'ennemi actuel; le plan de l'histoire universelle οἱsible, où le rôle hostile est tenu par ces vastes personnifications que sont les Bétes; enfin … celui des dessous mystérieux de l'histoire, de l’histoire surnaturelle, qui n’est qu'un duel … continu, à plusieurs phases, entre Dieu méme et Satan. Les personnages de ce drame unique en soi, et triple dans ses aspects, ont été d'abord présentés (XII-XIV, 5); les péripéties se déroulent dans les chapitres XIV, 6-XX, 10; le dénouement commun, c'est le jugement général et la vie future, heureuse ou malheureuse, terme où chaque plan aboutissait, d'une façon plus ou moins immédiate, plus ou moins explicite (XX, 11-XXT, 8). Procédés littéraires qui, à la fois, rappellent la gaucherie des primitifs et semblent une ébauche de ce qu'il y a de plus savamment raffiné dans l'art moderne.
Dans toute cette seconde partie, c'est l'Église historique qui nous apparaissail : d'abord l'Église qui combat avec l’aide du δ ον: mais au milieu d'épreuves indicibles; puis l'Église ayant déjà rempli le ciel de ses enfants, et assoyant sa domination spirituelle sur la terre, dans le Millenium, qui fait la transition entre le plan des combats et celui du triomphe final. La peinture du Jugement devait suivre aussitôt, car il fallait bien que le dernier règlement de comptes ne demeurät pas dans l'ombre, et précédät … les visions de l'éternité. Restait à étendre sous les yeux des fidèles un quatrième plan, bre vaste et plus synthétique ‘que tous les autres, celui de l'Église dégagée de toute “ombre et de toute lutte, lieu spirituel de tous les biens promis, qui recoit les vivants, Lassure leur salut à travers les fluctuations de la vie, et, après la mort et le jugement,
eur révèle l'essence de tous Les trésors dont ils avaient eu leur part secrète ici-bas, et HE
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314 | ο΄ APOCALYPSE DE-SAINT JEAN.
dont ils joutront désormais dans une allégresse éternelle. C'est le sujet des chapitres qui nous occupent.
Il faut dire que leur caractère de synthèse n'ayant pas été, en général, franchement reconnu, les commentateurs se-trouvent dans l'embarras pour en donner une interpréta- Ὁ tion cohérente et homogène. Ils ne peuvent en rapporter indistinctement .e tout à la vie ressuscitée sans être obligés de forcer la portée de certains traits. C'est pourtant ce qu'a fait la majorité des anciens et des médiévaux. Alcazar argumente assez longuement, et à bon droit, contre ceux qui, dans les siècles précédents, appliquaient toute la description à l'Eglise militante, spécialement contre ceux qui y voyaient encore le Millenium, Joachimites, Ubertin de Casale, etc.; mais les arguments vont trop loin dans la réfutation de l'opinion de quelques auteurs qu'il cite (Hortulanus, etc.) qui avaient reconnu dans la Jérusalem céleste l'Église dans ses deux états. Dans la « Cüté de Dieu » (XX, c. 17), saint Augustin s'exprime ainsi : « Nam hoc de isto tempore accipere, quo regnat cum Rege suo mille ‘annis, impudentiae nimiae mihi videtur; cum apertissime dicat : « Absterget Deus omnem lacrimam.…. etc... » Quis vero tam sit absurdus et obstinatissima contentione vesanus, qui audeat affirmare in hujus mortalitalis aerumnis, non dico populum sanctum, sed unumquemque ‘sanctorum.…… nullas habentem lacrimas et dolores...?....…. Verum in his verbis, ubi ait : « Absterget Deus, etc... », tanta luce dicta sunt de saeculo futuro et immortalitate atque aeternitate Sanclorum,... ut nulla debeamus in litteris sacris quaerere vel legere manifesta, si haec putaverimus obscura. » C'est évident; mais il y a d'autres passages qui s'appliquent moins aisément à la vie bienheureuse, et le saint docteur a donné lui-même (ibid. À Supra) le principe d'interprétation dont nous nous servons, lorsqu'il écrivait : « De coelo Ὁ descendere ista civitas dicitur, quoniam coelestis est gratia, qua Deus eam fecit…. Et de coelo quidem ab initio sui descendit, ex quo per hujus saeculi tempus, gratia Dei desuper veniente per lavacrum regenerationis in Spiritu sancto misso de coelo, subinde cives ejus accrescunt. Sed per judicium Dei, quod erit novissimum per ejus Filium Jesum Christum, tanta ejus et tam nova de Dei munere claritas apparebit, ut nulla remaneant vetustatis vestigia. » La Jérusalem céleste existe donc déjà; le regard de Jean se porte tantôt sur son état futur, qui est son principal objet de contemplation, tantôt sur l'état présent par lequel elle s'y est acheminée; aussi, bien des commentaleurs sérieux sont obligés de relever des allusions au baptéme, qui est pourtant de cette vte-ci, et Bède, par exemple, fait des retours continuels à la vie présente, où se trouvalt en germe tout ce qui nous est promis pour ce temps-là. Ainsi, sur les vo. 23-24, il écrit : « Et civitas non eget sole neque luna ut luceant in ea : quia non lumine aut elementis mundi regitur Ecclesia, sed Christo aeterno sole deducitur per mundi tenebras. Et ambulabunt gentes per lumen ejus : significat quod idem ipse Agnus nuunc sit peregrinantibus via, qui tunc civibus vita. » |
