ÉPILOGUE
(xx, 6-21).
INT. — La prophétie s'est donc perdue et achevée dans l'immuable sérénité de la patrie céleste. Le livre se terminera par quelques déclarations qui l’authentiquent, et disent l'usage qu'il faut en faire. Elles se suivent sans ordre rigoureux, sortant de la bouche des principaux personnages qui sont garants de la Révélation : le Christ, l’Ange, le Prophète. Il est parfois difficile de déterminer le sujet qui parle, et le style porte des traces de négligence; mais cet épilogue a une haute valeur instructive, et, en plusieurs passages, une grande beauté mystique.
Les mots, la grammaire, le ton, les idées, tout rappelle étroitement les diverses parties du livre, dont nous avons sans cesse cherché à démontrer l'unité de composition. Nous nous dispenserons donc de discuter les opinions des critiques littéraires. Pour Vischer, toute cette fin est de la main chrétienne; Vülter accorde le v. 6 à Cérinthe, 8-9. à l'Editeur sous Trajan; 7, 10-20 au dernier reviseur. Weyland reconnaît son N juif dans 6-11 et 14-15 (ainsi que XXII, 1-5 et la seconde partie de XXI) et l'Editeur chrétien 72, 12-13, 16-21. Spitta est plus que jamais merveilleux de sagacité : les versets 8, 10-13, 162, 17; 188, 20b-21 appartiennent à l'Apocalypse chrétienne d'après l'an 60; 15 est de J?, sous Pompée; 3b-7, 9, 14, 16b, 180-20 du rédacteur opérant sous Trajan. Erbes assigne le tout, depuis le v. 3, à l’'Apoc. de 62, sauf peut-être 18-19, qui se rattacheratent à celle de 80; Bruston reconnaît sa seconde Apocalypse, excepté 14-15; 18-19, qui pourraient étre l'œuvre du Rédacteur. Enfin Joh. Weiss retrouve son Éditeur, excepté dans 8-9, venus du fond primitif. Bousset verrait dans 6-9 la fin d'une Apocalypse, celle de la Femme et de la Béte. Moffatt croit l'ordre des versets dérangé, et propose le suivant : 8-9, 6-7, 10-11, 14-16, 13, 12, 17, [18-19], 20-21. Pour Charles, voir lIntrod. à xx1, 9-xx11, 5, supra.
Nous pouvons partager ainsi :
I. Triple attestation de l'Ange, du Christ et du Prophète (XXIT, 6-9).
II. Paroles du Christ (10-16), auxquelles répond son épouse (17).
IT. Jean commande de respecter son livre (18-19).
IV. Dernière attestation de Jésus, et imploration de l'auteur (XXII, 20).
Enfin l'Apocalypse, puisque c'est une lettre, se termine par une| formule épistolaire 22:
A. B. 6. εἶπεν, à l’aoriste, sans sujet. — ἁγίων au lieu de τῶν πνευμάτων (And.) — με après ἀπέστειλεν, glose juste, dans N°, 0241-1778, syr.; dans α 503-156-616 : μοι. — λογ. πιστ. x. αληθ, οἷν. χιχ, 9; XXI, 5. — ἀπεστ. τον ἀγγελον, Cfr. 1, 1. — πνευμ, τῶν προφητῶν
CirÆCor. xu, 10; ΧΙΝ; 12, 32.
C. 6. Cette conclusion nous ramène au tout premier verset du livre. Les vv. 6-7 correspondent à 1, 1-3, et 12-13 à τ, 8. Ainsi le style de l’épilogue est le même que celui du prologue; quelles que soient les sources, il y a eu pour l'ouvrage un cadre unique, et une parfaite unité de rédaction.
Qui est-ce qui parle? Le dernier interlocuteur du Prophète, c'était l'Ange qui lui montrait Jérusalem (χχι, 9). C’est encore lui ici, d'autant plus vraisembiablement que les paroles « οὗτοι οἱ λόγοι xt » sont presque les mêmes que celles de χιχ, 10, pronon-