‹ L'ApocalypseChapitre 33 sur 239 · A : (NS ἮΝ · texte numérisé non relu

A : (NS ἮΝ

Ὶ 1° A la fin des visions préparatoires qui précèdent les septénaires ; “ 2° A chaque sixième moment des septénaires (celui des lettres excepté). "ν᾽ 1° Ce que nous appelons ainsi « visions préparatoires », c’est d’abord la série ‘4 qui va de νι, 1 à vrir, avant la destruction du siècle présent au son des sept ᾿ trompettes angéliques ; ensuite la série qui va de xiv, θὰ xv, 5, avant l'effusion des coupes, laquelle correspond à la série des trompettes, avec cette principale différence qu'elle est rapportée à la vision précédente des Bêtes au chapitre χπι. |

Dans la première série (vi-vn), nous voyons d’abord des cavaliers, qui apparaissent dans le ciel à la voix des quatre animaux symboliques, et se rangent devant le trône de Dieu, attendant le moment d’exécuter ses ordres. Ensuite, pendant que l’Agneau achève de rompre les sceaux du livre pour que le contenu en devienne exécutoire, les préparatifs de la destruction s'achèvent: les prières des saints « immolés pour la parole de Dieu » produisent au ciel comme une tension de la justice vindicative qui va éclater. Quand le sixième sceau est rompu, le Voyant peut considérer, dans une vision anticipée, quel sera le résultat de l’accomplissement des ordres du livre : un cataclysme universel, décrit dans le style apocalyptique commun, épouvante les rois de la terre, etc., c’est-à-dire les impies et leurs chefs, et leur fait dire aux montagnes : Tombez sur nous! C’est là le premier membre de l’antithèse signalée (vr, 12-17). Au contraire, les « serviteurs de Dieu » que des Anges ont marqués au front avant le déchaïinement de la colère, pour que les calamités des Anges exterminateurs passent à côté d’eux sans les atteindre, chantent les louanges de Dieu devant son trône (vir, 1-17). Leur attitude forme un contraste absolu avec celle des mondains méchants. Cette vision d'ensemble, anticipée, qui apparaît au Voyant au terme des préparatifs qui se font au ciel pour la destruction du monde, lui résume déjà tout ce qui va s’accomplir au son des trompettes, et lui en dévoile le vrai sens, le vrai but. |

L'autre série (x1v, 6-xv, 5) a beaucoup d’analogie avec celle qui précède. Il se fait encore des préparatifs au ciel avant l’effusion des sept coupes pleines de la colère de Dieu. Trois Anges qui font des proclamations (xiv, 6-11) répondent aux quatre Cavaliers du chapitre vi. Comme le premier des Cavaliers était désigné par les traits mêmes de sa description — ainsi que nous le démontrerons en son lieu — comme agent symbolique des conquêtes spirituelles du Verbe et de l'Évangile, tandis que les trois autres symbolisaient la préparation des vengeances, ainsi le premier Ange (χιν, 6-7) remplit un rôle bienfaisant, lui qui « porte un Evangile éternel pour être annoncé aux habitants de la terre », et proclame la prochaine victoire de Dieu; les deux autres au contraire annoncent des malheurs. Le parallélisme ne s'arrête pas là, et la fameuse antithèse ressort d’une façon encore plus nette dans la vision qui suit, de la moisson et de la vendange. La « moisson », qui, d'après la terminologie de l'Ancien Testament, est une image essentiellement joyeuse, est faite par un personnage qui est « comme un Fils d'homme », c'est-à-dire par le Christ luimême qui recueille les élus (14-16); la « vendange », qui, dans la même terminologie, signifie ordinairement l’écrasement des ennemis, foulés aux pieds comme des grappes dont le sang jaillit, est accomplie par un esprit subordonné, par un Ange (17-20). La cuve de vengeance est foulée: mais les amis de

LXXVIII INTRODUCTION. π

Dieu, les vainqueurs de la Bête (χν, 2-4) chantent devant le Tout-Puissant le cantique triomphal de Moïse (1). Ces scènes rappellent tout à fait celles du chapitre vi et du chapitre vi, bien que le parallélisme soit dans le fond plus que dans la forme. Elles sont destinées, elles aussi, à montrer le but et le résultat de l’effusion des coupes qui va suivre, au chapitre xvr.

2° J'ai dit que la même antithèse apparaît encore nettement à un point fixe des septénaires, c'est-à-dire à leur sixième et avant-dernier moment. Là elle ἃ pour but de résumer les résultats du processus de destruction, comme les visions préparatoires les avaient présagés. Nous avons déjà vu ce qui se produit à la rupture du sixième sceau. Au son de la sixième trompette, voici, d'une part, l’infernale chevauchée qui massacre le tiers des hommes impies, sans convertir les autres (χι, 13-21), mais aussi, d’autre part (après l’intermède du βιόλαρίδιον, dont nous avons vu la haute portée), voici le tableau des Deux Témoins (x1, 1-14), qui représente la continuité du pouvoir du Bien sur la terre, résistant à toutes les persécutions, même à la mort, et ressuscitant toujours quand on croit l'avoir détruit, pour le plus grand bien des habitants du monde, qui, devant un tel spectacle, finissent par « rendre gloire au Dieu du ciel » (11- 13). Alors la septième trompette, celle de la consommation, n’a plus qu’à sonner.

Avec l’effusion de la sixième coupe, a lieu le rassemblement des rois de la terre « pour la bataille de ce grand Jour du Dieu tout-puissant » (xvi, 14). Le sort des élus est vaguement indiqué par la phrase : « Heureux qui veille et qui garde ses vêtements ». Ici l’antithèse, il est vrai, n’est pas développée, mais cette scène amorce le chapitre x1x, où elle le sera très amplement.

L'antithèse fondamentale se retrouve encore en de nombreux passages que nous ne pouvons citer ici. Nous voulions simplement montrer qu’elle se trouve principalement située en des points correspondants de développements divers entre eux, et c’est là un fait hautement siguificatif, en ce qui touche à la composition du livre. ᾿

IV. Une observation d’un autre ordre se rapporte à un caractère particulier de l’un des deux membres de l’antithèse, les amis de Dieu, la Cité de Dieu. Cette collectivité est constamment représentée dans un double état : l’un de persécutions et d'épreuves, l'autre de sécurité intérieure sur terre et de triomphe au ciel. Ce dernier état répond aux deux phases du « Règne de Dieu », tel qu'il est représenté dans les Évangiles. Deux phases nettement distinguées dans les péricopes qui mettent en scène la Femme-Jérusalem, mère du Christ passible et mystique (c. xu), et épouse du Christ personnel et glorieux (0. xx, seq.). Dans le premier état, celui d'Église militante, elle vit sur la terre, obsédée par le Dragon, mais gardant cependant la sécurité et la paix dans le désert où elle est réfugiée (c. χη); dans le deuxième, elle apparaît comme descendant du ciel. L'auteur insiste beaucoup sur la sécurité intérieure de l'Église militante. Dans les visions préparatoires que j'ai analysées ci-dessus, le Prophète use du temps présent pour signifier ce qu’il voit; ce sont toujours des images de la béatitude spirituelle, qui peut exister même au milieu des persécutions, comme l'indi-

(1) Plus exactement encore, ces derniers versets font partie d’une préface à la section xv- ΧΙΧ (v. ch. virt de l’Introduction).

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