RE RES
εχ INTRODUCTION.
trent dans les lieux communs de l’allégorie pour représenter surtout des troubles moraux et sociaux. Nous avons fait cette observation quand nous parlions du genre apocalyptique en général; si elle s'applique aux apocryphes, à plus forte raison convient-elle à notre livre inspiré, de si haute portée spirituelle. De plus, les nombres et les successions mêmes, comme nous aurons plus d’une occasion de le démontrer, doivent souvent aussi être compris autrement qu'au sens littéral. Ce qui est représenté sous forme de membres successifs d’une série, n'implique pas nécessairement une suite chronologique; ce peut n'être parfois qu'une distinction en catégories, de caractère plutôt logique, une classification d'événements et d'opérations providentiels, qui peuvent aussi bien être simultanés ou enchevêtrés. Nous l’établirons quand il faudra étudier les 7 trompettes, et la 3° « malédiction ». 1] est peu de livres où l’allégorie s’étende aussi universellement, à presque tous les éléments, et aux cadres mêmes qui les contiennent. Quand l’auteur semble affirmer expressément un rapport chronologique (ainsi pour les 7 coupes qui sont appelées < «les derniers fléaux »), il y a des raisons de croire que ce n’est là encore qu’un effet de perspective littéraire.
Mais voici le point le plus remarquable : les visions, dans leur terminologie symbolique, sont indépendantes les unes des autres; à une distance de quelques lignes, le système des images, sans cesser pourtant de se rapporter aux mêmes réalités, peut se transformer en grande partie. Ainsi les fléaux des Sept Trompettes (c. viri-1x) n’ont à peu près rien de commun, dans leur forme visuelle, avec ceux de la vision des Sceaux (c. vi}. Ce sont pourtant bien les mêmes calamités, d’abord prévues, et ensuite vues. Et cependant ces visions hétéro- .gènes sont solidement soudées ensemble dans un même cadre plus vaste, reliées par un petit nombre de symboles constants, qui les traversent comme des fils continus, et montrent l'unité de plan et d'inspiration; c’est au point qu'il serait fort difficile de les comprendre sans les comparer.
Ces figures maïtresses sont celles des principaux personnages que met aux prises la lutte pour le règne de Dieu. Nous pouvons les énumérer comme suit :
1° L’Agneau, qui est le Christ Rédempteur. Il a été intronisé au ciel, à côté de Dieu (c. v), et se retrouve sur la terre, régnant dans Sion (c. χιν et xvir.
2° Le Dragon, son ennemi, qui mène, d’une façon ouverte ou cachée, tous les combats livrés à l’Agneau et aux Saints.
3° La Femme, du chapitre x, qui est l'Église de l’Ancienne et de la Nouvelle } Loi, mère du Christ (c. x11) en tant qu’elle représente la communauté juive, et, lorsqu'on arrive aux tableaux de la fin, se trouve transformée en une Vi/le, la cité \ céleste, comme dans la vision de /V Esdras, chap. xuur. La Jérusalem nouvelle est conçue en effet comme une cité et comme une personne à la fois, puisqu'elle / est la Fiancée de l’Agneau (c. xx1, 2 cf. χιχ, 7; xxir, 17).
4° Les Bétes, qui sont les agents visibles et temporels du Dragon, du chapitre xnr au chapitre xx. La première et la principale apparaît déjà au chap. χι. Toutes deux ensemble font la contre-partie de l'Agneau sur terre.
5° Babylone (c. xvui, apparait déjà xvi) qui est à la fois, comme Jérusalem, une +, femme et une ville, mais qui n’est décrite que sous la première forme. C'est la Rome païenne, la grande ennemie de l'Église d’alors, la première incarnation du ! pouvoir de la Bête. Si Jérusalem est la fiancée de l'Agneau, Babylone, sa contre-} partie, est une courtisane abandonnée aux rois de la terre, vassaux de la Bête.