‹ L'ApocalypseChapitre 194 sur 239 · II · texte numérisé non relu

II

C. 15. Ce verset est plutôt une apostrophe qu'une affirmation; car la perspective de Jean n’est pas celle de l'éternité, après le Jugement général (cfr. Swete), mais 1ἰ

s'adresse, avec autant de vigueur qu’autrefois saint Paul, aux « chiens » de son temps et de l'avenir, c’est-à-dire aux païens, que vise presque toute l’'énumération des vices, et aussi, comme le note André, aux baptisés qui, comme des chiens, retourneraient à leur vomissement (11 Pet. τι, 22).

Citons ici le beau développement de Bossuet : « Tout attire dans cette cité bienheureuse, tout y est riche et éclatant; mais aussi tout y inspire de la frayeur, car on nous y marque encore plus de pureté que de richesse. On ne sait comment on osera marcher dans ces places d’un or si pur, transparent comme du cristal; entrer dans ce lieu où tout brille de pierres précieuses, et seulement aborder de ces portes dont chacune est une perle; on tremble à cet aspect, et on ne voit que trop que tout ce qui est souillé n'en peut approcher. Mais d'autre côté on voit découler une fontaine qui nous purifie : c'est la grâce et la pénitence, xxnr, 1; on ἃ le sang de Jésus-Christ, dont saint Jean venait de dire : Heureux celui qui lave son vêtement au sang de l’Agneau, afin qu'il ait droit à l'arbre de vie, et qu’il entre dans la ville par les portes! »

Remarquons que l’ « arbre de vie » et l’entrée dans la Cité résument toutes les pro-

messes spirituelles pour le temps et pour l'éternité.

-- À. B. 16. ἐπί omis N, Q, nombreux And., ou remplacé par ἐν dans À, Δ!]., 8, vulg.; il signifie « au sujet de », comme x, 11.— τὸν ἀγγ. mou, οἷν. 1, 1 (v. ad ἊΝ — δίζα, cfr. v, 5. — « Étoile du matin », cfr. πι, 28 (v. ad loc.)

C. 16. L' Ange ne peut ètre Jean lui -même, contre À. Weuss. Le Christ est le maître des Anges, parce qu'il est Dieu. Il est la « racine de David », « the beginning (as the end) of the whole economy associated with the Davidic family » /Swete). Il est l’astre radieux du matin, dont l'éclat tempéré, dans la vie présente, rassure les fidèles sur l'incertitude du présent et de l'avenir, et les prépare à contempler dans son plein le Soleil de Justice. ὴ

— AÀ.B. 17. τὸ πνεῦμα χαί est omis N; ce manuscrit est coutumier du fait. — πνεῦμα Cfr. χιν, 13, et les Lettres, — νύμφη, οὗν". xxr, 2, 9 (ad loc.) — ὃ θέλ. λαό. ὕδωρ ζωῆς δωρεάν, cfr. xx1, 6 (v. ad loc.); « eau de la vie » Apoc. passim et. 0h. 1v, 6. — Comparer des exclamations semblables, x111, 9; x1v, 12-138,

α. 17. C’est la réponse des fidèles aux paroles si douces du Christ qui brille en leurs cœurs comme l'étoile du matin, Tout commentaire, nous le sentons, ne saurait qu'obscurcir la beauté de cet appel, de ces paroles d’extase, qui remuent jusqu’au fond du cœur. C’est l’ « Adveniat regnum tuum » du Notre Pere \And.); l'Esprit-Saint, qui habite l’Église et non seulement l'intelligence des prophètes, mais l'âme de tous les vrais fidèles, où « il intercède par des gémissements inénarrables » (Rom. vin), fait jaillir cet appel de leurs lèvres. jLa « Fiancée » qui supplie, ce ne peut être que l'Église qui souffre encore sur la terre; par la désignation caractéristique de νύμφη, elle est identifiée sans ambiguité à la Jérusalem nouvelle, preuve que cette Jérusalem et l'Église en tous ses états ne font qu'un (supra, int. à xx1, 9-xxu, 5 et INT., ὁ. vint). Quoique ayant sa part des fléaux, en tant qu’elle est encore plongée dans les vicissitudes du monde, elle appelle cependant de tous ses vœux l’Avénement de son Bien-Aimé, de son Fiancé et Époux, si douloureux que soient les moyens par lesquels seront aplanies les voies pour cette venue triomphale; elle implore aussi sa descente invisible et continuelle dans les âmes. Et si l’Église — ou le Prophète — promet d'ores et déjà, à tous ceux qui ont soif de Dieu, les eaux de la vie que l’on a vues couler dans la Jérusalem céleste, c’est donc, encore une fois, que cette cité céleste touche déjà à la terre; déjà nous y vivons; elle ne sera pas bâtie de toutes pièces après le Jugement général, pas plus qu’elle n’est une habitation tenue en réserve jusque-là dans quel Ἢ lieu inaccessible de l’univers.