Les critiques contemporains ont été surtout frappés par la discordance apparente. des traits qui ne s'appliquent sans violence qu'à la terre avec sa variété de peuples, et de ceux qui supposent que la consommation finale a eu lieu déjà. Ils voudront se l'expliquer par une combinaison de sources : l'auteur aurait pris dans les prophètes, ou les apocalypses antérieures, des traits juifs traditionnels, sur la restauration de la Jérusalem terrestre, incompatibles avec la conception chrétienne du ciel, et les eût mélés aux conceptions les plus spirituelles de l'Evangile, sans Srand souci de se mettre d'accord avec lui-méme.Nous aurions donc encore affaire à des sources juives ou judai=\ santes, altérées et transformées, mais insu isamment, par une élaboration chrétienne. Ainsi Vischer, Pfleiderer, Sabatier, Schmidt, etc. Vülter fait un partage entre Cérinthes (ΧΧ], 1-13; 15-21; XXII, 4-6) et l'Éditeur sous Trajan (XX1, 14; 22.27; XXII, 1-2), plus. des interpolations dans Cérinthe, XXI, 9 et XXII, 3; Weyland reconnait N (juif, SOuS« À Titus) dans XXI, 9b-97 et XXII, 1-6, laissant à l'éditeur chrétien 88 et 14b; Spitta« trouve la fin de J? (sous Pompée), mais attribue au rédacteur (chrétien, sous Trajan) n
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des modifications dans XXI, 9, 14,22, 93, 27; XXIT, 1, ainsi que la Patérnité de XXII,
. 3b-7. Joh. Weiss donne à ©, juif, XXI, 9-13; 15-27; XXII, 1-2, et à l'« Éditeur » XXI, Ἵ 44; XXII, 6-7, laissant à Jean d'Asie XXII, 3-5. Calmes considère XXI, 3-11a comme … un développement intercalé entre deux parties d'un méme récit, avec des interpolations ᾿ς rédactionnelles, d'une couleur plus universaliste que l'original, au début de XXII. Bous- » set présume, sous toutes réserves, que l'auteur a utilisé des fragments de la méme » source Juive qui est apparue aux chapp. XVII-XVIII, joints à XXI par la figure spécifique de l’« Ange révélateur » qui n'apparait point ailleurs, si ce n'est IX, 1-XT, 13, et dans les deux passages XIX, 9-10 et XXIL, 6-9. Quant à Erbes, à Bruston et à Charles, ils ne cherchent pas de source juive; mais, pour le premier, XXI, 5-27; XXII, 1-2, appartient à l'Apoc. de 80; XXII, 3-25 à celle de 62, Bruston fait de XXI, 9-XXII, ὃ l'œuvre du dernier rédacteur, et Charles a une théorie très curieuse : Jean serait mort “ sans avoir achevé son livre quand il l'eut écrit jusqu'à XX, 3; il laissait des notes » éparses qu'eût ensuite juxtaposées, dans l'ordre qu'il croyait bon, « un fidèle mais inintelligent disciple ». Ce malencontreux rédacteur eût brouillé deux visions, en réalité très distinctes : l'une, dans l’idée de Jean, se rapportait à la Jérusalem du Millénaire, — car Jean était chiliaste, — FRANS du ciel avant la destruction de la terre actuelle, quand il y aurait encore du mal en ce monde et des nations à évangéliser; elle comprendrait XXI, 9-fin; XXII, 2, 14-15, 17; l'autre avait pour objet la Jérusalem vraiment céleste, où les bienheureux habiteront après la consommation de toutes choses (ΧΧΙ, δι, 4d, 5b; 4-Gabe, XXII, 3-5). Le disciple aurait bouleversé tout l'ordre des chapires XX-XXIT, et fondu les deux visions, pour n'arriver qu'à une intolérable confusion, à une description où abondent les traits contradictoires (CuarLes, An Attempt to recover the original order of the text of Revelation, xx, 4-xx11. — Proceedings of the British Academy, vol. VII, Oxford, 1915). Sans. rappeler toutes les raisons qui établissent à nos yeux que saint Jean n'était pas millénariste, contentons-nous de faire remarquer à l'éminent critique .que la « Nouvelle Jérusalem » de XXI, 2 s'appelle « la Fiancée » et « descend du ciel » tout aussi bien que celle de XXI, 9-10; que XXII, 17, parlera d'une « Fiancée », qui est l'Église du tempset de tous les temps; enfin que Jean aurait bien dû, dans ses notes, Fr uer par quelque désignation spéciale ces deux Jérusalem futures, et indiquer de manière ou d'autre que la première des deux devait étre enlevée de terre, ou détruite, avant le Jugement général.
