RAPPORTS MUTUELS DES SYMBOLES. LXVII
tellement artificiel, tellement unique en son genre, qu'on dût n’y voir que la
« construction » d’une exégèse trop complaisante pour la tradition ?
Je ne le pense pas, car ailleurs, dans le Nouveau Testament, on trouve des exemples presque aussi frappants de virtualisme de style. Et c'est principalement dans un livre dont on ne peut sérieusement contester l’unité, à aucun point de vue (1 ). Je veux dire le Quatrième Évangile. Nous ferons plus tard cette comparaison instructive.
Ces considérations suffisent à caractériser le traitement, un peu déconcertant à première vue, que Jean fait subir à ses symboles. De là résulte une des deux grosses difficultés de l'interprétation; elle n’est pas toutefois insoluble. La deuxième, qu’on pourrait donner comme le principal défaut littéraire d'un ouvrage d’ailleurs sublime, c’est un certain désordre apparent, un enchevêtrement dans la suite des tableaux eux-mêmes, qui empêche de reconnaître sans travail les divisions du livre, et le progrès de l’idée prophétique. Pour arriver à la résoudre, il est nécessaire d’en étudier les procédés de composition. Ce
n’est qu'après cela que nous pourrons en décrire le contenu, suivant un plan raisonné.
(1) Car Wendt, Spitta ou Wellhausen n’ont vraiment pas bien réussi dans cette entreprise.