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III, RECOMMANDATIONS DE JEAN AU SUJET DE SON LIVRE (χχιι, 18-19).

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Ο.. χχπ. 18. Μαρτυρῶ ἐγὼ "παντὶ τῷ ἀχούοντι τοὺς λόγους τῆς προφητείας τοῦ βιόλί PA A 2 "Ed , θ᾽ AA 3 , MA 0 Ἂ € θεὶ EE, 9 κι ι x τ τ t6Alou τούτου ἂν τις ἐπιθῇ ἐπ αὐτά, ἐπιθήσει ὁ θεὸς ἐπ᾿ αὐτὸν τὰς πληγὰς τὰς γεγραμμένας ἐν τῷ βιόλίῳ τούτῳ 19 χαὶ ἐάν τις ἀφέλῃ ἀπὸ τῶν λόγων τοῦ βιόλίου ἐπ » "ἢ ras 11e x A ΄ AU AUX ἘΝ PA PA τῆς προφητείας ταύτης, ἀφελεῖ ὁ θεὸς τὸ μέρος αὐτοῦ ἀπὸ τοῦ ξύλου τῆς ζωῆς καὶ ἐκ LE f ἊΣ er -" ΄ , - 2 τῆς πόλεως τῆς ἁγίας, τῶν γεγραμμένων ἐν τῷ βιόλίῳ τούτῳ.

C. χχιι. 18. J'atteste, moi, à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu'un y ajoute, Dieu ajoutera sur lui les plaies qui ont été décrites dans ce livre; 19 et si quelqu'un retranche aux paroles du livre de cette prophétie, Dieu [lui] retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la ville sainte, qui ont été décrits dans ce livre.

À. B. 18. πᾶς 0-et le participe, locution affectionnée de la 18 /o4. (Inr., ὁ. xur, 1 ὃ I). — La Lettre d'Aristée, 311, raconte qu'une malédiction pareille fut portée par les traducteurs des Septante, après l'achèvement de leur version; οἷν. Deut, 1v, 2; xrr, 32.

C. 18-19. Celui qui parle avec cette autorité pourrait être le Christ lui-même; mais c’est plutôt Jean, usant de tout son pouvoir de prophète et d’apôtre. Bousset appelle ces versets « la formule de canonisation » et ajoute : « Quelle étrange sûreté de conscience prophétique trouve ici son expression! » Réflexion juste et instructive. Ce ne peut être une « addition rédactionnelle », comme le prétend Holtzmann, avec ce faible sentiment des réalités psychologiques que les critiques montrent souvent sous leur . minutieuse profondeur. Comment un simple rédacteur, à moins de vouloir tromper son monde, eût-il osé ajouter cela? C’eût été se condamner lui-même. La phrase ἃ aussi son importance pour l’histoire du Canon, et, ne pouvant être que de Jean en personne, nous fait penser que des croyants y auraient regardé à plusieurs fois avant de se risquer à altérer un texte garanti par de telles menaces.

IV. DERNIÈRE PROMESSE ET DERNIER APPEL. — SALUTATION (xx, 20-21).

C. xx. 20. Λέγει ὁ μαρτυρῶν ταῦτα "Ναί, ἔρχομαι ταχύ. "᾿Αμήν, ἔρχου χύριε Ἰησοῦ.

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