Toutes ces étroitesses d'interprétation, ou ces fantaisies de critique, résultent de ce qu'on ne comprend pas assez l'élasticité des symboles de Jean, ni ses récapitulations, ni l'ampleur divine de ses vues; on cherche l'unité matérielle là où il n'y avait que des concepts analogiques. Quant à nous, qui avons suivi la même ligne que l'excellent commentaire de Swete, répétons la réflexion de Bossuet sur XXII, 2 : s’il y a, pour peindre la Jérusalem Aie des traits qui « semblent marquer. l'Église présente, c'est que c’est la même. Les remèdes dont se sert l’Église qui est sur la terre viennent d'en haut, et toute la gloire que les gentils convertis y apportent est transportée dans le ciel ».
+ Une fois reconnu le sens général et la portée de la description, il y reste à résoudre bien des difficultés de détail, surtout si l'on veut déterminer la forme architecturale de la Cité future (Exc. xxxix): Le tout est écrit, comme le chap. XVIIT, avec une somptueuse imagination d'Oriental, ou de Juif de la Diaspora. Mais, dans cette peinture paradisiaque, la couleur johannique reste très accusée, et Joh. Weiss le reconnaît dans son commentaire; les images, à l’imitation d'Ezéchiel, et d'apocalyptiques antérieurs, HPNSOr CT grande partie empruntées au Paradis terrestre de la Genèse, et coincident avec celles ne promesses faites aux Églises d'Asie dans les premiers chapütres ; ainsc Les dernières pages de l'Apocalypse rejoignent les premières, ce qui est un bon signe d'unité de main, et les dernières du dernier livre de notre Bible nous ramènent aux premières du premier livre, comme le fera encore le quatrième Évane gile, dans son
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Prologue. « Ecce facio novissima sicut prima »; image mystique de cette haute vérité, que l'économie de la Rédemption a rétabli, en mieux, le premier plan du Créateur pour le bonheur des hommes.
D'ailleurs, en ces pages, l'enseignement directement dogmatique est voilé sous les figures. Nous verrons, avec les explications du commentaire, la Trinité résidant au ciel, et donnant la joie aux élus par une vision face à face. Nous trouverons méme, clairement indiqué, ce qu'on appelle aujourd'hui les quatre notes de l'Église : unité, sainteté, catholicité, apostolicité.
Ainsi se divise le texte :
I. L'Ange montre à Jean la descente de Jérusalem (XXT, 9-10).
IT. Description de la Jérusalem nouvelle (XXT, 11-23) : 1° son éclat, dû à la présence de Dieu (11); 2 sa structure extérieure, « catholicité » et « apostolicité » (12-14); 3° ses dimensions géométriques, mesurées par l'Ange révélateur, qui sont l'emblème de son « unité » indéfectible (15-17); 4° les matériaux précieux de sa construction, image du bonheur lumineux et varié qui la remplit (18-21); 5° la présence personnelle et sensible de Dieu et de l'Agneau dans le ciel (22-23).
IIT. Ce que cette Jérusalem est pour ses habitants (XXI, 24-XXIT, 5) : 1° dans la vie présente : à) son accès ouvert à tous, « catholicité » (24-26), δὲ sa pureté (27), ou sa « sainteté »; $) son fleuve des eaux de la vie (grâce et Saint-Esprit) et ses arbres qui guérissent les nations (XXIT, 1-2), encore la « sainteté »; 29 dans la vie future : pureté parfaite, vision béatifique, jour divin et éternel, éternelle royauté (XXII, 3-5).
