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LXXXII ; INTRODUCTION

la vision des résultats au chapitre x1, après quoi vient la consommation. La vision des sept coupes peut être aussi, à ce point de vue, mise en parallèle avec celle des trompettes, car l’effusion des quatre premières (xvr, 2-9) atteint aussi directement la terre, la mer, les fleuves et le soleil, tandis que celle des trois dernières a des effets plus spéciaux en rapport plus étroit avec les particularités de cette partie du livre.

On interprète souvent cette division des septénaires en 4 + 3 par une dualité de sources : la tradition apocalyptique commune aurait fourni les quatre premiers membres, qui sont des lieux communs : guerre, famine, peste, et (?) bétes sauvages pour les cavaliers; perturbations dans le ciel, la terre, la mer et les eaux douces pour les trompettes et les coupes. L'auteur aurait, de son propre chef, transformé ce quaternaire en septénaire par l'addition de trois visions, plus spéciales, à chaque série. Nous ne contestons pas la possibilité de la chose, mais cette théorie ne rend pas compte de tout, par exemple du caractère spécial du premier cavalier, ni du renvoi des troubles de l'air jusqu’à la septième coupe (xvr, 17 seq.). Puis cette dualité est inadmissible dans la série des lettres aux sept églises, qui sont très homogènes et toutes pareilles d'inspiration les unes aux autres. Or, là aussi, nous trouvons la même division du septénaire en trois et quatre. Dans les trois premières, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame (nr, 1-17), il y a un détail de composition caractéristique : l'admonition : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises », précède les promesses faites au « vainqueur ». Dans les quatre dernières, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée (πη, 18-111, 22), la caractéristique est inverse et l'admonition suit la promesse. C’est peu de chose; mais ce peu de chose est très significatif. Il nous dévoile chez l’auteur un goût, un instinct, un je ne sais, quoi de peu explicable pour nous, qui le fait diviser de la même façon Hs les séries de sept, que le contenu lui fournisse pour cela des raisons, ou qu'il ne lui en fournisse pas. C'est un trait individuel que je ne me charge pas d'expliquer et où je n'ai aucune envie de chercher un sens mystique, — bien que tout soit possible avec la « Gêmatria » qui était alors en honneur. Mais ce trait, on ne peut pas le négliger, et sa ténacité, jusque dans les sept Lettres, diminue beaucoup la vraisemblance de la théorie dualiste.

De pareilles observations, qui iront se multipliant et se précisant dans l'étude du texte, tendent à un double but : faciliter l'intelligence du livre mystérieux, par la mise en relief des lois qui ont présidé à sa composition littéraire; — en faire ressortir l’'homogénéité, indice d'unité, niée par tant de critiques à contresens. La détermination de l’origine et du sens de chaque symbole pris à part peut nous coûter des études longues et fastidieuses; mais elles auront beaucoup plus de chance d’aboutir à un résultat sérieux après que cette étude de la structure littéraire, qui révèle déjà le sens général du livre, nous aura orientés dans nos recherches. è

L'Apocalypse nous apparaît donc déjà, non comme une compilation chaotique et échevelée, mais comme une œuvre d’art spontané, d’une magnifique venue, Le rythme, malgré les atteintes partielles au parallélisme, en est très nettement marqué. Les développements en volutes et le glissement des symboles ne nuisent pas à la régularité symétrique des pensées, C'est une œuvre d'art qui nous déroute d’abord, il est vrai, mais qu'on admire toujours plus à mesure qu on.

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