I. UN ANGE MONTRE A JEAN LA JÉRUSALEM NOUVELLE DESCENDANT DU CIEL (xx, 9-10).
= ἂν. + “ε, A ? CN -Ὁ τ e τ C. χχι. 9. Καὶ ἦλθεν "εἷς “Ex τῶν ἑπτὰ ἀγγέλων τῶν ἐἔχοντων τὰς ἑπτὰ φιάλας + — - - = με 1 - Φ τῶν γεμόντων τῶν ἑπτὰ πληγῶν τῶν ἐσχάτων, χαὶ ἐλάλησεν ET ἐμοῦ λέγων τῷ Ἄ -- - » 4 »
Δεῦρο, δείξω σοι "τὴν νύμφην "τὴν γυναῖχα τοῦ ἀρνίου. 10. Kai ἀπήνεγχέν με ἐν , β.. NN ΄ Ne μέ Nr , 4 f 4 ΧΕ ε τ πνεύματι ἐπὶ ὄρος υξέγα χαὶ ὑψηλόν, nat ἔδειξέν μοι τὴν πόλιν τὴν "ἁγίαν Ϊἱερουσαλὴμ,
À. B. 9. εἷς pour τις (ντ., 0. x, ὃ IT). — ἐκ partitif (Inr., c. v, $ II), omis dans de nombreux And. — τῶν γεμόντων (corrigé en [τὰς] γεμούσας dans la rec. K.et beaucoup d'And.) est un singulier défaut d'accord, causé sans doute parle voisinage d’àyyéluv; il dénote une telle précipitation, qu'on dirait que l’auteur ne s’est pas même relu (InT., ©. x, fin). — ἐλάλ. per. v. Inr., 06. x, ὃ 1]. — τὴν yuv. est placé avant τὴν νύμφην dans la rec. K, ou après ἀρνίου dans quelques And. ; à cause de ces fluctuations, Bousset veut y voir une glose. — Cfr. xv, 1, 6; xvir, 1, pour les Anges des Coupes; — cfr. « noces de l’Agneau » χιχ, 7, et le fameux passage Æph. v, 25-suiv. sur l'union conjugale du Christ et de l'Église.
G. 9. Ce verset correspond absolument à xvnr, 4, pour la mise en scène et les mots eux-mêmes. Il se peut que ce soit le même Ange, qui, au ch. χιχ, 9, après avoir montré la ruine de Babylone, faisait allusion aux noces de l’Agneau. La « Fiancée » est l’antithèse de la Courtisane. Jérusalem est à la fois « fiancée » et « épouse »; ce dernier M mot peut fort bien n'être pas une glose, mais ces deux termes unis exprimeraient la pureté virginale et perpétuelle de l'Épouse mystique, de même que la Sainte Vierge, dans une leçon probablement authentique de Luc, n, 5, et admise de Soden, est appelée μεμνηστευμένῃ... γυναιχί (si on ne lit dans Luc que ἐμνηστευμένῃ, la portée de l'expression reste la même, puisque la sainte Vierge était certainement mariée).
6 5 des dernières plaies, et il conversa avec moi, disant : | 1 ontrerai la rrANGÉE, l'éPOUSE DE L'AGNEAU. » 10. Et il m' emmena en e
sur une montagne grande et élévée, et 1] me montra la Ville Sainte Jér
lem, qui descendait du ciel, 11, ayant la gloire de Dieu.
A. B. 10. μεγάλην καί ajouté devant ἁγίαν, And. cfr. χι, 9. — La « nouvelle Je. Dole », voir pour les parallèles l’Excursus précédent. | 6. 10. La « montagne », symbole mystique : Jérusalem sera comme l’Acropole ἂν
os nouvelle, attirant ‘de loin tous les hommes, et fondée pour l'éternité; cfr. Mat Y, 14 : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne peut être cachée si elle est fondée "A
sur une montagne. » Peut-être le contraste est-il voulu avec le « désert » où apparut la
Courtisane, xvir, 3. Apringius : «in fidei altitudine elevatur ». — Nous verrons que cette
ville ἃ de telles dimensions qu’elle ne pourrait tenir sur une montagne terrestre; ce
n’est donc pas, et ce ne sera jamais une cité matérielle. ἢ Jean abandonne ici la figure de la Fiancée pour ne plus traiter Jérusalem que comme ἦν,
une ville (οἷν. ZV Esd. xm, 35-36. Voir Exc. xxxvin).
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